Statshot - trêve de décembre

petrak 2Statistiques individuelles :

Du nouveau chez les pointeurs ! Trustée depuis le début de la saison par la paire offensive dijonnaise,  la tête de ce classement n’est plus tenue par Tim Crowder et Janos Vas. Conséquence directe des derniers résultats très mitigés des Ducs (1 victoire et 3 défaites depuis la trêve de novembre, 3 petits buts marqués sur les 2 derniers matchs joués), la force de frappe de ce duo s’est vue considérablement freinée. On retrouve les deux joueurs sur la 3e marche de ce podium, avec 24 points au compteur. Le canadien Crowder reste malgré tout le meilleur buteur de la ligue, avec 13 filets, à égalité avec son compatriote Francis Charland, le meilleur pointeur chamoniard (21 points).

Ils ont été détrônés par une autre doublette, aux statistiques semblables et équilibrées en buts comme en assists : 25 points en 12 buts et 13 passes. C’est le cas du #40 des Dauphins, Michal Petrak. Le Tchèque a démarré sa saison sur des grosses bases, puisque ses stats personnelles actuelles sont en tous points les mêmes que celles qu’il enregistrait en fin de saison passée, après 24 rencontres. Le deuxième joueur en haut de l’affiche est le Briançonnais Marc-André Bernier. Auteur d’un convaincant dernier mois de compétition (9 points en 4 matchs), le capitaine des Diables Rouges a montré la voie à ses coéquipiers et cherchera à rééditer dans la durée sa performance de la saison 2009-2010, où il termina 3e meilleur pointeur de la ligue avec 48 points (à égalité avec l’Angevin Eric Fortier), derrière Jonathan Bellemare (Angers) et Carl Mallette (Rouen).


À mi-saison, on commence à entrevoir des statistiques remarquables par leur singularité. Le fait par exemple qu’un joueur domine très largement un classement, quel qu’il soit. Et c’est l’occasion dans ce Statshot de mettre en lumière le #95 des Ducs de Dijon, Johan Skinnars. Le suédois est comme Carl Lauzon le 9e pointeur de la ligue avec 22 points, et le 3e pointeur bourguignon. Il est en outre le meilleur passeur de Magnus avec 19 au compteur. Mais ce n’est pas tant ce chiffre qui impressionne que le détail de cette statistique.

En effet, le coach Tolvanen a fait de Skinnars un élément clé de son unité spéciale en jeu de puissance, et celui-ci a prouvé son efficacité dans cette configuration. Sur les 17 buts inscrits en power play par Dijon (meilleure attaque de la ligue en PP), il a déjà été à la passe à 10 reprises, et ce en 12 matchs joués puisqu’il était absent lors du match d’ouverture de la saison face à Gap (6-3, et 5 supériorités pour les Ducs). Il est très largement leader des passeurs en supériorité numérique, sur des bases impressionnantes si on s’en réfère aux saisons précédentes, où ce chiffre pour le leader tourne en moyenne autour de 15 assists sur la totalité de la saison. Peut-être un nouveau record à éditer ?


zacharias GapDu changement aussi pour ce qui est des gardiens. En tête, on retrouve toujours le gardien des leaders angevins Florian Hardy. En 10 rencontres jouées et un tout petit peu moins de 600 minutes de temps de jeu, le natif de Nantes fait preuve d’une grande régularité, ayant effectué 2 blanchissages et une excellente moyenne d’1,60 but encaissé par match. Derrière lui, on retrouve à présent le jeune back-up des Gothiques Léo Bertein. Ayant pris du temps de jeu suite à la blessure au genou de Juho Santanen face à Caen (5-2), le nordiste compte à présent 5 rencontres et reste le seul gardien avec Hardy sous la barre des 2 buts encaissés de moyenne (1,96).

Derrière eux, on retrouve deux portiers des équipes du Top 4 à mi-saison : Ronan Quemener (Briançon – 2,04 buts par match de moyenne) et Henri-Corentin Buysse (Morzine – 2,63 buts de moyenne).

À noter la belle remontée dans ce classement du gardien de l’équipe-type de novembre d’Hockey Archives : l’américain des Rapaces de Gap Mike Zacharias. Ce dernier devient le premier gardien étranger de la ligue, avec 2,70 buts de moyenne encaissés à mi-saison. Gap a connu une véritable embellie, et il y est pour beaucoup.

 

Statistiques collectives :

Arrivé en cette moitié de saison, il nous est apparu intéressant avant toute chose d’établir une petite comparaison avec  le bilan à mi-terme de la saison passée. Après 13 journées de la saison 2011-2012, le classement de la Magnus était celui-ci :  

1- Rouen 23 pts
2- Chamonix 20 pts
3- Briançon 20 pts
4- Angers 18 pts
5- Dijon 17 pts
6- Epinal 16 pts
7- Morzine 16 pts
8- Strasbourg 15 pts
9- Grenoble 12 pts
10- Caen 12 pts
11- Amiens 11 pts
12- Gap 7 pts
13- Villard 5 pts
14- Neuilly 4 pts

À ce jour 2 clubs tiennent exactement la même place que la saison passée. 2 clubs et des caractéristiques relativement proches de ce qu’était leur précédent exercice. Les Brûleurs de Loups de Grenoble connaissent une fois encore un début de saison très mitigé, même si là les premières rencontres étaient parfaites avant de chuter inexorablement dans une série de défaites rare dans l’histoire du club. Les Ducs de Dijon sont 5e, et comme la saison passée le point remarquable est une attaque très forte et notamment une ligne offensive qui truste les premières places des statistiques.

La régularité de place est aussi ce qui caractérise les 3 clubs de tête à ce jour. Le leader angevin réussit à nouveau un très bon début de saison, et assez largement le meilleur dans l’histoire du club. Si l’an passé l’équipe était 4e à mi-parcours, on n’oubliera pas toutefois qu’elle avait loupé la qualification directe en quarts de finale, en terminant finalement 5e. La trajectoire angevine est opposée à celle des Dragons de Rouen. Les Normands dominaient confortablement la saison passée, et après 13 journées ils comptaient déjà 3 points d’avance sur les poursuivants. Seulement l’histoire a du mal à se répéter, et il a fallu bien du temps à l’actuel 3e du classement pour grimper sur le podium, après un début de saison très délicat. 3e la saison passée, 2e cette saison, les Diables Rouges restent toujours un maillon fort de la Ligue.

Parmi les clubs qui font mieux, on retrouve Morzine, Gap, Villard et plus modestement Amiens. Les Pingouins accrochent la 4e place alors que la saison passée ils étaient en plein cœur du ventre mou. D’autres objectifs pour les Rapaces et les Ours, que l’on retrouve en milieu de classement (respectivement 6e et 7e), mais qui la saison passée luttaient en bas de tableau. Quant aux Gothiques, ils comptent une place et 2 points de plus qu’en hiver 2011, mais restent malgré tout en deçà des objectifs.

Si certains sont plus haut, c’est que forcément d’autres ont plus de difficultés. On peut parler d’Epinal, qui partait pourtant sur des bases proches de celles de la saison passée, mais qui se retrouve dans une très délicate spirale depuis maintenant 2 mois. L’Etoile Noire de Strasbourg reste une équipe capable de grosses surprises, mais peut-être plus difficilement que la saison passée où elle jouait un parfait rôle de trouble-fête. Sans non plus atteindre des sommets, les Drakkars de Caen étaient eux certainement beaucoup plus sereins après 13 journées et le double de points la saison passée que ce que ne compte aujourd’hui la lanterne rouge.

Mais le club à l’écart le plus important est bien évidemment les Chamois de Chamonix. Grande et belle surprise de la dernière saison, grande et triste surprise de celle-ci, le club a perdu 11 places et autant de points. Et le bilan aurait pu être plus catastrophique encore si les Chamoniards n’avaient pas finalement retrouvé leur rythme de croisière, le chemin des filets (essentiellement grâce à Charland et Lauzon) et une plus forte assise défensive, avec finalement cette impression qu’ils ont vraiment « démarré leur saison » mi-novembre.


Le vendredi 16 novembre, les Dragons de Rouen recevaient les Diables Rouges de Briançon pour le compte de la neuvième journée de championnat (6-2). Une affiche au sommet mais également un match historique, puisqu’il s’agissait du 1000e match de Rouen en Elite.

Sébastien Merlet, un passionné des Dragons, a réalisé un énorme travail statistique sur l’histoire du club normand. Il a décidé de le faire partager à la rédaction d’Hockey Archives, et nous le remercions autant que nous le félicitons pour ce travail titanesque.

En 1000 matchs d’Elite (et donc en s’arrêtant à celui de Briançon), Rouen compte 696 victoires (dont 30 en prolongations et 8 aux tirs au but) pour 52 nuls et 252 défaites (dont 23 en prolongations et 5 aux tirs au but). Le ratio des buts est également largement favorable : 5361 pour, 3140 contre. Quant à la cage, Rouen compte 78 blanchissages (Ramon Sopko détient le record de blanchissages en une saison, avec 10 en 2005-2006), contre 13 pour les adversaires.

L’opposition des Diables Rouges constituait le 801e match en saison régulière, auxquels il faut rajouter 199 matchs de deuxième phase (play-off ou play-down). Tout a commencé le 21 septembre 1985, avec le déplacement et la victoire à Viry (3-7). La plus large victoire du club remonte au 23 octobre 1993, et la réception de Morzine. Les rouennais l’avait emporté 23 à 0. La plus large défaite aura lieu 5 ans plus tard, le 19 septembre 1998, et le déplacement à la patinoire Clémenceau de Grenoble (13-1). L’adversaire le plus affronté après 1000 matchs est Amiens, avec 123 confrontations, devant Grenoble (113) et Angers (89). Les adversaires les moins affrontés ont été les Séquanes de Besançon sur une saison (2002-2003), et donc 2 confrontations (2-3 et 8-5).


On loue souvent la force de frappe d’une équipe qui domine un championnat. En ce sens il est plutôt logique quand on retrouve un leader avec la meilleure attaque de la ligue. Cela a d’ailleurs toujours été le cas depuis la saison 2007-2008. La saison précédente, les Pingouins de Morzine terminaient en tête du classement mais avec la 3e attaque de Magnus (114 buts, contre 146 pour Rouen et 140 pour Briançon).

Mais comme dans tous les sports, il vaut mieux gagner trois fois sur le score d’1-0 que de marquer bien plus mais avec des défaites à la clé. En cette moitié de saison d’ailleurs, on constate que le leader angevin n’a pas non plus écrasé outrageusement toutes ses victimes (0-2 à Briançon, 3-1 contre Gap, 2-3 à Grenoble, 3-0 contre Amiens), et ne possède « que » la 4e attaque de Magnus (55 buts) derrière Briançon (60) et le duo RouenDijon (56).

Finalement, on a poussé la réflexion à penser qu’outre le nombre de buts marqués, il fallait d’autant plus se pencher sur les instants décisifs, le « money time » d’un match. C’est ce qui a conduit à élaborer la statistique des buts inscrits uniquement lors du 3e tiers. Et dans ce tableau là par contre, Angers tient effectivement la tête :

1- Angers : 24 buts inscrits lors du 3e tiers
2- Rouen : 20 buts
3- Dijon : 19 buts
4- Epinal : 17 buts
- Morzine : 17 buts
- Villard : 17 buts
7- Briançon : 15 buts
- Amiens : 15 buts
- Mulhouse : 15 buts
10- Gap : 14 buts
- Grenoble : 14 buts
- Caen : 14 buts
13- Strasbourg : 12 buts
- Chamonix : 10 buts

Quelle lecture apporter à cette statistique ? Il y a déjà la nécessité de la mettre en relief avec le tableau des buts inscrits. Dans un sens comme dans un autre, on retrouve au final des « contre-exemples ». Car si Angers domine le championnat sans pour autant avoir la meilleure attaque mais en étant l’équipe la plus performante dans le troisième tiers, son dauphin Briançon, qui a la meilleure attaque, n’est que 7e dans les 20 dernières minutes.

La clé de l’analyse réside certainement en la gestion des matchs. Angers est une équipe qui sait se montrer décisive dans le money time (43,6 % des buts inscrits dans le tiers final), en témoigne par exemple les 3 buts inscrits pour faire la différence dans le dernier tiers du match contre Caen (8-2), dernière rencontre avant la trêve. Dans le même temps, Briançon dominait Grenoble en creusant l’écart plus tôt dans le match (5-6). Quoiqu’il en soit, la réussite d’une équipe tient en un ensemble de variantes, et la faculté de marquer en fin de match n’est vraiment pas négligeable dans le but de jouer les premiers rôles.