Suède – Slovaquie (Euro Hockey Challenge 2013, match 1)

THORNBERG Martin-110430-280La grande messe des Mondiaux a beau approcher à grands pas, la Slovaquie ne vit pas encore au rythme de sa sélection nationale, surprenante vice-championne du Monde en titre. La « faute » à l’Extraliga locale, qui bat son plein en ce début avril avec la fin des demi-finales. Aussi, alors que la Double-Croix lance sa dernière ligne droite de préparation en Suède, le championnat local décide de qui accompagnera Košice en finale ; le septième match décisif entre Zvolen, vainqueur de la phase régulière, et Piešťany, promu sans complexes, a lieu précisément en même temps que le premier des deux matches des hommes de Vladimír Vůjtek contre la « Tre Kronor » pour le compte de l’Euro Challenge. Si bien que la couverture médiatique de la joute internationale est des plus discrètes.

 

Qu’attendre d’ailleurs des Slovaques en Scandinavie ? Relativement médiocre lors de ses sorties cette saison, la formation des Tatras se présente, comme à l’accoutumée, avec des forces amoindries. Entre une infirmerie qui ne fait que de se remplir (la liste des patients serait trop longue à détailler) et les diverses excuses avancées (Marcel Hossa se concentre sur sa prochaine saison en club, Tomáš Surový ne veut pas risquer une blessure en pleine recherche de contrat, Rastislav Špirko s’absente pour raisons familiales…), le choix des entraîneurs est une nouvelle fois restreint. De fait, c’est de nouveau le contingent du Slovan Bratislava qui gonfle les rangs de l’armée slovaque : douze joueurs de la capitale ont fait le voyage, dont Marko Daňo, dix-huit ans, qui effectue ses premiers pas avec les seniors.  D’autres sont appelés à boucher les trous – Vandas, Tybor, Gašparovič  – sans réelle chance d’être conservés pour le raout planétaire. 

 

On fait donc avec les moyens du bord et le casse-tête est des plus problématiques au centre de l’attaque. Roman Kukumberg (Bratislava) est ainsi prié de se repositionner dans l’axe. En outre, on parle de plus en plus d’un retour en sélection du vétéran Jozef Stümpel (40 ans), récemment évincé de la course au titre slovaque avec Nitra. Et que dire des pourparlers avec Miroslav Šatan ? Le capitaine de la Zlatá generácia, lourdement esquinté par son « pote » Zdeno Chára en KHL, n’a plus joué depuis novembre. Alors que beaucoup mettent en garde le lauréat de la Coupe Stanley d’un retour précipité, l’intéressé a confirmé qu’il donnerait son verdict mi-avril quant à une éventuelle participation au Mondial scandinave. En attendant, « Miro » s’entraîne avec les moins de 20 ans slovaques, ce qui lui offre une seconde jeunesse en plus d’une convalescence progressive.

 

En face, les noms retenus par Pär Mårts sont plus ou moins connus. Hormis quelques cadres, dont le capitaine Joel Lundqvist, la liste est peu expérimentée, composée notamment de jeunes loups dont la saison convaincante est récompensée par le droit de porter un temps le fameux maillot jaune. Ainsi, quatre éléments ont à peine 20 ans, dont Linus Ullmark, chargé de défendre la cage suédoise sur la confrontation initiale. Quoi qu’il en soit, la « Tre Kronor » saisit la première occasion qui lui ait présentée d’ouvrir le score. Martin Bartek est prié d’aller sur le banc des fautifs après seulement dix-neuf secondes ; il n’en faut que quatorze à la Suède pour mettre à profit son power-play. La frappe dans l’axe de Niclas Andersén est repoussée par Rastislav Staňa mais Richard Gynge récupère le rebond au poteau droit et sert Robert Rosén qui profite du retard de replacement du portier slovaque pour marquer à gauche (1-0, 00'33).

Lancés dans le match de la meilleure des façons, les Suédois conservent un rythme de jeu soutenu que les Slovaques ont dû mal à attraper, une grande partie d’entre eux n’ayant d’ailleurs pas joué depuis une longue période. Si Staňa préserve le score, les combinaisons rapides et les assauts récurrents des locaux ne laissent rien présager de bon. Alors qu’Ullmark a déjà déserté son poste depuis quinze secondes suite à une faute signalée contre la Slovaquie, Frederik Pettersson fait le break en déviant la trajectoire du palet (2-0, 15'40). La Double-Croix fait illusion en fin de période mais l’action rondement menée est avortée par une maladresse de Bartek. 

SERSEN Michal-120504-367Les Bleus reviennent toutefois sur la glace en meilleure condition. Les voilà plus entreprenants, plus énergiques dans les duels, plus pressants en zone adverse et Daňo puis Bartek ont chacun une belle occasion de réduire le score. Surprise par le nouveau visage offensif de son adversaire, la Suède demande un temps mort. Rien n’y fait. En supériorité numérique, Michal Sersen concrétise la nette domination slave en ce début de deuxième tiers par un slap décoché après la bleue (2-1, 25'52). Alors que Ján Sýkora a le palet de l’égalisation au bout de sa crosse, le jeu repart dans l’autre sens et le contre suédois aboutit sur un troisième but, Pettersson, encore lui, recyclant au poteau droit la tentative lointaine de Dennis Rasmussen (3-1, 30'32). C’est la fin du regain slovaque.  

La bande à Branko Radivojevič retombe dès lors dans ses travers défensifs, remettant en selle les Scandinaves. Supérieurs dans la glisse et dans le geste, bien plus rapides et agressifs aussi, ces derniers installent leurs quartiers devant le filet slovaque jusqu’à ce que la seconde pause vienne les en déloger par la force des choses. Entre temps, Martin Thörnberg, au corps à corps avec Staňa, avait réussi à transformer une passe de Dick Axelsson adressée après un tour de cage vers la droite (4-1, 38'06).  Les carottes slovaques sont cuites.

D’autant plus que la donne ne change en rien dans l’ultime opus. La Suède ayant sous contrôle la partie, la Slovaquie s’évertue à ne pas encaisser d’avantage et menace de fait que très rarement la tranquilité du junior Ullmark. Malgré tout, un double avantage numérique (Andrej Šťastný puis Roman Kukumberg) permet à Nicklas Danielsson d’avoir le champ libre pour tenter sa chance avant le cercle gauche. Son lancer termine dans la cage ; à en croire la feuille de match, Joel Lundqvist aurait détourné la trajectoire de la rondelle (5-1, 44'27). La « Tre Kronor » réduit alors son allure mais reste toutefois clairement dominatrice. La Slovaquie en prend d’ailleurs un sixième par Gynge qui, pourtant bien marqué dans le slot, parvient à reprendre la passe en retrait de Rosén (6-1, 54'55) et sonne la fin de la moisson suédoise. Enfin, plutôt la trêve… 

 

Commentaires d'après-match 

 

Vladimír Vůjtek (entraȋneur de la Slovaquie) : « On a mal commencé. On a été pénalisés après seulement quinze secondes de jeu et on encaisse de fait le premier but, ce qui a déterminé l’évolution du reste de la partie. On peut dire aussi qu’on a pris le deuxième but en infériorité puisqu’une pénalité à notre encontre était signalée. On est revenu dans le match dans la première moitié de la deuxième période et on a d’ailleurs gardé le contact au score en marquant un but. A la demi-heure, Sýkora s’est retrouvé seul devant le gardien suédois, il loupe sa tentative et on encaisse un troisième but sur le contre. Les Suédois ont alors dominé, ils étaient la meilleure équipe et ils ont mérité de gagner. A notre arrivée ici Bližňák est tombé malade, ce qui a constitué une grosse perte car on a vraiment des problèmes au poste de centre. »

 

 

Suède – Slovaquie 6-1 (2-0, 2-1, 2-0)

Mercredi 3 avril 2013 à 19h00 à l'Arena Oskarshamn. 3383 spectateurs. 

Arbitrage de Tobias Björk et Marcus Linde assistés de Andreas Malmqvist et Ludvig Lundren (tous SWE)

Pénalités : Suède 8' (2', 2', 4') ; Slovaquie 12' (6', 0', 6')

Tirs : Suède 44 (15, 20, 9) ; Slovaquie 24 (7, 12, 5)

 

Evolution du score :

1-0 à 00'33'' : Rosén assisté de Gynge et Andersén (sup. num.)

2-0 à 15'40'' : Pettersson assisté de Nilsson et Kempe

2-1 à 25'52'' : Sersen assisté de Vydarený et Hudáček (sup. num.)

3-1 à 30'32'' : Pettersson assisté de Rasmussen et Granström

4-1 à 38'06'' : Thörnberg assisté de Axelsson et Lundqvist 

5-1 à 44'27'' : Lundqvist assisté de Danielsson et Tömmernes (double sup. num.)

6-1 à 54'55'' : Gynge assisté de Rosén et Viklund 

 

Suède

 

Gardien : Linus Ullmark.

 

Défenseurs : Tobias Viklund (A, 2', +1) – Stefan Johansson (+1) ; Niclas Andersén (+1) – Elias Fälth (2', +1) ; Henrik Tömmernes (+2) – Niclas Lundgren (+1) ; Tom Nilsson (+1). 

 

Attaquants : Martin Thörnberg (+1) – Joel Lundqvist (C, +1) – Dick Axelsson (2', +1) ; Nicklas Danielsson – William Karlsson – Patrik Carlsson ; Jonathan Granström (+1) – Dennis Rasmussen (+1) – Frederik Pettersson (A, +2) ; Andreas Jämtin (2', +1) – Robert Rosén (+1) – Richard Gynge (+1) ; Mattias Janmark-Nylén (+1) ; Mario Kempe (+1).

 

Remplaçant : Gustaf Wesslau (G). Non-utilisés : Johan Backlund (G). 

 

Slovaquie

 

Gardien : Rastislav Staňa. 

 

Défenseurs : René Vydarený (A, -2) – Michal Sersen (-2) ; Branislav Mezei – Marek Ďaloga ; Ivan Švarný (2') – Vladimír Mihálik ; Karol Sloboda (-2) – Martin Štajnoch (-2). 

 

Attaquants : Libor Hudáček (-1) – Roman Kukumberg (A, 2', -2) – Martin Bartek (2', -2) ; Peter Ölvecký – Marko Daňo – Branko Radivojevič (C) ; Ján Sýkora – Radoslav Tybor (2') – Michel Miklík (2') ; Jakub Gašparovič (-2) – Andrej Šťastný (2', -2) – Michael Vandas (-2) ; Juraj Majdan. 

 

Remplaçant : Jaroslav Janus (G). Non-utilisés : Ján Brejčák (D), Mário Bližňák (A).