Épinal - Dijon (Ligue Magnus, play-offs, 1er tour, match 3)

Sacrée soirée !

ouimet maxime2Entre des Ducs confiants en leurs possibilités et des Dauphins loin d'aborder ces play-offs à reculons, le week-end dijonnais s'annonçait passionnant... et passionné. Une intuition confirmée par deux dénouements indécis... et autant de scores très serrés.

L'enjeu sportif se mêlant à l'intérêt financier, l'ICE se devait d'au moins ramener un succès de Trimolet, histoire de faire durer la série à Poissompré. Une mission accomplie, samedi, à l'issue d'un mémorable "derby" enlevé (4-3) par des Spinaliens combatifs à souhait.

Les hommes d'Alex Stein ayant parfaitement répondu aux attentes du technicien germano-canadien en terme d'intensité, de rigueur... et d'efficacité. Celle d'un duo Plch-Petrák ressuscité (et impliqué dans tous les buts lorrains marqués ces jours derniers).

Mais surtout, les Vosgiens ont pu compter sur un Gabriel Girard solide au poste, qui semble confirmer sa propension à répondre présent dans les moments importants.

Dix mois après sa prestation remarquée lors du prestigieux tournoi final du junior majeur canadien (la Coupe Memorial), l'ex-portier shawiniganais est donc un obstacle de taille sur la route des coéquipiers de Benoît Quessandier.

Des Ducs réputés très performants offensivement (et notamment en supériorité) et qui avaient su faire du powerplay leur "arme fatale", vendredi, pour terrasser (4-3) de valeureux spinaliens trop vite privés d'un Danick Bouchard contraint de renoncer... car insuffisamment rétabli !

Tillanen Toujours pas en mesure de jouer, l'ailier canadien va encore devoir regarder ses coéquipiers batailler sans lui, sur cette grande glace de Poissompré censée favoriser le DHC... et a priori moins adaptée au style défensif d'Alex Stein que la petite surface de Trimolet.

À moins, bien sûr, que les Spinaliens ne parviennent à restreindre ces espaces dont raffolent les rapides attaquants dijonnais. Lesquels mettent la pression, d'entrée... sans arriver à leurs fins.

Trop beau pour être vrai ?

Freinés dans leur élan par la première pénalité de la soirée (un retenir de Johan Skinnars à 01'55"), les Ducs se retrouvent vite en infériorité. Ils résistent bien, mais sont tout près de craquer sur une infiltration d'un Sébastien Gauthier trouvant Steven Cacciotti dans l'intervalle. Le tir de l'Italo-canadien est tant bien que mal repoussé par un Kai Tillanen relâchant un palet tout près de finir au fond de ses filets (03'36").

Aux quelques alertes dijonnaises, devant la cage défendue par Gabriel Girard, les Spinaliens répondent par un engagement de tous les instants, en ne lésinant ni sur le patinage, ni sur l'échec-avant, à l'image d'un infatigable Anthony Rapenne.

Ils ne fuient pas non plus les contacts, à l'instar d'un Maxime Ouimet très présent ou d'un Benjamin Casavant survolté, qui travaille fort dans les coins et impose son physique. C'est même lui qui libère un bon palet pour Steven Cacciotti, qui repique vers le gardien et parvient à prendre son propre rebond pour déjouer un Kai Tillanen étendu de tout son long (1-0 à 08'07").

Sonnés, les Ducs tergiversent et Skinnars, après avoir contré Plch, lui rend involontairement le puck. Le vétéran slovaque, voyant Élie Raibon démarqué, le refile aussitôt à l'ex-Grenoblois mais Kai Tillanen repousse d'une botte salvatrice (9e). Quant à ce diable de Casavant, il manque encore de jouer les passeurs décisifs pour Cacciotti. Mais Tillanen s'interpose (10'22") avant de faire le grand écart, sur sa ligne, pour frustrer Petrák à bout portant (11'21").

Mais le Finlandais ne faut que retarder l'échéance, rendue inéhagelberg1vitable par cette obstruction de Custosse (10'53") consécutive aux incarcérations simultanées d'Igier et Cacciotti (10'22"). Une pénalité offrant 1'30" de supériorité numérique aux Vosgiens, qui trouvent la faille sur un décalage admirablement orchestré. Une triangulation initiée par Ján Plch et déviée par Stéphane Gervais au second poteau, à destination d'un Sébastien Gauthier faisant trembler les filets (2-0 à 12'06"). C'est l'entame rêvée pour les Dauphins.

Dès lors, il n'y aura plus qu'une équipe sur la glace. Des Lorrains pugnaces et bien en place, qui dominent sans partage et se conjuguent au presque parfait, bousculant sans ménagement des Ducs étonnement portés disparus.

En pleine confiance, les hommes d'Alex Stein récupèrent de nombreux palets en zone neutre, qu'ils redistribuent le plus rapidement possible vers l'avant à l'image de cette passe de Gervais relayée par Plch dans la course d'un Petrák filant côté droit pour s'en aller dribbler Tillanen avec une stupéfiante dextérité (3-0 à 17'31").

Le Tchèque déposant littéralement le gardien, le couchant de tout son long pour mieux glisser la rondelle dans son dos. Du grand art !

Dijon tente bien, sur la fin, de cracher son venin mais rien ne semble ébranler la sérénité du bloc spinalien. Du moins jusqu'au retour des vestiaires, où Jarmo Tolvanen a dû remonter quelques bretelles... et passer une belle soufflante aux siens pour les remettre dans le droit chemin !

Une vaine course-poursuite ?

Aussi les Ducs changent-ils de braquet, inversant la tendance en se montrant plus d'une fois dangereux (profitant d'un degré d'agressivité il est vrai moins prononcé côté vosgien). Peter Valier, dans son débordement, ne rencontre ainsi aucune résistance pour contourner la cage et servir anderséne henricAndersén sur un plateau. Le Suédois lève les bras, croyant avoir marqué... mais le but est refusé (21'01") !

Une déception vite ravalée par l'ex-attaquant de Leksand, heureux bénéficiaire d'un dégagement contré d'Anthony Rapenne, qui avait préalablement rattrapé Tim Crowder côté droit (3-1 à 24'05").

Battant le fer tant qu'il est chaud, les Bourguignons continuent à se faire pressants, poussant Stéphane Gervais à l'erreur sur un puck flippé par Nicolas Ritz. Un raté profitant à Thomas Decock, qui contourne la cage pour mieux servir Kyle Hardy.

Le capitaine canadien du DHC, libre de tout marquage, peut alors régler la mire et expédier un maître-tir sous la barre. Un slap aussi précis qui puissant... mais aussi vite ressorti qu'il n'est rentré. Un but que tout le monde a vu dedans... mais qui n'a pas fait broncher les référés !

Le jeu se poursuit, quelques instants, avant que l'insistance des Ducs ne fasse revenir M. Fabre sur sa décision.

"Captain Kyle" a donc bel et bien réduit la marque (3-2 à 26'24"), au grand dam d'un Alex Stein ulcéré. Fou de rage, même, envers ces arbitres ayant trop souvent manqué de discernement dans leurs interventions. Comme sur cette pénalité sifflée (29'16") à l'encontre d'un Cédric Custosse ne passant, finalement, qu'une poignée de secondes au cachot. Le jeu de puissance vosgien, à peine installé, faisant mouche sur un one timer de Sušanj, bien décalé par Slovák (4-2 à 29'28").

L'ICE s'est donné un peu d'air. Mais le plus dur reste encore à faire, surtout que ce deuxième tiers, très équilibré, fait la part belle au jeu rapide des deux côtés. Cela va même d'un but à l'autre, avec de grosses occasions dijonnaises en fin de période comme cette incursion de Thomas Decock en supériorité (35'10") ou cette entrée en zone d'un János Vas remisant, dans son dos, sur Andrej Mrena. Le défenseur slovaque reprenant aussitôt... pour chaufhardy 2fer la mitaine de Girard (37'48") !

Ne s'avouant décidément jamais vaincu, le DHC s'est bien ressaisi. Mais son premier trio, gêné par l'activité de la checking-line spinalienne, peine à afficher son habituel rayonnement. Aussi Jarmo Tolvanen choisit-il de permuter Nicolas Ritz et János Vas, associant l'international hongrois aux remuants Henrik Andersén et Peter Valier.

Et si Cacciotti, bien servi par Gauthier, passe tout près de creuser un avantage définitif (42e), c'est bien Dijon qui va chercher la faille... sans la trouver ! Du moins jusqu'à ce tir de Kyle Hardy effleuré par la mitaine de Girard (4-3 à 48'20")...

Coriaces, ces Dijonnais !

Le match est complètement relancé mais les Dauphins ont beaucoup trop donné pour accepter de le voir leur échapper. Et comme bien souvent depuis le début de cette série, c'est Michal Petrák qui va faire la différence.

Le Tchèque piquant un sprint dans le couloir droit, déshabillant proprement Rodi Short (trop court sur ce coup...) avant de fixer Kai Tillanen. Pour mieux centrer vers un Ján Plch n'ayant plus qu'à pousser le palet au fond des filets (5-3 à 52'18").

La victoire se dessine mais Dijon, loin d'avoir renoncé, obtient une dernière supériorité (56'50"). Forts d'un certain savoir-faire en la matière, les Ducs font tourner, cherchant le lourd lancer d'un Rodi Short ayant déjà scoré sept fois lors des quatre dernières confrontations spinalo-dijonnaises. La plupart du temps en powerplay... comme sur cette reprise lointaine nettoyant la lucarne gauche de Girard (5-4 à 57'01"). Le défenseur canadien d'origine terre-neuvienne a encore marqué. Le DHC peut toujours espérer...

Pourtant, Petrák aura eu le but du K-O au bout de la crosse (57'16"). Mais au lieu de ça, c'est János Vas qui va arracher une égalisation inespérée, sur un rebond... et dans une certaine confusion (5-5 à quessandier58'22") !

Comme samedi, tout va donc se jouer en prolongation. Et tout va rapidement basculer. Benoît Quessandier, pris de vitesse par Benjamin Casavant, écopant d'une pénalité que beaucoup d'arbitres n'auraient pas sifflé à ce moment crucial de la partie (60'08")...

Dépêché pour mener à bien cette supériorité, le quatuor Gauthier-Petrák-Plch-Gervais va faire tourner et trop peu tirer au goût d'Alex Stein, qui prend un temps mort, avec seulement trente-sept secondes restant en supériorité (61'31"). Bien assez pour que Stéphane Gervais, dans l'enclave, décoche un slap repoussé par Kai Tillanen. Ce qui génère un monstrueux cafouillage... d'où s'extirpe Ján Plch (6-5 à 61'51").

Un vrai but de "raccroc", au bout du suspens, pour définitivement embraser ce "chaudron" qu'est Poissompré...

Les Dauphins, qui n'ont pas volé ce succès, lèvent une sérieuse option pour la qualification. Et vu la folie régnant dans les gradins, on n'ose imaginer l'ambiance en cas de nouvelle victoire le lendemain...

Toujours aussi inconstants, les Ducs sont maintenant aux portes de l'élimination. Mais dans cette série très serrée, il n'y aurait rien d'étonnant à ce que tout se joue samedi, dans le cadre désuet de Trimolet... 

Réactions d'après-match (dans Vosges Matin):

Alex Stein (entraîneur d'Épinal) : " C'est une très belle série entre deux très belles équipes qui sont d'un niveau comparable. Elles se battent pour gagner des centimètres de terrain à chaque présence. Je suis très heureux de participer à ça. C'est un match que l'on contrôlait et dans le deuxième tiers, je pense que nous les avons trop respectés. Notre équipe a montré beaucoup de caractère mais on doit peut-être en montrer encore plus à la fin pour aller bloquer des shoots. Maintenant, il faut finir la série."

 

Épinal - Dijon 6-5 a.p. (3-0, 1-2, 1-3, 1-0).
Mardi 26 février à la patinoire de Poissompré. 1 500 spectateurs.
Arbitrage de Savice Fabre assisté de Pierre Dehaen et David Courgeon.
Pénalités : Épinal 6' (2', 2', 2', 0') ; Dijon 12' (6', 2', 2', 2').
Tirs : Épinal 36 (15, 8, 11, 2) ; Dijon 39 (11, 19, 9, 0).

Évolution du score :
1-0 à 08'07" : Cacciotti assisté de Casavant et Leroy
2-0 à 12'06" : Gauthier assisté de Gervais et Plch (sup. num.)
3-0 à 17'31" : Petrák assisté de Plch et Gervais
3-1 à 24'05" : Andersén assisté de Crowder
3-2 à 26'24" : Hardy assisté de Decock
4-2 à 29'28" : Sušanj assisté de Slovák et Cacciotti (sup. num.)
4-3 à 48'20" : Hardy assisté de Vas et Valier
5-3 à 52'18" : Plch assisté de Petrák
5-4 à 57'01" : Short assisté de Crowder et Ritz (sup. num.)
5-5 à 58'22" : Vas
6-5 à 61'51" : Plch assisté de Gervais (sup. num.)

Épinal

Gardien : Gabriel Girard.

Défenseurs : Peter Slovák - Maxime Ouimet ; Jan Hagelberg - Stéphane Gervais (A) ; Gašpr Sušanj - Fabien Leroy.

Attaquants : Yannick Offret - Yoann Chauvière - Kevin Benchabane [en alternance avec Élie Raibon] ; Anthony Rapenne - Michal Petrák - Ján Plch (A) ; Steven Cacciotti (C) - Sébastien Gauthier - Benjamin Casavant.

Remplaçants : Nicolas Ravel (G), Romain Mauffrey, Valentin Grandhaye, Kevin Pernot. Absent : Danick Bouchard (déchirure à la cuisse).

Dijon

Gardien : Kai Tillanen.

Défenseurs : Benoît Quessandier - Rodi Short ; Kévin Igier - Kyle Shearer-Hardy (C) ; Andrej Mrena - Cédric Custosse.

Attaquants : Johan Skinnars - János Vas [puis Ritz]- Tim Crowder ; Henrik Andersén - Nicolas Ritz [puis Vas] - Peter Valier ; Thomas Decock (A) - Stephen Dugas - Aram Kevorkian (A) ; Vincent Kara.

Remplaçants : Landry Labat (G), Alexandre Mulle, Gabriel Da Costa, Quentin Mahier. Absent : Joffrey Pingrit (genou, saison terminée).