Danemark - Ukraine (Qualification olympique, groupe F)

Le Danemark court après sa première qualification olympique. Pour la première fois, il peut organiser le tournoi final, ce qui change beaucoup de choses. Il n'a en effet accueilli aucune compétition international dans ce millénaire ! Cet évènement est important, et la réponse du public - qui remplit la patinoire - était très attendue. La patinoire de Vojens a été choisie car elle présente de nombreux avantages. L'enceinte est neuve, le public local est réputé passionné, et la dimension de la glace (58 mètres sur 28) pourrait gêner le principal adversaire, le Bélarus, qui a besoin d'espaces pour pratiquer un hockey horizontal de l'Europe de l'est.

L'Ukraine est tout autant gênée, même si elle n'est clairement pas la favorite du tournoi. Si elle s'était présentée dans la même configuration qu'au tour précédent, elle aurait pu faire figure de sérieux trouble-fête, pour la première fois depuis longtemps. Mais la composition de l'équipe est moins forte que celle qui s'est qualifiée en novembre. Ponikarovsky et Fedotenko sont retournés en NHL à la fin du lock-out. Konstantin Kasyanchuk et Serhi Varlamov sont absents pour "raisons familiales", le cas de Kasyanchuk (qui est habituellement fidèle au maillot national) étant défendu comme légitime par le staff parce que sa femme est sur le point d'accoucher et est seule à Moscou.

Pour tout arranger, Vitali Donika s'est blessé juste avant de partir. Ce sont donc cinq joueurs majeurs qui manquent. Et même six si on compte Oleksandr Materukhin : il a été exclu à la fois parce qu'il est arrivé un jour en retard au camp d'entraînement et parce qu'il est loin de sa meilleure forme. Pas étonnant puisqu'il a perdu sa place de titulaire au Donbass Donetsk et ne joue guère avec la réserve. La présence en KHL du Donbass - qui ne compte que trois Ukrainiens - ne change donc rien pour l'équipe nationale. On retrouve cette même Ukraine typique de ces dernières années : une équipe en lente érosion qui ne présente jamais son meilleur visage et qui décroche dans la hiérarchie mondiale.

MADSEN Morten-100516-480Le jeune gardien ukrainien Evgeni Napnenko, solide dans la qualification au tour précédent alors que c'était sa première compétition officielle, a donc fort à faire. Il a de la chance que les Danois manquent souvent le cadre, même si c'est parfois de peu. Un palet capricieux rebondit ainsi devant Patrick Bjorkstrand, qui attend qu'il soit près du sol pour envoyer un tir rasant... sur le poteau opposé.

Il faut attendre quinze minutes pour que le Danemark débloque la partie. Le tour de cage de Morten Madsen est bloqué de la crosse de Napnenko, mais Fredrik Storm a suivi l'action et marque sur le rebond. Les arbitres font appel à la vidéo pour faire vérifier que le palet est entré avant que le gardien ne le repousser, et la décision prend plusieurs minutes. Les supporters danois ont bien poireauté, mais ils n'en sont que plus soulagés.

Au deuxième tiers-temps, Artem Bondaryev part en prison et Morten Green double la mise d'un rebond côté gauche. Les Ukrainiens ont à leur tour deux supériorités numériques, mais les Danois ne sont guère inquiétés en infériorité. Le tir le plus dangereux est celui de Kvitchenko, détourné par Fredrik Andersen.

Il faut savoir que le Danemark pensait initialement ne pas pouvoir compter sur Fredrik Andersen, parti cette saison en Amérique du nord (il ne joue pour le moment qu'en AHL), mais il a finalement été libéré par Anaheim. Très sûr de lui, il montre combien sa présence est importante en signant un blanchissage tranquille, même si les tirs ukrainiens sont rarement en bonne position (ils sont même inexistants en dernière période : un lancer...). Avec l'atout Andersen, le Danemark peut difficilement se plaindre de l'absence de ses joueurs de NHL cette année. Il a le public pour lui, et l'hymne national chanté à l'unisson par tous les spectateurs à la fin reste un grand moment. Les Danois n'ont jamais été en meilleure position pour accéder aux JO, même si la Slovénie, son prochain adversaire, vient brouiller les cartes.

Quant à l'Ukraine, elle ne semble guère capable de se mêler à la lutte, car d'autant qu'elle a perdu un joueur majeur supplémentaire : le centre de la première ligne Oleg Shafarenko a pris une pénalité de match pour avoir insulté les arbitres en fin de deuxième période...

Commentaires d'après-match

Frederik Andersen (gardien du Danemark) : "C'était un match relativement facile, mais je devais quand même rester concentré tout le temps. Bien sûr nous aurions aimé gagner 4-0, mais cela peut aider à garder sa concentration quand on sait que la marge n'est pas grande."

Nicklas Hardt (attaquant du Danemark) : "On est toujours un peu nerveux, ou excité d'une bonne façon. C'est toujours agréable de jouer chez soi et de sentir le public pousser. Surtout l'hymne national à la fin. Cela m'a donné la chair de poule. Beaucoup ont bien joué aujourd'hui, surtout la ligne de Storm, mais notre trio peut faire bien mieux. Défensivement, c'était très bien. Parfois ils nous ont transpercés en zone neutre, mais c'est une équipe qui joue tout le temps la contre-attaque et ça peut être difficile à arrêter."

 

Danemark - Ukraine 2-0 (1-0, 1-0, 0-0)
Jeudi 7 février 2013 à 20h00 à la SE Arena de Vojens. 4121 spectateurs.
Arbitrage de Vladimir Baluska (SVK) et Daniel Stricker (SUI) assistés de Tomas Pesek (TCH) et Emil Yletyinen (SUE).
Pénalités : Danemark 12' (4', 4', 4'), Ukraine 31' (2', 2'+25', 2').
Tirs : Danemark 25 (12, 7, 6), Ukraine 25 (6, 15, 1).

Évolution du score :
1-0 à 15'15" : Storm assisté de Madsen et J. Jensen
2-0 à 25'00" : Green assisté de Storm et Madsen (sup. num.)


Danemark

Gardien : Frederik Andersen.

Défenseurs : Stefan Lassen - Daniel Nielsen (A) ; Jesper B. Jensen (2') - Philip Hersby (2') ; Mads Bødker - Mads B. Christensen (2').

Attaquants : Morten Madsen (A, +1) - Morten Green (C, +1) - Mads Christensen ; Nichlas Hardt (+1, 2') - Julian Jakobsen - Nicklas Jensen (2') ; Patrick Bjorkstrand - Jesper Jensen (+1, 2') - Fredrik Storm (+1) ; Lasse Lassen - Thor Dresler - Kirill Starkov ; Morten Poulsen.

Remplaçants : Patrick Galbraith (G), Rasmus Nielsen. En réserve : Simon Nielsen (G).

Ukraine

Gardien : Evgeni Napnenko.

Défenseurs : Vitali Lyutkevich - Oleksandr Pobedonostsev ; Yuri Navarenko (C) - Vassili Polonytsky (A) ; Denys Petrukhno (-1) - Igor Kugut (-1) ; Volodymyr Aleksyuk - Mykola Ladygin (2').

Attaquants : Maksim Kvitchenko - Oleg Shafarenko (25') - Oleg Tymchenko ; Oleksandr Toryanik - Artyom Bondarev (2') - Andriy Mikhnov ; Roman Blagoï (-1) - Serhyi Chernenko (-1) - Dmytro Nimenko (-1) ; Oleksandr Karaulshuk (2') - Artyom Gnidenko - Shamil Ramazanov.

Remplaçant : Vadim Seliverstov (G). En réserve : Igor Karpenko (G).