Épinal - Amiens (Ligue Magnus,19e journée)

C'était pourtant bien parti...

bouchard danick4Recaser ce match reporté dans un calendrier surchargé (en janvier) et tronqué (début février) par dix jours dédiés aux équipes nationales fut un véritable casse-tête pour la "Fédé". Les Gothiques, dans l'incapacité de rallier la Cité des Images le 15 janvier dernier (en raison de conditions de circulation fortement perturbées), ne voulaient évidemment pas composer sans leurs internationaux Bachet, Bašič et Claireaux, tout récemment mobilisés dans l'optique d'une "qualif" olympique...

Beaucoup plus prévoyants, les Gothiques sont cette fois partis la veille au soir. Sans quelques étudiants (Leclerc, Bouvet)... mais avec un Kevin Bergin défenseur, au côté du plus capé des actuels internationaux français. Comprenez Vincent Bachet, fraîchement rentré de Lettonie (en compagnie de Valentin Claireaux)... avec la certitude de ne pas voir Sotchi !

Mais si le rêve olympique est passé pour les Bleus, rien n'est perdu pour Luka Bašič, appelé comme remplaçant (avec la Slovénie) en dépit d'un rendement déclinant chez les Gothiques. Des Picards bien calés dans le gros du peloton, aux portes du "grand huit"...  et à quatre points seulement du top-4 !

Un débours qu'ils pourraient effacer en cas de carton plein face aux Dauphins et à l'Étoile noire (le lendemain). Deux matchs en retard qu'Amiens entend rentabiliser. À commencer par ce déplacement dans les Vosges, sur les terres d'un adversaire n'ayant plus besoin que d'un point pour assurer les play-offs.

Mais les Spinaliens savent également qu'un succès face aux Picards les rapprocheraient de Villard-de-Lans (dixième au classement). Pour ce qui serait la troisième d'Alex Stein depuis son arrivée début janvier, en provenance d'une deuxième division helvétique quittée l'automne dernier.

corriveau julienUne LNB qu'a également fréquenté Heikki Leime, l'entraîneur amiénois, qui officia pendant un an et demi sur le banc lausannois. Affrontant notamment Stein quatre fois en 2005/06, lorsque le Germano-Canadien était à la barre d'Olten...

À l'époque, Yannick Offret et Fabien Leroy défendaient encore les couleurs d'Amiens, leur club formateur. Et le hasard veut que Fabien Leroy reprenne du service face aux Gothiques... sans pour autant récupérer son capitanat, toujours attribué à Steven Cacciotti !

Comme quoi l'arrivée d'Alex Stein n'a pas fait que des heureux, même si Peter Slovák lui doit le droit de désormais côtoyer Maxime Ouimet, occupant le poste autrefois dévolu... à Fabien Leroy (!). En soutien d'un trio canadien bien décidé à forechecker...

Les visiteurs sont d'ailleurs rapidement soumis au pressing de Bouchard et compagnie, mais s'en remettent à leur assise défensive et à leurs qualités de contre-attaquants (pour doucement prendre l'ascendant). Non sans se faire quelques frayeurs, comme sur cette remontée de Gascon contrée par Bouchard, qui file au but et fond sur Santanen, dont les jambières restent hermétiquement closes (05'01"). Premier avertissement sans frais...

Amiens, avec sa propension à rapidement se projeter vers l'avant, redevient vite menaçant. On croit même au but sur cette accélération côté gauche de Gascon suivie d'un centre tendu à destination de Béron. Le décalage est imparable mais le poteau sauve une première fois Girard (9e).

Un arrêt déterminant pour le jeune gardien franco-canadien, sollicité sur une échappée de Valentin Claireaux en infériorité. Le Saint-Pierrais, mis sur orbite par Martin Gascon, utilise le repli de Stéphane Gervais comme écran pour adresser un lancer filant dans la mitaine de qui vous savez (09'15").

Ce contre, pas anodin, en dit long sur les difficultés actuellement rencontrées par le powerplay spinalien. Un jeu de puissance a toutes les peines du monde à s'installer... et à tirer. Mais alors que Poissompré commence à désespérer, Slovák relaye la passe de Cacciotti vers Bouchard, qui arrive lancé, plein axe. Le Canadien servant un joli "café-crème" à Santala pour mieux marquer d'un petit revers filant entre les bottes de Santanen (1-0 à 10'14").

Le gardien finlandais se reprend promptement devant Petrák, en sortant une "grosse" mitaine à portant (11'43"). Mais Santanen ne pourra bloquer ce slap décoché par Gervais, le transformant en rebond gagnant pour Casavant (2-0 à 10'55").

Qui dit mardi soir sans Bouchard...

Gervais2Sans démériter, les Samariens se retrouvent donc menés. Mais la sortie prématurée de Danick Bouchard (une déchirure à l'aine est redoutée) a pour principal effet d'éloigner toute forme de danger, pour le concentrer devant la cage défendue par Gabriel Girard. Un cerbère "veinard" sur ce déboulé de Bastien côté gauche, qui parvient à le fixer pour mieux décaler Carpentier au second poteau. Le but paraît tout cuit... mais le jeune Amiénois rate l'immanquable (14'32") !

Julien Corriveau profite lui d'un accrochage près de la cage pour "tranquillement" contourner le filet, passant en retrait vers Romain Bault, qui reprend de volée. Un shoot générant un rebond très capricieux, que David Bastien parvient à pousser du patin... dans une certaine confusion (17'59") ! Un "but" finalement refusé par les "zébrés" à l'issue d'un premier tiers qu'Épinal aura plus passé à défendre qu'attaquer.

L'impossible tâche de remplacer (l'irremplaçable) Danick Bouchard (au côté de Cacciotti et Gauthier) revient à Yannick Offret, dont la combativité ne suffit évidemment pas à pallier l'absence du top-scoreur spinalien.

Capable de faire la différence à tout instant, sur un dribble, un "spinorama", une accélération ou une récupération, Bouchard fait donc cruellement défaut à ses coéquipiers, qui commencent toutefois l'acte médian idéalement. Benjamin Casavant parvient à se jouer de Romain Bault pour remiser sur Ján Plch, dont la reprise rasante heurte la base du montant (20'52").

À croire que la réussite change tout doucement de camp, ce qui semble se confirmer avec cet essai "lointain" de David Bastien, subtilement dévié par Grégory Béron. Ce qui a pour principal effet de prendre Girard à contre-pied (1-2 à 23'41").

Corriveau, dans la foulée, tente de surprendre "Gaby" en angle fermé mais le Franco-canadien, bien placé, ne laisse rien passer (24'10"). Contrairement à ses coéquipiers, et notamment Yoann Chauvière, coupable d'un palet perdu - dans sa zone défensive - au profit d'un Luka Bašič servant aussitôt Aïna Rambelo, qui tire sur réception et marque d'un lancer croisé, dans le bas du filet (2-2 à 27'14").

... dit mardi noir sans victoire !

Tout est à refaire pour les Dauphins, qui subissent et semblent à court de munitions. Comme si l'ombre de Bouchard flottait sur la glace de Poissompré, où se joue un match engagé. Presque un bras de fer, émaillé de pénalités alternant temps forts et temps faibles des deux côtés.

Le rugueux Sušanj ne manque pas d'être sanctionné, d'un méfait discutable (35'41") offrant aux Gothiques deux minutes de supériorité numérique. Et quelques bonnes occasions, comme ce tir de Bergin repoussé dans le slot sur un Béron frustré de près (36'17").

Par qui ? Par Girard, ensuite battu sur ce renversement de Gascon à destination de Béron, démarqué au second poteau, qui vise le haut du filet... mais voit le palet s'envoler (37'05") !

GasconTout près d'être surpris par un centre-tir de Gauthier (38'50"), Santanen voit quant à lui ce slap de Gervais faire tinter son montant (39'10").

Encore un poteau pour l'arrière franco-ontarien, qui s'était déjà signalé d'une belle percée, du revers, repoussée par l'armature (décidément bienveillante) du portier finlandais (33'04")...

La pige de Yannick Offret au côté de Steven Cacciotti et Sébastien Gauthier s'interrompt au retour des vestiaires. Alex Stein vient à lui préférer Anthony Rapenne, jeune ailier du cru combatif, mais fluet. Mais rien n'y fait... car l'attaque tique !

Les Gothiques, eux, contre-attaquent à l'image d'un Julien Corriveau lançant David Bastien dans l'intervalle. Un boulevard s'ouvre au Canadien mais Bastien n'arrive pas à ses fins, ne récoltant qu'un cinglage de Sušanj (44'19"). Un slashing cher payé par le Slovène, doublement sanctionné d'une pénalité de match assortie d'un tir de réparation finalement exécuté par Corriveau...

Et pour cause, David Bastien est rentré sur son banc en se tenant l'avant-bras, faisant mine de s'être blessé. Mais après le raté de Corriveau, Bastien revient frais comme un gardon. Comme si de rien n'était, pour jouer ces cinq minutes de supériorité numérique... Cinq minutes interminables pour les Dauphins, battus par un Béron coupant l'offrande de Gascon au second poteau (2-3 à 45'18").

Le premier d'une longue série, a-t-on pensé dans les travées. Sauf qu'Amiens n'enfoncera plus aucun clou dans le "cercueil" spinalien, s'exposant ainsi au retour des Vosgiens. Une charge sonnée par Fabien Leroy, qui "dépouille" Grégory Béron et fonce, côté droit, pour adresser un centre victorieusement repris par Steven Cacciotti (3-3 à 50'46").

Le K-O n'est pas loin et les deux équipes manquent de mutuellement s'envoyer au tapis. Mais si Julien Corriveau - en échappée - voit le cadre se dérober (51'17"), Martin Gascon, lui, ne se la joue pas "petit bras". Comment aurait-il pu rater cette cage ouverte par la déviation de Valentin Claireaux (3-4 à 52'38") ?

Refusant l'idée que ce but sonne l'hallali, les Dauphins font le forcing pour égaliser. Le jeu amiénois s'étant durci, ils bénéficient même de deux supériorités (53'21" et 56'19").

Deux belles opportunités pour arracher la tenue d'une prolongation synonyme de qualification (pour les play-offs). Mais la faillite de certains joueurs-clés (comme Petrák, que l'on a connu plus inspiré) et trop peu de tirs cadrés auront raison de cette ambition. Le roseau picard, s'il a parfois plié ce soir, n'aura jamais rompu...

Le pire des scénarios ?

Ce fut encore une drôle de soirée à Poissompré, avec des Lorrains bien lancés qui se sont fait rejoindre, pour finalement s'incliner ! Tout avait donc bien commencé. Et puis Bouchard s'est blessé...

Ces Gothiques étaient pourtant à la portée des Vosgiens, trop vite privés de leur "dynamiteur" (et maître à jouer) et contraints d'affronter le powerplay amiénois pendant cinq minutes, à l'aube du dernier quart d'heure de jeu. Un tournant dans cette rencontre, qui pourrait être lourde de conséquence pour la suite des événements.

Non seulement aucun point n'est tombé dans l'escarcelle des hommes d'Alex Stein (toujours pas certains d'éviter la case "barrages"), mais en plus ceux-ci vont devoir se passer des services leur meilleur compteur (pour au moins quinze jours). Un coup dur, et même très dur, surtout que Gašpr Sušanj sera suspendu vendredi (à Morzine)... 

 

Épinal - Amiens 3-4 (2-0, 0-2, 1-2).
Mardi 12 février à 20h15 à la patinoire de Poissompré. 1 000 spectateurs.
Arbitres : Damien Bliek assisté de David Courgeon et Sébastien Geoffroy.
Pénalités : Épinal 29' (0', 4', 25') ; Amiens 12' (4', 4', 4').
Tirs : Épinal 23 (8, 8, 7) ; Amiens 32 (12, 13, 7).

Évolution du score :
1-0 à 10'14" : Bouchard assisté de Slovák et Cacciotti (sup. num.)
2-0 à 10'55" : Casavant assisté de Gervais et Petrák (sup. num.)
2-1 à 23'41" : Béron assisté de Bastien et Santala
2-2 à 27'14" : Rambelo assisté de Bašič et Serer
2-3 à 45'18" : Béron assisté de Gascon (sup. num.)
3-3 à 50'46" : Cacciotti assisté de Leroy
3-4 à 52'38" : Gascon assisté de Claireaux et Santala

Épinal

Gardien : Gabriel Girard (sorti de sa cage à 58'48").

Défenseurs : Peter Slovák - Maxime Ouimet ; Gašpr Sušanj - Stéphane Gervais ; Jan Hagelberg - Fabien Leroy ; Rémi Colotti.

Attaquants : Steven Cacciotti (C) - Sébastien Gauthier - Danick Bouchard (A) [puis Offret, puis Rapenne] ; Benjamin Casavant - Michal Petrák - Ján Plch (A) ; Élie Raibon - Yoann Chauvière - Yannick Offret ; Kévin Benchabane ; Anthony Rapenne.

Remplaçants : Nicolas Ravel (G), Kevin Pernot, Romain Mauffrey.

Amiens

Gardien : Juho Santanen.

Défenseurs : Jimi Santala - Kevin Bergin (A) ; Aziz Baazzi - Romain Bault ; Vincent Bachet (C); Thomas Roussel.

Attaquants : Grégory Béron - Martin Gascon (A) - Valentin Claireaux ; Julien Corriveau -  David Bastien - Romain Carpentier ; Aïna Rambelo - Marius Serer - Luka Bašič.

Remplaçants : Léo Bertein (G), Quentin Fauchon, Alexis Besson, Rémi Thomas. Absents : Nicolas Leclerc, Maurin Bouvet (études).