Etats-Unis - Allemagne (Mondial U20, Groupe B)

L'Allemagne n'a guère le temps de récupérer : après la déroute contre le Canada mercredi (9-3), ce sont les États-Unis qui se présentent dès le lendemain. Ces derniers font leur entrée dans le tournoi et veulent bien évidemment débuter du bon pied.

Le show Galchenyuk

Le début de match est en faveur des Américains : il ne faut que 19 secondes à Alex Galchenyuk pour offrir l'ouverture du score à Sean Kuraly (1-0). Un maître contre plein axe, avec un jeu de passe précis et une conclusion en finesse entre les jambières. Les Américains obtiennent rapidement une première supériorité numérique, qui ne donne pas grand chose. L'impact physique américain paraît au dessus : Ryan Hartman s'impose, tire au but en déséquilibre et obtient une pénalité. Le jeu de puissance s'installe et s'organise pour des tirs de la bleue et des rebonds. Marvin Cupper tient bien le choc dans les cages allemandes et la pénalité est à nouveau tuée. La possession est blanche et le palet ne sort pas de la zone allemande : un bon travail derrière le but par Blake Pietila permet de remettre le palet à la bleue et le tir de Jacob Trouba termine au fond des filets au ras du poteau, bien aidé par l'écran de Pietila devant Cupper (2-0). Et le calvaire ne fait que commencer...

Alex Galchenyuk se promène le long de la bande, ressort dans l'axe, et, totalement libre, ajuste tranquillement la lucarne d'un tir puissant et précis (3-0). Une rare incursion allemande en attaque provoque un 3 contre 2 américain et une chance de Biggs... et surtout, une nouvelle pénalité, contre Leon Draisaitl. Le palet tourne sans réelle occasion et la pénalité s'achève. Les noirs ont toujours un temps de retard, pris de vitesse ; le patinage et la circulation du palet des États-Unis sont largement supérieurs. Après un quart d'heure, une mise au jeu allemande en zone offensive met le danger sur le but de Gibson, qui fait l'arrêt ; le rebond est pris et poussé au fond des filets, mais de la main. Un but logiquement refusé. Une occasion inespérée pour l'Allemagne, dominée 17-3 aux mises au jeu ! L'Allemagne reprend un peu de couleurs mais doit s'appuyer sur Cupper, qui sauve devant Biggs, bien servi par Mario Lucia, puis devant Rocco Grimaldi sur la mise au jeu. La discipline américaine, jusque là irréprochable, cède en fin de tiers et Sean Kuraly prend deux minutes. Gibson sort deux bons arrêts, tout d'abord sur une combinaison Draisaitl-Rieder puis devant Kilian Keller. À la pause, le 3-0 n'est pas si cher payé et récompense normalement la domination américaine.

Efficacité

Deuxième tiers, même punition : Galchenyuk met la pression et un défenseur allemand perd le palet en chutant. L'espoir de Montréal récupère le disque et offre le but à Riley Barber (4-0). Quatorze secondes ! L'Allemagne ne serre pas assez le jeu, laissant beaucoup trop de champ aux attaquants adverses. Acculés dans leur propre camp, les joueurs d'Ernst Höfner concèdent une nouvelle pénalité. Cette fois-ci, le jeu de puissance se montre réaliste avec un tir de volée de Shayne Gostisbehere, profitant d'un écran de JT Miller (5-0). La quatrième ligne américaine est intenable : un changement de ligne très mal joué par l'Allemagne permet à Cole Bardreau de voler le palet et de lancer Pietila en échappée. Cupper fait l'arrêt mais Ryan Hartman est le premier sur le rebond (6-0). Un Cupper qui commence à en avoir plein les jambières, mais qui sauve une énième occasion de Riley Barber à bout portant.

Sous contrôle, les hommes de Phil Housley se relâchent un peu à la mi-match lorsque Jacob Trouba et Jake McCabe sont sanctionnés tour à tour. Le cinq contre trois menace bien John Gibson, qui brille à plusieurs reprises et permet à ses coéquipiers de revenir sans dommage. À peine revenus à cinq, les Américains bénéficient d'une supériorité numérique pour un accrocher de Denis Reimer. Marvin Cupper tient la barraque et permet à son camp de limiter les dégâts.

Les stars américaines au rendez-vous

Un match déjà joué, donc : Jon Gillies rentre en jeu pour économiser Gibson. Deux pénalités contre Tyler Biggs et Vince Trocheck permettent aux Allemands d'évoluer en double supériorité. Le palet tourne, mais pas assez vite, et la défense tient le choc, aidée par Gillies, attentif de près. Une bonne séquence offensive, qui se prolonge avec une nouvelle faute de McCabe. En contre, Riley Barber décolle et résiste au retour d'un défenseur pour tenter un revers à bout portant, sauvé par Cupper. L'action désorganise les joueurs de Höfner, incapables de reprendre le fil et qui s'exposent de plus en plus. Un palet perdu crée une nouvelle grosse occasion pour Barber, sauvée par Cupper.

Un peu d'agacement apparaît. Oliver Mebus et Alex Galchenyuk sortent simultanément et le quatre-contre-quatre libère JT Miller : l'espoir des Rangers réalise un festival technique et agrave la marque, feintant le gardien et lui glissant le disque sous la botte (7-0). Les blancs se promènent, confisquant le palet. La défense est complètement perdue, battue par la moindre feinte. Une action offensive place tout le monde à la rue, avec un palet qui traîne... et c'est Seth Jones qui s'avance plein axe, libre de tout marquage, pour ajuster la lucarne (8-0). Non décidément, il n'y a pas de match... Le peu d'actions offensives allemandes est systématiquement bloquée, avec de beaux gestes défensifs américains.

Une démonstration américaine donc : les États-Unis se sont montrés disciplinés, efficaces et bien meilleurs physiquement et techniquement. L'Allemagne, peut-être fatiguée par le match de la veille, est apparue dépassée dans tous les compartiments du jeu et bien maladroite. Un score logique et finalement peu révélateur : les matchs importants des deux équipes auront lieu bien plus tard.

Commentaires d'après-match

Ernst Höfner (entraîneur de l'Allemagne) : "Les Américains ont joué de façon très physique et agressive et nous ont fait commettre des erreurs par leur style de jeu. Nous avons aussi perdu des palets trop facilement en zone neutre et donné des breaks à nos adversaires. Au début, nous étions encore souvent en infériorité, cela nous a coûté des forces. En supériorité, nous n'avons pas marqué. Nous devons maintenant nous améliorer de match en match."


États-Unis - Allemagne 8-0 (3-0, 3-0, 2-0)
Jeudi 27 décembre 2012 à 20h00 à la Ufa Arena. 1378 spectateurs.
Arbitrage de Sergei Kulakov (RUS) et Pat Smith (CAN) assistés de Roman Kaderli (SUI) et Masi Puolakka (FIN).
Pénalités : États-Unis 14' (2', 4', 8'), Allemagne 12' (6', 4', 2').
Tirs : États-Unis 46 (14, 20, 12), Allemagne 26 (9, 10, 7)

Évolution du score
1-0 à 00'19" : Kuraly assisté de Galchenyuk et Barber
2-0 à 08'30" : Trouba assisté de Pietila
3-0 à 09'54" : Galchenyuk assisté de Kuraly et Barber
4-0 à 20'14" : Barber assisté de Galchenyuk
5-0 à 26'33" : Gostisbehere assisté de Jones et Grimaldi (sup. num.)
6-0 à 27'55" : Hartman assisté de Pietila et Bardreau
7-0 à 48'36" : Miller
8-0 à 50'32" : Jones


États-Unis

Gardien : John Gibson puis Jon Gillies à 40'00".

Défenseurs : Connor Murphy - Jake McCabe (C, 4') ; Seth Jones (A) - Mike Reilly ; Jacob Trouba (2') - Shayne Gostisbehere.

Attaquants : Sean Kuraly (2') - Alex Galchenyuk (2') - Riley Barber ; JT Miller - John Gaudreau - Rocco Grimaldi ; Mario Lucia - Tyler Biggs (2') - Vince Trocheck (2') ; Cole Bardreau - Blake Pietila - Ryan Hartman ; Jim Vesey.

Remplaçant : Jon Gillies (G). Réserviste : Garret Sparks (G).

Allemagne

Gardien : Marvin Cupper.

Défenseurs : Max Meirandres - Stephan Kronthaler (C, 2') ; Florin Ketterer - Kilian Keller ; Henry Haase - Maximilian Faber ; Oliver Mebus (2') - Steven Bär.

Attaquants : Leon Draisaitl (2') - Dominik Kahun (2') - Tobias Rieder (A) ; Nickolas Latta (A) - Sebastian Uvira - Alexander Ackermann (2') ; Christian Kretschmann - Leonhard Pföderl - Frederik Tiffels ; Huba Sekesi - Andreas Pauli - Dennis Reimer (2').

Remplaçant : Elmar Trautmann (G). Réserviste : Philip Lehr (G).