Suisse – Slovaquie (Arosa Challenge, finale)

STAROSTA Tomas-120515-277Habituées à se rencontrer plusieurs fois chaque saison (56 depuis 1993), la Suisse et la Slovaquie se sont affrontées pas plus tard que le mois dernier lors de la Deutschland Cup à Munich (victoire 3-2 des « Simpson’s »). D’ordinaire, les confrontations entre la Croix helvétique et la Double-Croix slovaque sont très indécises et se jouent sur un rien.

Mais pour cette finale de l’Arosa Challenge il semble que le rapport de force penche clairement en faveur de l’équipe hôte, qui bénéficie, à l’inverse de sa rivale de l’après-midi, de ces joueurs NHL revenus au pays le temps du lock-out. C’est la défense qui s’est le plus étoffée, avec pas moins de cinq renforts « nord-américains » : Mark Streit (New York Islanders), Roman Josi (Nashville), Luca Sbisa (Anaheim), Rafael Diaz et Yannick Weber (Montréal).

À ces noms, il faut ajouter en attaque celui de Damien Brunner (Détroit), meilleur pointeur de la NLA avec Zug et qui complète un groupe suisse qui a fière allure. C’est même, en l’absence des joueurs de Fribourg-Gottéron et Davos (engagés sur la prochaine Coupe Spengler), l’équipe la plus optimale que la Suisse peut fournir. Ce qui contraste d’ailleurs avec la composition de la Slovaquie, qui aligne six éléments de l’Extraliga nationale et qui doit faire avec les désistements attendus des cadres traditionnels, la plupart retenus par les dirigeants de leur sclubs en KHL.

L’écart de standing se fait immédiatement sentir. La sélection locale impose son rythme d’entrée de jeu en monopolisant le palet et en poussant déjà la défense slovaque à la faute ; Karol Sloboda puis Boris Valábik font ainsi chacun un tour en prison entre la 5e et la 11e. Bien que dominateurs (16 tirs à 6 dans le premier tiers-temps), les Rouges doivent attendre la fin de période avant de réussir à tromper Július Hudáček, qui a pris la place de Rastislav Staňa dans la cage. Luca Cunti récupère dans l’enclave le rebond du slap de Simon Bodenmann sur la ligne bleue puis s’en va tranquillement marquer d’un revers de palette, la défense étant éparpillée aux mauvais endroits (1-0, 16'06). C’est le premier but en sélection du Lion zurichois, qui a fait ses débuts internationaux la veille seulement.

Dans la minute qui suit, Victor Stancescu se voit refuser le break après visionnage de la vidéo. Ce n’est que partie remise pour la Nati qui ne perd pas de temps en entame de deuxième acte. Reto Suri, dans le cercle droit, fait passer adroitement le palet entre les cannes de Boris Valábik, devant lui. Le défenseur slovaque du Kometa Brno, dos à son gardien, masque de fait la trajectoire du tir à Hudáček qui ne voit que trop tard le caoutchouc se frayer un maigre passage entre son épaule gauche et le poteau (2-0, 20'33). Comme Cunti peu de temps avant, le jeune Suri vient d’ouvrir son compteur sous le maillot national.

BEZINA Goran-110429-104Son vis-à-vis Reto Berra a quant à lui plus de réussite sur une tentative de Tomáš Záborský, parfaitement servi en fond de zone suisse par Michael Vandas ; auteur d’un premier arrêt de grande classe, le portier biennois, allongé sur sa ligne, ne peut plus rien contre l’attaquant d’Omsk qui lève pourtant trop sa frappe et qui trouve la transversale (24e). C’était la première et unique occasion pour la Slovaquie de faire illusion dans cette partie.

Car les Rouges aggravent considérablement la marque. En power-play (Švarný, 25'58), la Suisse pose ses quartiers en zone adverse. La frappe mal cadrée du capitaine Streit, dans l’axe, passe à gauche mais est récupérée par Damien Brunner lequel parvient, malgré le raffut de Tomáš Starosta, à remettre en retrait en backhand. Le puck rebondit sur l’intérieur de la cuisse d’Hudáček qui, surpris une nouvelle fois, ne parvient pas à mettre la main dessus (3-0, 26'15). C’est ensuite Bodenmann qui transforme dans le slot un centre que lui avait adressé Cunti sur la gauche (4-0, 32'13). Ça vire à la déculottée pour les blancs !

Devant un score déjà lourd et une équipe qui n’a plus qu’à contrôler, la Slovaquie n’a d‘autre choix que d‘augmenter sa pression offensive via des beaux mouvements qui s’avèrent malheureusement stériles, à l’image de la belle occasion de Marek Zagrapan contenue par Berra (44e) ou celle quelques instants plus tard de Rastislav Špirko. Ce sursaut a toutefois le mérite de puiser des forces aux Suisses par l’intermédiaire de trois jeux de puissance successifs dans le troisième opus. En vain.

La Nati enfonce le clou en supériorité (Mezei, 54'42), Goran Bezina reprenant avec succès une passe en retrait de Denis Hollenstein au poteau droit (5-0, 56'36). En cruel manque d’efficacité offensive, la Slovaquie a coulé aussi défensivement, subissant en finale de cette deuxième édition de l’Arosa Challenge la plus grosse défaite de son histoire face à la Suisse.

Commentaires d’après-match

Vladimír Vůjtek (entraîneur de la Slovaquie) : « La partie a été équilibrée jusqu’au premier but encaissé. Nous avons cependant été stériles en attaque et ce pendant tout le reste du match. Après l’ouverture du score, les Suisses ont eu la main sur le jeu et ils ont contrôlé jusqu’à la fin. Ils avaient dans leur équipe cinq joueurs de NHL, ce qui leur a été particulièrement profitable en deuxième période, au cours de laquelle ils nous ont clairement dominés. Nous avions sur ce tournoi un groupe jeune, construit au dernier moment, et il est encore trop tôt pour porter un jugement. Nous verrons bien qui de ces joueurs nous inviterons la prochaine fois. En attaque, nous avions beaucoup de joueurs inexpérimentés, on a d’ailleurs pu le constater dans la finition. Les nouveaux ont quand même montré qu’ils étaient les futurs talents du hockey slovaque et qu’il faut compter avec eux pour plus tard. »

Tomáš Starosta (défenseur et capitaine de la Slovaquie) : « C’est difficile de trouver ses mots après une telle défaite. Il faut retenir la leçon de ce genre de matches. On a été la meilleure équipe jusqu’au moment où l’on a pris le premier but. On a été sévèrement sanctionnés par la Suisse dans le deuxième tiers-temps, on a lâché pied tactiquement. C’est dommage, mais d’un autre côté on avait beaucoup de jeunes joueurs et c’est prometteur pour l’avenir. »

 

Suisse – Slovaquie 5-0 (1-0, 3-0, 1-0)
Samedi 15 décembre 2012 au Centre sportif et des congrès d’Arosa. 2119 spectateurs.
Arbitrage de Marco Prugger et Daniel Wirth (SUI) assistés de Michael Rohrer et Simon Wüst (SUI).
Pénalités : Suisse 16' (2', 6', 8') ; Slovaquie 14' (6', 2', 6')
Tirs : Suisse 32 (16, 8, 8) ; Slovaquie 20 (6, 8, 6)

Evolution du score :
1-0 à 16'06'' : Cunti assisté de Bodenmann
2-0 à 20'33'' : Suri assisté de Sbisa et Plüss
3-0 à 26'15'' : Brunner assisté de Streit et Cunti (sup. num.)
4-0 à 32'13'' : Bodenmann assisté de Cunti et Diaz
5-0 à 56'36'' : Bezina assisté de Hollenstein et Vauclair (sup. num.)

 

Suisse (2' pour surnombre)

Gardien : Reto Berra.

Défenseurs : Mark Streit (C, 2', +1) – Raphael Diaz (+1) ; Matthias Seger (A, +2) – Luca Sbisa (+2) ; Yannick Weber – Roman Josi ; Julien Vauclair (2') – Goran Bezina.

Attaquants : Damien Brunner – Thibaut Monnet – Paul Savary ; Ivo Rüthemann (A, +1) – Reto Suri (2', +1) – Martin Plüss (2', +1) ; Denis Hollenstein (+2) – Luca Cunti (+2) – Simon Bodenmann (+2) ; Ryan Gardner (2') – Victor Stancescu (2'+2') – Matthias Bieber.

Remplaçant : Tobias Stephan (G). Non-utilisé : Fabian Schnyder (A).

Slovaquie (2' pour surnombre)

Gardien : Július Hudáček.

Défenseurs : Tomáš Starosta (C, 2', -2) – Boris Valábik (2', -1) ; Karol Sloboda (2', -1) – Branislav Mezei (2'+2', -1) ; Ivan Švarný (2') – Richard Stehlík (-1) ; Juraj Mikuš.

Attaquants : Michael Vandas (-1) – Tomáš Surový (A, -1) – Tomáš Záborský (-1) ; Marcel Haščák (-1) – Marek Hovorka – Rastislav Špirko ; Radoslav Tybor (-2) – René Školiak (A, -2) – Matúš Chovan (-1) ; Juraj Majdan – Marek Zagrapan – Patrik Lušňák ; Ján Sýkora.

Remplaçant : Rastislav Staňa (G).