Colmar - Avignon (Division 3, huitième de finale retour)

Après une saison régulière plutôt réussie, les Titans de Colmar avaient l'occasion de tourner une nouvelle page de leur histoire en accédant à un tour supplémentaire de play-offs. C'était ainsi l'occasion d'oublier les désillusions des saisons précédentes contre le voisin strasbourgeois (il y a 2 ans), puis les méridionaux de Marseille (la saison dernière).

Après un match aller en terre avignonaise que les Alsaciens avaient remporté 8-5, le public (jamais venu aussi nombreux) avait tout le droit de penser qu'il suffisait maintenant de gérer le match retour. Qui plus est face à un club vauclusien en reconstruction, essentiellement composé d'anciens joueurs locaux (privé d'ailleurs de ses deux meilleurs marqueurs Olivier Oriol et Cyril Gastaud), et dont l'objectif premier (atteindre les play-offs) était accompli. D'ailleurs, dans les tribunes, on affichait son optimisme sur la suite des évènements face à des visiteurs plus très jeunes (il n'y a que des "vieux" de plus de 30 ans, entendait-on). C'était oublier l'esprit des play-offs...

Bon, au niveau du rythme, on ne peut pas dire que c'était vraiment une ambiance play-offs. Le début de partie est très lent, pas précis du tout, mais équilibré. Avignon se crée les premières franches occasions sur un break de Jéremy Malaval puis de Denis Charpentier (6'35"), avant que Jérémy Boehrer ne repousse d'un poke-check un nouveau raid des Castors (10'28"). Ce sont pourtant les Colmariens qui ouvrent le score, dans la foulée, en supériorité, suite à un travail à trois conclu de près par Baptiste Rahm (1-0 à 10'55"). Ce sera à peu près la seule vraie grosse occasion locale durant ce tiers joué sur un tempo pépère.

La seconde période sera, elle, plus riche en évènements. Avignon égalise rapidement en supériorité par  Malaval (1-1 à 21'03"), puis un break de Maxence Jahant affole la défense locale (26'51"). Les Colmarients restent toujours aussi timorés depuis le début de la partie, même s'ils parviennent à mettre un peu de pression sur Johan Scanff, notamment lors de cette échappée de Vincent Besserer, contré au dernier moment (30'36").

Les Castors en profitent alors pour installer progressivement leur hockey culotté, à défaut d'être rapide... quoi qu'ils arrivent à prendre de vitesse la défense alsacienne, notamment sur cette lumineuse ouverture de Damien Ribourg pour Benoît Parmentier. L'ancien junior rouennais gagne alors son duel face au portier local (1-2 à 32'19") et permet à ses coéquipiers de se requinquer moralement. Surtout que dans la foulée, Gregory Rabasa part en break mais son essai est repoussé à Boehrer (33'30"). L'échéance ne sera que retardée puisque les Vauclusiens, en supériorité, ajoutent une nouvelle longueur d'avance quand Ludovic Favret allume à bout portant la cage locale (1-3 à 38'27"). Colmar est toujours qualifié en rentrant aux vestiaires, mais il va falloir se réveiller et essayer un peu plus de solutions devant...

Pourtant, c'est l'inverse qui se passe puisque les locaux se mettent eux-mêmes des bâtons dans les roues : Rahm va au contact avec Charpentier. La crosse du Colmarien heurte involontairement le visage du Provençal. La crosse haute est logiquement sifflée, envoyant l'ancien Mulhousien pour quatre longues minutes en prison. Les Castors ne se font pas prier et enfoncent le clou sur un rebond exploité par Favret (1-4 à 44'14"). Les choses se compliquent pour Colmar qui est littéralement groggy. Avignon ne s'y trompe pas et tente de trouver une nouvelle brèche. D'abord lors d'un tir de pénalité logiquement sifflé lorsque Jahant se fait (plus que) déséquilibrer alors qu'il partait seul au but (45'47"), mais Boehrer repousse magistralement de sa botte. Puis lorsque le même portier repousse deux fois de suite des lancers rapprochés (46'50").

Avignon ne le sait pas encore mais vient de laisser passer sa chance, même si les locaux restent toujours aussi désespérément patauds et en mal de solutions. Ils finissent quand même par recoller un peu au score de façon assez brouillonne, lors d'une pénalité différée. Scanff repousse une fois, deux fois, mais s'incline face au nouvel essai de Rahm, dans un embrouillamini de crosses et de patins (2-4 à 47'32"). Cette réalisation décrispe un peu les Haut-Rhinois, sans toutefois qu'ils soient redevenus conquérants. En proie continuelle au doute, ils n'arrivent pas à lancer une quelconque opération collective, s'en remettant à des raids en solo de Kouznetsov ou Boehrer, rapidement muselés. En face, les Castors, cramés physiquement, éprouvent beaucoup de mal à trouver encore un peu de percussion offensive, même si Damien Ribourg (de loin de meilleur sur la glace) laisse planer le doute d'une éventuelle nouvelle réalisation pendant les quinze dernières secondes.

Il n'en sera rien, les Avignonais gagnent cette partie sans pour autant avoir avoir réussi à accéder, au minimum, aux prolongations. Qu'importe, les "papys" auront montré ce soir que la vitesse ne fait pas tout. Il suffisait de savoir mieux manier le palet, être un peu plus patient sur les ouvertures et être clair dans sa tête.

Tout l'inverse des jeunes Colmariens, qui ont décidement énormément de mal à rester sereins face à une grosse échéance. Heureusement pour eux qu'il y a eu le match aller (et ces dix fameuses premières minutes où Colmar a marqué par quatre fois), l'avertissement reste (globalement) sans frais puisque les Titans accèdent au tour suivant, contre le leader de la poule D, Orcières. Face à d'anciennes gloires du Gapençais, associées à la relève haute-alpine, le défi sera nettement plus relevé et les erreurs risquent de se payer cash.

 

Colmar - Avignon 2-4 (1-0, 0-3, 1-1)
Samedi 9 mars 2013 à 18h00 à la patinoire de Colmar. 750 spectateurs.
Arbitrage de Guy Zaegel et Nicolas Maire Richard.
Pénalités : Colmar 12' (0', 6', 6') ; Avignon 10' (2', 4', 4').
Tirs : Colmar 34 (8, 13, 13) ; Avignon 37 (7, 14, 16).

Evolution du score :
1-0 à 10'55" : Rahm assisté de Bock-Morin et Kouznetsov (sup. num;)
1-1 à 21'03" : Malaval assisté de Ribourg et Jahant (sup. num.)
1-2 à 32'19" : Parmentier assisté de Ribourg
1-3 à 38'27" : Favret assisté de Jahant et Ribourg (sup. num.)
1-4 à 44'14" : Favret assisté de Parmentier et Donnadille (sup. num.)
2-4 à 47'32" : Rahm assisté de Jo. Boehrer et Kouznetsov


Colmar

Gardien : Jérémy Boehrer.

Défenseurs : Frederic Herpin (C) - Quentin Besserer ; Eloi Lenner (A) – Mickaël Tin ; Benjamin Adam – Pierre Zaenker ; Sébastien Muller.

Attaquants : Evgueny Kouznetsov – Baptiste Rahm – Jonathan Boehrer ; Joan Koenig – Maxime Mathieu – Maxime Loeffel ; Vincent Besserer – Grégory Bock-Morin – Benjamin Leconte.

Remplaçants : Julien Hagenmuller (G), Yanis Labed, Jean-Baptiste Feist.

Avignon

Gardien : Johan Scanff.

Défenseurs : Damien Ribourg ; Vincent Reynaud ; Aurélien Juan, Remy Brugier et Nicolas Donnadille en rotation.

Attaquants : Maxence Jahant – Denis Charpentier – Ludovic Favret (C) ; Patrice Lascombe – Antoine Grabit – Gregory Rabasa ; Benoît Parmentier – Jérémy Malaval – Fabrice Llorca.

Remplaçant : Jean-Baptiste Faure (G).