Pourquoi Angers va remporter la Coupe de la Ligue ?

Cette année plus que jamais, c'est l'année d'Angers. Après plusieurs désillusions en finale, les Ducs semblent enfin prêts à planter leurs griffes sur une coupe. Équipe jeune et dynamique, les Ducs ont mûri. Et quoi de mieux qu'une coupe en vitrine pour fêter les 30 ans du club ? Finies les "mauvaises excuses", cette année Angers va gagner.

Attention, d'Angers !

Depuis un certain temps déjà, le hockey français a les yeux rivés en Anjou. Chaque match disputé est suivi de près par les amateurs. Car il se trouve qu'Angers a aujourd'hui atteint un niveau de jeu très intéressant. Le club a beaucoup progressé, que ce soit sur la glace et en dehors. La construction d'une équipe sur le long terme semble être un choix d'avenir. En effet, l'équipe acquiert une fluidité de jeu hors norme dans l'hexagone. Et l'objectif n'est plus d'assurer une place dans le presque traditionnel "Big Four". Il y a de quoi faire pâlir quelques Dragons, ou autres Brûleurs de Loups... Habitué aux joutes saillantes, aujourd'hui Angers veut sa Coupe. Que nous soyons simples partisans, joueurs ou coachs, nous savons tous que cet éternel perdant est en train de muer. Le Poulidor du hockey français a l'expérience des grands matchs. Les finales devant plus de 13 000 personnes, les télévisions, les analystes... et les recruteurs.

"Angers ne sait pas gagner", voilà comment cet article aurait pu être intitulé. Il est vrai qu'Angers n'est pas à l'aise sur un match face aux grosses équipes. Que ce soit en Ligue Magnus ou en Coupe de France, les résultats ont tous la même issue (malheureuse pour les uns, heureuse pour d'autres) : la défaite. Mais d'où vient ce mal ? Stop ! Ne courrez pas chercher un cachet d'aspirine, nous n'allons pas tenter de résoudre cette équation mystérieuse à plusieurs inconnues. Il semble que les joueurs puissent le faire pour nous ce mercredi. Et ce pour plusieurs raisons.

Un effectif talentueux

Mais aujourd'hui les Ducs semblent avoir progressé. Et Angers version 2012 est solide. Sur le papier la formation bleue et blanche est alléchante. On y retrouve dans les cages le gardien de l'équipe de France Florian Hardy, qui n'est plus à présenter. Auteur d'une solide prestation en décembre durant l'EIHC, il prouve une nouvelle fois que l'on peut compter sur lui. Alors que Lhenry et Huet ne devraient plus camper longtemps devant le but bleu, le nouveau cru des jeunes gardiens tricolores semble prometteur. Sa régularité est gage de confiance. Hardy n'a pas été désigné meilleur gardien pour rien la saison passée. Chez les Ducs, il est devenu une sorte de troisième défense sur qui l'équipe peut compter. Dans un championnat où le niveau des gardiens est plutôt élevé, Angers fait figure de (très) bon élève.

La défense est solide. Jonathan Harty, le jeune défenseur français apporte beaucoup à l'équipe. Sa fiche de +13 joue d'ailleurs en sa faveur Même compliment pour son homologue Charlie Doyle. Busto, Lévèque, Jeff et Steiner complètent les rangs. Ils permettent à Angers de rester invaincu dans le temps réglementaire en championnat.

L'offensive n'est pas en reste. On parle souvent de l'armada rouennaise. Mais cette saison les Angevins n'ont pas à rougir. L'attaque est un véritable concentré de cadres d'expérience et de jeunesse talentueuse. On y retrouve des cadres, tels que Jonathan Bellemare, Eric Fortier, fidèles au club depuis quelques années déjà. La ligne étoile de la Ligue Magnus a fait rêver plus d'un coach. Ils sont tous deux issus du circuit LHJMQ (Ligue de Hockey Junior Majeur du Québec). À eux seuls Fortier, Walls et Campbell ont inscrit 40% des buts de leur équipe en Ligue Magnus. Bien sûr ils sont essentiels à l'équipe. On imagine mal les Ducs sans ces trois éléments. Mais Angers disposent d'autres gâchettes elles aussi efficace. Ainsi, on retrouve des joueurs pleins d'avenir comme Robin Gaborit et Nicolas Hebert, internationaux français (A').

Cette fois c'est la bonne pour Angers, qui a réalisé un parcours parfait en Coupe de la Ligue. Pour arriver jusqu'en finale, les oisillons ont réalisé un parcours exemplaire en phase de poule. Au tour suivant, les Ducs avaient rendez-vous avec les Dauphins. La double confrontation en quart de finale fut un exemple de l'efficacité angevine. Cet alliage de puissance et de réalisme n'a fait qu'une bouchée des Spinaliens. Au match retour dans les Vosges, Bellemare a été à l'origine d'une qualification en signant un doublé. Les 7 autres buts signés par 7 buteurs différents démontrent que l'équipe a une profondeur de banc digne d'un champion.

L'attaque prolifique d'Angers ne s'est pas arrêtée en chemin. Et en demi-finale elle a poursuivi son travail face à Briançon. Après un match allé maîtriser de bout en bout face aux Diables Rouges et un gain de 5-1, les Ducs ont su tenir le score chez les Briançonnais. Match qui a d'ailleurs dégénéré en troisième période (259 minutes de pénalité) Angers joue avec une telle facilité que les Ducs en finissent par écœurer leurs adversaires. Poussé l'adversaire à la faute, une des nombreuses qualités des Angevins.

La défense angevine a tenu bon et a su limiter à deux buts les attaquants briançonnais. Brian Henderson a scellé la marque en toute fin de match profitant d'une cage vide (2-3). Voilà comment les Ducs se sont qualifiés. Ce parcours exemplaire leur permet de se qualifier pour la première fois en finale de la Coupe de la Ligue ! Il y a fort à parier que président Juret soit contraint d'acheter un nouveau meuble, histoire de pouvoir accueillir la première (véritable) coupe. Car le trophée des champions compte pour du beurre... Et si la victoire n'est pas pour mercredi, ce ne sera que partie remise ; en attendant une éventuelle coupe Magnus. Comme dit l'ami Bettman et sa NHL : "History will be made"...

Rouen, la bête noire

Mercredi soir en finale, les Ducs retrouveront un adversaire de toujours, bien connu et redouté de tous : Rouen. Depuis l'accession des Angevins en élite il y a 20 ans, les confrontations entre les deux équipes sont de véritables joutes sanglantes. Les Ducs y ont d'ailleurs laissé des plumes, et ce à de nombreuses reprises. En championnat bien sûr, où les Dragons ont joué au bourreau en quart de finale (05-06,06-07), demi-finale (93-94, 07-08, 10-11) et finale (09-10). Conjurer ce mauvais sort paraît d'autant plus difficile lorsque l'on connaît le dénouement de la finale de la Coupe de France en 2011.

Mais les temps ont changé. 2012 serait-elle l'année du déclin pour les Dragons ? Plus fébriles dans le jeu, Rouen a dû s'incliner face à Épinal, Amiens, Strasbourg, et Gap des équipes pourtant à la portée des Dragons. En confrontation directe, Angers mène 2-1 cette saison, grâce à une nette victoire 6-2 en championnat. Du côté de l'île Lacroix, l'inquiétude grandit chez les supporters, qui n'étaient plus habitués à voir leurs Dragons tituber. Les Hauts-Normands inquiètent en effet sur plusieurs points : la défensive bien sûr qui semble débordée, et laisse beaucoup trop de place aux attaquants adverses. En attaque, un mirage offensif. Il y a beau avoir sur le papier les plus beaux trios de la ligue, sur la glace ce n'est pas si simple. Si bien qu'il faille les talents du jeune Romain Gutierrez pour remettre son équipe sur le bon chemin. Propulsé sur la seconde ligne, la star du moment n'est pas (encore) top scorer pour autant. Et il faudra bien un réveil de l'offensive pour tenter de croquer les Ducs. Comme si cela ne suffisait pas, les choix de Rodolphe Garnier commencent à être critiqués, signe du besoin de changement. La pression se fait ressentir sur le staff, si bien qu'il finit par craquer. L'épisode de la surfaceuse à Gap - où le coach rouennais avait publiquement critiqué le travail du technicien de l'Alp'Arena - est bien sûr anecdotique, mais il est révélateur d'un malaise général. Le Dragon n'est plus le même. Et si Rouen avait hérité du virus angevin ? Réponse le 26 décembre vers 23 heures ...

Clément Vaillant, Hockey Archives/ Le Rapace Live