Italie - Allemagne (Qualification olympique, groupe D)

GOC Nicolai-110511-335Dans toute l'histoire des qualifications olympiques, c'est l'Italie qui a fait le plus trembler l'Allemagne. C'était en 2000, ce n'était même pas le dernier tour qualificatif, et les Allemands étaient passés à huit secondes de l'élimination. Ils n'ont pas oublié, et les Italiens encore moins, qui ont encore cette fin de match en travers de la gorge.

Ce match des retrouvailles rappelle aussi des souvenirs personnels aux deux entraîneurs. Pat Cortina, sélectionneur de l'Allemagne depuis cinq mois, a entraîné l'Italie il y a une dizaine d'années, mais l'Italo-Canadien a promis d'être 100% allemand ce soir, en précisant que ses parents comprendraient cette infidélité d'un soir à sa patrie d'origine...

Tom Pokel, entraîneur de l'Italie depuis un mois, a quant à lui entraîné Bietigheim-Bissingen de 1998 à 2001, un club qu'il a fait monter en 2e Bundesliga en 1999. Alors, cette qualification olympique organisée à Bietigheim, c'est une coïncidence heureuse pour ses débuts dans sa nouvelle carrière de sélectionneur, un retour à la maison en quelque sorte, même s'il ne connaît évidemment pas cette nouvelle patinoire inaugurée en décembre.

Les deux équipes ont fait tourner leur gardien : Adam Dennis, pour l'Italie, est certes le premier action, mais Dennis Endras, pour l'Allemagne, a également à faire avec un revers de Scandella ou un tir à bout portant de Iori. Les azzurri se révèlent des adversaires déterminés et combatifs, tout en restant disciplinés. Les premiers jeux de puissance sont donc en leur faveur. Pendant que Petermann est en prison pour retard de jeu, Giulio Scandella accélère côté gauche et donne en retrait à Rob Sirianni face à la cage (1-0, 10'15").

Les 4517 spectateurs poussent leur équipe, qui ne met que trois minutes à égaliser, sur une jolie action individuelle de Jerome Flaake. Il freine dans le cercle droit pour se défaire du défenseur Trevor Johnson et place un tir du poignet dans la lucarne gauche (1-1, 13'29"). Les meilleures occasions sont allemandes en fin de premier tiers, avec Garrett Festerling en infériorité et André Rankel, qui échoue dans les jambières d'Adam Dennis.

JOHNSON Trevor-100508-158Les dernières minutes l'ont montré, l'Italie a un peu de mal à tenir son rythme initial. Cela se confirme en deuxième période où elle fatigue sous les assauts allemands. Chaque moment est bon pour reprendre son souffle : une pénalité adverse contre Pietta, une contre-attaque bienvenue de Fontanive, et même un temps mort pris par Tom Pokel peu après la mi-match parce qu'il sent que ses joueurs-clés ont besoin d'une pause pour faire descendre la fréquence cardiaque. Cela fonctionne car les Italiens résistent jusqu'à la seconde pause.

Le plus dur est peut-être passé, car le troisième tiers-temps est plus équilibré. Adam Dennis tient toujours, notamment sur une contre-attaque de Marcel Müller. Sa défense commet peu d'erreurs et ce score nul se prolonge jusqu'à la fin. Mais pour espérer encore se qualifier, l'Italie a besoin d'une victoire dans le temps réglementaire. Elle sort donc son gardien sur la fin, exactement comme l'Allemagne il y a 13 ans. La comparaison s'arrête là, car la sirène sonne sur ce 1-1.

Felix Petermann se fait pénaliser pour retenir lors de la prolongation. À 4 contre 3, l'occasion est trop belle pour l'Italie : Trevor Johnson centre entre les jambes de Moritz Müller pour Nate DiCasmirro seul face au but.

Pour les Italiens, cette victoire est obtenue pour l'honneur, mais c'est une sacrée performance pour le deuxième match seulement de Pokel. Par contre, pour les Allemands, ce faux-pas - première défaite de l'histoire dans une qualification olympique ! - leur complique la tâche avant le match décisif contre l'Autriche. Il leur faudra maintenant s'imposer absolument dans le temps réglementaire.

Désignés joueurs du match : Adam Dennis pour l'Italie et Jerome Flaake pour l'Allemagne.

Commentaires d'après-match

Pat Cortina (entraîneur de l'Allemagne) : "Je fois avant tout féliciter le staff italien pour cette belle victoire. L'Italie joue bien en défense, y compris grâce à ses excellents gardiens. Nous avons eu la possession du palet la majeure partie du temps, mais le palet n'avait pas l'intention de rentrer. Néanmoins l'Italie s'est montrée vraiment forte, surtout sur les rebonds. Je ne peux rien reprocher à mon équipe. Nous devons relever la tête et espérer que nous pourrons avoir les mêmes opportunités dimanche."

Nikolai Goc (défenseur de l'Allemagne) : "Le premier tiers était équilibré, les deux équipes ont eu de bonnes occasions. À partir du deuxième tiers, nous étions plus en possession du palet et nous avons mis plus de pression, mais il nous a manqué le dernier pas. Peut-être aurions-nous dû mettre plus de palets à la cage. Notre performance était quand même bien meilleure qu'hier, malgré la défaite. Dimanche, il faudra tout laisser et montrer notre meilleur hockey."

Tom Pokel (entraîneur de l'Italie) : "L'Allemagne a eu une possession du palet plus prolongée et a contrôlé le palet plus que nous l'aurions voulu. Nous aurions dû être plus agressifs en attaque. La partie d'hier contre l'Autriche nous a coûté trop d'énergie, nous avons besoin de plus de temps pour nous reposer avant un match important. Tous les joueurs ont donné leur maximum, du premier au dernier. Une vrie équipe, où chacun s'est sacrifié. Contre l'Autriche, nous avons fait cadeau de trois rebonds qui ont coûté trois buts. Nous devons nous concentrer comme ce soir et être affamés sur tous les rebonds. Si nous l'avions fait contre l'Autriche, nous serions en meilleure position. L'Italie a maintenant une nouvelle identité, un nouveau caractère qu'on ne voyait plus depuis longtemps, et je suis très fier du comportement des joueurs."

 

Italie - Allemagne 2-1 après prolongation (1-1, 0-0, 0-0, 1-0)
Vendredi 8 février 2013 à 19h30 à la Egetrans Arena de Bietigheim-Bissingen. 4517 spectateurs.
Arbitrage de Tom Laaksonen (FIN) et Aleksei Ravodin (RUS) assistés de Jari Korteniemi (FIN) et Andreas Malmqvist (SUE).
Pénalités : Italie 2' (2', 0', 0', 0') ; Allemagne 10' (6', 2', 0', 2').
Tirs : Italie 21 (10, 5, 5, 1) ; Allemagne 37 (13, 13, 10, 1).

Évolution du score :
0-1 à 10'15" : Sirianni assisté de Scandella (sup. num.)
1-1 à 13'29" : Flaake assisté de Festerling
1-2 à 62'19" : Di Casmirro assisté de Johnson (sup. num.)


Italie

Gardien : Adam Dennis [sorti de 59'45" à 60'00"].

Défenseurs : Christian Borgatello (A) - Alexander Egger (C) ; Trevor Johnson (-1, 2') - Armin Helfer ; Matt de Marchi - Nicholas Plastino ; Christian Willeit - Armin Hofer (-1).

Attaquants : Markus Gander - Anton Bernard - Marco Insam ; Giulio Scandella (A) - Nathan Di Casmirro - Robert Sirianni (-1) ; Diego Iori - Vincent Rocco - Emanuele Scelfo ; Diego Kostner - Nicola Fontanive (-1) - Patrick Iannone (-1).

Remplaçant : Daniel Bellissimo (G).

Allemagne

Gardien : Dennis Endras.

Défenseurs : Jens Baxmann - Constantin Braun ; Moritz Müller - Nikolai Goc (2') ; Felix Petermann (+1, 4') - Benedikt Kohl (+1).

Attaquants : Marcel Müller - Kai Hospelt - André Rankel (A, +1) ; Philip Gogulla - Alexander Barta - Michael Wolf (C) ; David Wolf - Garret Festerling (+1) - Jerome Flaake (+1) ; Marcus Kink (A) - Felix Schütz (2') - Daniel Pietta (2').

Remplaçants : Dimitri Kotschnew (G), Bernhard Ebner. Absents : Rob Zepp (G), Patrick Reimer.