Suède - États-Unis (Mondial U20, finale)

SuèdeEtats-UnisLa Tre-Kronor défend son titre : ce n'est pas une si grande surprise, même si les nombreuses absences sur blessure avant le début du tournoi avaient décimé la défense. Les Suédois se sont montrés solides dans tous les compartiments du jeu, et se sont appuyés sur leurs meilleurs joueurs pour s'imposer aux tirs au but face à la Russie. Les États-Unis étaient pour leur part un outsider sérieux, mais les prestations de John Gibson dans les cages et du petit John Gaudreau en attaque ont permis de franchir un cap : les Américains se sont montrés redoutables depuis le dernier match de poule, écrasant Slovaques, Tchèques et Canadiens. Une réussite qui correspond au changement apporté par Phil Housley, qui a installé Jim Vesey aux côtés de John Gaudreau et JT Miller sur la première ligne.

Des Suédois qui espèrent le doublé : la veille, les U17 ont remporté le challenge mondial disputé au Canada, face à la Russie. Ils visent leur troisième médaille d'or, ce qui est aussi le cas des États-Unis, qui avaient battu en finale le Canada en 2004 et 2010. Une statistique à démentir pour la Suède ? Ils n'ont plus battu les États-Unis au mondial junior depuis 2002 (7 victoires). 31 joueurs de cette finale ont participé aux finales du Mondial U18 en 2011 ou 2012... dont Connor Murphy, auteur du but en prolongation de la victoire américaine face à la Suède pour le titre U18 2011. L'expérience d'un match pour le titre est donc équitablement répartie.

Trève de statistiques : mise au jeu !

Partie d'échecs

Le match débute sur un rythme élevé. Le petit gabarit John Gaudreau vole un palet, slalome et se heurte à Lundström. Une action qui lance les États-Unis, qui prennent petit à petit l'ascendant en possession de palet. Une bonne phase offensive libère Shayne Gostisbehere qui expédie un tir violent de la bleue et Alex Galchenyuk cherche le rebond, sans réussite. La première pénalité est signalée lorsque Jeremy Boyce-Rotevall accroche un joueur dans la neutre. Le jeu de puissance cherche un Gaudreau en feu, qui résiste aux défenseurs et sert JT Miller pour une action de près. Viktor Arvidsson travaille fort en infériorité et déborde... mais commet une crosse haute sur Jacob Trouba derrière le but adverse, et concède donc une trentaine de secondes de double avantage. Gaudreau dirige l'offensive et Trouba tente sa chance... Le tir est dévié par William Karlsson hors des limites et la première pénalité s'achève. Puis, Miller tente de dévier un tir de Vince Trocheck, mais Niklas Lundström ne craque pas. Sean Kuraly enchaîne avec un mouvement en puissance, sans réussite et les Suédois reviennent au complet.

Les États-Unis sont aux commandes et poursuivent, avec une action tout en technique de Galchenyuk qui force Lundström à un arrêt difficile. Même la quatrième ligne s'y met et Blake Pietila ouvre son compteur de tirs pour la soirée. En face ? Pas grand chose, Gibson repoussant tranquillement un tir de Filip Sandberg, puis un débordement de Viktor Rask. Les Bleus ne lâchent rien, le duo Hartman-Pietila harcelant les défenseurs, sans leur laisser le moindre répit. Puis, Rocco Grimaldi, servi à gauche, lance au but et le palet touche les deux poteaux derrière Lundström !

Un harcèlement et une détermination américaine un peu excessives : Gaudreau fait trébucher un défenseur et sort deux minutes. Cole Bardreau sauve les meubles devant Elias Lindholm, qui cherchait un rebond devant Gibson ; la défense se charge de bloquer le reste des offensives, avec toujours une crosse bien placée pour dégager le palet, prouvant que le 25/27 en pénalités tuées n'est pas usurpé.

Gaudreau, à peine de retour, crée encore le danger par une qualité de conservation de palet exceptionnelle et manque de peu Pietila d'une passe transversale étonnante. Le jeu de passe américain se montre de plus en plus précis, utilisant beaucoup le revers. Jim Vesey en profite et sollicite encore Lundström, qui contrôle. Il obtient une nouvelle occasion dans le dos de la défense sur une passe brillante de Gaudreau en contre-attaque. Bardreau obtient une chance à son tour mais percute le gardien et part en prison. Les Suédois installent leur jeu de puissance et Karlsson, bien placé, se retrouve contré par Trouba. La sirène retentit : 0-0, domination américaine mais deux gardiens attentifs et bien moins nerveux que leurs équipiers.

On a toujours besoin d'un plus petit que soi

C'est donc en supériorité numérique que la Suède reprend. Les États-Unis tiennent bon jusqu'à 25 secondes de la fin. Un palet rebondit sur le plexiglas sur l'aile, tombe dans les patins de Seth Jones qui n'a pas le temps de le maîtriser que Sandberg s'en empare et ajuste Gibson (1-0). Une partie de billard favorable qui pique l'orgueil américain. Housley lance la ligne Gaudreau, qui campe dans la zone suédoise et se crée deux chances, puis la ligne Trocheck, qui trouve Lundström à deux reprises. Sur l'action, Trocheck et Arnesson se frictionnent et sont envoyés en prison. McCabe sauve son camp en coupant un deux-contre-un mené par Collberg et permet aux États-Unis de repartir vers l'avant : lancer de Seth Jones, sauvé par le gardien.

La Suède est dominée tout en restant dangereuse, et Forsberg se charge de le rappeler à Gibson d'un lancer du poignet plein axe. Finalement, c'est une action étrange qui fait la différence. Le petit Rocco Grimaldi, qui avait tapé les deux poteaux au premier tiers, gagne son duel face à Wennberg derrière la cage, ressort et lance ras glace au but. Lundström se laisse surprendre et le tout petit espace laissé contre le poteau est suffisant pour le palet (1-1). Les bleus continuent leur pression et Barber manque de peu de doubler la mise, pendant que Jones fait le ménage en défense, au grand malheur du pauvre Lindholm. Offensivement, les joueurs de Phil Housley tapent de plus en plus près ; Kuraly, du bout de la crosse, voit Lundström sauver du gant. La récompense ne tarde pas, avec un tir de la bleue de Jacob Trouba, dévié par Grimaldi, qui surprend Lundström (1-2).

La Suède tente de réagir, portée par Filip Forsberg. Malheureusement, un contre mené par Gaudreau, tout en technique, expédie Jacob de la Rose sur le banc des pénalités. Le jeu de puissance américain se montre plutôt maladroit et l'échec avant suédois gène la relance. Gibson doit même sauver son camp de près devant Karlsson, sur un palet perdu par Gostisbehere. Une action qui relance la Suède vers l'avant dans les dernières minutes, les Américains jouant plutôt en contre. 2-1 à la pause et un match complètement renversé.

Modèle défensif

La Suède prend rapidement le contrôle face à une équipe en mode défensif et contre-attaque. Les Américains se montrent explosifs en transition, avec une mobilité excellente dans les deux sens du jeu. Il y a toujours du soutien, en attaque comme en défense, et une combativité sur le moindre palet qui gène beaucoup la Suède. Le jeu de passe, tout en mouvement, permet de faire défiler les minutes avec de longues séquences en zone offensive. De l'autre côté, Gibson sauve, assis sur sa ligne, une grosse chance d'Arvidsson en tour de cage, avec l'aide de Trouba. Un Arvidsson clairement le meilleur attaquant de son équipe sur cette finale.

Après six minutes, Rocco Grimaldi accroche un défenseur dans son échec-avant et replace la Suède en avantage numérique. Il y a toujours une crosse - même brisée ! - pour contrer les tirs et dégager. La pénalité est tuée sans aucun tir cadré. Cette grande activité de la crosse pour contrer les passes et tirs permet à Galchenyuk de partir en deux contre deux, et de forcer Lundström à un nouvel arrêt.

La Suède domine désormais en possession de palet, sans parvenir à se créer le moindre espace. Le travail défensif et l'abnégation de tous les joueurs américains est un modèle du genre. Gibson a peu de travail, mais le fait bien, sauvant devant Sandberg lorsqu'un palet traîne dans son slot. Puis, il sort l'arrêt du match en s'avançant pour repousser la tentative de Collberg... et non ! C'est Connor Murphy qui se sacrifie pour repousser le tir.

La Suède ne passe plus, bloquée dans la neutre par le pressing américain, qui lance au fond à chaque interception. À deux minutes de la fin, Roger Ronnberg demande un temps mort. La quatrème ligne américaine est de sortie, Hartman, Bardreau et Pietila étant chargés de résister au six-contre-cinq consécutif à la sortie du gardien. Pietila dégage, Hartman à son tour, Jones ensuite... et Trocheck bloque un tir, est envoyé en échappée, cage vide, malgré le jet d'une crosse suédoise (1-3). Le banc américain explose !

Victoire des États-Unis, méritée, à l'issue d'une prestation défensive de haut niveau. Le sens du placement, la qualité technique de la relance, le collectif bien en place avec toujours du soutien aura eu raison du tenant du titre, incapable de trouver la clé. Il n'y aura pas eu beaucoup d'espaces près du but de Gibson, impérial.

Récompenses :
MVP du tournoi : John Gibson (G, USA)
Meilleur gardien : John Gibson (G, USA)
Meilleur défenseur : Jacob Trouba (USA)
Meilleur attaquant : Ran Nugent-Hopkins (CAN)
Équipe type du tournoi :
John Gibson (G, USA) - Jacob Trouba (D, USA) - Jake McCabe (D, USA) ; Filip Forsberg (LW, SWE) - Ryan Nugent-Hopkins (C, CAN) - John Gaudreau (RW, USA)


Suède - États-Unis 1-3 (1-0, 0-2, 0-1)
Samedi 5 janvier 2013, 19h, Ufa Arena.
Arbitrage de Didier Massy (SUI) et Pat Smith (CAN) assistés de Stanislav Raming (RUS) et Peter Stano (SVK)
Tirs : Suède 27 (7, 12, 8), États-Unis 34 (11, 12, 11)
Pénalités : Suède 8' (4', 4', 0'), États-Unis 8' (4', 2', 2')

Récapitulatif du score
1-0 à 21'09" : Sandberg assisté de Rakell (sup. num.)
1-1 à 27'42" : Grimaldi assisté de Sieloff et Trocheck
1-2 à 30'27" : Grimaldi assisté de Trouba
1-3 à 59'44" : Trocheck assisté de Miller (cage vide)

Suède

Gardien : Niklas Lundström (sorti de sa cage à 58'20")

Défenseurs : Mikael Vikstrand - Tom Nilsson ; Robert Hagg - Rasmus Bengtsson ; Linus Arnesson - Emil Djuse ; Christian Djoos.

Attaquants: Filip Sandberg - William Karlsson - Filip Forsberg ; Emil Molin - Elias Lindholm - Sebastian Collberg ; Viktor Arvidsson - Alexander Wennberg - Rickard Rakell ; Jeremy Boyce Rotevall - Viktor Rask - Jacob De La Rose ; Nick Sorensen.

Remplaçant : Joel Lassinatti (G).

États-Unis

Gardien : John Gibson.

Défenseurs : Jake McCabe - Seth Jones ; Patrick Sieloff - Jacob Trouba ; Mike Reilly - Connor Murphy ; Shayne Gostisbehere.

Attaquants : Alex Galchenyuk - Sean Kuraly - Riley Barber; John Gaudreau - JT Miller - Jim Vesey ; Rocco Grimaldi - Vincent Trocheck - Tyler Biggs ; Blake Pietila - Cole Bardreau - Ryan Hartman ; Mario Lucia.

Remplaçant : Jon Gillies (G). Réserviste : Garrett Sparks (G).