Elitserien : la finale boréale

spevxbic1w34j1v5wfy6elwfbLulea HF logoSans avoir même commencé, la finale du championnat suédois est déjà historique.

Ses deux finalistes, Skellefteå et Luleå, sont deux villes distantes d'à peine 130 kilomètres situées dans la région historique du Norrland, littéralement pays du nord, alors que les deux villes cultivent une des grandes rivalités du Vieux Continent.

La frénésie des populations du nord a rarement été aussi forte pour un évènement sportif et c'est tout logiquement que les billets pour les premiers matches ont trouvé preneurs très facilement. La dernière porte avant le cercle polaire, le nord sauvage et imprévisible se voit donc offrir un combat sur la glace. Afin que vous preniez la mesure de l'évènement, cela a poussé certains à comparer cet évènement à une finale de Coupe Stanley 100% canadienne ou à une finale mondiale entre Suédois et Finlandais.

Une explication, donc, entre deux formations qui se connaissent sur le bout des doigts et qui ne communiquent entre elles que par intimidation. Si vous vous demandez quelle équipe terminera en or, Linus Klasen, la star de Luleå, et Jimmie Ericsson, capitaine de Skellefteå, vous répondront que leur équipe est la meilleure, de même que leur gardien !

Cela dit, malgré la portée provocatrice de leur réplique, ils ne sont pas forcément loin de la réalité. Les portiers Johan Gustafsson, 21 ans, et Joacim Eriksson, 23 ans, ont affiché des statistiques impressionnantes en saison régulière et en play-offs, contribuant ainsi à l'excellent parcours de leur équipe.

Le Skellefteå AIK s'est débarrassé de Brynäs en quatre manches sèches et de Linköping en cinq, le Luleå HF ne concédant que deux revers de plus en quart de finale face à Frölunda avant d'être aussi expéditif que son alter-ego en demi contre Färjestad. Opérant un retour fracassant depuis plus de cinq ans sur la scène suédoise, le SAIK dispute une troisième finale de rang alors que l'organisation attend son deuxième sacre depuis maintenant 40 ans, on comprend leur empressement ! Le LHF tentera lui de rééditer sa performance de 1996.

Il faut signaler que leur accession en finale, les deux rivaux la doivent à une philosophie de jeu différente l'une de l'autre. Le SAIK compte sur un éventail offensif impressionnant avec quatre trios particulièrement aiguisés. Avant le coup d'envoi de la finale, sept attaquants de la formation noire et jaune sont placés dans le top 15 des marqueurs des play-offs. Et parmi les artilleurs Holloway, Möller et Lindström, on retrouve également la nouvelle vague représentée par Petter Emanuelsson, 5 buts, et Oscar Lindberg, meilleur pointeur de l'équipe et nommé récemment dernier candidat à l'attribution du Guldpucken récompensant le joueur de l'année. Comprenez donc que le danger peut venir de n'importe où, à n'importe quel moment.

Mais cette puissance de feu hors du commun sera-t-elle suffisante pour faire plier la meilleure défense du pays ? Le LHF en finale, c'est une première consécration pour l'entraîneur Jonas Rönnqvist qui en espère une autre, décrié les années précédentes pour son jeu ennuyeux et ultra défensif. Finalement, il semble que "Rönken" ait appris de ses erreurs - Luleå s'est fait sortir en quart la saison dernière après avoir fini premier au classement - puisque son équipe s'est montrée davantage efficace et créative devant les filets adverses.

Sans surprise, le premier acte disputé ce samedi à la Skellefteå Kraft Arena aura été électrique, bouillant, intense et très incertain avec deux équipes fidèles à leur plan de jeu. C'est uniquement lors de la prolongation que la différence sera faite. Johan Gustafsson, après 44 arrêts, s'inclinera en effet sur une belle reprise de Holloway. Et bonne nouvelle, Bellemare, auteur d'une mention d'assistance grâce à un pressing qui s'est avéré décisif, débloque son compteur. Mais nul doute que, dans cette série qui a tout pour être longue, les Ours Polaires auront leur revanche.