Suisse - Bélarus (Arosa Challenge, demi-finale)

STEPHAN Tobias-110429-012Il n'y a pas qu'en France que certains s'accrochent au cumul des mandats. Le Bélarus n'a pas su se défaire de ce mélange des genres qui voit son sélectionneur être également entraîneur du Dynamo Minsk. Le problème, c'est qu'un poste de coach est encore plus éphémère qu'un mandat électif. Surtout en KHL...

Les calendriers des clubs et des équipes nationales n'ont pas les mêmes contingences, et leur chevauchement peut avoir des effets dévastateurs. Que se passe-t-il en effet quand l'entraîneur se fait remercier en club ? Il est en général si dégoûté qu'il ne souhaite plus continuer avec la sélection nationale... car les dirigeants en sont fondamentalement les mêmes !

C'est exactement ce qui s'était passé à l'automne 2009 avec Glen Hanlon, et le Bélarus avait saboté tout seul sa saison olympique. Le même cirque se reproduit trois ans plus tard, et le sabotage pourrait cette fois remettre en cause... la qualification olympique. Kari Heikkilä ayant été mis dehors du Dynamo Minsk, le Bélarus s'est retrouvé sans sélectionneur à seulement trois mois d'un tournoi de qualification difficile qui l'attend au Danemark.

En si peu de temps, il est impossible de repartir de zéro. Andrei Skabelka, ancien adjoint, a été nommé pour prendre la suite. Il est l'entraîneur de Gomel dans le championnat biélorusse. Est-il prêt à franchir le cap de niveau et à encadrer des stars ? Il a surpris en choisissant comme capitaine Artyom Senkevich, qui joue pour lui à Gomel, mais qui n'a jamais été un titulaire indiscutable en sélection...

Il faut dire que, hormis Grabovski, les cadres brillent par leur absence. Ils ont tous déclaré forfait sur blessure, le dernier en date étant Sergei Kostitsyn qui venu au camp d'entraînement mais a été dispensé par les docteurs en raison de son épaule en vrac sur une mise en échec de l'international du Kazakhstan, Aleksei Litvinenko (une charge qui a figuré dans le top-10 de la semaine en KHL, ce qui ne soignera guère le blessé).

Par conséquent, le Bélarus ne peut pas se tester au complet à deux mois de l'échéance olympique. Elle se heurte en revanche à une Suisse qui, sans qualif olympique à préparer, a fait le plein pour ce tournoi à domicile (sauf les joueurs de Davos et Fribourg préservés du surmenage avant la Coupe Spengler). La Nati n'a jamais eu un pareil effectif : 7 de ses 8 défenseurs ont joué en NHL ! Et le seul "intrus", c'est le recordman suisse des sélections et ancien champion d'Europe, Mathias Seger.

Le dernier arrivé dans l'équipe biélorusse, c'est Mikhaïl Stefanovich, qui a remplacé le blessé Kostitsyn. Et lattaquant de Gomel se procure la première grosse occasion quand Julien Vauclair l'empêche de tirer : c'est le tir de pénalité. Tobias Stephan frustre Stefanovich et sort vainqueur du duel. C'est la seule alerte pour le gardien. La Suisse domine en effet un match sans grand relief, et prend l'avantage juste avant la pause par Ryan Gardner, après un excellent travail préalable de Victor Stancescu.

Le deuxième but est signé Martin Plüss sur un cafouillage devant le but. Le Bélarus réduit la marque en supériorité numérique par Andrei Stas, mais le petit écart ne suffit pas pour que les équipes emballent un match assez pauvre en actions saillantes. Avec 14 petits tirs en 60 minutes, les visiteurs ne mettent vraiment pas Stephan en danger. La Suisse s'impose donc sans grand éclat par un but en cage vide d'Ivo Rüthemann.

Commentaires d'après-match

Paul Savary (attaquant de la Suisse) : "C'était un match de reprise, il fallait retrouver les automatismes. Très peu d'occasions d'un côté comme de l'autre. On n'a pas réussi à appliquer notre système pendant soixante minutes. On a pu gérer le score, mais il faudra imprimer un autre rythme. On sait que jouer aux côtés de Brunner est particulier. Il faut s'adapter à lui. Des fois, il tente des choses et ça marche, comme ça peut ne pas marcher. Mais quand ça passe, ça donne des buts extraordinaires."

 

Suisse - Bélarus 3-1 (1-0, 1-1, 1-0)
Vendredi 14 décembre 2012 à 19h45 à Arosa. 1347 spectateurs.
Arbitrage de Nadir Mandioni et Daniel Wirth (SUI) assistés de Franco Espinoza et Michael Rohrer (SUI).
Pénalités : Suisse 6' (0', 4', 2') ; Bélarus 10' (4', 0', 6').
Tirs : Suisse 33 (12, 12, 9) ; Bélarus 14 (2, 5, 7).

Évolution du score :
1-0 à 18'38" : Gardner assisté de Stancescu
2-0 à 28'53" : Plüss assisté de Schnyder et Rüthemann
2-1 à 34'46" : Stas assisté d'Ugarov (sup. num.)
3-1 à 59'50" : Rüthemann assisté de Gardner et Plüss (cage vide)


Suisse

Gardien : Tobias Stephan.

Défenseurs : Mark Streit (C) - Raphael Diaz ; Luca Sbisa (+1) - Matthias Seger (A, +1, 2') ; Goran Bezina - Julien Vauclair ; Roman Josi (+2) - Yannick Weber (+2).

Attaquants : Thibaut Monnet (2') - Paul Savary - Damien Brunner ; Ivo Rüthemann (A, +2, 2') - Martin Plüss (+2) - Fabian Schnyder (+1) ; Matthias Bieber (+1) - Ryan Gardner (+2) - Victor Stancescu (+1) ; Simon Bodenmann - Luca Cunti - Denis Hollenstein.

Remplaçant : Reto Berra (G).

Bélarus

Gardien : Stepan Goryachevskikh [sorti de 59'12" à 59'50"].

Défenseurs : Sergei Kolosov (-2) - Andrei Antonov (-1) ; Ilya Kaznadei (-1) - Nikolai Stasenko (-1) ; Ilya Shinkevich – Pavel Chernook ; Andrei Filichkin - Yaroslav Malesnikov.

Attaquants : Aleksei Ugarov (-1) - Andrei Stas (-2) – Mikhail Grabovski (A, -1) ; Evgeni Kovyrshin (2') – Artyom Senkevich (C, -1) - Mikhaïl Stefanovich ; Dmitri Meleshko (-1) - Aleksandr Kitarov (-2, 2') - Aleksandr Kulakov (A, -2) ; Yevgeni Solomonov (-1, 2') – Sergei Drozd - Pavel Musiyenko.

Remplaçant : Dmitri Milchakov.