"Nous pouvions les battre les yeux fermés et sur un patin..."

HAUGEN Lars-110430-263La Russie ne prête qu'une attention très lointaine à cet Euro Hockey Challenge où elle était déjà médiocre l'an passé, sans que cela ne l'empêche d'être championne du monde. Elle n'a donc organisé aucune rencontre cette année. Loin des yeux, loin du coeur, certes. Mais de là à perdre contre le Danemark, il y a un pas à ne pas franchir. L'orgueil russe a été frappé.

En visite à la base de l'équipe nationale à Novogorsk, le président de la fédération russe Vladislav Tretiak a ainsi lâché une phrase sans équivoque : "Autrefois, nous pouvions battre les Danois avec les yeux fermés et sur un patin !"

Mais dans le hockey international moderne, on ne peut plus sous-estimer personne. Et surtout pas les Norvégiens, les adversaires suivants, qui viennent de récupérer leurs derniers joueurs et sont au complet (sauf Mats Zuccarello des New York Rangers pour qui on garde une place au chaud).

Malgré les déconvenues des dernières semaines, la Russie n'a toujours pas mobilisé à ce point. Et ce n'est pas une question de disponibilité : Kazan a été éliminé des play-offs KHL le 4 avril, et plus de deux semaines plus tard, ils ne renforcent toujours pas la sélection. Ils se sont entraînés cette semaine à Novogorsk, mais ne sont pas du voyage.

Néanmoins, l'équipe russe n'a déjà plus rien à voir avec celle qui s'est inclinée au Danemark. On y retrouve la star Aleksandr Radulov, le meilleur marqueur des play-offs KHL Viktor Tikhonov, ou encore le duo Perezhogin-Popov qui avait dominé le dernier Mondial sur la ligne de Malkin.

RADULOV Alexander-110515-257Au début, on a l'impression que cette équipe est trop rapide pour la Norvège. Elle se crée les premières occasions dangereuses, mais essentiellement à la faveur d'erreurs locales. Sur le fond, le jeu n'est donc pas si déséquilibré. Et, tenez-vous bien, c'est la quatrième ligne norvégienne qui ouvre le score face au bloc de Radulov ! Niklas Roest entre en zone offensive sur l'aile droite et envoie une passe transversale vers Lars Erik Spets (1-0). Le but change la donne. Soudain, la Norvège est transcendée et se met à dominer. La Russie ne joue plus que par contre-attaques.

La deuxième période commence par le premier powerplay russe. Après un démarrage prometteur, celui-ci se fait sortir de la zone et n'arrive plus à y rentrer. La Norvège semble donc contrôler la situation. Aleksandr Radulov n'a cependant pas dit son dernier mot. Il gagne le palet dans les bandes et le sert au buteur Sergei Mozyakin, oublié dans le slot (1-1).

Les supériorités numériques de la Norvège ont eu peu d'impact jusqu'ici. La quatrième d'entre elles marque cependant un tournant, sur une action un peu folle : Patrick Thoresen n'arrive pas à garder le palet en zone offensive et laisse un Russe partir en contre-attaque, mais Lars Haugen réalise une sortie mémorable en plongeant aux devants de l'attaquant ! Mathis Olimb récupère le palet libre et le renvoie à l'avant vers Thoresen, qui se rattrape de son erreur quelques secondes plus tôt en redonnant l'avantage aux Norvégiens.

On imagine que le discours dans le vestiaire doit être musclé. La Russie revient fort sur la glace. Sergei Kalinin égalise de la ligne bleue, et ses coéquipiers prennent le jeu à leur compte. Mais à trois minutes de la fin, Aleksandr Svitov est pénalisé pour une crosse haute. Mats Trygg à la ligne bleue sert Per-Åge Skrøder dans l'enclave qui décale Patrick Thoresen côté droit : 3-2 !

La Russie encaisse une autre défaite historique, à une semaine d'intervalle. Cela commence à faire beaucoup... Mais les Scandinaves ne s'en plaignent pas.

Commentaires d'après-match

Patrick Thoresen (attaquant de la Norvège) : "C'était une grande victoire contre l'équipe de Russie. C'était impressionnant, il y a beaucoup de bons joueurs de KHL [où Thoresen joue] en face. Il n'y aura pas tant de différence que ça avec l'équipe qu'ils aligneront aux championnats du monde. On ne devrait donc rien enlever à cette performance. Cependant, il est important de garder les pieds sur terre, ou ça pourrait se retourner contre nous."

Roy Johansen (entraîneur de la Norvège) : "Ce sera plus dur aux championnats du monde. Nous avons fait de gros progrès, mais nous ne pouvons pas nous relâcher. Leurs stars n'ont pas eu d'espaces ni de temps. Nous avons fait preuve de contrôle et de discpline tout au long du match."

 

Norvège – Russie 3–2 (1-0, 1-1, 1-1)
Vendredi 19 avril 2013 à 19h00 à la DNB Arena de Stavanger. 3024 spectateurs.
Pénalités : Norvège 4' (0', 4', 0'), Russie 12' (4, 4', 4').
Tirs : Norvège 23 (9, 8, 6), Russie 20 (5, 8, 7).

Évolution du score :
1–0 à 13'34" : L.E. Spets assisté de Roest et Ask
1–1 à 28'47" : Mozyakin assisté de Radulov et Shipachev
2–1 à 36'17" : Thoresen assisté de M. Olimb et Haugen (sup. num.)
2–2 à 41'10" : S. Kalinin assisté de Biryukov
3–2 à 57'07" : Thoresen assisté de Skrøder et Mats Trygg (sup. num.)


Norvège

Gardien : Lars Haugen.

Défenseurs : Jonas Holøs (+1) - Daniel Sørvik (+1) ; Mats Trygg (-1) - Ole-Kristian Tollefsen (-1) ; Henrik Ødegaard (-1) - Nicolai Bryhnisveen (-1, 2') ; Aleksander Rindal.

Attaquants : Per-Åge Skrøder - Mads Hansen - Patrick Thoresen ; Mathis Olimb (-1) - Anders Bastiansen (-1) - Ken André Olimb (-1) ; Christian Dahl-Andersen (-1) - Kristian Forsberg (-1) - Martin Røymark (-1) ; Niklas Roest (+1, 2') - Morten Ask (+1) - Lars Erik Spets (+1) ; Mats Rosseli Olsen.

Remplaçant : Lars Volden (G). En réserve : Alexander Bonsaksen, Robin Dahlstrøm, Fredrik Lystad Jacobsen, Andreas Martinsen.

Russie

Gardien : Vassili Koshechkin [sorti à 59'36"].

Défenseurs : Anton Belov (+1) - Denis Denisov (+1) ; Yakov Rylov (-1, 2') - Evgeni Ryasensky (-1) ; Nikita Zaitsev (+1) - Evgeni Biryukov (+1, 2') ; Nikita Pivtsakin - Bogdan Kiselevich (2').

Attaquants : Sergei Mozyakin (2') - Vadim Shipachev - Aleksandr Radulov (2') ; Aleksandr Perezhogin (+1) - Sergei Kalinin (+1) - Aleksandr Popov (+1) ; Viktor Tikhonov - Aleksandr Svitov (2') - Mikhaïl Varnakov ; Sergei Plotnikov - Ilya Kablukov - Egor Averin ; Dmitri Kazionov.

Remplaçant : Stanislav Galimov (G).