Épinal - Dijon (Ligue Magnus, 15e journée)

La défaite egervais stéphanest en eux...

Tous les habitués vous le diront : d'un point de vue spinalien, rien n'égale une confrontation face aux Scorpions (surtout que cette saison, la rivalité bat son plein avec les Mulhousiens). Mais sur l'échelle de l'émotion, un "derby" face aux Ducs garde une place particulière dans le cœur des supporters, même s'il reste bien peu de témoins de la folie du 26 décembre 1981. Lorsque 2000 spectateurs s'entassaient à Poissompré dans une ambiance surchauffée pour un Épinal-Dijon (8-3) resté dans les annales.

Mais qu'elles paraissent loin, ces années 80, à quelques encablures d'un nouvel an débouchant sur un mois de janvier 2013 surchargé (avec pas moins de neuf journées programmées). Un tournant à bien négocier pour Épinal et Dijon, qui n'ont maintenant plus que le championnat à se mettre sous la dent.

Et encore, les phases finales sont loin d'être garanties pour les Dauphins, au point mort depuis deux mois, qui n'en finissent plus de perdre et pourraient bientôt se voir hantés par le spectre des barrages. C'est bien connu : qui n'avance pas... recule !

En plus des défaites qui s'ammoncellent (dix en onze matchs, toutes compétitions confondues), cela fait maintenant neuf longues semaines (!) que les Bouchard, Petrák et autres Gervais n'ont plus gratifié Poissompré d'un succès. Soixante-dix jours de disette depuis la belle victoire d'Épinal sur Grenoble, le 20 octobre dernier (5-3). Presque une éternité...

Les Bourguignons n'ont eux plus gagné à l'extérieur depuis le 20 novembre, date de leur facile qualification aux dépends de Dauphins moribonds (7-2). Les hommes de Jarmo Tolvanen croyaient alors en la possibilité de défendre jusqu'au bout leur trophée. Mais c'était sans compter sur ces "diables" de Briançonnais, vainqueurs à Trimolet la semaine passée (5-2). Battus par leur bête-noire grenobloise dans la foulée (3-6), les Ducs ont même concédé, samedi dernier, un quatrième revers d'affilée.

Tout peut aller très vite un championnat aussi resserré et les coéquipiers de Benoît Quessandier (qui a seulement repris l'entraînement) doivent impérativement s'imposer pour ne pas laisser la situation s'envenimer. Un point commun avec les Vosgiens, forcés de l'emporter pour ne pas s'enfoncer définitivement dans les profondeurs du classement. Mais refaire surface n'est pas chose aisée, surtout contre un adversaire dijonnais résolument détermdecock 1iné. Et décidé à ne rien lâcher...

Les Ducs prennent donc rapidement le contrôle des opérations. Ils se montrent solides, derrière, et pressants, devant, montrant de grandes facilités à se projeter vers l'avant.

Malmenés par tant d'intensité, les locaux peinent à s'exprimer... et frisent la correctionnelle sur une relance ratée de Sébastien Gauthier. Une passe mal ajustée interceptée en zone neutre par Tim Crowder, qui voit un boulevard s'ouvrir à lui...  et ne se fait pas prier pour l'emprunter ! Seulement voilà, Gabriel Girard fait bonne garde et "cueille", d'une mitaine ferme, le tir frappé court de l'Anglo-canadien (03'37").

Toujours privés de Santino Pellegrino, bloqué au pays (et forcé d'encore déléguer à son adjoint "Féfé" Marciano), les joueurs de la Cité des Images peinent à soutenir la comparaison avec un ensemble dijonnais volontaire, travailleur et appliqué. À commencer par la troisième ligne spinalienne (Rapenne-Chauvière-Offret), chargée de "museler" le meilleur trio bourguignon (Skinnars-Vas-Crowder), en action sur la première pénalité de la soirée. Une obstruction de Danick Bouchard sur le virevoltant Kyle Hardy en zone neutre (07'27").

Attention danger car les Ducs, on le sait, excellent dans l'art subtil du powerplay (avec un taux d'efficacité dépassant les 27 %). Un exercice auquel les "jaune et bleu" vont s'adonner, en confiant notamment la remontée du palet à un Kyle Hardy insaisissable (et vif comme l'éclair). Colosse aux mains agiles, János Vas se charge quant à lui d'entrer en zone et d'installer un jeu de puissance que Johan Skinnars tente, ensuite, d'aiguiller en s'appuyant notamment sur Rodi Short à la pointe. La finalité étant de trouver Crowder, le meilleur buteur de Ligue Magnus en supériorité numérique (avec huit buts au compteur).

Cvashassez le naturel...

La mécanique est bien huilée, mais un petit grain de sable va venir la gripper, sur une récupération spinalienne suivie d'un contre mené côté droit par Gašpr Sušanj. Le solide arrière slovène remonte son couloir pour mieux trouver Ján Plch, démarqué à l'opposé. Le vétéran repique ensuite vers le gardien pour s'en aller glisser, du revers, la rondelle sous le bras d'un Tillanen étendu de tout son long (1-0 à 09'13").

Danick Bouchard, dans la foulée, est tout près d'en remettre une couche mais son caviar destiné à Michal Petrák est "court-circuité" par un Stephen Dugas bien placé (09'51").

Piqués au vif, les Côte d'Oriens repartent de plus belle à l'assaut d'une cage bien gardée, portés par leurs meilleures individualités. Mais les Spinaliens se muent en redoutables contre-attaquants, à l'image d'un Danick Bouchard manquant de précision sur un tir excentré, qui ne demandait qu'à filer dans l'ouverture laissée par Tillanen sur sa gauche (12'42").

Un simple contre-temps pour l'ailier canadien, qui va créer le décalage en prenant la défense de vitesse. Il centre ensuite en retrait, trouvant un Casavant plongeant littéralement, au centre, pour marquer dans une cage grande ouverte (2-0 à  15'45"). Tillanen, un peu dépassé sur ce coup, n'avait pas suivi le mouvement.

Ce réalisme offensif, qui avait tant défaut aux Dauphins à Chamonix (2-3), cause la perte des Dijonnais dans ce premier tiers rythmé, qu'ils auront globalement dominé. Menés sans vraiment le mériter, les hommes de Jarmo Tolvanen auraient toutefois pu regagner les vestiaires sur un score plus serré. Mais pour cela, encore aurait-il fallu qu'Aram Kevorkian convertisse le centre d'un Peter Valier bien lancé, côté droit, par l'inévitable Kyle Hardy (19'48").

Les jaillissement du capitaine canadien des "jaune et bleu" sont de véritables poisons pour les Dauphins, qui débutent l'acte médian en supériorité à la faveur d'un coup de coude de Quentin Mahier (21'34"). Une bonne occasion de mettre la défense de Dijon sous pression, avec un décalage de Bouchard vers Ouimet suivi d'un tir bas gobé par la mitaine de Tillanen (21'49").

Le Finlandais voit ensuite la bataille faire rage devant sa cage, sans que les attaquants lorrains n'arrivent à leurs fins. Un slap de Stéphane Gervais, contré par Tim Crowder, se transforme même en break-away pour János Vas, qui cherche la lucarne... mais ne trouve que la mitaine d'un Girard des grands soirs (23'14") !

RitzCaramba, encore raté pour l'international hongrois (pas moins de six lancers recensés dans ce match... et aucun but marqué !), suivi dans son malheur par un Tim Crowder voyant son tir des poignets à mi-hauteur heurter le poteau droit de Gabriel Girard (25e).

Cette contre-attaque en infériorité était pourtant bien menée par l'attaquant-vedette dijonnais, mis sur orbite à la suite d'une passe trop appuyée de Fabien Leroy. Une approximation partagée par Kévin Igier, coupable d'une relance téléphonée profitant à Jan Hagelberg, dont le centre tendu est repris par Michal Petrák. On croit au but mais Tillanen, dans un étonnant réflexe, sauve du bout du gant (28e) !

En sortant sa plus belle mitaine sur une énième tentative de János Vas (29'01"), Gabriel Girard confirme lui sa bonne forme du moment. Solide au poste, le vainqueur de la Coupe Memorial 2012 tient la baraque. Mais il ne pourra rien sur le missile expédié par Nicolas Ritz, en supériorité (3-1 à 32'38").

Un véritable coup de canon que ce tir sur réception, aussi précis que puissant, filant tout droit sous la barre d'un Girard... impuissant ! Une réalisation consécutive au troisième but spinalien, sur une triangulation amorcée par Danick Bouchard et relayée par Benjamin Casavant (en fond de zone) en direction de Sébastien Gauthier, qui reprend dans le haut du filet (3-0 à 30'41").

... il revient au galop !

D'un poke-check salvateur, Girard met en échec Crowder, le "serial buteur" (34'36"), et rattrape les nombreuses erreurs de ses coéquipiers, qui peinent décidément à "serrer" le marquage. Mais à trop s'en remettre à leur "ange gardien", les Dauphins jouent avec le feu. Surtout que les Ducs, menés à l'issue de l'acte médian (1-3), ont encore un tiers pour se refaire... et 1'40" de supériorité à exploiter !

Plus de temps qu'il n'en a fallu, à Johan Skinnars, pour attaquer la cage et forcer le rebond au beau miliekyle hardyu d'une défense insuffisamment réactive (3-2 à 40'46"). Le grand ailier suédois s'était-il ancré dans le demi-cercle, comme les Spinaliens l'ont réclamé ? Quoi qu'il en soit, ce but est validé, suivi d'une montée collective que Rodi Short, du revers, est tout près de cadrer (41e)...

Premier étage de la "fusée" DHC, le remuant Kyle Hardy est à l'origine d'une action voyant Aram Kevorkian lancer Henrik Andersén en un-contre-un, face à Stéphane Gervais. Un duel facilement remporté par le Suédois, qui feinte le Franco-canadien pour s'en aller buter sur un Girard de plus en plus livré à lui-même (44'33"). Une impression confirmée par cette montée latérale d'Alexandre Mulle, suivie d'un lancer repoussé en plein sur Thomas Decock (3-3 à 45'21"). Mais où était la défense ?

Et en plus, si Kai et Kyle s'y mettent...

On la sentait venir, cette égalisation, pas volée pour des Ducs en voulant véritablement plus que leurs hôtes. Ces derniers bénéficient pourtant d'une nouvelle supériorité (obstruction d'Igier à 47'57"), mais Tillanen sort sa panoplie de grand gardien. En se fendant d'un double arrêt devant Gauthier (48e), puis en frustrant Cacciotti à bout portant (49e). Sans parler de ce penalty "volé" à Ján Plch (50'29"). Lancé en profondeur sur une longue ouverture de Gervais (qui avait transpercé la défense), le Slovaque s'est engouffré dans la brèche... avant d'être illicitement stoppé par Mrena !

Comme à Cham' samedi dernier, l'essai n'est donc pas transformé : Kai Tilllanen imite Clément Fouquerel en remportant son duel singulier. De quoi rassurer ses coéquipiers, qui repartent de l'avant sur cette récupération d'un Kyle Hardy flairant le bon coup. Le Canadien met les gaz et combine sur sa gauche, avec Peter Valier, qui lui rend magnifiquement le palet. Trop bien servi dans l'enclave, sans réelle opposition, Kyle le "hardi" se fait alors un malin plaisir d'ajuster la lucarne droite, d'un tir trop rapide pour la mitaine de Girard (3-4 à 52'13").

De 0-3 à 4-3 en faveur de Dijon, cela ne vous rappelle rien ? Cherchez bien et remontez à cette soirée de novembre 2007, lorsque les troupes de Daniel Maric avaient puni des Spinaliens trop suffisants au terme d'un derby renversant.

C'est donc peu dire que l'histoire s'est répétée, à la différence que les hommes de Shawn Allard avaient bien le match en main avant de se fkevorkianaire remonter. Ce qui n'a jamais été le cas des Dauphins ce soir, trop souvent tenus à bout de bras par un Girard encore abandonné à son triste sort sur ce centre d'Andersén repris par Valier à l'opposé (3-5 à  54'42").

Passablement démobilisés, les locaux laissent filer le match. Une attitude démissionnaire totalement déplacée, surtout quand il s'agit de préserver une cage vidée de son occupant. Une cible ouverte que Rodi Short n'aura aucun mal à trouver. Avec la complaisance d'un Fabien Leroy exaspérément nonchalant (3-6 à 57'55")...

Dépités par si peu de combativité, de nombreux spectateurs préfèrent quitter prématurément Poissompré. Jurant, pour certains, qu'on ne les y reprendrait plus. Il faut dire qu'en cette fin d'après-midi, le public a encore répondu présent. Mais pour combien de temps ?

Dijon a donc évité l'affront d'être battu par la pire équipe du championnat depuis deux mois (trois points engrangés sur seize possibles depuis début novembre). La paire Vas-Crowder n'a pas eu son rendement habituel, mais le DHC s'est trouvé d'autres alternatives au pointage.

Le talentueux Nicolas Ritz a notamment enfilé son huitième but de la saison à un moment crucial de la partie, d'une reprise de volée lointaine et excentrée. Mais parfaitement exécutée. Le jeune international a donc remis Dijon sur de bons rails, précipitant le naufrage des Dauphins... qui menaient encore 3-1 !

Une chute sans fiGirard3n ?

Assurément forts dans tous les compartiments du jeu, les Ducs ne se sont jamais découragés en dépit de la tournure (un temps défavorable) des événements. Leur ténacité a donc payé, insufflée par des éléments combatifs à souhait (Kyle Hardy notamment) et dotés d'un état d'esprit bien plus "guerrier" que ces Dauphins, devenus barragistes en puissance.

Trop vite défaitistes, trop facilement résignés. Un malaise reconnu par Stéphane Gervais, interrogé par la presse locale à ce sujet. "On est faibles mentalement, souligne le natif de l'Ontario. Dès qu'on se retrouve un peu en danger, l'équipe est déstabilisée. Pourtant, il y a des gars de caractère dans l'équipe"...

Ce constat d'impuissance n'incite pas à l'optimisme béat. Loin de là, surtout qu'un lointain déplacement se profile à l'horizon. Santino Pellegrino sera peut-être du voyage vers Briançon, si toutefois l'intéressé venait à quitter son Québec originel (où des soucis d'ordre familiaux l'ont retenu) pour revenir au chevet d'un groupe filant un bien mauvais coton.

Un contingent venant tout bonnement d'essuyer sa septième défaite d'affilée à Poissompré. Sa cinquième de rang en championnat... et sa douzième en treize matchs ! Et quelque chose nous dit qu'une nouvelle déconvenue les attend mercredi...

Oui, le soufflé né d'un début d'exercice réussi est complètement retombé. Et faute d'avoir tenu leurs promesses, les Dauphins coulent. Lentement, mais sûrement...

Réactions d'après-match (dans le Bien Public) :

Peter Valier (attaquant de Dijon) : "On était dans le trou. Cette victoire fait vraiment du bien pour l'équipe. Par rapport au scénario, c'est la victoire parfaite, il n'y a rien de mieux pour la confiance. C'est reparti. Maintenant on ne pense plus à nos défaites, on va de l'avant."

 

Épinal - Dijon 3-6 (2-0, 1-1, 0-5)
Samedi 29 décembre à 18h00 à la patinoire de Poissompré. 1 500 spectateurs.
Arbitres : Alexandre Bourreau assisté d'Anne-Sophie Boniface et Sébastien Geoffroy.
Pénalités Épinal 10' (2', 6', 2') ; Dijon 8' (0', 6', 2').
Tirs : Épinal 34 (10, 13, 11) ; Dijon 39 (11, 10, 18).

Évolution du score :
1-0 à 09'13" : Plch assisté de Gauthier et Sušanj (inf. num.)
2-0 à 15'45" : Casavant assisté de Bouchard et Gauthier
3-0 à 30'41" : Gauthier assisté de Casavant et Bouchard (sup. num.)
3-1 à 32'38" : Ritz assisté de Short et Crowder (sup. num.)
3-2 à 40'46" : Skinnars (sup. num.)
3-3 à 45'21" : Decock assisté de Mulle
3-4 à 52'13" : Hardy assisté de Valier
3-5 à 54'42" : Valier assisté d'Andersén et Decock
3-6 à 57'55" : Short (cage vide)

Épinal

Gardien : Gabriel Girard (sorti de sa cage de 57'11" à 57'55").

Défenseurs : Peter Slovák - Maxime Ouimet ; Gašpr Sušanj - Stéphane Gervais ; Fabien Leroy (C) - Jan Hagelberg.

Attaquants : Anthony Rapenne - Yoann Chauvière - Yannick Offret ; Steven Cacciotti - Michal Petrák - Ján Plch (A) ; Benjamin Casavant - Sébastien Gauthier - Danick Bouchard (A).

Remplaçants : Nicolas Ravel (G), Élie Raibon, Rémi Colotti, Maxime Martin, Kevin Benchabane, Romain Mauffrey.

Dijon

Gardien : Kai Tillanen.

Défenseurs : Andrej Mrena - Rodi Short ; Kévin Igier - Kyle Shearer-Hardy (C) ; Cédric Custosse - Quentin Mahier.

Attaquants : Johan Skinnars - János Vas - Tim Crowder ; Thomas Decock (A) - Nicolas Ritz - Peter Valier ; Aram Kevorkian (A) - Stephen Dugas - Henrik Andersén ; Alexandre Mulle.

Remplaçants : Joffrey Pingrit (G), Vincent Kara, Gabriel Da Costa. Absent : Benoît Quessandier (oreille interne).