Dijon - Épinal (Ligue Magnus, play-offs, 1er tour, match 5)

Ils se sont fait la belle !

bouchard danick8Prendre le "quart" pour Chamonix... ou s'arrêter ici ! Puisqu'il ne doit en rester qu'un (et faute d'avoir pu se départager à Poissompré), Ducs et Dauphins se retrouvent une dernière fois à Trimolet... pour une "belle" aux allures de finale.

Dominés, mercredi, par un adversaire qu'ils avaient pourtant battu la veille, les Spinaliens ne désespèrent pas de pouvoir mieux contrer les velléités dijonnaises sur cette petite glace "chauffée" par un public survolté. Et de nouveau "griffée" par un Danick Bouchard ménagé depuis son infructueuse reprise vendredi dernier !

Oui, Alex Stein peut de nouveau compter sur son ailier canadien (qu'une déchirure à la cuisse mettait hors-jeu depuis quinze jours), pourtant annoncé forfait par un état-major spinalien ayant fait du silence radio son credo concernant Michal Petrák. Mais le Tchèque, sorti boitillant mercredi en toute fin de partie (et souffrant d'un bel hématome à la cuisse), n'est pas d'attaque pour ce "derby". Du coup, c'est l'ailier Steven Cacciotti qui s'improvise centre aux côtés de l'éternel Ján Plch...

Tout le monde est en revanche sur le pont côté dijonnais pour cette "mission qualification". Un match "à la vie,  à la mort" entre deux "maudits" des play-offs. Les Dauphins voyant les quarts se refuser à eux depuis quatre ans tandis que les Ducs n'ont plus remporté une série depuis cinq longues années (et cette victoire contre... Épinal en 2008 !).

Dominer n'est pas marquer

Prenant rapidement le contrôle des opérations, les Bourguignons mettent d'entrée sur la pression sur des Spinaliens bien regroupés, à qui va revenir la première grosse occasion de la soirée. Danick Bouchard, suite à une mise au jeu remportée en zone offensive, contournant la cage pour trouver Sébastien Gauthier, qui reprend à bout portant, face au gardien (04'33").

Mais suivant le principe de l'arroseur arrosé, c'est bien le contreur... qui va se faire contrer ! Une vague bleue submergeant la défense spinalienne, incapable d'empêcher Nicolas Ritz d'exploiter le rebond laissé par Gabriel Girard, sur un premier essai de Kévin Igier (1-0 à 06'00").

susanj gaspr 1La machine dijonnaise est lancée, pense-t-on, surtout que les Ducs ne manquent pas d'asseoir leur domination (sans partage par moment), se projetant rapidement vers l'avant grâce à des attaquants très mordants. Un effort collectif soutenu, mais insuffisant pour venir à bout de ces Dauphins défendant corps et biens. Et pour qui la meilleure attaque reste bien évidemment la défense !

Dijon semble donc avoir le match en main, en dépit d'un Kai Tillanen moyennement rassurant devant son filet (comme sur cette percée de Bouchard, 15e). Mais le deuxième but se fait attendre et faute d'avoir su se mettre à l'abri, les Côte d'Oriens se font surprendre sur une action parachevée par Anthony Rapenne qui, du revers, égalise de près (1-1 à 14'57").

C'est flatteur pour les Dauphins, dominés durant ce premier tiers bien mieux terminé qu'ils ne l'ont commencé, même si un retenir (sifflé à l'encontre de Yoann Chauvière) et la sortie sur blessure de Fabien Leroy (touché aux ligaments croisés du genou) sonnaient comme un coup d'arrêt (15'51").

Mais c'était sans compter sur l'étonnant Gašpr Sušanj qui, au prix d'une folle remontée, s'en va mystifier le repli dijonnais... avant d'ajuster la lucarne, d'un imparable tir croisé (1-2 à 17'15") !

Ce n'est maintenant plus du tout le même match, surtout que les visiteurs, en confiance, haussent le ton physiquement et s'enhardissent progressivement, pour virer en tête à l'issue d'un premier acte qu'ils ont globalement subi. Les hommes de Jarmo Tolvanen apprennent, à leurs dépends, que dominer n'est effectivement pas marquer...

Il va sans dire que les Ducs doivent rapidement retrouver le chemin des filets, sous peine de voir le piège spinalien se refermer. Et ils s'y emploient sans tarder, avec un János Vas servant Tim Crowder... dont le tir est bien repoussé par Gabriel Girard (20'08").

Ayant montré qu'ils ne leur faudrait pas cinquante occasions pour les mettre au fond, les hommes d'Alex Stein ne ratent quant à eux pas une opportunité d'aller semer le danger, emmenés par un Danick Bouchard n'ayant rien perdu de son explosivité. L'ex-Villardien prenant Vas de vitesse avant de buter sur Tillanen (22'36"), titillant de nouveau le Finlandais peu après (26e). L'ailier canadien fait donc quelques misères à ces Ducs dominateurs... mais à qui la finition fait toujours aussi cruellement défaut !

Quand "Gaby" va, tout va !

En deux-contre-un, Henrik Andersén préfère ainsi la jouer eGIRARD Gabriel 3n solo, oubliant Peter Valier au second poteau (26'37"). Tim Crowder, lui, fait son show en enrhumant Benjamin Casavant avant de feinter le gardien. L'Anglo-canadien semblant même s'ouvrir un petit espace, entre le poteau et la jambière gauche de Girard... mais cette brèche est colmatée in-extremis par l'ultime rempart (27'35") !

Cultivant décidément le don de faire déjouer cette équipe joueuse, les Spinaliens ont laissé passer l'orage... et profitent même d'un palet de relance égaré pour creuser l'écart. Casavant s'en emparant pour se retrouver seul, face à un Tillanen qu'il confond d'un joli revers, par-dessus la mitaine (1-3 à 30'18") !

Cela se complique indéniablement pour les Ducs, qui tentent beaucoup mais n'arrivent décidément à rien. Car Girard, on l'a vu, est dans un bon soir. Imperturbable, même après s'être pris un Peter Valier lancé toutes voiles dehors, pour une collision sans incidence pour l'intégrité physique du Franco-canadien. Mais pas au tableau d'affichage, avec deux minutes distribuées au bouillonnant Kyle Hardy (30'18"). Pénalité sur laquelle Dijon se procure la meilleure occasion, sur une échappée d'un János Vas effaçant Sušanj d'un spinorama-tir enchaîné repoussé, semble-t-il, par la base du montant (34'30").

Beaucoup moins pressants en cette fin de deuxième tiers-temps, les habituels locataires de Trimolet vont pourtant finir par y arriver. Une poignée de secondes, seulement, restent à jouer dans l'acte médian et Thomas Decock, derrière la cage, parvient à ressortir le puck sur Kyle Hardy, dont le tir est dévié par János Vas (2-3 à 39'56").

En coupant la trajectoire de ce "caviar", l'international hongrois ôte d'une belle épine du pied aux Dijonnais, pas encore sortis de l'ornière mais requinqués, à n'en pas douter, par ce but tant aMrenattendu. Un premier pas dans cette "opération égalisation" qu'est devenue ce troisième tiers. Peut-être le "der des der" pour eux, qui tentent de se faire menaçants aux avant-postes tout en restant méfiants. Épinal ayant fait du contre son arme favorite...

Mais les coéquipiers de Stéphane Gervais, en véritables "guerriers", font avant tout corps devant leur gardien. Un Girard serein, de près comme de loin (et même au plus fort de l'adversité), lors de cette "attaque/défense" plutôt favorable aux Dauphins, comme sur cette relance d'Andrej Mrena interceptée par Danick Bouchard. Rodi Short, en voulant rattraper le coup, se fait sanctionner d'une obstruction (45'27").

L'avantage numérique ne donne rien mais l'ICE obtient, dans la foulée, une nouvelle supériorité. Bouchard pousse Tillanen à la faute après avoir lui avoir fait passer deux belles suées (47'31").

Mais si cette pénalité est inexploitée, elle aura au moins permis aux Dauphins de garder la rondelle en zone offensive... et d'ainsi faire tourner un chrono s'égrenant plus que jamais en défaveur des Dijonnais. Des Ducs dont le pronostic vital est de plus en plus engagé à chaque minute écoulée !

C'est dire si, pour eux, le temps commence à presser. Il y a maintenant urgence à marquer, mais la défense spinalienne, si elle plie (parfois), ne rompt pas. Surtout que Girard se dresse en muraille infranchissable devant le filet secondé, au besoin par ses montants comme sur ce tir d'Aram Kevorkian (barre transversale, 53'06"). Sans parler de cette reprise à bout portant de János Vas, repoussé par son poteau droit (58e)...

Cherchant la faille sans la trouver, les Bourguignons s'activent, en vain, jetant leurs dernières forces dans une bataille remportée par leurs rivaux spinaliens. Benjamin Casavant, lancé côté gauche, enfonçant l'avant-dernier clou dans  le cercueil dijonnais, d'un slap nettoyant la lucarne opposée (2-4 à 57'15"). L'ultime couche étant passée par Danick Bouchard, dans une cage vide offerte par son compère Sébastien Gauthier (2-5 à 58'34").

Cham' pour les uns, d'éternels regrets pour les acustosseutres...

Un dernier forcing dijonnais, en guise de baroud d'honneur, et les hommes d'Alex Stein peuvent exulter et communier avec leurs supporters, sitôt la traditionnelle poignée de mains échangée. Chacun mérite son ovation car tout le monde aura apporté sa pierre à l'édifice.

De Gabriel Girard, solide au poste, à Benjamin Casavant, transfiguré par ces play-offs, en passant par Danick Bouchard, excellent "revenant". Sans oublier les Benchabane, Sušanj, Rapenne, Offret, Chauvière et autres Ouimet, travailleurs de l'ombre mis en lumière, ce soir, par leur abattage, leur engagement sans faille et leur patinage de tous les instants.

Rentrés têtes basses aux vestiaires, les Ducs peuvent amèrement regretter leur inefficacité. L'attaque, tenue à bout de crosse par les Valier, Ritz, Hardy, Vas et autres Andersén durant ce tour préliminaire, n'ayant pu compter sur ses soit-disant "gros" pointeurs (Johan Skinnars et Tim Crowder), apparus beaucoup trop effacés.

Kai Tillanen, à qui certains ont attribué une grande partie des maux défensifs dijonnais cette saison, n'aura lui pas su faire les arrêts qu'il fallait, contrairement à un Gabriel Girard épatant de sérénité. C'est là aussi que s'est jouée cette série...

S'ils n'avaient pas une cote en or après leur saison régulière très mitigée, les Dauphins, plus réalistes (et très disciplinés, limitant ainsi les apparitions du si redoutable powerplay dijonnais), ont donc su déjouer les pronostics. Et confirmer qu'à cœur vaillant, il n'est effectivement rien d'impossible. De quoi ne pas se faire une montagne des deux prochains déplacements au pied du Mont-Blanc, chez des Chamois plus frais physiquement (et auteurs d'une fin de saison en boulet de canon, portés par l'insolente efficacité de ce fameux duo Charland-Lauzon).

Mais quoi qu'il advienne de ce quart chamoniard, les Dauphins ont d'ores et déjà sauvé leur saison. Eux qui ont connu tant de hauts et de bas ces derniers mois atteignent actuellement des sommets dans l'engagement et la combativité, comme animés d'une farouche envie de ne rien lâcher. Un "fighting spirit" généralisé, qui bonifie les individualités et pousse chacun à se dépasser.

Alex Stein peut donc être fier de ses "poulains", transcendés par ces play-offs qu'ils n'abordaient pourtant pas dans les meilleures conditions (avec la blessure de Bouchard)...

Réactions d'après-match (dans Vosges Matin et le Bien Public) :

Nicolas Ritz (attaquant de Dijon) : "C'est une immense déception. On a manqué de consistance. À force de courir après le score, on s'est souvent mis dans la merde. On n'était pas serein, de toute façon un 5e match est particulier et il y avait aussi de la fatigue. C'est à celui qui avait la plus grosse envie et on n'a pas été capable d'aller chercher dans nos ressources pour jouer 60 minutes. On a commis de grosses fautes mentales qui nous coûtent cher."

Steven Cacciotti (attaquant et capitaine d'Épinal) : "Ce soir, je suis vraiment très fier. On savait avant le début de cette série que nous pouvions causer la surprise même si personne n'y croyait trop pour nous. On a très bien joué défensivement et "Gaby" a sorti un match incroyable. On savait aussi que cela n'allait jamais être terminé même quand nous menions 3-1."

 

Dijon - Épinal 2-5 (1-2, 1-1, 0-2)
Samedi 2 mars 2013 à 20h30 à la patinoire de Trimolet. 955 spectateurs.
Arbitrage d'Alexandre Bourreau assisté de Pierre Dehaen et David Courgeon.
Pénalités : Dijon 8' (2', 2', 4') ; Épinal 6' (2', 0', 4').
Tirs : Dijon 41 (11, 12, 18) : Épinal 22 (6, 11, 5).

Évolution du score :
1-0 à 06'00" : Ritz assisté d'Igier et Kevorkian
1-1 à 14'57" : Rapenne assisté de Plch et Cacciotti
1-2 à 17'15" : Sušanj assisté de Plch (inf. num.)
1-3 à 30'18" : Casavant
2-3 à 39'56" : Vas assisté d'Hardy et Decock
2-4 à 57'15" : Casavant assisté de Bouchard et Hagelberg
2-5 à 58'34" : Bouchard assisté de Gauthier et Casavant (cage vide)

Dijon

Gardien : Kai Tillanen (sorti de sa cage à la 58e).

Défenseurs : Andrej Mrena - Rodi Short ; Benoît Quessandier - Kyle Shearer-Hardy (C) ; Kévin Igier - Cédric Custosse.

Attaquants : Johan Skinnars - János Vas - Tim Crowder ; Henrik Andersén [puis Alexandre Mulle] - Nicolas Ritz - Peter Valier ; Thomas Decock (A) - Stephen Dugas - Aram Kevorkian (A) ; Vincent Kara.

Remplaçants : Landry Labat (G), Gabriel Da Costa, Quentin Mahier.

Épinal

Gardien : Gabriel Girard.

Défenseurs : Peter Slovák - Maxime Ouimet ; Jan Hagelberg - Stéphane Gervais ; Gašpr Sušanj - Fabien Leroy [puis Rémi Colotti à partir de 16'].

Attaquants : Benjamin Casavant - Sébastien Gauthier - Danick Bouchard (A) ; Élie Raibon [ou Rapenne, puis Offret à 20'] - Steven Cacciotti (C) - Ján Plch (A) ; Kevin Benchabane [ou Anthony Rapenne] - Yoann Chauvière - Yannick Offret [puis Benchabane].

Remplaçants : Nicolas Ravel (G), Romain Mauffrey, Justin Chouleur. Absent : Michal Petrák (hématome à la cuisse).