Brest - Lyon (Division 1, Finale, Match 2)

Les Albatros en Ligue Magnus !

Champions 2012-2013Le match tant attendu a lieu. Pour une troisième fois en quatre saisons les Albatros disputent la finale de Division 1. Si les dernières expériences furent douloureuses, les Albatros ont cette fois les cartes en main pour un final en apothéose devant un public surchauffé. En remportant 5-4 le premier match sur la patinoire de Charlemagne mercredi après une superbe remontée (Lyon menait 4-1), Brest n’est plus qu’à un patin de l’accession en Ligue Magnus. 

Pour en arriver là, il faut vaincre une équipe lyonnaise bien décider à mettre fin à l’invincibilité bretonne sur la glace du Rïnkla stadium. Ils peuvent compter sur un contingent de supporters lyonnais qui ont fait le déplacement.

Les Albatros démarrent bien. À défaut d’occasions franches, ils occupent néanmoins le territoire adverse. En bon exemple, le capitaine Alexandre Lefebvre ouvre la marque d’un lancer balayé pleine lunette (1-0 à 8’33’’) après avoir bien travaillé dans le coin. Le momentum est brestois, et une minute plus tard, Erwan Pain dévie astucieusement un tir de Graham Avenel pour le 2-0 (à 09’37’’) dans une patinoire en fusion.

Lyon doit réagir très vite sous peine de voir ce match leur échapper complètement. Les joueurs rhodaniens vont prouver qu’ils ont l’étoffe d’une grande équipe en inversant la balance. Première grosse alerte avec Alexander Olsson qui est trop collectif sur un 3 contre 2 en remettant au centre pour Eric Medeiros qui ne peut ajuster tirer suite à une bonne défense brestoise (11’).

Après un jeu de puissance infructueux, c’est fort logiquement que Lyon revient à une petite longueur.  Un palet perdu par Nicholas Pard provoque un contre visiteur. Erik Caladi fixe bien Gréverend qui se couche, il le contourne et délivre au bon moment un centre dévié par Miroslav Kristin dans le but gardé par Arnaud Goetz (2-1 à 18’19’’).

Triplette canadienneLe tiers se termine sur ce score. Chaque équipe a dominé une moitié de tiers. Les Albatros débutent la deuxième période en supériorité mais cela ne donne rien. Lyon n’a pas plus de réussite dans cette même situation peu après malgré un tir de Aymeric Gillet qui frôle la cage brestoise (24’10’’). La pénalité de Jonathan Avenel (30’50’’) est la bonne pour les visiteurs qui égalisent par Vikhael To-Landry (intenable pendant ces play-off). L’arbitre valide le but malgré une obstruction énorme de Medeiros sur Goetz dans le demi-cercle du gardien (2-2 à 32’).

En revanche il n’y a rien à redire au but superbe inscrit par Caladi 56 secondes plus tard. Alan Dana dégage mal un palet récupéré par Miroslav Kristin qui s’engouffre en zone offensive et parvient à trouver son compère slovaque qui égalise d’un tir croisé (2-3 à 32’56’’). Le public et les Albatros sont sonnés. Pour la première fois, Lyon passe devant. Sébastien Oprandi choisit ce moment opportun pour prendre son temps mort.

Pour Brest il faut très vite réagir face à ce doute qui commence à s’installer. L’équipe a démontré beaucoup de caractère et de capacité de réaction durant ces play-off et cela se vérifie une nouvelle fois très vite. Julien Lebey est pris par la patrouille pour une obstruction sur Erwan Pain après un engagement (34’41’’). Le powerplay brestois, qui avait été inefficace depuis le début du match, trouve enfin la faille après seulement 18 secondes. Jonathan Avenel use de sa bonne présence dans l’enclave pour récupérer un palet et marquer en pivot (3-3 à 34’59’’).

La furia bretonne s’abat sur les Lions dans les cinq dernières minutes du tiers à la faveur de plusieurs pénalités sifflées à l’encontre de Rhodaniens. Guillaume Richard s’en sort parfois avec beaucoup de réussite comme sur ce lancer-frappé de Holik qui est détourné par le portier lyonnais qui se relevait suite à une action chaude quelques secondes auparavant. Dans la foulée Richard déboute Graham Avenel en duel (38’10’’).

Jonathan AvenelMalgré ce réveil local, Lyon tient bon et amorce le dernier tiers avec une égalité parfaite au score 3-3. Les Lions peuvent y croire puisque Medeiros bénéficie du bon travail de Olsson le long de la bande pour ajuster superbement Goetz à bout portant (3-4 à 41’44’’). Les Gones présents dans le public ne s’y trompent pas et poussent les leurs.

La course-poursuite infernale se poursuit et Brest démontre encore une fois sa grande force de caractère en ne doutant pas longtemps. Guillaume Richard est fautif en laissant un gros rebond sur un tir de loin de Graham Avenel. Il se couche en avant pour tenter de le récupérer mais Alan Dana lui subtilise le palet qui s’en va ricocher sur la bande. Dana contourne le but pour récupérer son propre rebond et égaliser (4-4 à 42’34’’). Tout un but de la part du défenseur franco-canadien.

On entre dans le money time et on sent du KO dans l’air. Lorsque Daniel Carlsson part en prison à 48’23’’ pour retenir, nous sommes dans un tournant du match. Malgré le feu mis sur le but de Goetz, les Brestois sont héroïques en infériorité numérique et tiennent bon. Ils font les sacrifices nécessaires pour ne pas céder à l’image de David Hennebert en véritable guerrier qui contre pas moins de trois puissant lancers frappés. À chaque impact la douleur se lit sur son visage et pourtant il se relève de plus belle.

La pénalité est tuée mais les Albatros ne sont pas au bout de leurs peines. Pour la première fois dans ces play-off leurs adversaires semblent plus frais physiquement dans ces dernières minutes du temps réglementaire. Gréverend prend une pénalité qui fait retenir son souffle à toute la patinoire (55’04’’) mais une nouvelle fois Lyon n’en profite pas et on part en prolongation.

C’est donc le suspense insoutenable de la mort subite que le public doit supporter. Le scénario du match contre Neuilly se répète. Monsieur Rousselin a le sifflet lourd en pénalisant Aymeric Gillet qui a fait trébucher le rapide Pard sur un débordement (62’43’’). À 4 contre 3 l’instant est décisif. Le jeu de puissance s’installe, Croteau sur l’aile droite fait tourner le palet et remet dans l’axe avant la ligne bleue pour David Poulin. Pendant ce temps Erwan Pain se positionne devant le gardien pour faire écran. Guillaume Richard ne voit pas le tir de Poulin qui vient de partir et se loge dans les filets lyonnais (5-4 à 63’26’’). Brest est champion !

En route vers la MagnusLa patinoire et les joueurs brestois exultent. L’ambiance est indescriptible. Tant de déceptions passées effacées en un seul but. Cette fois le titre est pour Brest. Revoilà les Albatros en Magnus ! Très vite les joueurs improvisent une chenille sous les chants des supporters « on est en Magnus, on est en Magnus ! ». En découlent les traditionnelles remises de médailles et du trophée de champion (toujours en l’absence remarquée de Luc Tardif qui n’a jamais remis en personne les deux trophées remportés par Brest sous sa présidence).

Cette finale s’est jouée à peu de choses, mais à vrai dire cette phrase peut s’appliquer aux quart et demi-finale. Les Brestois ont enchaîné 6 victoires serrées et terminent ces play-off invaincus. La logique est respectée sachant qu’ils avaient terminé en tête de la saison régulière. Le travail de préparation physique semble avoir payé puisque Brest a souvent fait de très bonne fin de match malgré un rythme soutenu tout au long des rencontres.

Ce fut un peu moins vrai ce soir face à des Lyonnais qui sont vraiment passés très proches de basculer devant dans les dix dernières minutes du temps réglementaire. Au final Brest a dans l’ensemble fait la différence grâce à un une solidarité sans faille et grâce à trois blocs très homogènes en terme de niveau. Lyon avait certes deux très grosses premières lignes, mais un troisième bloc un peu inférieur. Les Lions ont également commis des fautes qui ont entraîné des pénalités regrettables et même fatales à l’image des deux minutes de Gillet en prolongation. La finale se joue sur ces détails.

Lefebvre-LemoineBrest avait l’expérience des finales en Division 1 et connaissait le goût amer de la défaite. C’est ce qui les a sans doute poussé à puiser au fond de leurs ressources pour aller arracher ce titre avec leurs tripes. Ce n’était peut-être pas l’équipe la plus talentueuse que Brest ait eu lors de ses participations aux finales de D1 mais c’est celle qui avait le plus fort esprit collectif et la plus grande capacité à réagir et à se sacrifier lorsqu’il le fallait. L’infériorité numérique à dix minutes de la fin du match en est une belle illustration avec des joueurs comme Pain et Hennebert qui se jetaient sur la glace face à des lancers-frappés.

Le staff et les joueurs fêtent dignement ce titre en compagnie de leurs supporters. Place à l’euphorie avant de se remettre sérieusement au travail car une lourde tâche attend maintenant les Albatros à l’échelon supérieur. Le club a en effet beaucoup changé depuis sa dernière saison en Super 16 (2003-2004) et n’a plus les capacités financières à jouer les premiers rôles dès son accession. On sait d'ores et déjà que Tristan Lemoine et Alexandre Lefebvre ne seront plus là pour vivre ces nouvelles aventures car ils mettent un terme à leurs carrières de hockeyeurs sur ce très beau titre de Division 1.

Vidéo du but victorieux : ici

Le match en intégralité : ici

Commentaires d’après match (source : Le Télégramme) :

Lemoine-DanaJean-Louis de Bougrenet de la Tocquenay (président du club) : "C’est ma première saison à la présidence et c’est plutôt une réussite. Je n’ai pas à me plaindre. Nous avons réussi à monter au plus haut niveau, mais c’est maintenant que les choses délicates commencent. Je pense que Brest méritait de grimper, depuis un moment. Je veux citer la famille Bounoure, qui a fait énormément pour le hockey à Brest. Ce n’est peut-être pas la meilleure équipe des Albatros de l’histoire, mais c’était la plus solidaire. C’est la victoire d’une vraie équipe. Je relève que le public a aussi été très présent, pendant tous les play-offs et toute la saison. "

Alexandre Lefebvre (capitaine de Brest) : "J’arrête sur ce succès, pour des raisons professionnelles. C’est une décision mûrement réfléchie. Nous avons vécu des play-offs durs, à chaque match c’était chaud, serré. À Lyon, sur le premier match, nous perdons quand même 4-1 et nous revenons, pour nous imposer 5-4. J’ai bien aimé la cohésion de notre équipe et j’avoue, que ce soit en quart, en demi ou dans cette finale, je n’ai jamais été inquiet. Quand je vois mes coéquipiers se jeter la tête en avant pour repousser les shoots, c’est vraiment énorme. Pour en arriver à la Ligue Magnus, nous avons bossé comme des fous tout le championnat."

Vladimir Holik (défenseur de Brest) : « Cela fait quatre ans que j’attendais cela, après avoir échoué en 2010 et 2011. Nous avons eu un petit peu de chance, même si j’estime que l’arbitrage ne nous a pas favorisés, dans le dernier tiers ».

Holik-ProsvicDavid Croteau (attaquant de Brest) : « Au bout de la ligne, ça donne un match serré. Lyon était venu pour se battre, mais ils étaient cuits à la fin. Nous, nous avions encore de l’énergie, en prolongation. »

Jaroslav Prosvic (attaquant de Brest) : « Cela fait cinq jours que je n’ai pas dormi. Nous étions un peu énervés. Mais dès que l’on joue notre style, on gagne. Ce soir, vous avez vraiment vu les deux meilleures équipes de la saison. »

David Poulin (défenseur de Brest) : (à propos de son but) « J’ai vu l’ouverture mais je te l’avoue, je ne croyais pas trop en mes chances. C’est fini et je ne m’en rends, encore, pas bien compte. C’est la première fois de ma vie que je gagne quelque chose. L’équipe s’est révélée dans l’adversité. »

Sébastien Oprandi (entraîneur de Brest) : « Je ressens de la fierté, car nous aurions pu nous faire éliminer par Neuilly-sur-Marne, en quarts de finale. C’était un championnat très équilibré, intéressant. Il a fallu batailler toute l’année et la force de cette équipe, c’est sa cohésion, son caractère, avec des hommes fantastiques. Lorsque je vois David Hennebert se dépouiller ainsi et stopper des shoots, avec ses 67 kg, tout mouillé. […] Pour gagner c’est simple, il faut en faire plus que les autres. La chance, elle doit aussi être provoquée. C’est un objectif atteint, avec un groupe de potes. C’est la victoire du hockey en Bretagne et à Brest. Après, ce n’est qu’un titre en D1, il ne faut pas non plus se prendre pour des vainqueurs olympiques. Il va falloir redescendre du nuage, pour déjà penser à la Magnus. [...] Notre public nous a aidés et tout a été important, tout a compté. Comme le fait de n’avoir eu aucun blessé de tous les play-offs. Les gars ont passé du temps, dans les baignoires remplies de glace. Je suis fier de ce groupe, à qui je me suis attaché. Le groupe est capital pour moi et quand on possède un, qui vit bien ensemble, avec des garçons proches les uns des autres c’est génial ! Certains Lyonnais ont pleuré dans les vestiaires et ils savent maintenant ce que c’est d’échouer si près. Nous, on connaissait. Les play-offs, il faut toujours se déchirer, tout donner. »


Brest – Lyon 5-4 a.p (2-1, 1-2, 1-1, 1-0)
Samedi 20 avril 2013 à 18h40 au Rïnkla Stadium. 1600 spectateurs.
Arbitrage de Stéphane Rousselin, assisté de Clément Goncalves et Maxime Durant.
Pénalités : Brest 12' (2’, 6’, 4’, 0’), Lyon 16' (4', 10', 0’, 2’).

Évolution du score :
1-0 à 08’33’’ : Lefebvre
2-0 à 09’37’’ : Pain assisté de G. Avenel
2-1 à 18’19’’ : Kristin assisté de Caladi
2-2 à 32’00’’ : To-Landry (sup. num)
2-3 à 32’56’’ : Caladi assisté de Kristin
3-3 à 34’59’’ : J. Avenel assisté de Lefebvre et Carlsson (sup. num)
3-4 à 41’44’’ : Medeiros assisté de To-Landry et Olsson
4-4 à 42’34’’ : Dana assisté de G. Avenel
5-4 à 63’26’’ : Poulin assisté de Croteau et Pard (sup. num)


Brest

Gardien : Arnaud Goetz.

Défenseurs : Daniel Carlsson (A) – Alan Dana ; Vladimir Holik – David Hennebert ; Aurélien Gréverend – David Poulin.

Attaquants : Jonathan Avenel – Erwan Pain – Graham Avenel ; Alexandre Lefebvre (C) – Jaroslav Prosvic (A) – Quentin Berthon ; Tristan Lemoine – David Croteau – Nicolas Pard.

Remplaçants : Léo Bertein (G), Gaëtan Cannizzo, Clément Gonzales, William L'Arvor, Jérémy Cormier. Absent : Landry Macrez (blessé).

Lyon

Gardien : Guillaume Richard.

Défenseurs : Martin Milleroux (C) – Aymeric Gillet (A) ; Oliver Styf  – Ryan Corry ; Jules Breton.

Attaquants : Arnaud Magallon – Christer Johansson – Anthony Kodyjasz ; Alexander Olsson (A) – Eric Medeiros – Vikhael To Landry ; Erik Caladi – Julien Lebey – Miroslav Kristin.

Remplaçants : Quentin Wargnier (G), Damien Croux, Mathieu Touveron, Vincent Touveron, Frédéric Figon.