Dunkerque - Mont-Blanc (Division 1, 15e journée)

raattamajariDunkerque confirme à domicile

Mal en point fin novembre, l’Avalanche se porte de mieux en mieux. Trois victoires de suite, soit plus qu’au cours des onze journées précédentes, l’ont relancée. Les équipiers de Romain Orset peuvent se rassurer en regardant la fiche à domicile de l’adversaire du soir, des Corsaires paradoxalement plus à l’aise loin de leurs bases que sur leur glace de Raffoux, synonyme de déplacement périlleux par le passé.

S’ils offrent des bonnets aux jeunes supporters lors de leur entrée, les Dunkerquois ne sont pas disposés à faire des cadeaux à leurs visiteurs. La première ligne démarre avec abnégation et rapidité. Juhamatti Yli-Junnila évite certes la première charge de Satonay, celle de Borini est sanctionnée dès la première minute. Les lancers de la bleue de Gyesbreghs et Raattama manquent de précision et la deuxième prison infligée à l’Avalanche se traduit par un jeu de passe perfectible, dont Anthony Brockman croit tirer profit.

Le Mont-Blanc se montre plus actif par la suite, à l’image d’un Valerian Croz actif le long des balustrades... pour mieux se faire contrer par Yli-Junnila. Le physique du capitaine finlandais lui facilite la conservation de palet, et sa bonne lecture du jeu ouvre la brèche à Maurice Rozenthal, seul au centre (1-0 à 05'51"). Les malheurs d’Adrien Morin se poursuivent quelques secondes plus tard, car, masqué par Borini, il ne peut lire le lancer de Clément Thomas de la gauche (2-0 à 07'31"). La troisième faute des blancs n’est heureusement pas suivie d’effets, leur dernier rempart se montrant rassurant sur un coup de semonce venu de Raattama.

Les hommes d’Alain Boisson se reprennent à la mi-tiers. L’actif Vialle emploie Martel et Brockman se met en exergue, contraignant Dumélié à la faute (13’27"). Marc-André Martel, tranquille jusque-là, est alors contraint à opposer la plaque à Étienne Croz et à contenir les ardeurs de Jordan Revel. À forces égales, les visiteurs œuvrent surtout par contre-attaques. Ainsi, Coulon de la droite cherche le haut du but, puis Charrette intercepte une passe de Raattama à la bleue pour se faire reprendre illicitement par Gyesbreghs.

C’est donc en supériorité numérique que les joueurs du Mont-Blanc reprennent le jeu. La présence d’Yli-Junnila, sur les mises au jeu notamment, contrecarre leurs plans. Pour un moment car Brachet est à son tour appelé à abandonner momentanément ses équipiers pour avoir percuté un adversaire en zone neutre. Le débordement de Maxime Charrette trouve enfin son compère Brockman... et leur compatriote Martel, désireux de préserver son filet des coups de boutoir d’une paire d’attaquants décisive ces dernières semaines. Sans encombres, Dunkerque récupère ses forces et voit Loïc Destoop s’échapper et loger le palet sous la barre (3-0 à 24'51").

Le fantôme de Lyon ?

Lors de la dernière réception des Lyonnais, Dunkerque avait dilapidé un avantage de trois buts. En sera-t-il de même ce soir ? Les hommes de Miikka Rousu paraissent en mesure de rééditer cette "performance" car une deuxième faute de Dumélié sur Brockman ouvre la voie au premier but rhônalpin, une déviation de Vialle sur un lancer ras glace de Cocar (3-1 à 26'07"). Sitôt la rondelle remise en jeu, Yli-Junnila, déséquilibré, en perd la possession en zone offensive. Anthony Brockman s’en saisit, transperce la défense et sert Charrette, qui ne peut reprendre, mais le palet revient sur le numéro 19, seul devant la cage ouverte (3-2 à 26'40"). Les mauvais souvenirs de la dernière rencontre disputée sur cette glace ressurgissent d’autant que Morgan Vialle, très en vue, centre vers Arthur Coulon, déjoué avec à-propos par Martel.

Plus volontaires, effectuant un pressing intense, les équipiers d’Étienne Croz sèment le trouble dans une formation soudain fébrile, à l’image d’Ekue Tomety, en difficulté aux abords de sa cage et puni pour une charge sur Coulon, alors que ses équipiers repartaient vers l’avant. Une faute dont se serait bien passé Martel, contraint à un nouveau sauvetage sur la reprise sans contrôle d’Étienne Croz (32’05"). Après de longues minutes à sens unique, les débats s’équilibrent, et se musclent également. Les envolées offensives se font moins nombreuses, tout comme les prises de risque, le prochain but paraissant décisif sur l’issue des débats.

Volontaire dès qu’il se saisit du caoutchouc, Anthony Brockman est encore le plus actif - deux de ses lancers se démarquant par leur dangerosité - et surtout le plus véhément, comme en témoigne un échange aigre-doux avec Maurice Rozenthal au deuxième coup de sirène. Cocar, coupable d’un coup de crosse, les visiteurs reprennent le jeu en infériorité... et encaissent le quatrième but, un tir de Laine repris par Dubois (4-2 à 40'46").

Prudent, Dunkerque se replie désormais, d’autant plus que Juhamatti Yli-Junnila est réprimandé pour avoir accroché Valérian Croz, qu’il pensait avoir dessaisi du palet proprement. Dans ce contexte, l’entrée de Benjamin N’Guyen apporte du sang neuf. Devant ce bloc, l’Avalanche n’abdique pas, enchaîne les lancers plus ou moins difficiles à lire pour Martel. Mais le temps presse et Anthony Brockman commence à râler en regagnant le banc. La charge incorrecte de Rozenthal sur Arthur Coulon ne permet pas plus à la situation d’évoluer.

En infériorité, les Nordistes occupent même Adrien Morin, par ailleurs auteur d’une parade impeccable du gant devant N’Guyen et d’une sortie en kamikaze devant le feu-follet Susi (53’58"). En manque de solutions, le Mont-Blanc doit attendre une percée de Romain Orset pour envisager la sortie de son portier. Son ultime occasion échoit à Maxime Charrette, qui rate finalement le cadre. Jari Raattama en fait de même avec la cage désertée, au contraire de son compatriote Miettinen, qui clôt tout suspense (5-2 à 59'34").

L’Avalanche voit ainsi sa belle série prendre fin sur les bords de la Mer du Nord. Portée par sa dangereuse paire canadienne, son entame compliquée l’oblige à regagner la Haute-Savoie bredouille, pour la cinquième fois. Accroché, Dunkerque poursuit sa série et rétablit l’équilibre dans son bilan à domicile avec sept points en autant de rencontres.

Commentaires d'après-match

Étienne Croz (attaquant de Mont-Blanc) : "Un mauvais départ et les pénalités nous coûtent deux buts rapides. Il n’y avait rien à redire sur le premier tiers. On court encore après le score pour tenter de remonter à 3-3 mais Dunkerque a bien défendu. C’est une petite déception mais ce que nous avons accompli sur les dernières semaines est positif. La mentalité du groupe a changé, avec de nouvelles méthodes. Le travail paie, cela se voit dans le jeu. L’an dernier nous perdions 8-2 ici-même. Pour le Mont-Blanc, la meilleure défense, c’est l’attaque, mais le groupe est encore jeune, avec une moyenne d’âge d’environ 23 ans. Nous n’avons pas à rougir face à une formation de Dunkerque bien plus renforcée. La jeunesse, notamment dans la discipline et l’attitude dans les moments importants, explique sans doute les difficultés rencontrées à l’extérieur."


Dunkerque – Mont-Blanc 5-2 (2-0, 1-2, 2-0)
Samedi 22 décembre 2012 à 18h30 à la patinoire Michel Raffoux. 1 100 spectateurs.
Arbitrage de Stéphane Rousselin assisté de Sueva Torribio et Guillaume Barthe.
Pénalités : Dunkerque 16' (6’, 6’, 4’), Mont-Blanc 12' (10', 2’, 0’).
Tirs : Dunkerque 30 (12, 7, 11), Mont-Blanc 36 (7, 16, 13).

Évolution du score :
1-0 à 05'51" : Rozenthal assisté de Yli-Junnila
2-0 à 07'31" : Thomas assisté de Raattama et Brachet
3-0 à 24'51" : Destoop assisté de Miettinen
3-1 à 26'07" : Vialle assisté de Cocar et Coulon (sup. num.)
3-2 à 26'40" : Brockman assisté de Charette
4-2 à 40'46" : Dubois assisté de Laine et Yli-Junnila (sup. num.)
5-2 à 59'34" : Miettinen (cage vide)

Dunkerque

Gardien : Marc-André Martel.

Défenseurs : Grégory Dubois (A) - Jussi Laine ; Jari Raattama - Vadim Gyesbreghs ; Ghislain Folcke - Ekue Tomety.

Attaquants : Maurice Rozenthal (A) - Juhamatti Yli-Junnila (C) - Atte Susi ; Maxime Brachet - Jami Miettinen - Clément Thomas ; Mathieu Becuwe - Valentin Dumélié (puis Benjamin N'Guyen à 40’00") - Loïc Destoop.

Remplaçants : Julien Peyre (G), Tony Allouchery, François Moretti, Antoine Houque. Absents : François Rozenthal (blessé), Antoine Vanwormhoudt (genou).

Mont-Blanc

Gardien : Adrien Morin (sorti de 58'41" à 58'45" et de 58'51" à 59'34").

Défenseurs : Sébastien Borini (A) - Fabien Satonay (A) ; Arnaud Lazzaroni - Victor Cocar ; Sacha Jean - Yvan Kerneis.

Attaquants : Maxime Charrette - Romain Orset (C) - Anthony Brockman ; Julien Laplace - Étienne Croz - Jordan Revel ; Morgan Vialle - Arthur Coulon - Valerian Croz.

Remplaçants : Luc Saccomano (G), Vivien Capocci, Raphaël Ranzoni. Absent : Benjamin Tur.