Dunkerque - Lyon (Division 1, quart de finale match 1)

Les Rozenthal veulent poursuivre le bal

rozenthalmauriceFinalement septièmes après deux défaites en fin de première phase, les Corsaires s’apprêtaient à souffrir en connaissant l’identité de leur adversaire en quarts de finale, le co-leader lyonnais. Ils n’étaient pas au bout de leurs peines : en début de semaine ils perdaient leur gardien Marc-André Martel, touché aux adducteurs. Dans l’urgence, le staff a opté pour le recours à un joker médical. Nullement inconnu, car le Finlandais Sami Koskela était venu à Michel Raffoux le mois dernier pour tenter de préserver les chances de maintien de Toulouse-Blagnac, sans succès. Débarqué à Bruxelles dans la soirée de jeudi, le nouveau venu n’a eu que deux séances d’entraînement, vendredi soir et samedi matin, pour préparer l’intérim. Pas la préparation idéale à l’heure d’affronter des Rhôdaniens qui lui avaient inscrit successivement 4 et 7 buts cette saison.

Ironie du sort, en décembre 2009, les Corsaires, alors en Division 2, avaient affronté le même adversaire avec pour gardien de fortune un certain Grégory Renaux, habituel joueur de champ, qui s’était opposé avec brio aux vagues lyonnaises, ne s’inclinant qu’en fin de match (3-4) face aux assauts d’un certain Alexander Olsson… que l’on tarde à voir à l’œuvre en un début de rencontre très rythmé. Entraînés par une fanfare jouant de façon ininterrompue dès le premier lâcher de palet et un public enthousiaste, les Corsaires allient pressing et détermination face à une défense chahutée, Ryan Corry se demandant un instant ce qu’il peut faire du disque, en mauvaise posture aux abords de son banc.

Toutefois, Guillaume Richard doit attendre un essai de Miettinen dans les secondes suivant le premier arrêt de jeu, intervenu à 4’29", pour s’employer. Le danger se précise lorsque Maurice Rozenthal croit rediriger dans la cage ouverte un centre de Susi, mais il voit l’offrande filer sous sa palette, puis, à la retourne, tente du revers de surprendre l’ancien gardien angloy, le palet heurtant l’armature de la cage (08'45"). Passées ces deux alertes, la troupe d’Éric Medeiros souffle et se montre à son tour entreprenante, par le trio de Julien Lebey. Ce dernier perturbe la défense et récupère le disque contre la bande pour isoler Millerioux, dont le lancer rate le cadre. Ses partenaires Kristin - contré in extremis par Tomety - et Caladi apportent du mouvement à l’offensive de la capitale des Gaules et sont à l’origine de la première alerte pour Sami Koskela. Face à Miroslav Kristin, le Finlandais repousse sur Julien Lebey, trop court pour reprendre.

Les tirs dunkerquois étant souvent lointains, il faut attendre un rush de Maurice Rozenthal pour pimenter les débats. Après avoir débordé le capitaine Millerioux, le numéro 81 sert son jumeau au centre. Richard est dépassé, mais François expédie le palet au-dessus d’une cage grande ouverte. Revigorés par l’action de leurs deux glorieux aînés, dont la carrière touche à sa fin en ce printemps, les Nordistes poursuivent sur un rythme élevé. En tentant d’éviter un deuxième adversaire dans la neutre, Mathieu Becuwe subit la première faute, venue de Caladi. Guillaume Richard et sa défense écartent le coup de canon de Jussi Laine, mais le danger revient par Yli-Junnila. À la limite du hors-jeu, le Finlandais trouve Maurice Rozenthal, dont le lancer ras glace fait mouche (1-0 à 19'51").

caladierikAvantage doublé à la reprise lorsqu’Oliver Styf trébuche en tentant de lancer de la ligne bleue. François Rozenthal hérite du palet, accélère et ne laisse aucune chance à Richard, battu de près d’un lancer expédié en force sous la barre (2-0 à 22'08"). Les Lions réagissent sans tarder. Erik Caladi sert Gillet, dont la reprise heurte le casque porteur de la mention « les Bélougas ». Koskela est cependant abandonné sur l’action suivante, sur laquelle la paire Folcke-Tomety ne peut enrayer un bon travail de la paire Caladi-Lebey conclu opportunément par Kristin, seul au deuxième poteau (2-1 à 22'49").

Indécise, la rencontre s’affole un peu plus car les situations chaudes se succèdent. Un lancer sur réception de Susi et un revers de Destoop, auparavant insaisissable pour deux Lyonnais, frôlent le cadre. Lyon s’en remet aux Suédois Styf et Olsson pour faire vaciller Koskela, mais une faute de Lebey sur le virevoltant Atte Susi met fin à un temps fort des visiteurs. En infériorité, ces derniers se dégagent deux fois par Olsson, puis Erik Caladi s’illustre par ses efforts incessants dans le pressing pour contrecarrer les plans dunkerquois, obligeant Dubois à commettre la faute. Sur le jeu à quatre contre quatre, le Slovaque hérite du palet, sur la gauche, trompant Koskela sans doute surpris par la course de la rondelle, détournée au passage (2-2 à 29'02").

La situation des Corsaires est quelque peu chancelante à l’approche de la mi-match. La relance de Juhamatti Yli-Junnila trouve la crosse de Kristin, sans conséquences fâcheuses, mais les Gones s’apprêtent à bénéficier de leur premier avantage numérique. Sami Koskela préserve l’égalité sur un nouveau tir en force de Styf, puis sur un duel avec Kristin, venu le défier sur une ouverture millimétrée de Gillet. À la suite d’une autre relance ratée, de Raattama, une obstruction de Maxime Brachet est sanctionnée. On retrouve la même configuration : lancer en hauteur de Styf, repoussé une fois de plus par Koskela, bien en place. Deux minutes plus tard, un cinglage de Dubois prolonge l’avantage numérique, sans plus de succès pour les Lions car Millerioux puis Olsson manquent le coche, au contraire de Corry, auteur du seul essai cadré.

Au chômage technique depuis une bonne dizaine de minutes, Guillaume Richard est mis à mal par Atte Susi, puis la première ligne locale dès le début du troisième tiers-temps. Moment au cours duquel le trio arbitral passe par toutes les émotions… C’est d’abord M. Rousselin qui subit les foudres de la foule en sanctionnant une charge du capitaine local sur son homologue. Sur le jeu de puissance subséquent, un lancer lointain de Styf touche le métal, puis Tomety croit donner de l’air aux siens en dégageant le palet… sur la tempe de Mme Torribio (46'06"). Obligée de regagner le vestiaire avec une poche de glace, cette dernière reprendra heureusement sa place quelques minutes plus tard (51'34").

Sorti de la geôle, François Rozenthal se rachète d’une accélération dont la patinoire Michel Raffoux raffole depuis des années, avant de trouver Jami Miettinen, dont le tir sans contrôle oblige Richard à concéder un nouveau rebond. Dangereux en contre-attaque, notamment par un Destoop contré par Corry, les Corsaires maintiennent la pression. Toujours dynamique, Maxime Brachet fait parler sa puissance dans le coin gauche pour récupérer le palet, qu’il transmet à Dubois, venu en soutien entre les deux cercles. Le lancer du défenseur est repoussé dans la précipitation par Guillaume Richard, mais Yli-Junnila rôde et ne manque pas la cage grande ouverte (3-2 à 49'08").

koskelasamiImpliqué sur ce troisième but, Atte Susi voit sa tentative stoppée par… M. Yssembourg, qui relance bien malgré lui les Lyonnais car Frédéric Figon obtient une bonne occasion d’égaliser face à un Koskela toujours convaincant. Le Finlandais confirme sa bonne prestation sur l’essai d’Aymeric Gillet, auteur d’une superbe feinte de tir auparavant, et deux nouvelles tentatives astucieuses de Figon, un envoi sur mise au jeu et un tour de cage. À cinq minutes du terme, Lyon bénéficie d’un cinquième jeu de puissance, dû à un nouveau coup de sifflet à l’encontre d’une charge trop appuyée de François Rozenthal.

Toutefois, les visiteurs n’en profitent pas. Le lancer de Vikhaël To-Landry est détourné avant d’atteindre la cage et un dégagement interdit de Gillet s’ensuit. Le malin Canadien en profite pour relacer l’un de ses patins et souffler du même coup… Le temps passe et Dunkerque récupère toutes ses forces vives pour résister à la pression rhodanienne. Reprenant un tir de Kristin non cadré, Julien Lebey ne peut tromper Koskela, par ailleurs solide de la mitaine face à Gillet. Encore sous pression face à Lebey, Dunkerque manque une première fois la possibilité de se donner de l’air, puis de conclure dans la cage désertée par Richard car Aymeric Gillet veille… jusqu’à ce qu’Atte Susi ne parvienne à trouver le fond du but (4-2 à 59'56").

En novembre, les Lions étaient revenus à égalité à 17 secondes du terme de la rencontre, pour parachever une remontée de trois buts en dix minutes et entrevoir une victoire finalement acquise en prolongation. Quatre mois et demi plus tard, ils buttent sur une défense nordiste arc-boutée pour préserver son court avantage, et solidement secourue par un homme providentiel, vite adopté par son nouveau club. Et qui, à une semaine d’un déplacement très périlleux à Charlemagne, où les Corsaires ont souffert ces derniers mois, ne veut pas s’arrêter si tôt, comme ses illustres coéquipiers jumeaux.

Commentaires d'après-match

Aymeric Gillet (défenseur de Lyon) : "Cela s’est joué au premier tiers-temps : Dunkerque en voulait plus, nous a pressé dans tous les sens et leur gardien a fait une grande partie. Sur une action, ils trouvent la faille, ce qui fait la différence. Nous avons essayé, notamment en jeu de puissance, de travailler différemment, d’essayer deux-trois choses pour voir ce que cela allait donner. Au retour la taille de la glace sera à notre avantage, mais le mental aura aussi son importance. Rien n’est fait."

Maxime Brachet (attaquant de Dunkerque) : "L’intégration de Sami Koskela fut très bonne. Une nouvelle saison commence, on oublie ce qui s’est passé avant. À 2-2 nous n’avons pas douté, car l’équipe est accrocheuse et l’a prouvé en gagnant souvent en prolongation. J’ai appris en Amérique à terminer mes charges, pour prendre l’ascendant psychologique sur l’adversaire, ce que j’essaie de mettre en œuvre ici."


Dunkerque – Lyon 4-2 (1-0, 2-2, 1-0)
Samedi 30 mars 2013 à 18h30 à la patinoire Michel Raffoux. 900 spectateurs.
Arbitrage de Stéphane Rousselin assisté de Sueva Torribio et Geoffrey Yssembourg.
Pénalités : Dunkerque 10' (0’, 6’, 4’), Lyon 4' (2’, 2’, 0’).
Tirs : Dunkerque 24 (9, 7, 8), Lyon 34 (5, 15, 14).

Évolution du score :
1-0 à 19'51" : M. Rozenthal assisté de Yli-Junnila et Laine (sup. num.)
2-0 à 22'08" : F. Rozenthal assisté de Miettinen et Raattama
2-1 à 22'49" : Kristin assisté de Lebey et Caladi
2-2 à 29'02" : Caladi assisté de Corry
3-2 à 49'08" : Yli-Junnila assisté de Susi et Dubois
4-2 à 59'56" : Susi (cage vide)


Dunkerque

Gardien : Sami Koskela.

Défenseurs : Jussi Laine - Grégory Dubois (A) ; Jari Raattama - Vadim Gyesbreghs ; Ekue Tomety - Ghislain Folcke.

Attaquants : Maurice Rozenthal (A) - Juhamatti Yli-Junnila – Atte Susi ; Maxime Brachet - Jami Miettinen (Valentin Dumélié de 17'10" à 20'00") – François Rozenthal (C) ; Mathieu Becuwe - Loïc Destoop - Clément Thomas.

Remplaçants : Julien Peyre (G), Benjamin N'Guyen, François Moretti, Antoine Houque. Absents : Marc-André Martel (adducteurs), Antoine Vanwormhoudt (genou).

Lyon

Gardien : Guillaume Richard (sorti de 58'32" à 59'56").

Défenseurs : Martin Millerioux (C) - Aymeric Gillet (A) ; Oliver Styf - Ryan Corry ; Jules Breton.

Attaquants : Frédéric Figon - Christer Johansson - Anthony Kodyjasz ; Alexander Olsson (A) - Éric Medeiros - Vikhaël To-Landry ; Erik Caladi - Julien Lebey - Miroslav Kristin.

Remplaçants : Quentin Wargnier (G), Mathieu Touveron, Vincent Touveron. Absents : Damien Croux, Arnaud Magallon.