Colmar - Dijon II (Division 3, groupe C)

Au regard du parcours actuel de ces deux clubs, ce match représente l'affiche de la Poule C. En effet, son résultat placera de façon presque définitive le premier et le deuxième de cette poule, en vue des play-offs qui s'ensuivront. Colmar, invaincu, en est actuellement le leader, suivi de la réserve dijonnaise. Le match aller n'avait pas permis aux deux formations de se départager. La revanche allait peut-être livrer un vainqueur. Malgré une alerte météo à la neige et au verglas, les Ducs s'étaient quand même déplacés, ainsi qu'une assistance somme toute très correcte pour ce niveau de compétition.

Pourtant, au regard du premier tiers, il est plutôt difficile de se dire que la partie concerne les deux têtes de tableau : le hockey proposé est très lent et surtout très imprécis, que ce soit dans les passes ou les relances. Un peu à la façon d'un diesel, le match monte (très) progressivement en chauffe, notamment sur une énorme étourderie du gardien bourguignon : le bougre, sorti derrière sa cage, est victime d'un mauvais ricochet en voulant relancer. Heureusement pour lui, les attaquants locaux ne sont pas encore assez "chauds" pour exploiter cette erreur (11'23"). Ils le seront nettement plus quand Maxime Loeffel, parti de sa moitié de glace, slalome dans les rangs dijonnais pour adresser un centre au poteau à son entraîneur. Cadeau qu'un vieux renard de surface comme Genia Kouznetsov ne peut refuser (1-0 à 13'44"). Colmar joue dès lors de façon plus rassurée, même si la manière est toujours aussi confuse quand celle de son adversaire est plus structurée, que ce soit dans les déplacements ou les placements. Dijon, qui semble alors subir, revient pourtant dans la partie juste avant la pause lors d'un instant de panique de la défense colmarienne, que Yann Sordel exploite sans trop se poser de questions (1-1 à 19'50").

De retour des vestiaires, Dijon confirme ses intentions offensives en assiégeant la cage de Jérémy Boehrer, mais le jeune Haut-Rhinois repousse impeccablement quatre brûlots consécutifs. Au fur et à mesure que le tiers se déroule, les locaux s'empêtrent de plus en plus dans de rares essais offensifs, à l'image de ce break de Jonathan Boehrer, que l'ancien junior amiénois rate par trop de temporisation (29'04"). Le jeu redevient beaucoup plus imprécis, et nettement plus haché par des pénalités quelques fois tatillonnes de part et d'autres. Chose plus ennuyeuse, les Titans semblent en mal de solutions pour débloquer le compteur. Ils s'en remettent souvent à des actions individuelles quand, dans le même temps, les Ducs continuent collectivement à mettre la pression sur le portier alsacien, mais ce dernier ne plie pas, comme sur ce raid de Gautier Sordel, qu'il bloque sans bavure (35'04").

C'est donc plutôt contre le cours du jeu que les Colmariens reprennent l'avantage : une première fois sur une lumineuse lancée de Maxime Mathieu vers Kouznetsov, il n'en faut pas plus pour que l'ancien Messin score pour la deuxième fois de la soirée (2-1 à 38'05"). Dans la foulée, c'est le même Mathieu qui convertit un superbe travail à trois avec Boehrer et Loeffel, sans doute la seule vraie action collective colmarienne de ce tiers (3-1 à 38'25"). Avec deux buts encaissés en 20 secondes, beaucoup d'équipes auraient les jambes coupées. C'est un peu le cas des visiteurs qui font le dos rond, en espérant se requinquer lors du dernier tiers, qu'ils débuteront en double supériorité suite à deux indisciplines plutôt sévèrement sifflées contre Baptiste Rahm, puis Fred Herpin.

Il n'en sera rien car les jeunes locaux vont contenir sans trop de difficultés les rares essais dijonnais. Dans la foulée, ils augmentent même leur avance, sur une nouvelle tentative du Colmarien du match, Maxime Mathieu. L'ancien minot mulhousien manoeuvre derrière la cage adverse avant de loger le palet dans un trou de souris (4-1 à 43'19"). Dès lors, en théorie, il ne reste plus qu'à gérer la partie... En théorie. La théorie ne tient pas compte d'une nouvelle faute, sifflée elle aussi sévèrement, contre Loeffel. Dijon s'installe en zone locale et Jan Babic rate à bout portant l'immanquable (48'40"). Peu importe, ses compères s'y reprennent par trois fois avant de pouvoir enfin tromper Boehrer, qui jusque là avait tout repoussé (4-2 à 49'42").

Le match semble relancé, Dijon reprend progressivement du poil de la bête et s'offre plus de tirs cadrés, sans toutefois parvenir à tromper une nouvelle fois le portier local. Les Colmariens éprouvent de plus en plus de difficultés à porter le danger de façon durable devant Guillaume Berger. C'est de façon assez prévisible qu'ils encaissent une troisième réalisation adverse, de toute beauté, quand Yann Sordel décentre Babic, qui reprend instantanément à mi-distance pour un tir tendu sous la barre de Boehrer (4-3 à 57'27"). Dès lors, on sent bien la tension monter dans les gradins comme dans les rangs colmariens : la tactique appliquée est on ne peut plus claire, il faut tenir. Les Titans vont d'ailleurs y parvenir non sans mal, et manquent même une cinquième réalisation quand Mathieu dégage loin vers la cage dijonnaise désertée, mais le palet passe juste à côté (59'54"). Il reste alors six secondes, et deux nouveau tirs dijonnais repoussés in extremis, avant que la sirène libère le club colmarien. Les Alsaciens peuvent respirer, ils sont quasiment sûrs d'être têtes de poule pour le premier tour des prochains play-offs.

Il faudra pourtant montrer autre chose comme hockey, face au prochain club de la poule alpine. Colmar va jouer pour la troisième année consécutive les play-offs : après la cruelle désillusion de 2011 contre le rival strasbourgeois, puis le match aller raté contre Marseille en 2012, il faudra maintenant se concentrer durablement pendant 120 minutes pour affronter et espérer dominer Avignon ou Roanne, et ainsi accéder à un tour supplémentaire.

Malgré cette défaite, Dijon peut aussi sereinement envisager un premier tour de play-offs : les aspects tactiques et collectifs sont déjà bien rodés, la profondeur du banc est bien réelle, ce qui est un plus. Il leur faut maintenant rester solides toute une partie.

 

Colmar - Dijon II 4-3 (1-1, 2-0, 1-2)
Samedi 19 janvier 2013 à 18h00 à la patinoire de Colmar. 300 spectateurs.
Arbitrage de M. Bergeron et Mme Arnold.
Pénalités : Colmar 16' (4', 10', 2') ; Dijon 12' (0', 2'+10', 0').
Tirs : Colmar 25 (11, 9, 5) ; Dijon 31 (6, 13, 12).

Évolution du score :
1-0 à 13'44" : Kouznetsov assisté de Loeffel
1-1 à 19'50" : Y. Sordel assisté de Babic et Dauphin
2-1 à 38'05" : Kouznetsov assisté de Mathieu
3-1 à 38'25" : Mathieu assisté de Jo. Boehrer
4-1 à 43'19" : Mathieu assisté de Jo. Boehrer
4-2 à 49'42" : Held assisté de Marciano (sup. num.)
4-3 à 57'22" : Babic assisté de Y. Sordel et Dauphin


Colmar

Gardien : Jérémy Boehrer.

Défenseurs : Frédéric Herpin (C) - Maxime Loeffel ; Eloi Lenner (A) – Benjamin Adam ; Sébastien Muller – Pierre Zaenker.

Attaquants : Evgueny Kouznetsov - Maxime Mathieu – Jonathan Boehrer ; Joan Koenig – Baptiste Rahm (A) – Gregory Bock-Morin ; Vincent Besserer – Quentin Besserer – Benjamin Leconte.

Remplaçants : Julien Hagenmuller (G), Yanis Labed.

Dijon 2

Gardien : Guillaume Berger.

Défenseurs : Ludovic Germack – Jacques Évrard ; Philippe Bonnet – Benoît Girardin ; Christophe Toulouse – Axel Schanen.

Attaquants : Yann Sordel (A) – David Dauphin – Jan Babic ; Loïc Chabert – Charles Marciano – Cyril Cassan ; Charles Bordes – Loïc Marcangelli – Gautier Sordel ; Nicolas Lacroix – Théophile Held – Alban Janny.

Remplaçant : Alexis Laufray (G).