Épinal - Villard-de-Lans (Ligue Magnus, 24e journée)

Chasscouture vincente à l'ours pour Dauphins mal en points

Pour le premier de ses deux matchs en retard, l'ICE accueille les Ours de Villard. Avec un seul mot d'ordre : la victoire !

Encore faut-il que les ingrédients du succès soient réunis. Pas comme à Mulhouse samedi dernier (4-6) où les Dauphins, insuffisamment réalistes et "guerriers", ont rechuté...

Sérieusement menacés par le rapproché des "mal classés", les hommes d'Alex Stein n'ont donc pas seulement relancé les Scorpions dans la course aux play-offs. Ils se sont également affublés d'une obligation pure et simple et de l'emporter face aux coéquipiers d'Armando Scarlato. Pour éviter que le spectre des play-down ne revienne hanter des esprits bien moins sereins qu'en début de saison...

Mais si la victoire contre Villard revêt un caractère obligatoire, elle n'est aucunement gagnée d'avance. Surtout que les Ours, réputés pour vendre chèrement leur peau, n'ont rien d'un faire-valoir avec leur bilan équilibré, fait d'autant de défaites que de victoires (11)... et d'autant de buts inscrits qu'encaissés (76) ! Un pointage essentiellement assuré par Vincent Couture, Matic Kralj et Jens Eriksson, réunis sur un trio à surveiller au sein d'un contingent villardien n'ayant jamais sonné si étranger.

Et parmi cette flopée de Nord-américains figure Jeff Lerg, un étonnant gardien, petit par la taille (1,68 m)... mais grand par le talent ! Ce goalie qui fut "géant" à l'université (au point d'avoir tout gagné -individuellement et collectivement- avec Michigan State) est l'une des clés du succès villardien cette saison. Un bel atout dans les manches de Rich Metro, qui a pourtant perdu quelques-unes de ses meilleures individualités l'été dernier. À commencer par Danick Bouchard, dont les bonnes mains et l'excellent coup de patin ont vite fait l'unanimité à Poissompré !

Le coup de la panne ?

lergMoteur de l'attaque spinalienne en janvier, Bouchard forme une triplette détonante avec Cacciotti et Gauthier, deux hommes de l'ombre mis en lumière à ses côtés. Deux maillons forts d'un collectif spinalien très poussif en ces premiers instants marqués d'un éclairage défaillant...

Plus réactifs qu'actifs, les Ours se veulent surtout contre-attaquants en ces premiers instants, cherchant à se projeter vers l'avant.

Mais cela ne dure qu'un temps : le danger vient progressivement s'installer aux abords de la cage défendue par Jeff Lerg. Un gardien ayant vu de nombreuses portes se fermer outre-Atlantique en raison de son petit gabarit mais qui ne manquera pas de barrer la route aux attaquants spinaliens !

Doté d'une stupéfiante réactivité, ce portier vif et nerveux s'interpose une première fois sur une tentative de Steven Cacciotti... mais laisse un "gros" rebond que Danick Bouchard, arrive lancé, ne peut bonifier (03'18"). On a cru au but, tout comme on a craint (d'un point de vue spinalien) que le slalom de Matic Kralj (dans une défense aux abois) ne soit couronné de succès (6e) !

Si les rebonds de Jeff Lerg ne portent pas préjudice aux Villardiens, leur indiscipline va régulièrement les exposer au powerplay spinalien durant ce premier tiers temps. Un jeu de puissance qu'Alex Stein tente désespérément d'optimiser et qui n'a toujours pas l'efficacité escomptée. Ce n'est pourtant pas faute d'essayer. Mais pour marquer en supériorité, il faut tirer... et pas seulement faire tourner le palet !

simonneauUne vérité parfaitement assimilée par les Ours, qui bénéficient d'une première supériorité numérique sur un repli illicite de Maxime Ouimet (à l'encontre d'un Matic Kralj bien parti pour s'échapper, 09'09").

C'est donc du banc des pénalités que le meilleur des défenseurs spinaliens va voir le powerplay s'installer et Jens Eriksson décaler Tim Hartung à la pointe. Lequel décoche un slap repoussé par Gabriel Girard, au grand bénéfice d'un Vincent Couture bien placé, sous son nez. Le Canadien, en bon buteur qu'il est, ne manquant pas d'ajuster le petit filet (0-1 à 10'26")...

En voulant dégager contre la bande, Armando Scarlato voit la rondelle s'envoler et filer dans les gradins, ce qui lui vaut deux minutes de pénalité (11'57"). Voilà une bonne opportunité pour recoller. Mais forcés de jouer dans un petit périmètre, les Plch et autres Petrák s'exposent aux interceptions. Tim Hartung s'active notamment pour gêner les transmissions, allant même jusqu'à récupérer le puck et lancer une contre-attaque. Un deux-contre-un mené coté gauche par Jens Eriksson et suivi par l'Américain, qui reprend à l'opposé. Mais le second poteau est bien "bouclé" par Girard (12'24")...

plch jan 3Si Tim Hartung a trouvé porte close, les attaquants spinaliens vont eux se casser les dents sur l'ultime rempart villardien, qui repousse tout, de près comme de loin. Du moins jusqu'à ce centre "lobé" (ou plutôt contré) de Sébastien Gauthier à destination de Benjamin Casavant, heureux réceptionnaire au second poteau... avec la complaisance d'un Nicolas Favarin étonnement inattentif sur ce coup (1-1 à 14'13") ! 

Voilà un but aussi chanceux qu'important pour des Dauphins décevants durant ce premier tiers temps. Mais bien plus convaincants par la suite...

Les quelques retardataires partis se restaurer pourront ainsi enrager d'avoir loupé le deuxième but spinalien, œuvre d'un Danick Bouchard coupant, au second poteau, le centre tendu de Sébastien Gauthier (2-1 à 20'48"). Tout est pourtant parti d'une incursion de Kralj, trop gourmand dans son entrée en zone... et aussitôt contré !

La machine spinalienne est-elle lancée ? Beaucoup ici l'espèrent, tout en sachant pertinemment qu'un seul grain de sable peut suffire à gripper cette fragile mécanique. Un petit rien qui peut faire toute la différence, comme sur ce long dégagement d'Eriksson, droit devant, vers un Couture parvenant à récupérer le palet... mais trop près du gardien pour parvenir à l'exploiter (22'34") !

Dans la foulée, Danick Bouchard est lui aussi tout près de marquer en se jetant, du revers, pour dévier le centre-tir de Sébastien Gauthier (22'44").

Sans Lerg ? Point de salut !

Dans le dur, les Ours tentent bien de montrer les crocs mais il leur est de plus en plus difficile de construire et de se déployer. Hormis ce rebond capricieux consécutif à un tir de Scarlato (que Pitsikoulis n'a pu reprendre, 25e), Villard-de-Lans ne va plus rien avoir à se mettre sous la dent.

roehlContrairement à leurs hôtes, qui vont tripler la mise sur une montée rondement menée par un Petrák des grands soirs. Le Tchèque débordant côté droit pour prendre de vitesse Pitsikoulis avant d'habilement fixer Hartung. Pour mieux servir Casavant, qui score de près, dans le haut du filet (3-1 à 27'37").

C'est le début de la fin, pense-t-on, pour ces Ours villardiens qui n'y voient que du bleu (celui des Dauphins).

Peinant à suivre un rythme plus élevé, les hommes de Rich Metro n'arrivent plus à rien durant cet acte médian passé à courber l'échine. Un sentiment confirmé par le déluge de lancers essuyé par un Jeff Lerg retardant brillamment l'échéance en se démultipliant devant le filet, avec toute la vivacité qu'on lui connaît.  

Michal Petrák, dans un de ces solos dont il a le secret, pense donner à Benjamin Casavant le but du 4-1... mais Jeff Lerg s'étend pour repousser, du bout du patin (36'23") ! Une intervention salvatrice du cerbère américain, qui tient les siens à bout de bras.

Et contre toute attente, Villard réduit le score sur un petit numéro de Derek Roehl, qui parvient à se faufiler en zone offensive et à subtilement refiler le palet, dans son dos, à Robin Drogue. L'ancien toulousain formé à Grenoble, chargé de ce soir de remplacer Viktor Ringberg (blessé), voit un boulevard s'ouvrir à lui et s'en va glisser la rondelle entre les bottes d'un Gabriel Girard médusé (3-2 à 38'20").

Les Dauphins, qui semblent décidément cultiver l'art de se mettre en difficulté, peuvent amèrement regretter toutes ces occasions ratées et leur incapacité à tuer ce match, qui aurait dû être plié à l'issue de ce tiers à sens unique.

Ce n'est que partie remise car une récupération de Maxime Ouimet en zone neutre va se transformer en rampe de lancement pour Sébastien Gauthier, dont l'accélération côté droit est suivie d'un centre-tir complétement excentré. Trop, pense-t-on, pour surprendre un Jeff Lerg couvrant bien son premier poteau. Sauf que l'essai du centre québécois va bel et bien franchir la ligne... filant dans un tout petit trou de souris (41'04") !

petrak3Petrák is back !

Dans le doute (car sans l'appui de la vidéo, formelle quant à la validité de ce but), les référés ne préfèrent pas entériner cette réalisation.

Une déception vite surmontée, surtout que Michal Petrák, au four et au moulin, poursuit sur sa lancée, élevant son encore niveau de jeu pour offrir deux buts "faciles" à Ján Plch. Le premier en servant parfaitement son vieux compère au second poteau. Un Plch qui n'a plus qu'à pousser la rondelle dans le coin non couvert par Lerg (4-2 à 42'09").

Le vétéran slovaque remet ça, peu après, grâce à une belle manœuvre de Michal Petrák derrière la cage. Un bon travail préparatoire assorti d'une remise devant la cage pour une reprise à bout portant de Ján Plch (5-2 à 47'37"). Jeff Lerg, qui n'a pas quitté le Tchèque des yeux, n'a que trop tardivement réagi...

Cette fois, le plus dur est fait, surtout que les visiteurs sont le plus souvent inexistants offensivement. Privé de Matic Kralj durant dix minutes (le temps d'une méconduite), le duo Couture-Eriksson est depuis longtemps rentré dans le rang, laissant les Pitsikoulis, Richard et autres Martin prendre des tirs trop lointains pour réellement inquiéter un Gabriel Girard serein.

Sous les yeux d'un Christer Eriksson venu en voisin "épier" son futur adversaire villardien, les Lorrains ont su faire valoir leur supériorité individuelle et collective pour venir à bout d'un adversaire apparu très limité. Même s'il leur a fallu un bon tiers temps pour serrer les rangs et se libérer...

Grâce au brio de Jeff Lerg, les Ours ont sûrement évité une note plus salée. Surtout que scarlato armandoce gardien rapide comme l'éclair sera resté jusqu'au bout dans le coup, stoppant notamment de la mitaine ce breakaway de Yoann Chauvière en infériorité (58'34"). Un arrêt parmi tant d'autres ce soir (43 au total) pour celui qui ressortira grandi de ce déplacement à Poissompré, théâtre du retour raté d'Armando Scarlato.

Le massif arrière italo-canadien, qui n'avait pas laissé un souvenir impérissable de son passage dans la Cité des Images (l'an passé), se sera surtout distingué en collectionnant les pénalités. Trois mineures plus une méconduite (58'10") sur une charge vengeresse assénée en "représailles" du choc subi par Nick Canzanello.

Satisfait de la copie rendue par ses protégés, Alex Stein peut se féliciter de ces fondements défensifs retrouvés (même si tout n'a pas été parfait, notamment en début de partie).

Le technicien germano-canadien ne manquera pas non plus d'apprécier le rendu offensif d'un trio Casavant-Petrák-Plch en retrait depuis la mi-janvier. Quatre buts sur cinq pour ces trois-là, dont trois caviars pour Michal Petrák, le "serial buteur" devenu "maître-passeur" le temps d'une soirée en distillant des passes on ne peut plus décisives à ses coéquipiers !

Cette troisième victoire d'affilée à Poissompré (après Strasbourg et Caen) rapproche les Dauphins d'une qualification en play-offs et les ramène à deux points seulement de leurs visiteurs villardiens au classement. Autant dire qu'il s'agit-là d'une excellente opération !

 

Épinal - Villard-de-Lans 5-2 (1-1, 2-1, 2-0)
Samedi 2 février à 18h00 à la patinoire de Poissompré. 1 234 spectateurs.
Arbitrage de Jimmy Bergamelli assisté de Jérémy Metais et Anne-Sophie Boniface.
Pénalités : Épinal 6' (2', 0', 4') ; Villard-de-Lans 30' (6', 12', 12').
Tirs : Épinal 48 (16, 17, 15) ; Villard-de-Lans 23 (8, 7, 8).

Évolution du score :
0-1 à 10'26" : Couture assisté d'Hartung et Eriksson (sup. num.)
1-1 à 14'13" : Casavant assisté de Gauthier et Gervais
2-1 à 20'48" : Bouchard assisté de Gauthier et Cacciotti
3-1 à 27'37" : Casavant assisté de Petrák et Plch
3-2 à 38'20" : Drogue assisté de Roehl et Canzanello
4-2 à 42'09" : Plch assisté de Petrák et Gervais
5-2 à 47'37" : Plch assisté de Petrák et Casavant

Épinal

Gardien : Gabriel Girard.

Défenseurs : Peter Slovák - Maxime Ouimet ; Gašpr Sušanj - Stéphane Gervais ; Jan Hagelberg - Rémi Colotti.

Attaquants : Steven Cacciotti (C) - Sébastien Gauthier - Danick Bouchard (A) ; Benjamin Casavant - Michal Petrák - Ján Plch (A) ; Élie Raibon - Yoann Chauvière - Yannick Offret ; Kévin Benchabane - [Chauvière] - Anthony Rapenne.

Remplaçants : Nicolas Ravel (G), Romain Mauffrey, Maxime Martin, Justin Chouleur. Absent : Fabien Leroy (genou).

Villard-de-Lans

Gardien : Jeff Lerg.

Défenseurs : Nick Canzanello - Tim Hartung ; Pierre-Antoine Simonneau (C) - Nicolas Favarin (A) ; Armando Scarlato - Stanislas Aubert.

Attaquants : Vincent Couture - Jens Eriksson - Matic Kralj [Cédric Guillot-Diat de 38'47" à 48'47"] ; Derek Roehl - Nick Pitsikoulis - Robin Drogue ; Kenny Martin - Kevyn Richard - Bastien Sangiorgio.

Remplaçants : Pascal Favarin (G), Stéphane Guillot-Diat. Absents : Viktor Ringberg (fracture du péroné, quatre à six semaines d'arrêt), Quentin Jacquier (douleurs à l'épaule).