Grenoble - Angers (Ligue Magnus, quart de finale, match 3)

Grenoble en mode survie

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Après deux victoires nettes en Anjou lors des deux premières manches (3-0 et 4-1), les Ducs débarquent à Pôle Sud en position de force. Il ne leur reste plus qu’une victoire à valider pour se qualifier pour les demi-finales. Et ils espèrent bien la décrocher dès ce soir alors que les Grenoblois sont en plein doute. Pour les Brûleurs de Loups, c’est l’inverse : toute nouvelle défaite dans cette série est synonyme de vacances. Les Grenoblois n’ont donc plus le droit à l’erreur et doivent s’imposer sur leur glace pour continuer à espérer.

D’entrée Angers met la pression sur la cage de Sébastien Raibon et les premières frictions apparaissent. Baptiste Amar écope de la première pénalité et Angers fait circuler le palet en power-play et se montre dangereux par Harty à la ligne bleue. Les arbitres sont tatillons en ce début de match en sifflant deux autres pénalités, du côté d’Angers cette fois contre Henderson puis Bellemare.

Les Grenoblois essaient de faire circuler la rondelle dans la zone angevine mais manquent de vitesse pour surprendre un très bon Hardy. Après une dizaine de minutes de jeu, le score est toujours vierge et les occasions de but assez rares. La meilleure opportunité est pour Angers avec un jeu à trois contre un conclu par un tir de Bélanger détourné par Sébastien Raibon. Le même Bélanger se fait sanctionner quelques instants plus tard pour une grosse charge sur Mike Vaskivuo qui reste quelques instants au sol. L’attaquant angevin se fait sanctionner par un 2’+10’ tandis que Bellemare prend lui aussi dix minutes pour contestation. Mais encore une fois, le power-play grenoblois est totalement inoffensif.

2013-03-08-Grenoble-Angers2Les accrochages sont nombreux et Braden Walls se fait de nouveau pénaliser dans la dernière minute suite à un accrochage le long de la bande. La tension est palpable en fin de tiers mais aucune des deux équipes n’est parvenue à ouvrir le score.

Dès le début de la deuxième période, Grenoble évolue en supériorité numérique mais n’y arrive toujours pas dans cet exercice et laisser filer une nouvelle occasion. Au risque de le regretter car les pénalités finissent par tomber du côté grenoblois avec Arrossamena qui se retrouve en prison. Mais si le power-play angevin est plus séduisant avec notamment beaucoup plus de tirs cadrés et une meilleure circulation, il n’en est pas moins tout aussi inefficace. Sur une belle circulation de palet autour de la cage grenobloise, l’attaque angevine donne le tournis à la défense grenobloise mais alors que Michael Busto n’a plus qu’à conclure dans une cage vide, il la joue trop facile et son tir est intercepté finalement par Sébastien Raibon.

Angers repart à l’attaque avec Walls qui déborde mais il se fait bloquer par Dusseau qui part à son tour en prison pour deux minutes. Cette fois Angers n’arrive pas à installer son power-play et manque même de se faire surprendre sur une contre-attaque emmenée par Le Blond et McGrane.

2013-03-08-Grenoble-Angers3À la mi-match, le score est toujours vierge alors que l’intensité a tendance à baisser par rapport au premier tiers-temps. Moins de contacts, moins de frictions et une équipe d’Angers qui recule. Grenoble en profite pour prendre possession de la zone angevine et se montre enfin dangereux sur une succession de tirs sur la cage de Florian Hardy par Antonoff puis Dusseau.

Et cette pression finit par payer lorsque deux Angevins partent simultanément en prison : Harty pour avoir déplacé volontairement la cage et Campbell pour une obstruction. Deux pénalités sévères qui donnent une belle occasion à Grenoble d’ouvrir la marque et les Brûleurs de Loups ne se font pas prier : Tartari met le palet sur la cage de Hardy, Busto essaie de dégager le palet sur la ligne de but mais celui-ci heurte le dos de Hardy et rentre finalement dans la cage (1-0, 34'50"). Un but coup du sort pour Angers, pas forcément gâté par les décisions arbitrales dans ce match. Grenoble essaie de pousser encore à cinq contre quatre mais cette fois Hardy répond présent. Dans les dernières minutes du tiers, Joffre se fait pénaliser et Angers pousse pour égaliser, ce qui est tout près de se produire avec un palet levé par Walls mais capté dans les airs par Raibon pourtant à terre. Le portier grenoblois préserve ainsi ce petit but d’avance après quarante minutes.

2013-03-08-Grenoble-Angers4Grenoble attaque fort le troisième tiers avec un 2 contre 1 Le Blond-Vaskivuo mais Hardy réalise un gros arrêt. Puis c’est au tour de Desrosiers de se retrouver seul face au portier angevin, de nouveau présent. Mais passées ces deux occasions, la tendance s’inverse rapidement avec une équipe d’Angers très offensive qui vient régulièrement dans la zone grenobloise pour forcer l’égalisation. Celle-ci n’est pas loin sur un tir en pivot de Gaborit détourné du bout de la jambière par Raibon. Finalement elle arrive sur un tir en « feuille morte » de Michael Busto qui voit le palet se loger sous la barre transversale (1-1, 45'16").

Ce but relance complètement les Angevins qui monopolisent la rondelle dans les minutes qui suivent. Un tir d’Albert est détourné par Raibon au ras du poteau mais le gros pressing angevin trouve une conclusion positive lorsque Campbell se retrouve tout seul face à Raibon et bat le portier grenoblois en levant le palet sous la barre (1-2, 48'53").

2013-03-08-Grenoble-Angers5Cette fois les minutes qui passent rapprochent les Angevins de la qualification pour les demi-finales. Les Grenoblois semblent accuser le coup, physiquement et moralement, mais une faute de Harty sur Vaskivuo leur donne une ultime chance de revenir dans la partie. Les power-play grenoblois n’ont pas donné grand-chose jusqu’à présent mais celui-ci va faire exception sur un tir chirurgical de Mike Vaskivuo qui bat Hardy, masqué par le trafic devant la cage (2-2 à 54'51").

Les Grenoblois reviennent de nulle part avec ce but miraculeux mais ils vont connaître une fin de troisième tiers délicate avec une obstruction d’Antonoff sur Albert lequel tombe sur Raibon à un peu plus de deux minutes du coup de sirène. Angers a le palet de la gagne avec cette ultime supériorité numérique mais les Ducs se montrent fébriles à l’image de Busto qui perd le palet à la ligne bleue et manque l’occasion de conclure avant la prolongation.

Les deux équipes se montrent très prudentes pendant la mort subite et hésitent à prendre des risques en tentant surtout tour à tour de profiter des erreurs de marquage : Belanger puis Busto du côté angevin et l’inévitable Vaskivuo côté grenoblois. Finalement Grenoble semble un peu plus en jambes et se lance dans le siège de la cage angevine avec une succession de tirs contrés. La solution vient de McGrane idéalement placé devant la cage qui dévie un lancer d’Antonoff (3-2, 64'44").

Les Ducs sont passés tout près des demi-finales ce soir et semblaient tenir le bon bout avec deux buts marqués coup sur coup au troisième tiers jusqu’à cette pénalité de Harty qui a relancé Grenoble à cinq minutes de la fin. Pas forcément gâtés par l’arbitrage ce soir, les Ducs ont pourtant eu l’occasion de l’emporter dans les deux dernières minutes avec une ultime pénalité d’Antonoff qui ressemblait à une balle de match. Mais le power-play angevin s’est montré inefficace ce soir, laissant passer trop d’opportunités de marquer.

2013-03-08-Grenoble-Angers6Les hommes de Jay Varady devront également surveiller la discipline avec trop de pénalités couteuses qui se sont soldées par deux buts encaissés sur des infériorités numériques. Fébriles au moment de conclure malgré un bon Hardy sur l’ensemble du match, les Angevins sont donc contraints de passer une nuit de plus en Isère. Ils s’en seraient bien passés mais ils seront encore en position de force demain soir pour valider leur ticket pour les demi-finales.

Les Brûleurs de Loups sont en sursis avec cette victoire à l’arrachée qui leur permet de disputer une rencontre supplémentaire cette saison. Ils ont bien commencé en relevant le défi physique angevin au premier tiers et en se montrant plus disciplinés même si cela ne s’est pas concrétisé au tableau d’affichage à cause d’un power-play déficient. Par la suite, ils ont su saisir les opportunités et notamment cette double supériorité numérique tombée du ciel au deuxième tiers qui leur permet d’ouvrir le score même si c’est en marquant un but chanceux. Et alors qu’ils semblaient sur le reculoir au troisième tiers, une ultime pénalité d’Harty leur permet d’arracher une égalisation qui semblait inespérée grace à leur gâchette magique, Mike Vaskivuo. La victoire, c’est à la hargne et à la volonté qu’ils vont la chercher en prolongation avec ce but de McGrane. Les Grenoblois ont eu un sursaut d’orgueil ce soir et sont encore « en vie ». De quoi espérer un renversement comme face à Dijon l’an dernier en quarte-de-finale ? En attendant, ils ont au moins repoussé leurs limites ce soir…

Désignés meilleurs joueurs du match : Mike Vaskivuo (Grenoble) et Jonathan Bellemare (Angers)

(Photos Philippe Crouzet - www.ipernity.com/doc/182273/album)

Commentaires d'après-match (d'après Le Dauphiné Libéré et TéléGrenoble) :

Jean-François Dufour (entraîneur de Grenoble) : « On n’est jamais mort. On a joué avec l’énergie du désespoir. Eux n’ont pas capitalisé sur leurs chances et nous avons été opportunistes. Il fallait les faire douter. On a vu qu’ils perdent le palet plus rapidement. On montre encore du caractère, il faut déjà penser à demain. Ce n’était pas le scénario idéal. On a été opportuniste sur nos avantages numériques. On ne peut pas demander plus d’intensité des joueurs ! »

Baptiste Amar (défenseur de Grenoble) : « Angers une bonne équipe, elle nous avait posé beaucoup de problèmes là-bas chez elle, à domicile on avait envie de rester en vie, de poursuivre l’aventure. Il faut qu’on soit à notre top si on veut rivaliser avec cette équipe, cela prend beaucoup d’énergie, de cohésion, il faut qu’on bosse ensemble offensivement et défensivement. C’est ce qu’on est arrivé à faire ce soir. On remet le couvert demain avec beaucoup de plaisir. Notre jeu est basé sur l’intensité, l’énergie, l’envie de patiner, bosser ensemble, il faut trouver cette énergie. »

Nicolas Arrossamena (attaquant de Grenoble) : « On s’est prouvé qu’on était capable de les battre. On était au pied du mur et on est encore au pied du mur. Soit on reste au pied du mur ou on fait encore tout pour le gravir. »

Mike Vaskivuo (attaquant de Grenoble) : « On a le momentum. Désormais, on sait ce qu’il faut faire. »

Christophe Tartari (attaquant de Grenoble) : « On a repoussé notre survie d’un jour. Demain, ce sera la même chose, tout peut s’arrêter. »

 

Grenoble – Angers 3-2 (0-0, 1-0, 1-2, 1-0)

Vendredi 8 mars 2013 à 20h à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3500 spectateurs.
Arbitrage de Nicolas Barbez et Jeremy Rauline assistés de Nicolas Cregut et Guillaume Gielly
Pénalités : Grenoble 10' (2', 6’, 2', 0’), Angers 34' (8'+10’+10’, 4', 2', 0’)
Tirs cadrés : Grenoble 21 (7, 10, 4), Angers 25 (6, 11, 8)
 

Évolution du score :
1-0 à 34'50" : Tartari (double sup. num.)
1-1 à 45'16" : Busto assisté de Walls et Bélanger
1-2 à 48'53" : Campbell assisté de Baluch et Albert
2-2 à 54'51" : Vaskivuo assisté de Dusseau (sup. num.)
3-2 à 64'44" : McGrane assisté de Antonoff
 

Grenoble

Gardien : Sébastien Raibon

Défenseurs : Jason Crossman (A) - Sylvain Dufresne ; Baptiste Amar (A) - Kévin Dusseau ; Nicolas Antonoff - Maxime Suzzarini.

Attaquants : Mike Vaskivuo – Christophe Tartari – Mathieu Le Blond ; Joris Bedin - Ed McGrane - Francis Desrosiers ; Julien Baylacq (C) - Mathieu Briand - César Joffre ; François Ouimet - Nicolas Arrossamena.

Remplaçants : Antoine Bonvalot (G), Kévin Martenon. Absents : Jordan Perret (fracture du pied), Luc Tardif Jr (genou).

Angers

Gardien : Florian Hardy

Défenseurs : Jeff May - Pavol Mihalik ; Gary Levêque - Michael Busto ; Jonathan Harty – Michael Steiner.

Attaquants : Éric Fortier – Cody Campbell – Robin Gaborit ; Jonathan Bellemare (C) – Braden Walls – Marc Bélanger ; Tomas Baluch – Brian Henderson – Julien Albert ; Marcello Ranallo – Valentin Michel.

Remplaçants : Alexis Neau (G), Nicolas Hébert, Étienne Chappino, Leonard Nalliod-Izacard. Absents: Juho Jokinen, Charlie Doyle, Paul Bahain.