Épinal - Caen (Ligue Magnus, 22e journée)

Deux coups d'accélérateur... pour soigner les compteurs !

ouimet maxime1De retour d'un week-end chargé passé sur les routes à défier Gap (1-2) et Angers (2-3), les Dauphins reprennent le collier face au mal classé caennais.

Un match à leur portée contre un adversaire valeureux, mais limité, qui peut encore échapper à son destin de barragiste à condition d'enchaîner les succès. Les Drakkars ont fait un premier pas, dimanche, en forçant le "verrou" gapençais (4-3), profitant du surplace des clubs alsaciens pour revenir à cinq points du douzième (Strasbourg).

Sachant pertinemment que le maintien passe par un investissement de tous les instants, Luc Chauvel (l'entraîneur normand) veut voir ses troupes animées d'un état d'esprit "guerrier" mêlant détermination, rigueur et régularité. Tout donner, sans calculer ni rien lâcher, histoire de mener la vie dure aux formations plus "huppées" qu'il leur reste à rencontrer. À commencer par ces Dauphins en grand besoin de points, qu'ils avaient franchement inquiétés à l'aller (5-7)... et qu'ils ne désespèrent pas de surprendre à Poissompré !

Toujours en quête d'un premier succès depuis son arrivée début janvier, Alex Stein ne peut se contenter du "presqu'exploit" ramené d'Angers. Surtout qu'il ne rapporte rien au classement... alors que le besoin de points commence à se faire urgent ! C'est dire si battre le HCC apparaît comme une nécessité pour l'ICE, décidée à ne pas laisser le top-8 s'éloigner.

Tels sont les tenants et aboutissants d'une soirée lancée par l'hommage rendu à Damien Velay, arbitre emblématique décédé la veille des suites d'un malaise cardiaque. Une minute de silence respectée par le public de Poissompré (qui aurait dû le voir officier mardi dernier) et particulièrement émouvante pour les trois "zébrés", qui arborent un brassard noir à sa mémoire.

poudrier Privés de leur capitaine (Fabien Leroy) et de Benjamin Casavant, leur plus solide attaquant (physiquement parlant), les locaux prennent d'emblée le contrôle des opérations, profitant d'un surnombre caennais pour bénéficier d'une première supériorité (00'43"). Un powerplay qui, comme d'habitude, a beaucoup tenté... mais trop peu tiré, avec un seul shoot cadré (œuvre de Gervais) !

Sur cette lancée, les Dauphins tentent de se faire plus pressants en territoire drakkar tandis que les Normands s'en remettent surtout au duo Poudrier-Gauthier pour créer le danger. Mais les deux "poisons" canadiens ont le malheur de tomber sur l'excellent Ouimet, toujours là pour contrer leurs tentatives.

Bouchard, bourreau des Drakkars

Ayant eu vent du nouvel exploit réalisé, non loin de là, par les footeux du SAS (tombeurs du FC Nantes en Coupe de France après avoir mangé du "Lyon" au tour précédent), Poissompré est subitement pris d'une effervescence la détachant, pendant quelques instants, de cet Épinal-Caen devenant de plus en plus déséquilibré à mesure que défile ce premier tiers temps.

Inexistants - ou presque - offensivement, les Calvadosiens (privés de Miro Rahkola, leur meilleur défenseur) sont forcés de plus défendre qu'attaquer. Et si Nicolas Deshaies parvient à dégager in-extremis un palet filant dbouchard danick6ans le dos de son gardien (9e), Danick Bouchard, bien servi par Sébastien Gauthier, va faire trembler les filets. L'ex-Villardien profitant de la remise de Gauthier, en fond de zone, pour tirer sur réception du rond d'engagement droit et marquer, d'un joli tir croisé (1-0 à 08'41").

Voilà le train spinalien mis sur de bons rails avec ce one-timer du "dynamiteur" canadien des Dauphins, qui remet ça d'une accélération côté gauche suivie d'un centre libérant Ouimet à l'opposé. Trop désaxé, ce dernier voit son lancer repoussé dans la mêlée... d'où surgit ce diable de Bouchard (2-0 à 10'46") !

Battant le fer tant qu'il est chaud, Danick Bouchard se signale ensuite d'un tour de cage "supersonique" relayé, en première intention, par Peter Slovák vers Steven Cacciotti, totalement démarqué au second poteau... et qui ne rate pas l'immanquable (3-0 à 11'02") !

C'est allé vite. Très vite. Beaucoup trop vite, même, pour une défense caennaise totalement dépassée par les événements. Et qui a pris l'eau, en deux temps trois mouvements. Temps-mort Caen...

N'ayant plus à faire le jeu, l'ICE bascule alors vers un attentisme "contrôlé". Adhérant aux préceptes défensif d'Alex Stein, chantre d'un jeu "agressif et créatif" (mais avant tout discipliné, avec un repli jamais négligé), les Spinaliens s'emploient à dégager au maximum la vue de leur gardien, histoire de ne lui laisser affronter que des shoots trop ouverts pour réellement l'inquiéter. Et vu la faiblesse du jeu offensif normand, les récupérations sont légion... et les tirs peu fréquents. Même en supériorité, où seul Blake Cosgrove parvient à réchauffer la mitaine de Gabriel Girard (17'25"). Timothée Franck, à deux secondes du buzzer, se chargeant de tester l'étanchéité du jeune rempart franco-canadien (19'58").

L'affaire, côté spinalien, est bien engagée. Mais le match n'est pas encore plié, surtout que l'ICE s'est plus d'une fois fait remonter par le passé. Et même s'ils paraissent un bon cran au-dessus des Normands, les Dauphins ne sont pas à l'abri d'un retournement de situation. Car ce Caen-là, ont le sait, peut s'avérer très difficile à manœuvrer en dépit de son gardien relativement inexpérimenté. Un Lucas Normandon sonné par un tir "plein casque" d'Élie Raibon (21'42"), qui profite du forfait de Benjamin Casavant pour s'aligner au côté de Ján Plch et Michal Petrák.

Après l'entrée, le trou normand...

De fortes individualités en retrait ce soir, contrairement à un Poudrier très remuant, qui déboule côté droit et fait fi d'Ouimet pour prendre un lancer, bien capté par Girard (23'14"). Le puck est gelé mais l'ex-Angevin, dans son élan, va percuter le gardien. Une petite étincelle qui met le feu aux poudres et génère quelques petits brassages valant aux principaux "belligérants" (Maxime Ouimet, Sébastien Gauthier, Maks Selan et Thiery Poudrier) de visiter le banc des pénalités.

gomaneMême sans génie, les Drakkars sont parvenus à stopper l'hémorragie. Pour autant, personne ici ne les imagine refaire surface, surtout que Girard sort les arrêts qu'il faut... quand il le faut ! Sauf sur ce lancer de Cosgrove repris par Chauvel en supériorité (3-1 à 27'27").

Ce but redonne confiance aux Caennais, qui se font subitement beaucoup plus menaçants. Une mésentente manque même de profiter à Jérémie Romand, bien servi par Kevin Da Costa. Mais Girard, dans un réflexe stupéfiant, brandit sa mitaine à bout portant (28'22"). Une parade qui en appelle d'autres, surtout que le trio Romand-Poudrier-Gauthier (flanqué de Geslain et Cosgrove, à la pointe) se voit rapidement recomposé en supériorité.

Reste que ce "cinq majeur" va se voir bousculé par un box-play parvenant à régulièrement se dégager, histoire d'éloigner un danger étonnement concentré aux abords de la cage défendue par Gabriel Girard. Lequel frustre à nouveau Romand, de près (32'14"), qui s'en retourne sur son banc, non sans manifester quelques signes ostensibles d'énervement...

Et pendant ce temps, Épinal reprend sa marche en avant, héritant d'un avantage numérique (accrocher de Birolini, 33'31") immédiatement exploité par Sébastien Gauthier. Quatorze secondes suffisant à l'ex-Gapençais pour s'avancer et mystifier l'infortuné Normandon (4-1 à 33'45"). Sans grande opposition, il faut l'avouer !

Mais Gauthier n'est pas le seul "Lucky Luke" de la soirée. Le Slovène Maks Selan tire lui aussi plus vite que son ombre en décochant, dans la foulée, un missile aussi lointain que soudain. Un slap gagnant, bien qu'ayant heurté la base des deux montants (4-2 à 34'00").

Si l'ICE peut encore voir venir, elle se retrouve tout à coup vulnérable aux assauts de Normands plus entreprenants. Et surtout plus mordants, à l'image d'un Poudrier voyant son essai détourné du bouclier par un Girard des grands soirs (35'38"), qui sort encore tout un arrêt, sur sa ligne, devant un Geslain pourtant imparablement décalé... par l'inévitable Poudrier (36e) !

À trop vouloir gérer, les hommes d'Alex Stein ont donc fini par subir. Ils ont même failli perdre le contrôle en s'en remettant exclusivement à un Girard heureusement très inspiré. Aussi cet acte médian, bien moins réussi que le précédent, laisse-t-il préscacciotti steven4ager un troisième tiers plus disputé que le premier.

Mais Caen a vu Jérémie Romand se blesser (entorse au doigt, 36e) et remplacé, aux côtés de Kevin Da Costa et Brice Chauvel, par le tout jeune Yoann Robert (18 ans). Le HCC perd donc en expérience et en qualité, même s'il lui reste Jean-Christophe Gauthier, qui déborde côté droit et centre en retrait vers Thiery Poudrier, dont la reprise ne peut déjouer un Gabriel Girard bien placé (40'58").

Des buts en veux-tu en voilà

Les Dauphins doivent beaucoup à leur "ange gardien" (qui a tenu bon en multipliant les arrêts, de près comme de loin), mais ils sont également redevables envers leur premier trio 100% canadien, emmené par un Danick Bouchard déchaîné. Steven Cacciotti, qui a hérité du capitanat (un "C" porté l'an passé à Neuilly), parachève au second poteau un trois-contre-un rondement mené par qui vous savez (5-2 à 42'41").

Danick Bouchard, puisque c'est de lui dont il s'agit, s'en donne à cœur joie dans une défense aux abois et voit l'Italo-canadien lui rendre la pareille à la suite d'une mise au jeu raflée par Sébastien Gauthier. Cacciotti bascule aussitôt à l'opposé, vers un Bouchard libre de tout marquage (6-2 à 45'45"). Une séquence menée à la vitesse de l'éclair et qui aura proprement déboussolé un Normandon dépité, car trop souvent abandonné par sa défense. Même si Alexis Birolini, en avortant un deux-contre-un Benchabane-Bouchard, parvient à transformer un gros palet de but en petit puck "aérien" (48'59").

Un dernier arrêt avant deux buts coup sur coup, initiés ou terminés par un Petrák jusqu'alors bien discret. Mis sur orbite par Stéphane Gervais, le Tchèque fait mouche en break, côté crosse (7-2 à 49'51") avant de se muer en passeur. En fond de zone, l'intéressé remet sur Ouimet, qui reprend dans l'enclave... et fait à son tour frémir les cordages (8-2 à 50'08") !

Ne sachant plus où donner de la tête, Lucas Normandon n'y voit plus que bleu. Et pour finir en beageffroyuté cette soirée, devenue "portes ouvertes" dans une défense démobilisée, rien de tel qu'un petit vent de nouveauté. Élie Raibon offrant, sur un plateau, son premier but en élite à Maxime Martin. Le Spinalien n'ayant plus qu'à pousser le puck au fond (9-2 à 56'01"). Cette fois, c'en est fini du calvaire de Normandon...

Victorieux dans l'ombre des footeux, les hockeyeurs spinaliens ont assuré le spectacle et fait le plein de buts, à quatre jours d'attendues retrouvailles avec l'éternel rival mulhousien.

Tout n'a pas été parfait mais Gabriel Girard a fait le métier tandis que l'insolente efficacité de Danick Bouchard (cinq points ce soir !) a fini par "contaminer" ses coéquipiers (et notamment l'opportuniste Cacciotti, auteur d'un doublé), qui se sont offert un très large succès. Le premier sous l'ère Stein.

C'est forcément bon pour le moral même si rien n'a change au classement (Chamonix et Villard-de-Lans, qui précèdent les Dauphins, comptant toujours quatre points d'avance). Mais cette victoire, couplée aux défaites de Strasbourg et Mulhouse, éloigne encore davantage l'ICE de la case barrages.

Des play-down qui tendent les bras aux jeunes Drakkars, qui ont souffert durant les deux tiers de la partie malgré l'incessante activité de son duo Poudrier-Gauthier, qui donna beaucoup de fil à retordre aux Slovák, Ouimet et autres Gervais. Dépassée par la fluidité et la rapidité d'exécution des Canadiens d'Épinal, l'arrière-garde a quant à elle souffert de l'absence de Rahkola, explosant littéralement. Comme si souvent cette saison...

Réactions d'après-match (dans Vosges-Matin) :

Steven Cacciotti (attaquant et capitaine d'Épinal) : « C'est une grosse victoire. On savait que ce match était important et qu'il ne pouvait pas nous échapper. On est sorti fort dès le début de match. On a très bien fait notre boulot même si on a redonné un peu de vie à Caen dans le deuxième tiers. Ce n'est jamais facile de mener 3-0 assez vite car ensuite, on se relâche toujours un peu. On s'est parlé dans le vestiaire et on s'est repris. »

 

Épinal - Caen 9-2 (3-0, 1-2, 5-0).
Mardi 22 janvier à la 20h30 à la patinoire de Poissompré. 814 spectateurs.
Arbitres : Damien Bliek assisté de David Courgeon et Guillaume Florentin.
Pénalités : Épinal 18' (4', 12', 2') ; Caen 18' (4', 12', 2').
Tirs : Épinal 34 (14, 6, 14) ; Caen 38 (11, 16, 11).

Évolution du score :
1-0 à 08'41" : Bouchard assisté de Cacciotti et Gauthier
2-0 à 10'46" : Bouchard assisté de Cacciotti et Gauthier
3-0 à 11'02" : Cacciotti assisté de Slovák et Bouchard
3-1 à 27'27" : Chauvel assisté de Cosgrove et Romand
4-1 à 33'45" : Gauthier assisté de Slovák et Cacciotti (sup. num.)
4-2 à 34'00" : Selan assisté de Poudrier
5-2 à 42'41" : Cacciotti assisté de Bouchard
6-2 à 45'45" : Bouchard assisté de Cacciotti et Gauthier
7-2 à 49'51" : Petrák assisté de Gervais et Sušanj
8-2 à 50'08" : Ouimet assisté de Petrák et Plch
9-2 à 56'01" : Martin assisté de Raibon et Gervais

Épinal

Gardien : Gabriel Girard.

Défenseurs : Peter Slovák - Maxime Ouimet ; Gašpr Sušanj - Stéphane Gervais ; Jan Hagelberg - Rémi Colotti ; Romain Mauffrey.

Attaquants : Steven Cacciotti (C) - Sébastien Gauthier - Danick Bouchard (A) ; Élie Raibon - Michal Petrák - Ján Plch (A) ; Kévin Benchabane - Yoann Chauvière - Yannick Offret ; Maxime Martin.

Remplaçants : Nicolas Ravel (G), Anthony Rapenne, Valentin Grandhaye. Absents : Fabien Leroy (distension des ligaments du genou), Benjamin Casavant (côtes).

Caen

Gardien : Lucas Normandon.

Défenseurs : Nicolas Deshaies - Alexis Gomane (A) ; Martin Ropert - Blake Cosgrove ; Alexis Birolini - Maks Selan.

Attaquants : Timothée Franck - Thibault Geffroy (C) - Pierre Bennett ; Jean-Christophe Gauthier - Thiery Poudrier (A) - Charles Geslain ; Brice Chauvel - Kevin Da Costa - Jérémie Romand [puis Robert à 36'] ; Yoann Robert - Damien Grendka - Hugo Damy.

Remplaçant : Lucas Savoye (G). Absent : Miro Rahkola.