République Tchèque - Suède (Euro Hockey Tour 3)

NOVOTNY Jiri-110515-291Avant cette troisième étape de l'Euro Hockey Tour, la République Tchèque est plutôt bien lotie. Alors que la compétition est dominée par une Russie qui avait impressionné chez elle en décembre avec une sélection olympique à sa disposition, les Tchèques pointent à la deuxième place.

Le lock-out passé, les fantasmes des Olympiades évaporés et les plus beaux habits de lumière au placard, la routine a repris le dessus et on ne pense plus qu'à une chose : le Championnat du monde.

La Tchéquie a déjà une certitude, devant ses filets : Alexander Salak. Pour la première fois de sa carrière, il est en excellente position pour devenir le numéro 1 en championnat du monde, bénéficiant de la confiance totale du sélectionneur Alois Hadamczik.

On peut le comprendre vu que Salak, 26 ans et ayant connu une aventure nord-américaine infructueuse la saison dernière, affiche toujours des statistiques impressionnantes en Elitserien suédoise : 94% de pourcentage d'arrêts, moyenne de buts encaissés par match de 1,59, 6 jeux blancs et 20 victoires au sein d'une équipe - Färjestad - qui est actuellement troisième.

Si Salak domine au pourcentage d'arrêts, un seul homme le devance toutefois à la moyenne de buts encaissés : Joacim Eriksson. Et voilà qu'il le défie aujourd'hui sous les couleurs nationales. Alors que Ulf Dahlén, entraîneur du HV71, s'est dit très étonné de ne pas voir son protégé Gustaf Wesslau faire partie du regroupement, la place du coéquipier de Bellemare à Skellefteå n'est pas usurpée. D'autant plus que cette semaine, Eriksson a été désigné nominé de janvier au Guldpucken (le palet d'or), remis chaque année au meilleur joueur du championnat, en concurrence pour l'instant avec Joel Lundqvist, Carl Söderberg et... Gustaf Wesslau.

Si les deux gardiens sont des évidences, la constitution du groupe a semble-t-il tourné au casse-tête. Ce fut le cas pour Pär Mårts, dont la formation évolue cette semaine à domicile à Malmö, qui a dû faire face à de nombreuses défections. Linus Omark (toujours à Zoug) et Nicklas Danielsson ont décliné l'invitation alors que Robin Jonsson, Mattias Karlsson, Joakim Lindström et Calle Järnkrok, tous forfaits, n'ont pas eu le choix. Mis à part Tomas Skogs, Simon Hjalmarsson et Pär Arlbrandt, appelés en renfort, on retrouve deux joueurs qui font leurs débuts en équipe nationale senior : Magnus Nygren et Marcus Paulsson, coéquipiers de Salak à Färjestad. Paulsson est d'ailleurs très en forme avec 4 buts et 5 passes à ses 6 dernières parties, de même que le capitaine Niklas Persson qui a récolté 12 points à ses 8 derniers matches avec le CSKA Moscou. L'offensive suédoise, inconstante cette saison, en a besoin.

En revanche Alois Hadamczik a eu un peu moins de difficultés à établir sa sélection puisque "seuls" Zdenek Kutlak, Lukas Pech et Petr Koukal n'ont pu répondre présent. Tomas Mojzis et Ivan Rachunek ont alors fait leurs valises. Un coup de chance si on peut dire pour Ivan, 31 ans, qui a ainsi l'occasion d'évoluer en sélection avec son petit-frère Tomas Rachunek, dix ans de moins. Enfin, à noter également le retour en équipe tchèque de Vaclav Nedorost, après quatre ans d'absence et à la carrière freinée par des blessures à répétition. Il est aujourd'hui l'un des piliers du Donbass Donetsk en KHL.

Malgré l'affiche proposée, la Malmö Arena est loin d'être pleine. Alors qu'elle avait récemment affiché 11000 spectateurs lors d'une rencontre d'Allsvenskan entre les Redhawks et Asplöven, à peine 5000 spectateurs se sont déplacés pour la Tre Kronor. Une maigre performance alors que personne n'a oublié les difficultés de remplissage de l'arène suédoise au cours du dernier championnat du monde qui s'est tenu conjointement avec le voisin finlandais.

PETTERSSON Fredrik-20100514-7115La Suède commence par mitrailler de loin par Tobias Viklund. Cela devient plus inquiétant lorsque Jesper Fasth, à gauche, remet puissamment dans le paquet mais, malheureusement pour lui, personne n'est à la réception. La République Tchèque opte pour les contres, Martin Adamsky montre l'exemple dans le couloir gauche mais Eriksson s'interpose.

Niclas Burström tente également sa chance de loin et Jesper Fasth tente la déviation mais cela ne perturbe pas Salak, lui aussi très attentif. Il y a peu de temps mort et beaucoup d'engagement des deux côtés. Les deux gardiens sont imperturbables même en infériorité numérique, Simon Hjalmarsson s'approche dangereusement et soigne son tir mais Salak s'interpose. Même à genoux, Niklas Persson est dangereux et remet très fort mais toujours personne pour reprendre. Les Suédois dominent sur le plan statistique, c'est certain, mais les Tchèques restent menaçants. Alors que Persson et Pettersson (en photo ci-dessus) font le forcing, Tenkrat fait un bon échec-avant, fait le tour de la cage et tire en pivot. La grosse occasion tchèque intervient avant la fin de la période : Jakub Nakladal semble tirer mais c'est en fait une excellente passe pour Tenkrat, devant le but, qui tape sur la jambière solide d'Eriksson.

Dès le début de la deuxième période, Jakub Petruzalek, au niveau du rond d'engagement, fait parler de lui en envoyant un excellent lancer que Joacim Eriksson peine à contrôler. Toujours à gauche mais de l'autre côté, Jimmie Ericsson semble battu mais c'est mal le connaître, le guerrier de Skellefteå s'arrache et remet au centre pour son coéquipier de club Oscar Lindberg qui manque de précision. Jakub Nakldal rentre lui en zone offensive et préfère tirer à distance, il ne touche que la mitaine, solide, de Joacim Eriksson. La prochaine sera la bonne. Niclas Burström loupe un contrôle, Michal Vondrka jaillit et le laisse sur place, défiant seul Eriksson qui s'incline (1-0, 24'51").

Quatre minutes plus tard, la République Tchèque manque de creuser l'écart. En sortant de prison, Petr Tenkrat part lui aussi seul en contre, le défenseur Tomas Skogs préfère faire faute. Bénéficiant alors d'un tir de pénalité, Tenkrat s'élance mais manque cette grosse opportunité, butant sur la jambière droite du gardien scandinave. Les défenseurs se mobilisent des deux côtés. Burström, monté et démarqué à gauche, offre un tir trop croisé. Tomas Mojzis, démarqué dans une action similaire, s'approche et lance mais Eriksson, la jambe droite en l'air, repousse grâce à un arrêt de grande classe, sans doute l'arrêt de la soirée. Avant la pause, Eriksson restera solide face à Lukas Kaspar, servi plein axe par Vaclav Nedorost, puis surtout devant Petr Vrana, encore plus proche du but.

La Suède domine au nombre de tentatives mais les Tchèques n'ont pas à rougir. Bien au contraire, surtout que l'entame du troisième tiers leur est favorable. Du trafic se crée devant la cage suédoise, Irgl, poteau gauche, effectue une passe dans le dos, Jiri Novotny est dans les parages (2-0, 40'24"). Les Slaves sont en confiance. En avantage numérique, la Suède met plus d'intensité mais est incapable de trouver une solution. Même lorsque Hjalmarsson décale astucieusement Per Åslund. Dommage car Joacim Eriksson garde son pays dans le match, face à Vrana qui prend de vitesse tout le monde, face à Prucha qui tente une nouvelle déviation. Carl Söderberg, excellent dribbleur, essaie l'exploit individuel pour tenter d'entretenir l'espoir, la Suède se voit contrainte de sortir son portier. Le palet est alors perdu très rapidement par la Tre Kronor qui frôle la correction mais Irgl loupe la cage vide. Andersson, Ericsson, Arlbrandt, Söderberg, personne ne trouvera la solution.

Salak, 37 arrêts, signe un jeu blanc face à un adversaire (et plusieurs coéquipiers) qui lui tenait à coeur au milieu d'une formation qui rayonne dans cet Euro Hockey Tour 2012-2013. La Suède, totalement inefficace, concède un cinquième revers en sept matches.

Élus joueurs du match : Alexander Salak pour la République Tchèque, Fredrik Pettersson pour la Suède.

Commentaires d'après-match

Alexander Salak (gardien de la République Tchèque) : "Je suis pleinement satisfait. Nous avons fait un très bon match et c'est agréable d'avoir pris notre revanche par rapport au dernier match de Moscou (perdu 4-0). Toute l'équipe a fait un grand match. La clé du match, c'est d'avoir pris les devants."

Jesper Fasth (attaquant de la Suède) : "On a eu l'impression de maîtriser le jeu en première période, nous avons travaillé dur. Mais quand ils ont marqué, cela nous a perturbés, nous ne maîtrisons plus aussi bien les transmissions. C'est comme si nous jouions avec le frein à main."


République Tchèque - Suède 2-0 (0-0, -1-0, 1-0)
Jeudi 7 février 2013 à 19h00 à la Malmö Arena. 5097 spectateurs.
Arbitrage de Jari Levonen et Mikko Kaukokari (FIN) assistés de Henrik Pihlblad et Tobias Haster (SUE).
Pénalités : République Tchèque 10' (2', 4', 4'), Suède 2' (0', 2', 0').
Tirs : République Tchèque 23 (8, 6, 9), Suède 37 (13, 11, 13).

Évolution du score :
1-0 à 24'51" : Vondrka assisté de Prucha
2-0 à 40'24" : Novotny assisté de Irgl


République Tchèque

Gardien : Alexander Salak.

Défenseurs : Michal Barinka (+2) - Lukas Krajicek (+2) ; Petr Caslava (A, 2') - Ondrej Nemec (2') ; Tomas Mojzis - Jakub Nakladal ; Petr Zamorsky - Jakub Krejcik.

Attaquants : Lukas Kaspar (+1) - Jiri Novotny (C, +1) - Zbynek Irgl (A) ; Michal Vondrka (+1) - Vaclav Nedorost (+1) - Petr Prucha (+1) ; Petr Tenkrat (2') - Petr Vrana - Jakub Petruzalek (4') ; Ivan Rachunek - Tomas Hertl - Tomas Rachunek.

Remplaçants : Jakub Kovar (G), Martin Adamsky.

Suède

Gardien : Joacim Eriksson [sorti à 58'27"].

Défenseurs : Jonas Ahnelöv (-2) - Niclas Burström (-2) ; Johan Fransson - Mattias Bäckman ; Magnus Nygren - Tomas Skogs ; Tobias Viklund.

Attaquants : Martin Thörnberg (-1) - Carl Söderberg (-1) - Marcus Paulsson ; Fredrik Pettersson (-1) - Joel Lundqvist (A, -1) - Niklas Persson (C, -1) ; Jonas Andersson - Oscar Lindberg - Jimmie Ericsson (A) ; Jesper Fasth (-1) - Dennis Rasmussen - Per Åslund ; Simon Hjalmarsson (2'), Pär Arlbrandt.

Remplaçants : Johan Gustafsson (G).