Neuilly-sur-Marne - Brest (Division 1, quart de finale, match 1)

WAGENHOFFER Jozef-120908-037Neuilly-sur-Marne, huitième de la saison régulière, affronte le premier Brest dans ce qui est le quart de finale a priori le plus déséquilibré. Mais la division 1 est si serrée et imprévisible cette année qu'il ne faut jurer de rien. La confrontation rappelle des souvenirs aux deux équipes, qui s'étaient affrontées en finale en 2011, avec la montée à la clé pour les Bisons. Les Albatros, qui pensaient en avoir fini avec les blessures, ont perdu Nicholas Pard hier à l'entraînement.

Quelques visages connus dans la patinoire. En bord de glace, Martin Gascon, qui a évolué avec les deux clubs, suit la rencontre d'un oeil forcément intéressé. Sur la glace, on reconnaît Marie Picavet, qui officie généralement dans le sud-ouest et qui a rarement été désignée pour une rencontre aussi au nord. Le critère de proximité géographique, pour économiser aux clubs les frais de déplacement, est peut-être moins privilégié en play-offs. Sa venue ne réjouit pas tout le monde. Les Nocéens ont souvent croisé la route de l'arbitre féminine internationale cette saison, et en ont gardé des souvenirs traumatisants, notamment en raison d'une fin de match cauchemardesque à Toulouse-Blagnac.

La partie commence mal pour les deux équipes. Après 32 secondes, Graham Avenel patine le long de l'aile droite, tête baissée, quand le grand défenseur Jozef Wagenhoffer le charge contre la bande, qu'il heurte avec le tête. Il y a du sang aussi bien contre la balustrade que sur la glace. Il faut même faire rentrer la surfaceuse pour tout nettoyer, et le jeu ne reprendra qu'un quart d'heure plus tard.

Outre la plaie ouverte, Graham Avenel ne se sent pas bien et sera escorté par précaution vers l'hôpital. Son grand frère Jonathan, dont on comprend que la colère éclate dans ces circonstances, prend dix minutes de méconduite. La première ligne présentée par les Brestois (avec Pain et les frères Avenel) est amputée. La ligne Lefebvre-Prosvic-Croteau a l'essentiel du temps de glace jusqu'au retour de Jonathan Avenel. Sébastien Oprandi procèdera ensuite à une réorganisation pour mettre en place les lignes présentées plus bas dans la feuille de match.

Du côté de Neuilly-sur-Marne, il ne reste plus que cinq arrières dont un reconverti (Rey). Wagenhoffer sera en effet absent y compris samedi prochain : c'est bien une pénalité de match qui a été appelée contre lui. Les Bisons doivent résister pendant cinq minutes à 4 contre 5, ce qui pourrait déjà les condamner. Mais Brest ne profite guère de cette supériorité précoce. Prosvic gâche deux minutes par une obstruction devant la cage, et les trois minutes suivantes ne donnent que deux maigres occasions, une reprise au second poteau d'Erwan Pain et un tir de Daniel Carlsson dont le rebond est proprement écarté par la défense.

LAFRANCE Jonathan-120908-063Les Bisons ont fait le dos rond, et ils rééquilibrent un peu le jeu en milieu de premier tiers. Eliezer Sherbatov, servi dans la bande en zone neutr dans le dos de Carlsson, part seul face à Arnaud Goetz, qui l'attire dans le trou mais ferme promptement les jambières. La domination est brestoise, mais la défense locale résiste très bien. À trois minutes de la pause, cependant, Jonathan Lafrance est sanctionné pour un cinglage. Le jeu de puissance de Brest ne perd plus de temps, et en huit secondes, Alexandre Lefebvre ouvre le score dans le slot (0-1, 16'59").

Brest démarre très fort en deuxième période. David Croteau signe une bonne passe en retrait pour Tristan Lemoine, mais Kevin Beech s'interpose. Le gardien canadien confirme sa grande forme des dernières semaines, solide sur sa ligne et très rapide dans les relances à la crosse. Il est surtout en danger pendant une prison de Lafrance (le défenseur avait accroché Pain seul devant le gardien), lorsqu'il perd son bâton. Prosvic surgit près du poteau et essaie de lui glisser la rondelle entre les jambes, mais elle s'arrête sur la ligne contre son patin gauche.

À la mi-match, Avenel et Berthon sont pénalisés pour "accrocher" à une minute d'intervalle. Les Nocéens jouent à 5 contre 3 dans ce qui paraît un tournant de la soirée. Ils manquent de dynamisme dans cette séquence et les tirs lointains de Dubuc et Lascek ne provoquent pas de rebonds. Le match est physique, les équipes envoient fréquemment le palet dans les coins où les duels sont fort nombreux. Louskins est sanctionné sur l'un d'eux. Beech sauve de la botte gauche devant Lemoine pendant la pénalité différée. L'infériorité commence pour de bon et un Lafrance dévoué contre deux lancers. Mais finalement, David Croteau trouve une belle passe transversale vers David Poulin dans le cercle gauche (0-2, 38'30").

Le même scénario s'est reproduit dans les deux périodes : Brest a dominé, Neuilly a résisté, avant de craquer sur une infériorité numérique en fin de tiers. La partie pourrait sembler pliée en faveur du leader, mais les Bisons n'ont pas dit leur dernier mot.

Au début du troisième tiers-temps, c'est Neuilly qui pousse et Brest qui fait faute (une crosse haute de Lefebvre). Un tir à ras glace de Michal Pinc surprend Arnaud Goetz jusque là irréprochable (1-2, 43'57"). Pain est sanctionné à son tour pour une charge avec la crosse en zone neutre, mais ce sera la dernière pénalité avant longtemps. Quelques fautes non sifflées énervent les joueurs des deux équipes (la plus évidente étant celle de Dana qui envoie Vinatier par-dessus la balustrade dans le banc brestois et rajoute un petit coup pour faire bonne mesure).

PINC Michal-120908-255On reste donc à cinq contre cinq, et Neuilly n'en continue pas moins son siège de la zone brestoise. Clairement, les Albatros sont en panne de carburant. Ils ne tournent maintenant plus qu'à huit attaquant (L'Arvor rentre encore, mais pas Gonzales). Neuilly a plus de jus, mais si le coeur est gros, les jambes commencent aussi à fatiguer dans les cinq dernières minutes. La forte pression s'étiole.

Dans une manoeuvre de la dernière chance, Frank Spinozzi demande son temps mort pour faire sortir son gardien et aligner les 6 joueurs qu'il pense capable de débloquer la situation : Dubuc, Lascek, Sadoun, Tomasek, Sherbatov et le jeune Vinatier. La lutte reprend dans les coins et une petite échauffourée éclate entre Dubuc et Avenel après un coup de crosse de Stanislav Lascek dans le dos de Croteau. Les nerfs de Lascek ont clairement lâché : il jette son bâton et ses gants et se met à montrer les poings en face du banc brestois. Personne ne répond. Il prend dix minutes de méconduite et part prendre une douche (froide ?). Il n'est pas le seul à avoir les nerfs en pelote. Le capitaine brestois Alexandre Lefebvre discute avec véhémence avec l'arbitre. Quand le jeu semble enfin reprendre, l'entraîneur local Frank Spinozzi jette une crosse sur la glace et est expulsé à son tour.

Sans qu'il ne se passe rien hormis des conciliabules avec les arbitres, les 10 dernières secondes auront duré... 10 minutes ! Angers et Rouen avaient le temps de jouer un tiers-temps et demi de leur finale de Magnus diffusée au bar de la patinoire tandis qu'une seule période s'écoulait à Neuilly-sur-Marne... On souhaite un deuxième match avec la même intensité dans le jeu, mais plus de calme et d'efficacité après les coups de sifflet.

Commentaires d'après-match

Sébastien Oprandi (entraîneur de Brest) : "Les deux équipes avaient vraiment envie de gagner. Cela s'est joué à pas grand-chose contre une belle équipe de Neuilly-sur-Marne. C'est une victoire d'équipe, de la cohésion. Un gros match nous attend samedi prochain car ils n'abandonneront pas. Il y a eu des sales coups, mais on a su contrôler nos nerfs."

Frank Spinozzi (entraîneur de Neuilly-sur-Marne) : "Je perds mon meilleur défenseur, ça a un impact. Mes cinq défenseurs ont été extraordinaires. J'ai été plus déçu de nos avants dans les deux premiers tiers : on joue en désavantage, on manque de rythme, et cela prend du temps avant que le système revienne à cinq contre cinq au niveau de l'exécution. On a été hargneux, on n'a jamais lâché. Au troisième tiers-temps, on a dominé sans compter. Il y a eu un paquet d'infractions pas appelées. Les deux équipes s'auto-arbitrent pendant le match. Ils sont chanceux que moi et Sébastien ne soyons pas deux fous sur le banc."

 

Neuilly-sur-Marne - Brest 1-2 (0-1, 0-1, 1-0)
Samedi 30 mars 2013 à 20h30 à la patinoire de Neuilly-sur-Marne. 534 spectateurs.
Arbitrage de Marie-Tjana Picavet assistée de Jérémy Kahli et Maxime Durand.
Pénalités : Neuilly-sur-Marne 70' (2'+25', 4', 4'+10'+25'), Brest 22' (2'+10', 4', 6').
Tirs : Neuilly-sur-Marne 29 (8, 10, 11), Brest 36 (17, 16, 3).

Évolution du score :
0-1 à 16'59" : Lefebvre assisté de Holik et Croteau (sup. num.)
0-2 à 38'30" : Poulin assisté de Holik et Croteau (sup. num.)
1-2 à 43'57" : Pinc assisté de Lascek et Lafrance (sup. num.)


Neuilly-sur-Marne

Gardien : Kevin Beech [sorti de 58'52" à 59'50"].

Défenseurs : Maxime Dubuc (A) - Clément Rey ; Sergejs Louskins - Jonathan Lafrance ; Arthur Cuzin ; Jozef Wagenhoffer [expulsé à 00'32"].

Attaquants : Martin Tomasek - Daniel Volrab - Loïc Sadoun (C) ; Thomas Eischen [puis Sherbatov] - Stanislav Lascek - Michal Pinc ; Marc Slupski - Hugo Vinatier - Eliezer Sherbatov [puis Guimbard] ; Miroslav Kecka (A) - Kevin Guimbard.

Remplaçants : Rémi Husson (G), Jérémy Fritsch, Leyland Plaire.

Brest

Gardien : Arnaud Goetz.

Défenseurs : Daniel Carlsson (A) - Alan Dana ; Vladimir Holik - David Hennebert ; David Poulin - Aurélien Gréverend.

Attaquants : Alexandre Lefebvre (C) - Erwan Pain - Jonathan Avenel ; Clément Gonzales - Jaroslav Prosvic (A) - Quentin Berthon ; Tristan Lemoine - William L'Arvor - David Croteau ; Graham Avenel [blessé à 00'32"].

Remplaçants : Léo Bertein (G), Gaëtan Cannizzo, Jérémy Cormier.