Chambéry - Cholet (Division 2, demi-finale, match 1)

Fin de match à rebondissements

C'est dans une patinoire de Buisson-Rond pratiquement pleine que les équipes de Chambéry et de Cholet s'apprêtaient à disputer leur première manche de demi-finale. Ambiance des grands soirs donc, avec tambours et trompettes et grande banderole "jaune et noire", déployée chez les "fans de la tribune B", tandis que les équipes entraient sur la glace.

Poussés par leurs supporteurs, les joueurs de Rémy Enselme étaient les premiers en action par Bigot, Escolier et Rakanovic, bien soutenus par Sadoine et Jindrich, face à Albert, Tharreau, Grofek, Borovsky et Cadoret. Le premier changement confirmait cette bonne entrée en matière des locaux avec un premier tir de Fabien Marcon sur Thibault Saez, le gardien des Dogs (1'02). Lukas Bacul montait ensuite au créneau mais la défense adverse lui collait aux basques, le plus souvent avec deux joueurs en tenaille. Cette entrée en matière passée, Cholet redressait la situation avec un premier test de Grofek sur Farrugia (2'30). Le premier power-play pour les visiteurs ne donnait rien. On notait ensuite les bonnes tentatives de loin de Grabit (5'55) et de près de Bigot (7'25).

Les visiteurs, s'appuyant sur leur solide défense, attendaient le moment opportun, qui arriva à 8'53 quand Tomas Grofek lança Pierre-Yves Albert qui dévia ensuite habilement sur David April-Grant pour l'ouverture du score. Les Éléphants, cédant à de vieux démons, accusaient le coup en pliant sur une nouvelle action, impliquant Cutt et April-Grant et conclue par une reprise imparable de Benjamin Mocquard (9'10). Le réalisme des visiteurs refroidissait joueurs et supporters, d'autant plus qu'il s'en fallut de très peu pour voir un troisième but visiteur ; l'occasion qui semblait imparable fut finalement gâchée par Parviainen (9'54). Les Chambériens tentaient de revenir, notamment par leur troisième ligne et des relances de Denis ou Rol (13'12) ou des tirs de loin comme celui d'Escolier sur le plastron de Saez (14'40) ; cependant, ils ne réussissaient pas à conserver le palet dans le camp adverse. À l'image de Guillaume Drozdz, collant de près Bacul, les Choletais annihilaient les tentatives de Chambériens poussés parfois à la faute et terminant la première période en infériorité numérique.

Après un début de premier tiers tonitruant, bloqués dans une zone choletaise cadenassée, puis quelque peu malmenés, les Savoyards devaient absolument réagir en deuxième période. Une entame en infériorité mettait Farrugia en évidence face à Guineberteau (20'45). Le SOC se montrait ensuite entreprenant ; après un bon tir de la bleue de Grabit (21'04) et un rush de Lavrov qui se heurta à une défense rugueuse, le tir de Marcon repoussé revenait sur Bacul qui marquait le but tant attendu (21'18). La réaction choletaise ne tardait pas mais Rohwedder, contournant la cage, trouvait Farrugia. Reprenant la situation en main, les Chambériens, par des échanges rapides, donnaient le tournis aux Choletais repliés en défense (23'40). Malheureusement pour eux, les Éléphants qui jouaient l'attaque se firent surprendre sur un contre des Dogs rapidement mené et conclu par Cutt (25'23). La réaction fut immédiate, et sur l'engagement, Jindrich lançait Lavrov dont la parfaite entente avec Marcon se traduisit par une nouvelle réduction du score (25'33).

Dans les deux camps, on se sentait à un tournant de la rencontre ; si les visiteurs cherchaient à intimider les locaux, ces derniers, à l'image de Bigot, montraient aussi les dents (29'42) tandis que Farrugia, irréprochable, faisait échec à Albert (31'25). Bacul redoublait d'activité et finissait par émousser la défense des Dogs. Pourtant, après une belle descente sans résultat de Rol, le palet fut récupéré par Sadlon pour une contre-attaque qui permit aux Choletais de prouver une nouvelle fois leur réalisme (Mocquart, 34'47).

Il en fallait plus, dans cette deuxième période, pour décourager les Éléphants : Bacul, lancé par ses compères Marcon et Lavrov, se défaisait de son "garde du corps" et trompait Saez (35'46). Après un échange Lavrov-Marcon qui échoua de peu (38'05), la pression ne cessa pas dans la zone des Dogs, et après un bel échange rapide, un tir de Jindrich repoussé arrivait sur la crosse impitoyable de Rakanovic (38'21). Les Éléphants, poussés par un public rendu euphorique par cette égalisation, campaient alors dans le camp adverse. Attaqués par Marcon, Lavrov et Bacul, Saez et ses Dogs se démenaient jusqu'à renverser la niche, trop tard, l'intenable "93" chambérien avait déjà marqué (5-4, 38'59).

Le SOC montra dans ce deuxième tiers beaucoup de maturité, résistant physiquement et surtout psychologiquement à la pression de l'équipe du Maine et Loire. Après avoir dominé le tiers, Chambéry pouvait alors aborder la dernière période avec une petite avance.

Rien n'était fait pourtant mais on assistait à un final beaucoup plus défensif, les deux équipes se méfiant chacune des contres de l'adversaire. Les Éléphants en confiance, avec un Farrugia décourageant Grofek (43'30), se créaient quelques occasions ; Bigot arrivait cependant avec un infime retard après un centre de Rakanovic (44'37). Les pénalités se succédaient des deux côtés mais les attaques se heurtaient à des défenses inflexibles. Sadoine, Pons, Jindrich, Kevin Enselme, Grabit ou Drewniak mettaient le bleu de chauffe tandis que Farrugia sortait le grand jeu devant Drozdz ou Guineberteau (49'01). Cholet perdait patience à l'image de Tharreau (51'43) tandis que Delemps se mettait en évidence sur un palet chipé suivi d'un tir en lucarne sorti de justesse par Saez (53'35). Bacul était ensuite stoppé de manière illicite (56'30) mais la pénalité différée n'était pas exploitée (55'58). Les Chambériens, sentant la possibilité d'un KO, poussaient tandis que les Choletais jouaient le contre.

Pas de fioritures en défense en fin de match, si bien que les Éléphants étaient poussés à la faute et devaient jouer les deux dernières minutes en infériorité numérique. C'était l'aubaine de la dernière chance pour Julien Pihant qui demandait alors un temps mort. Dans une partie où seule la victoire compte, les Dogs allaient évidemment jouer leur va-tout en sortant leur gardien pour évoluer à six joueurs de champ contre quatre. Les Dogs qui avaient les crocs faisaient tourner le palet devant quatre Éléphants qui résistèrent jusqu'à cinquante secondes du terme quand l'expérimenté Pierre-Yves Albert trouvait la faille sur passe de Guineberteau. Les "outsiders", qui avaient conservé leur petit avantage pendant tout un tiers bien maîtrisé, étaient finalement rattrapés sur le fil par les favoris.

Après avoir tenté crânement de reprendre le dessus dans les secondes restantes, les "jaune et noir" étaient contraints à jouer les prolongations en mort subite et à quatre contre quatre devant des supporters debout et attendant l'exploit. On savait les Chambériens habiles dans cet exercice mais il fallait toutefois agir vite, ce qu'ils firent. Une longue passe de Kévin Grabit trouvait le duo de choc Lavrov-Bacul pour un quatrième but de la soirée du dernier nommé devant des gradins en folie (60'46). Tandis que les joueurs de Julien Pihant, dépités par cette douche écossaise, rejoignaient les vestiaires, ceux de Rémy Enselme fêtaient leur victoire en communion avec un public lui aussi euphorique.

Par cette victoire au bout du suspens, Chambéry garde toutes ses chances et le match retour promet d'être très disputé. Néanmoins, il reste "outsider" tant les Dogs, sur leur patinoire, semblent bien armés et seront motivés pour prétendre à une place en D1. Les Éléphants, même s'ils eurent un passage difficile au premier tiers, confirment en tout cas leur place de demi-finaliste par un gros travail de leur trois lignes et de leur gardien, une efficacité de leurs brillants pointeurs et surtout un moral à toute épreuve dans les moments difficiles.

Jacky Girel

Chambéry - Cholet 6-5 après prolongation (0-2, 5-2, 0-1, 1-0)
Samedi 30 mars 2013 à Buisson-Rond. 957 spectateurs.
Arbitrage de Philippe Forget assisté de Laurent Roueche et Florian Robert.
Pénalités : Chambéry 16', Cholet 12'.

Évolution du score :
0-1 à 08'53" : April Grant assisté d'Albert et Grofek
0-2 à 09'10" : Mocquard assisté d'April Grant et Cutt
1-2 à 21'18" : Bacul assisté de F. Marcon
1-3 à 25'23" : Cutt assisté d'April Grant et Sadlon
2-3 à 25'33" : F. Marcon assisté de Lavrov et Jindrich
2-4 à 34'47" : Mocquard assisté d'April Grant et Sadlon
3-4 à 35'46" : Bacul assisté de Lavrov et F. Marcon
4-4 à 38'21" : Rakanovic assisté de Jindrich
5-4 à 38'59" : Bacul assisté de Lavrov et F. Marcon
5-5 à 59'10" : Albert assisté de Guineberteau (sup. num.)
6-5 à 60'46" : Bacul assisté de Lavrov et Grabit