Épinal - Dijon (Ligue Magnus, play-offs, 1er tour, match 4)

À samedi...

hardy 2Le couperet d'une fin de saison prématurée plane sur le casque des hockeyeurs dijonnais, battus la veille ici-même, à Poissompré (5-6 a.p.). C'est dire la pression pesant sur les épaules des "jaune et bleu", qui jouent leur survie dans cette série très serrée !

Au bord du précipice, les Ducs sont donc dans l'obligation de l'emporter face à ces Spinaliens n'ayant maintenant plus besoin que d'un succès pour se qualifier. Rien d'irréalisable, à condition de ne rien lâcher et de fournir un effort constant pendant soixante minutes. Ce que les Bourguignons n'ont jusqu'alors pas su faire durant ce tour préliminaire, en courant trop souvent après le score...

Hier encore, les hommes de Jarmo Tolvanen ont dû tirer de l'arrière... après avoir pourtant bien débuté, en démarrant pied au plancher.

C'est dire si l'entrée prend un petit air de déjà-vu, avec un DHC rapidement menaçant devant la cage de Girard sous l'impulsion d'un premier trio emmené par un Vas taille patron. L'international hongrois, véritable "colosse aux mains agiles", se montrant omniprésent, tant derrière que devant.

Ça "Vas" plutôt bien pour Dijon !

Plaque tournante par qui transitent tous les palets, János Vas est également un pilier du jeu en infériorité et le prouve en bloquant, comme ses coéquipiers, tous les lancers tentés par un powerplay spinalien né d'un cinglage de Rodi Short (02'21").

girard4Ne manquant pas une occasion de se dégager, le carré dijonnais flaire même une bonne ouverture, en toute fin de pénalité. Kyle Hardy récupérant la rondelle pour lancer János Vas, côté droit. Lequel redonne à son capitaine, plein axe, pour un duel singulier favorable au gardien spinalien (04'28").

Bien regroupés en zone neutre, avec un attaquant forecheckant et deux autres prêts à se replier au besoin, les Spinaliens laissent volontiers les Dijonnais contrôler la rondelle, à l'affût de la moindre possibilité pour contre-attaquer.

Cette trappe gêne un temps le déploiement bourguignon mais l'inévitable János Vas va jouer les "passe-muraille", d'une de ces remontées de palet dont il a le secret. Le Magyar passe en revue toute la défense pour s'en aller buter sur Girard, embarquant la cage et le gardien, car pris dans son élan (06'59"). Le choc est violent et Girard peine à s'en relever, rappelant de mauvais souvenirs aux spectateurs spinaliens l'ayant vu s'effondrer à Strasbourg, le 13 octobre dernier...

Mais cette fois, pas de commotion à l'horizon. Juste une collision vite oubliée par l'intéressé, de nouveau sollicité sur une incursion de Kevorkian consécutive à une énième récupération... de Vas (07'41") ! Au four et au moulin, l'attaquant hongrois est ensuite bien servi à bout portant... mais voit son essai capté d'une belle mitaine (10'35").

Dominateurs, les Ducs ont le match en main et ne laissent que des miettes à leurs hôtes spinaliens, peu dangereux et pas toujours très inspirés, à l'image d'un Gašpr Sušanj voyant la rondelle lui échapper, derrière sa cage, sous la pression d'un Nicolas Ritz tillanen 1trouvant ensuite Kevin Igier, démarqué. Mais ce dernier, contré, ne peut en profiter... contrairement à Peter Valier, qui passe la seconde couche en glissant, du revers, la rondelle sous le bras du gardien (0-1 à 11'30")

C'est loin d'être immérité pour ces Dijonnais très entreprenants et surtout beaucoup plus présents dans tous les secteurs du jeu (avec une majorité de duels tombant dans leur escarcelle).

S'avérant incapables d'élever leur niveau de jeu, les hommes d'Alex Stein subissent. Plus vifs, plus rapides, les Ducs en profitent. Peter Slovák, pressé par Tim Crowder, perd "bêtement" un palet manquant de profiter à l'inévitable Kyle Hardy (15'01"), pour l'un des quatorze tirs cadrés dijonnais de ce premier tiers à sens unique (contre cinq pour les locaux)...

Poussifs, les Dauphins vont malgré tout friser l'égalisation sur un rebond de Cacciotti (19e), regagnant les vestiaires avec l'assurance d'entamer l'acte médian en supériorité suite à un slashing de Mrena à l'encontre de Petrák (19'59"). Mais cette opportunité ne donne rien, avec deux occasions pour Steven Cacciotti (21'17") et Sébastien Gauthier (21'38") noyées dans un océan d'approximations. Le jeu de puissance spinalien, qui avait si bien tourné la veille, n'est vraiment pas dans un bon soir...

Il faut dire que les Ducs serrent les rangs et défendent fort bien, même avec un homme en moins. D'excellentes dispositions confirmées sur cette pénalité infligée à Kyle Hardy (22'47"), coupable d'avoir fait trébucher Michal Petrák (alors que tous deux luttaient d'arrache-pied pour le contrôle du palet).

Un tir en pivot de Casavant, repoussé par Tillanen (23'11")... et voilà la "fusée" Andersén lancée côté droit. Le Suédois fait fi de sa position très excentrée pour décocher un slap en pleine lucarne, côté mitaine (0-2 à 23'28").

L'affaire se corse mais Benjamin Casavant, à la retombée d'un puck perdu de vue par Kai Tillanen (1-2 à 26'57"), va relancer ses coéquipiers. Mais en dépit d'un léger mieux (et de quelques temps forts non concrétisés), Dijon creuse l'écart sur un centre de Valier repris par Andersén, en embuscade près du demi-cercle (1-3 à 31'24").

cacciotti steven5Cousu de fil blanc

Une maille à l'endroit, une maille à l'envers, l'ICE file là un bien mauvais coton. Ce petit supplément d'âme, qui avait fait toute la différence mardi soir, n'est plus qu'un lointain souvenir. Les Dauphins paraissant clairement émoussés, comme pas totalement remis des efforts dernièrement consentis.

Une tare rédhibitoire contre une solide formation dijonnaise, guidée par son instinct de survie. Mais pas totalement immunisée contre ces sursauts d'orgueil caractéristiques des Dauphins.

Aussi l'espoir renaît-il sur une passe en profondeur de Sébastien Gauthier, qui met Steven Cacciotti sur de bons rails. L'Italo-canadien résiste à Short pour loger le puck par-dessus l'épaule droite de Tillanen (2-3 à 33'07"). Le portier finlandais s'était auparavant illustré devant Ján Plch, bien servi par Petrák (32'19"), mais ne cèdera plus rien aux Vosgiens, s'érigeant en muraille infranchissable devant le filet.

Se projetant rapidement vers l'avant (sur une accélération de Valier, une montée de Vas ou un solo de Kevorkian), les Côte d'Oriens enchaînent les va-et-vient sans pour autant baisser leur garde, tenant le score jusqu'à la pause. Mais au retour des vestiaires, une charge d'Igier sur Raibon (41'43"), jugée illicite par les référés, offre une nouvelle opportunité au powerplay spinalien.

skinnars johanTrente secondes sont rapidement perdues et une minute passe sans qu'Épinal ne soit parvenu à s'installer (ou à prendre un lancer). Ce qui finit par arriver, non sans mal, avec une seule occasion d'Élie Raibon (44e).

À croire que les Ducs sont passés maîtres dans l'art de tuer les pénalités, bien aidés il est vrai par le collectif balbutiant des Dauphins, proie facile pour un box-play dijonnais réactivé par l'incarcération de Rodi Short (43'38"). Et seulement pris à défaut par ce décalage d'Hagelberg vers Plch, dont la reprise, trop écrasée, est facilement détournée par Tillanen (43'54").

Plus d'une fois renvoyés dans leurs "22" (comme on dit en terre d'ovalie), les Spinaliens ont laissé passer leur chance.

Mais Dijon, de son côté, n'a pas encore totalement tué ce match. Ce n'est pourtant pas faute d'essayer, mais Kyle Hardy, imparablement décalé par Tim Crowder, voit encore Gabriel Girard lui fermer la porte au nez (46'11"). Puis c'est à Johan Skinnars de vérifier tout l'étanchéité de l'ultime rempart spinalien, qui parvient à miraculeusement repousser le tir vicieux du Suédois (46'35").

"Gab" Girard remet ça, en fermant bien les bottes devant Kyle Hardy (49'56"), retardant une échéance paraissant inéluctable. Surtout que ses partenaires n'arrivent à rien, comme s'ils n'avaient plus d'essence dans leur moteur.

Un constat d'impuissance généralisé, à l'image d'un Petrák sorti visiblement meurtri (sur une faute de Decock en toute fin de partie) après n'avoir été que l'ombre de lui-même tout au long de la soirée...

Un contre de Nicolas Ritz verra l'international français s'y reprendre à deux fois pour sceller le succès dijonnais (2-4 à 57'34"). La victoire qu'il fallait pour s'offrir une "belle" à Trimolet. Et avec la manière, s'il vous plaît !

quessandier1Deux partout, puck au centre...

Dos au mur, les Bourguignons ont donc pris leurs responsabilités, gagnant le match à ne pas perdre en dominant sans coup férir de bien décevants spinaliens. Tout va donc se jouer samedi, sur la petite glace de Trimolet. 

Là où l'ICE a perdu tous ses matchs "couperets" ces dernières années. Depuis cette demi-finale fatale aux Dauphins d'Épinal (un soir d'avril 2002) à ce coup de grâce asséné par les Ducs d'Aymeric Gillet (début mars 2008)...

Réactions d'après-match (dans Vosges Matin)

Alex Stein (entraîneur d'Épinal) : " Je suis déçu du résultat même si je suis très satisfait de notre deuxième période. Je voulais vraiment gagner ce match mais on a vu la différence avec une équipe de Dijon très expérimentée et qui a fini toutes ses actions. Nous avons une équipe jeune pour jouer ce genre de match avec beaucoup de pression. Maintenant, ce n'est pas fini et tout est possible en play-offs."

 

Épinal - Dijon 2-4 (0-1, 2-2, 0-1)
Mercrdi 27 février à la patinoire de Poissompré. 1 224 spectateurs.
Arbitrage de Damien Bliek assisté d'Anne-Sophie Boniface et Yann Furet.
Pénalités : Épinal 2' (0', 0', 2') ; Dijon 12' (4', 2', 6').
Tirs : Épinal 33 (5, 18, 10) ; Dijon 34 (14, 7, 13).

Évolution du score :
0-1 à 11'30" : Valier assisté d'Igier et Ritz
0-2 à 23'28" : Andersén assisté de Crowder (inf. num.)
1-2 à 26'57" : Casavant assisté de Cacciotti
1-3 à 31'24" : Andersén assisté de Valier
2-3 à 33'07" : Cacciotti assisté de Gauthier et Ouimet
2-4 à 57'34" : Ritz

Épinal

Gardien : Gabriel Girard (sorti de sa cage à 58'38").

Défenseurs : Peter Slovák - Maxime Ouimet ; Jan Hagelberg - Stéphane Gervais (A) ; Gašpr Sušanj - Fabien Leroy ; Rémi Colotti.
 
Attaquants : Yannick Offret - Yoann Chauvière - Élie Raibon [ou Kevin Benchabane] ; Anthony Rapenne - Michal Petrák - Ján Plch (A) ; Steven Cacciotti (C) - Sébastien Gauthier - Benjamin Casavant.

Remplaçants : Nicolas Ravel (G), Romain Mauffrey, Valentin Grandhaye, Kevin Pernot. Absent : Danick Bouchard (déchirure à la cuisse).

Dijon

Gardien : Kai Tillanen.

Défenseurs : Andrej Mrena - Rodi Short ; Benoît Quessandier - Kyle Shearer-Hardy (C) ; Kévin Igier - Cédric Custosse.

Attaquants : Johan Skinnars - János Vas - Tim Crowder ; Henrik Andersén - Nicolas Ritz - Peter Valier ; Thomas Decock (A) - Stephen Dugas - Aram Kevorkian (A).

Remplaçants : Landry Labat (G), Alexandre Mulle, Vincent Kara, Gabriel Da Costa, Quentin Mahier. Absent : Joffrey Pingrit (genou, saison terminée).