France - Danemark (Euro Hockey Challenge, match 5)

FLEURY Damien-120515-448L'équipe de France aborde la phase décisive de sa préparation après avoir récupéré la plupart des expatriés et des finalistes du championnat de France. Elle est maintenant presque au complet, avec 9 défenseurs et 15 attaquants (pour respectivement 8 et 14 places), en attendant le renfort offensif de Pierre-Édouard Bellemare, voire d'Antoine Roussel.

Elle aligne même un "invité-surprise", qui n'est à vrai dire qu'une demi-surprise. Compte tenu de ses performances qui ont bien contribué à faire remonter Lausanne en LNA suisse (en compagnie de Cristobal Huet qui arriver amardi), Eliot Berthon a bien mérité cette première sélection en équipe de France. Mais il est évident que s'intégrer en plein milieu d'une préparation pour un championnat du monde n'est pas facile.

Les Bleus peinent à enthousiasmer une patinoire de Caen qui comprend vite que la soirée sera compliquée. Le Danemark est un adversaire coriace, avec un système défensif parfaitement appliqué : un joueur au pressing, puis un carré en zone neutre qui bloque les points d'entrée et de sortie. La France éprouve les pires difficultés à franchir les deux lignes bleues. Pour tout dire, elle n'a pas encore réussi le moindre tir cadré au moment où le Danemark ouvre le score : le centre Jesper Jensen, laissé absolument seul devant la cage par son vis-à-vis (Raux), reçoit une passe de derrière la cage de Morten Poulsen (0-1, 07'24").

LHENRY Fabrice-120506-006La France n'arrive pas à se mettre au rythme international. Une explication est peut-être la revue d'effectif assez large, puisque Dave Henderson fait tourner 13 attaquants et 8 défenseurs afin de tester les joueurs "en balance" pour les derniers strapontins. Le temps de jeu de la troisième et de la quatrième ligne est aussi favorisé par les infériorités numériques, plus nombreuses que les supériorités. Comme au dernier Mondial, les Bleus prévoient en effet d'aligner des unités spéciales distinctes en avantage et en désavantage.

Les séquences d'infériorité sont d'ailleurs la seule satisfaction de la première période pour les Bleus, qui avaient souffert dans ce domaine depuis le début de la préparation. Brian Henderson et Charles Bertrand sont de retour pour former la première unité de penalty killing, et elle fait du bon travail. Bertrand, toujours aussi technique mais aussi peu en jambes que ses coéquipiers, se procure une occasion à 4 contre 5. Mais à trente secondes de la pause, il prend aussi une pénalité à la fin d'une infériorité en se couchant sur un palet pour le dissimuler.

Le Danemark reprend donc le jeu à 5 contre 4, et il frappe immédiatement : le tir du haut du cercle droit de Morten Green est dévié par Kirill Starkov (0-2, 20'57"). L'équipe de France commet encore trop d'erreurs. Yohann Auvitu, très attendu pour améliorer les relances de la défense, fait ainsi un cadeau à l'adversaire dans l'axe.

Les Bleus connaissent leur première bonne séquence en s'installant dans la zone offensive, et un lancer en bonne position de Baptiste Amar est repoussé par le poteau. Guttig subit un cinglage en venant chercher le rebond d'un tir de Fleury, et cette pénalité danoise s'enchaîne presque sur une autre. Mais ces deux supériorités numériques n'auront pas été exploitées, par manque de vitesse dans la circulation de la rondelle. De retour à 5 contre 5, le défenseur Jesper Jensen marque en entrée de zone d'un tir croisé, côté mitaine (0-3, 30'46"). Un mauvais but pour Fabrice Lhenry.

DESROSIERS Julien-120506-115Le tableau d'affichage devient de plus en plus cruel. Laurent Meunier reçoit un centre au second poteau de Desrosiers, dribble le gardien et tire... dans le petit filet. C'était la meilleure occasion de la France, et elle aboutit à une contre-attaque fatale. Manavian et Desrosiers se dirigent vers le même joueur, Jesper Jensen, qui libère alors Kirill Starkov d'une belle passe transversalre (0-4, 33'56").

L'enjeu du dernier tiers-temps devient le blanchissage de Simon Nielsen. Le gardien danois bouche l'angle sur un tir de Guttig, et garde bien la position quand Treille et Fleury prennent un temps d'avance sur leur défenseur, sans parvenir à lancer. On pense que la France boira le calice jusqu'à la lie quand Morten Poulsen revient de derrière la ligne de fond et glisse le palet du revers sous les bottes de Lhenry (0-5, 56'11").

Cette patinoire de Caen la mer est-elle maudite pour les attaquants français ? Déjà blanchis par l'Italie l'an passé, n'y inscriront-ils pas le moindre but en deux ans ? Heureusement, un rayon de soleil survient avec deux jolis buts dans les deux dernières minutes. Julien Desrosiers repique de derrière la cage sans que Bjorkstrand s'interpose, et passe au poteau opposé à Yorick Treille qui reprend dans le haut du filet. Puis Anthony Guttig signe un lancer côté gauche (2-5, 59'14").

Le score peut ainsi se laisser regarder sans honte, mais la victoire danoise est incontestable ce soir. La revanche n'en sera que plus attendue ce samedi à Amiens.

Commentaires d'après-match

Julien Desrosiers (attaquant de la France) : "Ce n'est jamais facile quand on a beaucoup de nouveaux joueurs. Pour moi et d'autres, c'est le premier match. Il y a toujours une période d'adaptation avant de mettre le système en place. On n'a pas été à 100% dans nos qualités premières, le travail et le désir de vaincre. Si on ne met pas assez d'intensité, ça se paie cash. Il y a beaucoup de place pour l'amélioration demain."

Dave Henderson (entraîneur de la France) : "Nous n'avions pas de vitesse et pas de physique dans les deux premiers tiers. Nous n'avons pas retrouvé la discipline défensive vue en Suisse au dernier match, il faudra la retravailler. Nos sorties de zone n'étaient pas assez rapides et nos joueurs pas en position. Les attaquants quittaient la zone trop vite et laissaient un énorme espace. Le Danemark stoppait nos défenseurs ou interceptait la passe et revenait chez nous. Nous n'avons pas gagné nos duels, alors que généralement on en gagne 60%. Il faut se mettre dans la tête qu'on est en préparation et réhausser notre niveau. On a essayé d'être trop fin et technique, ce n'est pas notre style de jeu."

 

France - Danemark 2-5 (0-1, 0-4, 2-0)
Vendredi 19 avril 2013 à 20h00 à la patinoire de Caen la mer. 1000 spectateurs.
Arbitrage de Savice Fabre et Jérémy Rauline (FRA) assistés de Mathieu Barbez et Pierre Dehaen (FRA).
Pénalités : France 10' (6', 2', 2') ; Danemark 10' (2', 4', 4').
Tirs : France 24 (8, 6, 10) ; Danemark 29 (11, 11, 7).

Évolution du score :
0-1 à 07'24" : J. Jensen [att] assisté de Storm et Hersby
0-2 à 20'57" : Starkov assisté de Green et D. Nielsen (sup. num.)
0-3 à 30'46" : J. Jensen [déf] assisté de Bjorkstrand
0-4 à 33'56" : Starkov assisté de J. Jensen [att] et Hardt
0-5 à 56'11" : Poulsen assisté de Storm
1-5 à 58'44" : Y. Treille assisté de Desrosiers et Auvitu
2-5 à 59'14" : Guttig assisté de Raux et Janil


France

Gardien : Fabrice Lhenry.

Défenseurs : Baptiste Amar (-1) - Antonin Manavian (-1, 2') ; Vincent Bachet (-1) - Kévin Hecquefeuille (-1) ; Yohann Auvitu - Nicolas Besch ; Jonathan Janil - Maxime Moisand.

Attaquants : Julien Desrosiers (-1) - Laurent Meunier (C, 2') - Yorick Treille (-1) ; Damien Fleury - Damien Raux (-1, 2') - Anthony Guttig ; Nicolas Ritz (2') - Brian Henderson - Charles Bertrand (2') ; Anthony Rech (-1) - Eliot Berthon (-1) ou Loïc Lampérier - Julien Albert (-1).

Remplaçant : Florian Hardy (G). En réserve : Sacha Treille (haut du corps), Teddy Da Costa (entorse), Thomas Roussel.

Danemark

Gardien : Simon Nielsen.

Défenseurs : Stefan Lassen - Daniel Nielsen (+1) ; Emil Kristensen (+1, 2') - Jesper B. Jensen (2') ; Mads Bødker (+1, 2') - Philip Hersby (+1) ; Kasper Jensen - Rasmus Nielsen.

Attaquants : Nichlas Hardt (+1) - Morten Green (C, 2') - Kirill Starkov (+1) ; Patrick Bjorkstrand - Julian Jakobsen - Morten Madsen ; Morten Poulsen (+1) - Jesper Jensen (+2) - Frederik Storm (+1) ; Lasse Lassen - Thor Dresler (2') - Kim Staal.

Remplaçant : Patrick Galbraith (G).