Suède - Russie (Euro Hockey Tour 3)

KOSHECHKIN Vasili-110512-345Alors que le contrat entre les quatre intéressés expire en 2014, que deviendra l'Euro Hockey Tour ? Le format, avec quatre étapes distinctes, sera -t-il conservé ? Les tribunes à moitié vide de la Malmö Arena jeudi, même lors de la représentation de la Suède, est-il représentatif d'une certaine lassitude ? Le championnat d'Europe renaîtra-t-il de ses cendres ? Alors que tout le monde se penchera sur le problème, la Russie caracole en tête de l'édition 2012-2013.

Celle de décembre avait une forte consonance olympique, une étape voulue comme répétition générale de Sotchi par le sélectionneur Zinetula Bilyaletdinov. Celle de février ne doit se focaliser que sur le prochain championnat du monde. Les stars de la NHL reparties en Amérique du Nord, on a cru apercevoir une forte tension dans le groupe quand Aleksandr Radulov ne s'est pas présenté à une séance tactique. Finalement, ce que les médias, russes et étrangers, ont relayé n'était (apparemment) qu'un mirage, Mikhail Zakharov, l'attaché de presse, s'empressant de démentir la nouvelle.

Si ce genre de péripétie n'aurait pas étonné de la part d'une tête de mule comme Radulov, il semble que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes pour la Russie. Cette dernière s'est d'ailleurs rassurée en battant la Finlande (4-3) lors de la première journée de ces Oddset Hockey Games suédois. La Russie reste sur deux succès contre les hôtes dans cet Euro Hockey Tour : 3-2 et 5-1, cette dernière performance étant évidemment acquise avec la Dream Team.

La Suède a de son côté manqué une fois de plus d'efficacité face à des Tchèques opportunistes, défaite 3-0. Pour tenter de résoudre le problème, Pär Mårts a décidé de mettre en première ligne le trio le plus prolifique de Suède, celui de Linköping : Hjalmarsson - Söderberg - Arlbrandt. Touché à l'aine contre la République Tchèque, Jonas Ahnelöv cède sa place à Daniel Fernholm. Enfin, Mårts titularise devant les filets le jeune Johan Gustafsson, 20 ans, remarquable pour sa deuxième saison en Elitserien avec Luleå. Vassily Koshechkin bénéficie d'un deuxième départ de suite pour la Russie.

Le portier du Severstal Tcherepovets doit s'employer sur une des premières actions par un poke-check sur Jonas Andersson. La Suède ne laisse aucun répit à la Russie dans ce début de match, sûre d'elle en défensive et appliquée dans la construction offensive. Si bien que Jesper Fasth se fait dangereux. Son équipe très percutante, Pär Arlbrandt l'est trop en chargeant violemment Vadim Shipachev, Radulov se venge derrière. Les deux fautifs sont pénalisés, cet évènement accouchant d'un 4 contre 4. Hormis Aleksandr Perezoghin, trop court de quelques centimètres pour reprendre une passe devant l'enclave, cette configuration ne donne pas grand chose. Et finalement, la situation va se débloquer à 5 contre 5. Radulov travaille fort dans le coin, ne lâche rien et tente d'y aller seul. Sergei Mozyakin hérite alors du palet qu'il renvoie à la ligne bleue en direction d'Ilya Nikulin qui prend le slap (0-1, 14'20").

ERICSSON Jimmie-100511-542Dans la mêlée précédant le but, Vadim Shipachev a heurté Johan Gustafsson, les Suédois remettent en question cet avantage pris par la Russie en réclamant une interférence. La sanction sera double pour les Scandinaves : le but est accordé et Gustafsson quittera définitivement la rencontre quelques minutes plus tard ainsi que le tournoi, touché à l'aine.

Pendant ce temps là, le jeu continue de se durcir, Evgeni Kuznetsov est pénalisé pour une charge à retardement et particulièrement brutale. Koshechkin, dont l'alter-ego est désormais Joacim Eriksson, se voit inquiéter par Simon Hjalmarsson, le portier russe prend tout de même les devants d'un beau plongeon. Le jeu de puissance sera finalement validé peu de temps après. Carl Söderberg reçoit la rondelle face au but, prend le temps de viser et d'adresser un lancer-balayé gagnant (1-1, 17'01"). Söderberg est bon élève pour cette égalisation mais il écopera d'une pénalité à trois secondes de la fin du premier tiers-temps lourde de conséquence.

Alors qu'elle n'a proposé que deux tirs cadrés en première période, la Russie, bien installée dans le camp adverse, va reprendre l'avantage juste après la pause en supériorité numérique. Shipachev trouve Radulov d'une belle transversale, ce dernier préfère laisser à Mozyakin qui ajuste en pleine lucarne (1-2, 21'05"). Un peu attentiste en première, la Russie s'est réveillée dans cette deuxième période. Sergei Plotnikov devient ingérable à la 24e, en débordant à gauche puis en essayant d'enfoncer le clou devant la porte. Ce clou, les Russes vont quand même l'enfoncer complètement. Planqué à droite, Kuznetsov tente de centrer pour Viktor Tikhonov, cela lui revient et il tente lui-même sa chance (1-3, 25'58").

Söderberg est toujours en tête d'affiche. Quand il rejoint la prison pour cinglage, cela permet à Biryukov de tenter une lourde reprise de volée. Quand il tente de contrôler un palet devant le demi-cercle adverse tout en provoquant la faute. Hjalmarsson surprend les Russes en délivrant sa passe avant de faire le tour de la cage. Malheureusement pour lui, ses coéquipiers sont tout aussi surpris. Fredrik Pettersson vise lui la lucarne. Une autre pénalité russe ne sera pas plus favorable. Ni les coups de canon signés Arlbrandt et Nygren, ni Jonas Andersson qui manque d'application sur un rebond ne pourront réduire l'écart avant le deuxième intermède.

Le premier trio suédois, monstrueusement efficace avec Linköping, devait servir d'électrochoc, celui-ci s'obstine malgré leur embarcation qui a bien chaviré. Hjalmarsson transmet à Söderberg qui frappe, Hjalmarsson se jette pour dévier, sans résultat. Même mené de deux unités, la Suède connaît un temps fort. Andersson temporise derrière le but, ça joue des épaules, Ericsson ne peut reprendre devant le but. Arlbrandt envoie de son côté un nouveau missile. La Sbornaïa réagit par Kokarev qui file vite couloir droit et par Medvedev qui tente un tir du poignet lointain. Et l'avance des visiteurs va devenir confortable. Evgeni Biryukov patiente à la ligne bleue en soignant son tir, celui-ci traverse une forêt de joueurs et est légèrement dévié par Dmitri Kazionov (1-4, 46'13").

L'addition devient sérieusement salée pour une équipe suédoise qui ne pourra profiter d'un 5 contre 3 durant une trentaine de secondes. Söderberg continue de cirer le banc des pénalités à plusieurs reprises (six minutes de pénalité à lui seul sur les huit concédées par la Tre Kronor), Mikhail Varnakov, Per Åslund, Sergei Shirokov, Sergei Mozyakin s'illustrent notamment jusqu'au son de la sirène.

Avec ou sans ses stars, la Russie continue sa chevauchée au sommet de l'Euro Hockey Tour tandis que la Suède s'incline une nouvelle fois sur sa glace. Le contraste fut flagrant aujourd'hui entre une équipe en confiance et une autre encore pleine de doutes.

Élus joueurs du match : Carl Söderberg pour la Suède, Aleksandr Radulov pour la Russie.

Commentaires d'après-match

Joel Lundqvist (attaquant de la Suède) : "Ils sont talentueux, aucun doute là-dessus. Ils profitent au maximum de nos erreurs. Cela fut très difficile de nous créer des opportunités très franches. Il faut y travailler et nous allons essayer de nous en remettre."

Evgeni Biryukov (défenseur de la Russie) : "Les Suédois jouent toujours aussi bien, c'est une équipe très rapide. Mais nous avons été solidaires. Je pense vraiment que c'est un de nos meilleurs matches cette saison."


Suède - Russie 1-4 (1-1, 0-2, 0-1)
Samedi 9 février 2013 à 17h30 à la Malmö Arena. 8290 spectateurs.
Arbitrage de Jari Levonen et Mikko Kaukokari (FIN) assistés de Fredrik Ulriksson et Tobias Haster (SUE).
Pénalités : Suède 8' (4', 2', 2'), Russie 16' (4', 4', 8').
Tirs : Suède 37 (12, 12, 13), Russie 22 (2, 9, 11).

Évolution du score :
0-1 à 14'20" : Nikulin assisté de Mozyakin et Radulov
1-1 à 17'01" : Söderberg assisté de Hjalmarsson (sup. num.)
1-2 à 21'05" : Mozyakin assisté de Radulov et Shipachev (sup. num.)
1-3 à 23'58" : Kuznetsov assisté de Tikhonov
1-4 à 46'13" : Kazionov assisté de Biryukov et Plotnikov


Suède

Gardien : Johan Gustafsson puis Joacim Eriksson à 16'13".

Défenseurs : Tobias Viklund (-1) - Niclas Burström ; Johan Fransson - Mattias Bäckman ; Magnus Nygren (-1) - Tomas Skogs (-1) ; Daniel Fernholm (-1).

Attaquants : Simon Hjalmarsson - Carl Söderberg (-1, 6') - Pär Arlbrandt (2') ; Fredrik Pettersson (-1) - Joel Lundqvist (A, -1) - Niklas Persson (C, -1) ; Jonas Andersson (-1) - Oscar Lindberg (-1) - Jimmie Ericsson (A, -1) ; Jesper Fasth (-1) - Dennis Rasmussen (-1) - Per Åslund (-1) ; Marcus Paulsson.

Russie

Gardien : Vassily Koshechkin.

Défenseurs : Evgeni Biryukov (+2) - Ilya Nikulin (C, +2) ; Evgeni Medvedev - Anton Belov (+1) ; Denis Denisov (2') - Maksim Chudinov (2') ; Yakov Rylov (2').

Attaquants : Sergei Mozyakin (+2) - Vadim Shipachev (+1, 2') - Aleksandr Radulov (A, +1, 2') ; Sergei Shirokov (+1) - Aleksandr Popov - Aleksandr Perezhogin (A) ; Mikhaïl Varnakov - Viktor Tikhonov (+1, 4') - Evgeni Kuznetsov (+1, 2') ; Sergei Plotnikov (+1) - Dmitri Kazionov (+1) - Denis Kokarev ; Evgeni Ketov.

Remplaçant : Konstantin Barulin (G).