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Les Canadiens de Montréal recevaient les Leafs de Toronto pour le match inaugural de cette courte saison de Ligne Nationale de Hockey.

Avec seulement 48 rencontres à disputer au lieu de 82 usuellement, la course aux play-offs s'annonce palpitante. Il convient aux équipes d'acquérir - et surtout de conserver - une certaine fraîcheur physique. Car l'impulsion des premiers matchs donnera une dynamique positive pour la suite. Éliminée des séries la saison passée, l'objectif pour la Sainte Flanelle est cette année d'y accrocher une place. Pour le club, mais avant tout pour les partisans. Privés de hockey pendant quatre longs mois, ceux-ci ont pu bénéficier d'une opération rachat séduisante de la part des franchises. À Montréal : match intra-équipe, entraînement des deux équipes ouvert à tous, concert du groupe canadien Simple Plan... Tout était fait pour se faire pardonner.

Preuve que l'attente était immense chez les supporters, le match intra-équipe au Centre Bell a rassemblé quelque 17 000 spectateurs, dont certains ont bravé les températures négatives pendant 10 heures pour obtenir une place ! Mais l'opération rachat a un prix. Non pas le coût financier, minime au vu des comptes de la franchise. Le rachat se fait avant tout par les résultats sur glace. Et quoi de mieux qu'une confrontation face à l'ennemi ontarien pour faire sensation !

Après la cérémonie protocolaire, qui a vu Jean Béliveau, Serge Savard, Henri Richard (pour ne citer qu'eux) "passer le flambeau" au capitaine Gionta, les hostilités pouvaient commencer... L'instant émotion de la cérémonie ne transcende pas le tricolore, très lent dans les premières minutes. Quelques jours seulement après les camps d'entraînement, il paraît tout à fait normal que les automatismes ne soient pas parfaits, la tolérance est donc de mise. Cependant, au fur et à mesure que les minutes s'égrènent, le Canadien déçoit. Fébriles et inefficaces, les locaux s'inclinent rapidement en infériorité. Sur une rondelle perdue à la bleue, Phil Kessel travaille côté gauche avant de délivrer une passe vers Nazem Kadri qui bat Price. Première frappe et premier but de la saison pour Toronto...  Avantage mérité ou non, la partie est d'une piètre qualité. Les deux équipes pratiquent un hockey brouillon et peu précis. Il faut attendre l'altercation entre Prust et Brown pour réveiller les spectateurs, presque blasés. Les Maples Leafs dictent leur jeu. Le premier tiers se conclut sur la marque de 1-0, dans l'indifférence la plus totale.

La partie reprend dans l'incertitude générale. Le CH va-t-il se réveiller et enfin jouer au hockey ? Le désormais fameux "No Excuses" qui trône dans "la chambre" a-t-il fait effet durant la pause ? Carey Price est très vite mis à contribution en repoussant des tirs de Phil Kessel, décidément intenable. Alors qu'en tribunes les "We want P.K." se font de plus en plus entendre, le Canadien cède une seconde fois. Après avoir repoussé tout à tour le shoot de Phaneuf et celui de Kessel, Carey Price cède devant Tyler Bozak qui reprend le rebond. 2-0, le match semble plié. Les Montréalais sont clairement dans un faux rythme. En unité spéciale, le Canadien n'est pas dangereux. Au contraire, il se fait même peur. Kaberle et Diaz auront perdu de nombreuses rondelles en zone offensive. Cette nervosité ambiante ne faiblit pas dans le troisième tiers.

De retour des vestiaires, le Canadien n'y arrive toujours pas, mais progresse mieux avec la rondelle. Bien que le tricolore pèche toujours dans le dernier geste, les actions sont plus construites. Encore incertain la veille, Tomas Plekanec fait le travail. C'est d'ailleurs l'une des rares satisfactions locaes. Mais les quelques occasions de buts créées par la seconde ligne montréalaise sont insuffisantes face à une défense organisée par Dion Phaneuf. Finalement, le CH arrive à réduire la marque en supériorité numérique. Le capitaine Gionta montre la voie du but en profitant d'une rondelle morte devant la cage. Le Centre Bell se réveille, les dernières minutes sont jouées dans une hystérie collective. La faute aux manques d'automatismes, à la pression immense, le tricolore n'arrive pas à accrocher le surtemps.

La Sainte Flanelle s'incline 2-1 face à Toronto, et concède par la même occasion sa neuvième défaite en match d'ouverture contre les Maple Leafs. Symbolique, certes, mais surtout révélateur d'un problème récurent. Le Canadien est de moins en moins craint par ses adversaires. Le premier trio (Desharnais- Cole-Pacioretty) n'a pas le niveau d'une première ligne NHL. L'équipe dispose d'un fort potentiel, mais n'arrive toujours pas à se révéler. Le magicien Therrien arrivera-t-il à remettre cette équipe sur le chemin de la victoire ?

Comme bien souvent ces derniers mois au Centre Bell, la soirée s'est commencée dans la joie et s'est finie sous les huées. Alors, même si les médias montréalais se refusent à parler de crise, il faut se rendre à l'évidence, le CH est au plus bas. L'époque des anciennes gloires du temple de la renommée paraît bien loin aujourd'hui...