Norvège - Suisse (tournoi de Stavanger)

OLIMB Ken Andre-110430-268La Norvège, le pays qui a le plus progressé ces dernières années sur le plan international, doit aussi faire fructifier ces succès en obtenant un soutien populaire qui lui a souvent manqué par le passé. Ce tournoi triangulaire est peut-être à marquer d'une pierre blanche. Les 3298 spectateurs réunis à Stavanger sont une bonne surprise : alors que l'enjeu est simplement amical, ils sont plus nombreux qu'il y a quatre ans à Oslo pour les qualifications olympiques !

Rappelons que les Norvégiens n'ont plus à participer à ces tournois de qualification qui se déroulent en parallèle, car ils ont réussi à accéder directement aux JO grâce à leurs deux quarts de finale de suite aux championnats du monde. Il n'y a pas tromperie sur la marchandise cendue au public : 17 joueurs présents aux derniers Mondiaux ont été sélectionnés.

La Suisse, en revanche, est plus expérimentale. Elle n'a qu'un joueur en commun avec l'effectif aligné en décembre chez elle à l'Arosa Challenge : Luca Cunti. Contraint de ne pas toujours solliciter les hockeyeurs des mêmes clubs, le sélectionneur Sean Simpson défend ces revues très larges en pointant la présence d'éléments expérimentés (Blindenbacher, Hirschi) qui doivent aussi gagner leur place, et cite l'exemple de Hollenstein et Moser l'an passé pour démontrer que l'équipe n'est pas définie d'avance et que les jeunes peuvent s'imposer.

L'équipe compte même deux débutants, Grégory Hoffmann de Davos et deux attaquants de Berne, Joël Vermin et Tristan Scherwey. Ce dernier a été appelé en dernière minute à la place de Paul Savary, blessé à l'épaule.

Cette Suisse remaniée manque logiquement d'automatismes, mais elle apparaît au point dans les unités spéciales : elle concède peu de positions de tir en infériorité numérique, et elle fait bien circuler le palet en supériorité, mais sans savoir conclure dans le dernier geste. Mais c'est la Norvège qui ouvre le score, après un engagement en zone offensive à cinq contre cinq, sur un lancer de la ligne bleue de Jonas Holøs.

En deuxième période, Joël Vermin a une énorme occasion de marquer le coup pour son premier match international, qui a été retardé (il avait déjà été sélectionné en décembre avant de se blesser) : servi en retrait dans le slot, il est tout proche de transpercer Lars Volden qui voit un peu tard que le palet s'est arrêté sur sa ligne de but. Hormis cette action, le gardien norvégien se montre assez brillant, notamment avec deux beaux arrêts de la mitaine à bout portant.

Au troisième tiers-temps, la Norvège semble élever le niveau à l'instar de Mats Zuccarello auteur d'un incroyable dribble : il élimine deux joueurs successivement en passant le palet entre ses jambes dans l'intervalle, puis un troisième sur une passe. L'action n'est cependant pas symbolique du jeu norvégien qui est souvent direct et masque le gardien Benjamin Conz contraint de laisser des secondes chances. Lars Erik Spets centre ainsi de la droite pour Niklas Roest, avant un rebond victorieux d'Andreas Martinsen. Puis, à 5 contre 4, ils se mettent à deux autour de la cage pendant un lancer de la bleue d'Ole Kristian Tollefsen... et c'est un troisième homme venu de l'aile, Ken Andre Olimb, qui marque le 3-0 en angle fermé.

La Suisse n'a pas la même efficacité offensive, peut-être surprise par les dimensions de cette patinoire de Stavanger, de seulement 26 mètres de large. Plus habitués aux glaces olympiques, les Helvètes ont moins de place pour déployer leur jeu, à l'image d'Andrej Bykov, l'homme en forme de la LNA, qui a moins d'espaces. C'est finalement sur une déviation en jeu de puissance que Juraj Simek évite le zéro pointé des attaquants suisses à quatre minutes de la fin. C'est toutefois Marius Holtet qui clot le score par un joli concours de précision : un long palet en cloche envoyé quasiment depuis sa ligne de fond en direction des filets déserts (4-1).

Commentaires d'après-match

Sean Simpson (entraîneur de la Suisse) : "Quand nous avons encaissé le 2-0, les joueurs ont laissé échapper des signes de frustration. Ils ont baissé les bras. Mais c’est le niveau international, il faut comprendre que ce n'est pas facile et qu’il faut toujours donner le maximum. Ceci dit, ce n’était pas un mauvais match et cela servira d’apprentissage pour ces jeunes."

Andrej Bykov (attaquant de la Suisse) : "J'avais besoin d'un GPS. Les dimensions de cette patinoire sont vraiment particulières. J'adore jouer avec de la vitesse et c'est plus difficile de le faire sur cette glace, mais ce n'est pas une excuse."

Ole-Kristian Tollefsen (capitaine de la Norvège) : "C'est un des matches amicaux internationaux les plus plaisants auxquels j'ai participé. Il est incroyable que 3300 spectateurs soient venus nous soutenir, et l'atmosphère était très bonne, tant en tribune qu'entre les joueurs. Nous avons beaucoup produit et nous avons récolté les fruits en troisième période. Cette Suisse est certainement une équipe que nous devions battre, et c'est bien de l'avoir fait. Ce regroupement signifie beaucoup dans la route vers les championnats du monde, et c'est bien d'être totalement sur la voie."

 

Norvège - Suisse 4-1 (1-0, 0-0, 3-1)
Jeudi 7 février 2013 à 19h00 à la DNB Arena de Stavanger. 3298 spectateurs.
Arbitrage de Tommy Søstumoen et Thomas Tysland (NOR) assistés de Jon Kilian et Alexander Waldejer (NOR).
Pénalités : Norvège 12' (4', 4', 4') ; Suisse 12' (2', 6', 4').
Tirs : Norvège 31 (5, 11, 15) ; Suisse 32 (10, 9, 13).

Évolution du score :
1-0 à 10'38" : Holøs assisté de Bastiansen
2-0 à 45'48" : Martinsen assisté de Roest et L.E. Spets
3-0 à 50'51" : K.A. Olimb assisté de Tollefsen et Mats Trygg (sup. num.)
3-1 à 56'05" : Simek assisté de Grossmann et Ramholt (sup. num.)
4-1 à 59'26" : Holtet assisté de Volden (inf. num., cage vide)


Norvège

Gardien : Lars Volden.

Défenseurs : Mats Trygg (2') - Ole Kristian Tollefsen (+2, 2') ; Jonas Holøs (+2, 2') - Alexander Bonsaksen (A, +2) ; Juha Kaunismäki (2') - Henrik Solberg ; Daniel Sørvik.

Attaquants : Mats Zuccarello Aasen (+1) - Anders Bastiansen (+1) - Per-Åge Skrøder (+1) ; Mats Rosseli Olsen - Ken Andre Olimb - Christian Dahl-Andersen ; Marius Holtet (+1, 4') - Kristian Forsberg - Martin Røymark ; Andreas Martinsen (+1) - Niklas Roest (+2) - Lars Erik Spets (+1) ; Robin Dahlstrøm.

Remplaçant : Lars Haugen (G).

Suisse

Gardien : Benjamin Conz [sorti de 58'20" à 59'25"].

Défenseurs : Severin Blindenbacher (-1) - Steve Hirschi (-1, 2') ; Tim Ramholt (-2) - Robin Grossmann (-2) ; Eric Blum (2') - Dean Kukan ; Alessandro Chiesa - Thomas Wellinger (2').

Attaquants : Joël Vermin - Morris Trachsler - Tristan Scherwey (-2) ; Grégory Sciaroni (-1, 2') - Andres Ambühl - Gregory Hofmann (-1, 2') ; Juraj Simek (-1) - Luca Cunti (-2) - Simon Moser (-1) ; Inti Pestoni - Andrej Bykov (-1, 2') - Benjamin Plüss (-1).

Remplaçant : Lukas Flüeler (G).