Autriche - Italie (Qualification olympique, groupe D)

ALTMANN Mario-110430-144Si l'Allemagne est la favorite la plus évidente des qualifications olympiques, on ne sait pas encore quel sera son adversaire le plus difficile entre l'Autriche et l'Italie, deux équipes qui se croisent sans cesse dans l'ascenseur entre l'élite mondiale et le niveau inférieur.

L'Autriche a été une voisine souvent gênante pour les Allemands. Cependant, le lock-out NHL est terminé, Vanek, Pöck et Grabner sont repartis. En plus, le "repenti" Oliver Setzinger est blessé, et le défenseur de Lugano, Stefan Ulmer, qui se ressentait encore hier des symptômes d'un virus, a finalement été renvoyé chez lui hier. Cette Autriche n'a vraiment pas convaincu dans son match de préparation dimanche, battue à plate couture par un Kazakhstan mieux organisé collectivement (1-4). Mais au moins a-t-elle eu un match de préparation !

Tom Pokel ne peut pas en dire autant. Le nouveau sélectionneur américain de l'Italie, nommé il y a moins d'un mois, arrive sans avoir jamais pu tester son équipe. Si la fédération italienne s'est résolu à ce changement au vu des résultats sans relief de son prédécesseur Cornacchia, le timing de la décision peut surprendre. Heureusement, Pokel, coach de Pontebba puis d'Alleghe, connaît bien le championnat italien et ses joueurs. Mëme s'il n'aurait jamais pensé en début de saison qu'il serait contacté pour ce poste, il a donc préparé de petites nouveautés : il a laissé à la maison l'habitué Luca Ansoldi, et il a surpris en choisissant Emanuele Scelfo, un joueur de 34 ans qui avait été appelé en équipe nationale... par Pat Cortina il y a plus de onze ans !

L'autre volonté de Pokel a été de nommer Luciano Aquino, que plus personne n'avait rappelé depuis son refus de sélection en mars 2011. Il avait motivé sa décision à l'époque parce qu'il n'était pas considéré pleinement italien en série A. Aujourd'hui, le cadet des frères Aquino se fiche un peu des règlements italiens puisqu'il est le meilleur marqueur de la ligue autrichienne avec Dornbirn. Mais il a encore déciné l'invitation en déclarant vouloir se consacrer à son club. Dommage pour l'Italie car le présence de ce meneur de jeu redouté aurait eu un impact psychologique sur les Autrichiens. Un autre Italo-Canadien manque à l'appel, Dan Tudin, qui s'est tordu le genou samedi dernier en championnat.

Même si Pokel n'a dirigé ses joueurs que pour quelques entraînements, l'Italie est dans le rythme dès le début. L'introduction étonnante du trio d'intensité Gander-Insam-Bernard en première ligne induit le changement de style : voilà du forechecking, ingrédient totalement absent du temps du lénifiant Cornacchia. Malheureusement, cette agressivité se mâtine d'indscipline et Helfer et Plastino partent tous deux en prison pour retenir. Pour l'Autriche, qui souffrait dans sa zone, cette double supériorité numérique est une bénédiction. Michael Raffl échoue deux fois dans le slot, mais Daniel Oberkofler dévie un tir de la ligne bleue de Mario Altmann (0-1, 06'01").

Ce coup du sort n'entame lpas la détermination des Italiens qui reprennent le contrôle du jeu dès qu'ils reviennent au complet. Ils passent facilement l'étape de la zone neutre et se procurent des occasions, mais Bernhard Starkbaum arrête tout, notamment un tir croisé de Rob Sirianni ou un tour de cage de Diego Iori. Cette domination italienne aboutit... à un but autrichien contre le cours du jeu. Daniel Bellissimo lâche un rebond sur un tir à bout portant de Thomas Koch et perd le palet de vue, ce qui permet à Gregor Baumgartner de marquer en cage ouverte (0-2, 17'10").

BORGATELLO Christian-100508-143Bien mal récompensée de ses vingt bonnes minutes, l'Italie baisse ensuite le pied. L'Autriche s'applique à garder son résultat et se montre plus dangereuse en zone offensive, mais sans vraie occasion. Mais là encore, le cours du jeu peut parfois être trompeur. Cette fois c'est l'Autriche qui est pénalisée (accrochage totalement inutile de Rotter), et l'Italie qui réduit la marque par un tir de la bleue de Borgatello dévié par Insam qui donne un rebond ouvert à Anton Bernard. Mais la réponse autrichienne arrive trois minutes plus tard : Bellissimo repousse le lancer lointain d'André Lakos, mais est trop lent à se déplacer face à Daniel Oberkofler qui a reçu le rebond sur sa crosse (1-3, 36'25").

L'Italie n'a pas encore dit son dernier mot, et une longue passe envoie le rapide Giulio Scandella en breakaway, mais il bute sur Starkbaum. À dix minutes de la fin, après un powerplay médiore de l'Autriche, le revenant inattendu Emanuele Scelfo est à l'origine de la réduction du score : il récupère le palet derrière la cage et sert Vincent Rocco qui reprend en plein élan (2-3, 50'07"). L'Autriche tue cependant une pénalité de Michael Raffl et résiste aux attaques des Italiens qui prennent de plus en plus de risques, au prix de quelques contres laissés à Mario Altmann et Martin Ulmer. À l'avant-dernière minute, Pokel sort son gardien, mais son équipe doit s'incliner.

L'Autriche aura donc le droit de défier l'Allemagne pour la qualification, mais cette victoire ne saurait faire oublier les nombreuses erreurs commises, surtout dans sa zone défensive.

L'Italie, malgré la défaite un peu imméritée, a montré un visage plus intéressant pour le premier match de Tom Pokel. La prise d'initiative n'est plus tabou et elle ne se contente plus de perdre par le plus petit score possible en s'appuyant sur les arrêts de Bellissimo. Dommage que ledit Bellissimo ait perdu cette fois son duel à distance contre Starkbaum : c'est sans doute ce qui a fait la différence dans ce match.

Désignés joueurs du match : Daniel Oberkofler pour l'Autriche et Diego Kostner pour l'Italie.

 

Autriche - Italie 3-2 (2-0, 1-1, 0-1)
Jeudi 7 février 2013 à 16h00 à Bietigheim-Bissingen. 3100 spectateurs.
Arbitrage de Tom Laaksonen (FIN) et Eduards Odins (LET) assistés d'Andreas Malmqvist (SUE) et Nikolaj Ponomarjow (ALL).
Pénalités : Autriche 6' (2', 2', 2') ; Italie 6' (4', 0', 2').
Tirs : Autriche 22 (15, 4, 3) ; Italie 38 (16, 13, 9).

Évolution du score :
1-0 à 06'01" : Oberkofler assisté de Peintner et Altmann (sup. num.)
2-0 à 17'10" : Baumgartner assisté de Koch et A. Lakos
2-1 à 33'42" : Bernard assisté d'Insam et Borgatello (sup. num.)
3-1 à 36'25" : Oberkofler assisté de A. Lakos et Peintner
3-2 à 50'07" : Rocco assisté de Scelfo


Autriche

Gardien : Bernhard Starkbaum.

Défenseurs : Matthias Trattnig (A, +1) - André Lakos (+1) ; Gerhard Unterluggauer (C) - Florian Iberer ; Robert Lukas - Mario Altmann.

Attaquants : Manuel Latusa (+1) - Thomas Koch (C, +1) - Gregor Baumgartner (+1) ; Michael Raffl (2') - Daniel Welser (A) - Martin Ulmer ; Thomas Raffl (-1) - David Schuller (-1) - Thomas Hundertpfund (-1, 2') ; Markus Peintner (+1) - Daniel Oberkofler (+1) - Rafael Rotter (+1, 2').

Remplaçants : Fabian Weinhandl (G), Martin Schumnig, Matthias Iberer.

Italie

Gardien : Daniel Bellissimo.

Défenseurs : Christian Borgatello (A, -1) - Alexander Egger (C, -1) ; Trevor Johnson (-1) - Armin Helfer (-1, 2') ; Matt de Marchi - Nicholas Plastino (2') ; Christian Willeit (+1) - Armin Hofer (+1).

Attaquants : Markus Gander (-1) - Anton Bernard (-1) - Marco Insam (-1) ; Giulio Scandella (A, -1) - Nathan Di Casmirro (-1) - Robert Sirianni (-1) ; Diego Iori (+1, 2') - Vincent Rocco (+1) - Emanuele Scelfo (+1) ; Diego Kostner - Nicola Fontanive - Patrick Iannone.

Remplaçant : Adam Dennis (G).