Épinal - Chamonix (Ligue Magnus, quart de finale, match 4)

Les Canadiens sauvent les Dauphins d'un naufrage certain...

gauthier et bouchardInutile d'y aller par quatre chemins. Ce soir, pour les Dauphins, c'est soit victoire... soit au revoir !

Sous peine d'éternellement regretter leur défaite subie la veille (3-5), les hommes d'Alex Stein doivent donc l'emporter pour rétablir la parité. Et ainsi gagner le droit d'aller défier les Chamois une dernière fois, en Haute-Savoie.

De retour aux affaires (après avoir purgé son match de suspension), Gabriel Girard pouvait s'attendre à être fortement sollicité. Tout comme son alter ego Clément Fouquerel, autre gardien d'avenir se conjuguant au présent, rapidement inquiété sur un centre de Gauthier vers Bouchard (00'23").

Un palet perdu en zone défensive spinalienne (et récupéré par Masson) manque lui de profiter à Silvennoinen, dont la reprise est détournée du bouclier (01'35"). Pas le temps de souffler qu'un tir en pivot de Petrák génère un rebond que Cacciotti est à deux doigts de pousser au fond (02'08) ! Que d'occasions...

On le voit, les deux gardiens ne chôment pas et Francis Charland, en crochetant Danick Bouchard, écope de la première pénalité de la soirée (03'10"). Mais comme la veille, le jeu de puissance spinalien est gangréné par l'approximation même si Fouquerel va concéder un rebond brûlant qu'Hagelberg, bien placé, ne saura exploiter (6e)...

Le salut spinalien viendra plutôt d'un Steven Cacciotti manœuvrant derrière le filet pour servir Sébastien Gauthier, qui reprend dans l'enclave. Fouquerel s'interpose mais ne peut que repousser, cocardans le trafic, un palet profitant à ce diable de Bouchard, opportunément placé (1-0 à 05'35"). L'ailier canadien scorant, du revers, son septième but en quatre matchs dans cette série !

Et puis ensuite, rideau. Plus rien côté spinalien, où l'on bascule vers une tactique attentiste et un jeu tourné vers les contre-attaques.

Lui aussi de retour, ce soir, après s'être blessé au genou (mercredi), Peter Slovák écope d'une pénalité (06'11") faisant la part belle au powerplay chamoniard.

Un jeu de puissance bien plus consistant que celui des Vosgiens, régulé par un Carl Lauzon chargé de faire tourner le palet jusqu'à décaler Francis Charland, toujours prêt à dégainer à la pointe. Mais sur cette première opportunité, le "sniper" québécois des Chamois n'aura qu'un petit shoot cadré à se mettre sous la dent...

Débordé sur le flanc gauche par Carl Lauzon, Yoann Chauvière est à son tour invité à siéger au cachot (10'41"), voyant depuis le banc d'infamie Gabriel Girard détourner une tentative de Francis Charland (10'45"). Plein d'allant, les hommes de Stéphane Gros ont pris possession de la zone offensive et mitraillent à tout va. Mais n'arrivent pas à leurs fins. Du moins jusqu'à cette réussite d'Ares, à bout portant (1-1 à 13'39")...

Affligeant...

Depuis le temps que Cham' pressait pour égaliser, c'est amplement mérité. Mais rien n'est encore joué car les pénalités simultanément récoltées par Clément Masson et Gašpr Sušanj (14'49") vont libérer des espaces, à quatre contre quatre, et notamment provoquer ce duel Lauzon-Ouimet, âprement disputé pour la conservation du palet. À tel point que les deux Québécois s'accrochent mutuellement, attirant l'attention d'un corps arbitrapachal jugeant opportun d'uniquement punir le Spinalien (16'08")...

Ce pensum, doublé par l'aller-retour de Sušanj (17'07"), laisse au CHC plus d'une minute à négocier en double supériorité.

Et ce qui devait arriver arriva, sur un décalage d'Omar Pacha en direction d'un Francis Charland nettoyant la lucarne gauche de Gabriel Girard, masqué au départ de ce one timer aussi précis que puissant (1-2 à 17'53"). C'est qu'il n'était pas le meilleur buteur de la saison régulière pour rien, l'ailier canadien !

Pris à la gorge au retour des vestiaires, les Spinaliens subissent d'entrée, sous la pression des Carl Lauzon (20'27"), Francis Charland (20'35") et Omar Pacha (20'48").

Déconcertés par les référés (qui "oublient" une faute flagrante sur Gervais, 21'30") et surtout plus assez "guerriers", les locaux se mettent à subir dangereusement, multipliant des "flottements"... heureusement rattrapés par un Girard bienveillant.

Mais le jeune gardien franco-canadien ne pourra rien devant Charland, venu à sa gauche prendre un tir excentré... puis son propre rebond (1-3 à 25'49"). Avec les "compliments" d'une défense beaucoup trop passive, à l'image d'un Chauvière totalement spectateur sur cette action (mais irréprochable par ailleurs).

On croît rêver... ou plutôt cauchemarder devant ces Dauphins démobilisés, qui n'y sont plus et prennent l'eau de toute part. N'en demandant pas tant, Francis Charland enfonce le clou d'une reprise millimétrée, au ras du montant droit (1-4 à 26'41"). Parfaitement servi par Lauzon, Charland signe-là un parfait "tour du chapeau"...

Le temps mort demandé par Alex Stein, dans la foulée, n'est d'aucun effet. On ne reconnaît plus ces Dauphins apparus si vaillants à Dijon (une semaine auparavant) et l'on se dit que Gabriel Girard, désespérément livré à lui-même, a bien du mérite de résister...

Le cinquième but alpin ne passe pourtant pas très loin, sur un tir un peu trop croisé d'Alexandre petrak4Audibert (28e). Mais plusieurs pénalités successives vont permettre aux Dauphins d'éloigner quelque peu le danger... mais sans en profiter ! La faute à un jeu de puissance très stéréotypé, mais aussi à ce Fouquerel qui aura circonscrit chaque début d'incendie. Le Normand ayant de toute évidence enfilé sa panoplie de grand gardien, enchaînant parades et arrêts, de près comme de loin...

Renversant !

À l'issue de ce deuxième tiers raté, plus grand monde n'imagine l'ICE capable de revenir dans ce match.

Largement menés, émoussés, déficients en supériorité et défaillants dans leurs placements, les Dauphins sont à vingt minutes des congés. Une éventualité que Girard se refuse à envisager, sortant vainqueur de son duel singulier avec Ares (42'36"), échappé sur une mésentente entre Sušanj et Gervais.

Mais on se dit que l'impossible peut devenir possible sur cette supériorité numérique exploitée par Cacciotti, dont la reprise excentrée file entre les bottes  de Fouquerel (2-4 à 43'27"). L'exemplaire capitaine italo-canadien marquant dans le minuscule trou de souris laissé par Fouquerel, qui s'était rapidement replacé pour boucher son angle gauche après ce tir contré de Gauthier.

Steven Cacciotti a donc ravivé une flamme très vacillante, bien aidé il est vrai par la combativité de Danick Bouchard et Sébastien Gauthier, qui prennent en main cette "opération remontée".

Une rfouquerel clément4eprise appuyée de Bouchard, immédiatemment consécutive à une mise au jeu remportée par Gauthier, est difficilement repoussée par Fouquerel, qui libère le palet sur sa gauche. Cacciotti, en embuscade, s'empare du rebond et parvient à expédier son revers dans la lucarne opposée, malgré un angle de tir très fermé (3-4 à 47'03"). Oui, le réveil spinalien a sonné !

En deux temps trois mouvement, les "Canado-spinaliens" ont quasiment renversé une situation désespérée. Et décidés à ne rien lâcher, les Bouchard, Ouimet, Gauthier et autres Cacciotti ne baissent pas d'intensité, redoublant d'efforts pour arracher l'égalisation.

Les mouches ont changé d'âne et Bouchard, en prenant de vitesse Veydarier (49'15"),  redonne même deux minutes de supériorité numérique à ses coéquipiers. Lesquels n'en feront rien de concret, décevant dans l'élaboration d'un jeu de puissance décidément trop imprécis. Et surtout incapable de s'installer durablement en zone offensive.

Se répondant par interventions interposées, Clément Fouquerel et Gabriel Girard (solide sur cette incursion d'Aimonetto, du revers) tiennent la baraque jusqu'à ce que Steven Cacciotti (encore lui !) ne relaye une passe de Danick Bouchard vers Sébastien Gauthier, à l'affût devant le gardien. Le passeur canadien se muant en buteur pour expédier son revers en lucarne, côté crosse (4-4 à 56'30"). Et faire chavirer Poissompré...

Les deux équipes tentent alors le tout pour le tout pour éviter d'en découdre en mort-subite. Le palet circule vite d'une crosse à l'autre, d'une cage à l'autre et Chamonix tient jusqu'au bout malgré les assauts répétés de ces Spinaliens ressuscités. Les Chamois croyaient avoir le match en main. Il n'en était rien...

Cet incroyable retournement de situation, inimaginable vingt minutes auparavant, est sans conteste l'œuvre d'un trio Cacciotti-Gauthier-Bouchard des grands soirs. Gašpr Sušanj manque pourtant de leur voler la vedette en filant sur l'ailer droite avant de repiquer vers la cage, débordant Silvennoinen pour mieux fixer le gardien. Fouquerel est archi-battu... mais le tir du Slovène heurte la base du montant gauche (63'05") !

Gervais joue les héros !

Beaucoup voient cette action comme le tournant d'une prolongation "aérée" par ces espaces libérés, à quatre-contre-quatre.

Gervais2Girard, qui a la mitaine sûre devant Gras (63'47") et Pacha (64'33"), confirme lui ses bonnes dispositions. Mais qu'en aurait-il été si le cadre ne s'était pas dérobé sur le revers de Lauzon (66e) ?

Toujours est-il que le zèle excessif des "zébrés" leur fait remarquer une crosse haute de Bouchard (67'48")... aussitôt sanctionnée !

Mais Cham' n'aura pourtant pas le temps d'en profiter. La faute à Charland, qui ne parvient pas à contrôler une passe en retrait... et se fait subtiliser le palet par Gauthier. Ce dernier file sans demander son reste, avec Charland lancé à ses trousses, vers une échappée illicitement avortée par Lauzon (qui avait lui aussi suivi, 67'59").

L'avantage numérique du CHC est ainsi annulé et sur une montée latérale de Sébastien Gauthier, Stéphane Gervais se voit servi plein axe, arrivant lancé pour éliminer Francis Charland et conclure d'un petit revers à une main, entre les bottes du gardien (5-4 à 68'23"). C'est du délire à Poissompré...

Ils étaient au fond du trou. Presque "cuits". Et pourtant, les hommes d'Alex Stein y ont toujours cru.

Décidément capables du meilleur comme du pire, les Dauphins furent ce soir à l'image de leur saison, faite de hauts et de bas. Faisant passer leur fervent public par toutes les émotions, les Vosgiens ont encore signé l'une de ces remontées dont ils ont le secret, revenant du diable Vauvert grâce à un sursaut d'orgueil impulsé par quelques individualités bien inspirées.

Non pas Michal Petrák, encore très en retrait, mais plutôt Sébastien Gauthier et Danick Bouchard, qui n'en finit plus de marquer (encore quatre points ce soir !). Sans oublier ce "renard" de Steven Cacciotti, qui aura remis le train spinalien sur de bons rails en venant à bout d'un Clément Fouquerel longtemps apparu impérial.

Pas en reste, Gabriel Girard aura su garder le navire à flot lorsque celui-ci basculait sous la ligne de flottaison. Le jeune franco-canadien aura encore vu beaucoup d'action, avec pas moins de cinquante-huit lancers cadrés adressés par des Chamois dominateurs... jusqu'à ce troisième tiers si renversant !

Qu'on se le dise, ces Dauphins à réaction, rois des prolongations dans ces play-offs (avec trois victoires durant le temps additionnel), ne veulent pas s'arrêter en si bon chemin, aux portes d'historiques demi-finales. Rendez-vous mardi, à Chamonix ! 

Réactions d'après-match (dans Vosges Matin) :

Stéphane Gervais (défenseur d'Épinal) : "On n'a jamais réussi à faire un match comme ça à ce moment de la saison. C'était presque fini. On a fait but par but. On y a toujours cru. Sur le but en  prolongation, je savais que Gauthier allait me faire une passe. En dribblant, j'ai perdu le palet et je l'ai récupéré à une main. Mais il est rentré."

 

Épinal - Chamonix 5-4 a.p. (1-2, 0-2, 3-0, 1-0).
Samedi 10 mars à 20h15 à la patinoire de Poissompré. 1 500 spectateurs.
Arbitrage de Bruno Colléoni et Laurent Garbay, assistés de Matthieu Loos et Pierre Dehaen.
Pénalités : Épinal 14' (10, 2', 0', 2') ; Chamonix 20' (4', 10', 4', 2').
Tirs : Épinal 47 (9, 17, 18, 3) ; Chamonix 58 (18, 16, 17, 7).

Évolution du score :
1-0 à 05'35" : Bouchard assisté de Ouimet et Gauthier
1-1 à 13'39" : Ares assisté de Terrier
1-2 à 17'53" : Charland assisté de Pacha et Lauzon (double sup. num.)
1-3 à 25'49" : Charland assisté de Masson et Öhberg
1-4 à 26'41" : Charland assisté de Lauzon
2-4 à 43'27" : Cacciotti assisté de Gauthier et Bouchard (sup. num.)
3-4 à 47'03" : Cacciotti assisté de Bouchard et Gervais
4-4 à 56'30" : Gauthier assisté de Cacciotti et Bouchard
5-4 à 68'23" : Gervais assisté de Gauthier et Cacciotti

Épinal

Gardien : Gabriel Girard.

Défenseurs : Maxime Ouimet - Yoann Chauvière ; Jan Hagelberg - Stéphane Gervais ; Gašpr Sušanj - Peter Slovák.

Attaquants : Steven Cacciotti (C) - Sébastien Gauthier - Danick Bouchard (A) ; Benjamin Casavant - Michal Petrák - Ján Plch (A) ; Anthony Rapenne - Yannick Offret - Kevin Benchabane ; Élie Raibon.

Remplaçants : Nicolas Ravel (G), Rémi Colotti, Romain Mauffrey, Justin Chouleur, Adrien Pernot. Absent : Fabien Leroy (genou).

Chamonix

Gardien : Clément Fouquerel.

Défenseurs : Omar Pacha - Arthur Cocar ; Riku Silvennoinen - Damien Torfou ; Fabien Veydarier - Kai Öhberg.

Attaquants : Francis Charland - Richard Aimonetto (A) - Carl Lauzon ; Laurent Gras (A) - Clément Masson - Arnaud Hascoët ; Jérémy Ares - Alexandre Audibert (C) - Matthias Terrier.

Remplaçants : Tom Charton (G), Clément Colombin, Andreas Nilsson, Patxi Biscard. Absent : Jay Latulippe (entorse à la cheville).