Suède - Russie (Euro Hockey Tour 4)

OMARK Linus-100511-617Zinetula Bilyaletdinov a décidé de mettre la pression sur la sélection russe. C'est bien clair : seulement deux tiers de l'équipe présente pour les Czech Hockey Games, dernière étape de l'Euro Hockey Tour 2012-2013, ira au Mondial 2013.

Et comme si cela pouvait servir d'avertissement, deux champions du monde 2012 ont été éjectés de l'équipe : le capitaine du Severstal Tcherepovets Evgeni Ketov et l'ailier du CSKA Sergei Shirokov. Il faut dire que les défaites subies contre le Danemark et la Norvège ces dernières semaines a plongé la Russie dans un certain malaise.

Pourtant, celle-ci mène toujours l'Euro Hockey Tour avec cinq succès en neuf matches, en grande partie grâce à son équipe de rêve disponible durant la grève NHL. Seulement, ses étoiles ont filé depuis bien longtemps et bon nombre d'entre elles ne seront pas disponibles en mai.

À l'inverse, la Suède, qui joue à domicile ce jeudi, n'a comptabilisé que deux victoires durant l'EHT et elle a surtout concédé 26 buts, le point noir soulevé par Pär Mårts ces derniers jours.

Pour cela, il y a notamment la solution Johan Backlund. Le gardien du club finlandais du Kärpät reste sur deux jeux blancs consécutifs contre l'Allemagne (8-0) et la Lettonie (6-0) et bénéficie d'une quatrième titularisation en cinq matches. De bon augure à condition que l'effort collectif soit encore de rigueur. De son côté, l'entraîneur russe doit faire une croix pour cette fin de semaine sur Radulov, malade.

Parmi les plus entreprenants en début de match, Martin Thörnberg, intenable dans le coin, et Kirill Petrov, auteur d'une bonne reprise avant de donner une excellente passe devant le slot, offrent de réels tests aux deux cerbères. Le répondant russe ne va pas continuer bien longtemps. Dès la 6e minute, la Suède prend le match en main. La domination scandinave est renforcée par une pénalité infligée à Vadim Shipachev, elle sera au final concrétisée. Déjà auteur d'une puissante reprise de volée de la ligne bleue à gauche, Nicklas Danielsson, cette fois-ci sur l'aile droite, reçoit une passe de Johan Fransson, rentré rapidement en zone offensive. Nul besoin d'en faire plus et de tenter d'installer le jeu de puissance, Danielsson envoie un missile au-dessus du gant de Konstantin Barulin et sous la barre (1-0, 09'50").

La formation aux trois couronnes continue de surpasser son adversaire. Quelques minutes plus tard, Denis Denisov tombe seul, cela donne un boulevard à Andreas Jämtin qui contourne le défenseur du CSKA et frappe à la porte. Le même Jämtin se retrouve en prison. La Russie s'oxygène un peu, la frappe d'Anton Belov est la plus impressionnante et son rebond, brûlant, est repoussé in extremis. Jämtin de retour sur la glace, la Russie continue d'effrayer. Evgeni Kuznetsov tente un débordement avant de se retrouver seul devant le but, son tir en pivot échoue de peu. Le même Kuznetsov finit le tiers en prison.

Finalement, le châtiment de la pénalité de Kuznetsov tombe en deuxième période. Le tir de la ligne bleue de Staffan Kronwall prend une direction ascendante, Niklas Persson dévie à mi-hauteur et fait retomber le palet dans les filets de Barulin (2-0, 20'18"). Alors que la Russie tente de refaire surface, elle va finalement se faire piéger. La Sbornaïa est installée en zone offensive, Ilya Nikulin dose mal sa passe, elle est alors interceptée par Dick Axelsson. L'attaquant de Frölunda ne part pas tout à fait seul, Nikulin tente le retour de l'impossible, se jette mais fait tomber Axelsson qui se réceptionne mal, c'est sa hanche qui trinque. Ce dernier quitte la rencontre en direction de l'hôpital. Sa participation au championnat du monde est fortement compromise. Cela dit, le Suédois aura eu le temps d'inscrire le troisième but sur cette action (3-0, 24'49").

Avec trois buts de retard, la Russie n'est pas pour autant K.O. Evgeni Medvedev semble frapper de la ligne bleue, c'est en fait une diagonale se dirigeant vers Evgeni Kuznetsov qui échoue devant le slot. Les tentatives de Belov et Popov sont puissantes mais Backlund reste impeccable. Problème : la Suède joue parfaitement les contres. De sa zone défensive, Staffan Kronwall s'amuse à faire une passe dans le dos à l'aveugle, le magicien Linus Omark s'échappe côté droit, suivi par Vadim Shipachev, Omark déborde, se fait déséquilibrer tout en s'appuyant sur Shipachev mais lève dans sa chute le palet pleine lucarne (4-0, 28'28"). La nouvelle création de l'ancien ailier des Oilers d'Edmonton, prolifique en saison régulière en Suisse avec l'EV Zoug, mis à pied par son coach Doug Shedden durant des play-offs décevants, est un petit bijou. Un petit bijou qui a fait valser Barulin, prié de rejoindre le banc et remplacé par Vassili Koshechkin.

NIKULIN Ilya-100516-586Une pénalité contre Elias Fälth permet toutefois aux visiteurs de réduire l'avance de la Tre Kronor. Dans un premier temps, Aleksandr Perezoghin, poteau gauche, donne à Aleksandr Popov, poteau droit, Johan Backlund arrête de justesse. C'est cependant à sept secondes de la fin du jeu de puissance que la Russie trouvera la solution : Evgeni Biryukov frappe fort de loin, le rebond est pour Kirill Petrov qui permet au renard Sergei Mozyakin, à ses côtés, de bénéficier d'un angle totalement ouvert (4-1, 32'42").

Mozyakin, couloir gauche, est au début de l'action suivante avec une première tentative, le rebond est pour Sergei Soin qui passe immédiatement poteau opposé à Aleksandr Svitov devant une porte encore grande ouverte (4-2, 35'32"). En l'espace de trois minutes, la troupe de Bilyaletdinov a effacé la moitié de son retard.

Cependant, dès la première minute du troisième tiers-temps, la Suède repasse la vitesse supérieure, elle ne lâche rien. Martin Thörnberg dévie par deux fois la trajectoire de la rondelle alors que Nicklas Danielsson reste le plus actif en avantage numérique. La Russie se fait de nouveau rare dans le camp suédois, la dernière passe étant souvent mal ajustée à l'image de Yegor Averin qui aurait pu participer à un contre cinglant. Cela ne remet pas en cause une sélection suédoise très sérieuse dans sa zone.

Même à 5 contre 4, les Russes peinent à créer le danger hormis une fabuleuse action en triangle Medvedev - Mozyakin - Petrov. L'arrêt de la mitaine de Backlund est tout aussi fabuleux. L'abandon de la cage par Koshechkin à une minute de la fin de la rencontre n'aura aucune conséquence.

La Suède signe un succès solide face aux champions du monde. Au lendemain de cette rencontre, le jeune Tom Nilsson a été prié de plier bagage. En fait, Pär Mårts souhaitait barrer deux attaquants de sa liste. La blessure d'Axelsson et un dernier revirement du patron de la maison jaune et bleue auront finalement eu raison du vice-champion du monde junior. L'impardonnable temps des dernières esquisses...

Commentaires d'après-match

Zinetula Bilyaletdinov (entraîneur de la Russie) : "Les Suédois ont été très actifs, voire agressifs parfois. Il nous a fallu un temps d'adaptation ce qui leur a permis de creuser l'écart. Et puis nous avons fait de graves erreurs sous la pression. Concernant les gardiens, nous n'avons aucune certitude. Nous songeons toujours à Konstantin Barulin même s'il n'a pas apporté le résultat que nous attendions. Je pense que Vassili Koshechkin a bien joué et, quelque part, cela le relance dans la sélection. Ce sera de toute façon le plus fort qui aura sa place devant le but lors du Mondial."

Pär Mårts (entraîneur de la Suède) : "Nous avons bien maîtrisé la rencontre. Nous avons clairement dominé la première période. Les Russes obtiennent leurs buts sur de mauvais changements de notre part. Nous avons creusé l'écart assez facilement alors que nous n'avons pas eu beaucoup de chances de marquer. Au final, le score de 4-2 me paraît logique."


Suède - Russie 4-2 (1-0, 3-2, 0-0)
Jeudi 25 avril 2013 à 19h00 à la Kinnarps Arena de Jönköping. 5282 spectateurs.
Arbitrage de Tom Laaksonen et Stefan Fonselius (FIN) assistés de Johannes Käck et Jimmy Dahmén (SUE).
Pénalités : Suède 12' (4', 4', 4'), Russie 10' (6', 0', 4').
Tirs : Suède 33 (11, 10, 12), Russie 22 (7, 11, 4).

Évolution du score :
1-0 à 09'50" : Danielsson assisté de Fransson (sup. num.)
2-0 à 20'18" : Persson assisté de Kronwall et Rosén (sup. num.)
3-0 à 24'49" : Axelsson
4-0 à 28'28" : Omark assisté de Kronwall
4-1 à 32'42" : Mozyakin assisté de Petrov et Biryukov (sup. num.)
4-2 à 35'32" : Svitov assisté de Soin et Mozyakin


Suède (2' pour surnombre)

Gardien : Johan Backlund.

Défenseurs : Niclas Andersén (+1, 2') - Elias Fälth (+1, 2') ; Staffan Kronwall (C, +1) - Tom Nilsson (+1, 2') ; Johan Fransson - Jonas Ahnelöv ; Tobias Viklund (-1) - Daniel Rahimi (-1, 2').

Attaquants : Dick Axelsson (+1) - Niklas Persson (A) - Martin Thörnberg ; Linus Omark (+1) - Calle Järnkrok (+1) - Jonas Andersson (+1) ; Nicklas Danielsson - Robert Rosén - Linus Klasen ; Andreas Jämtin - Simon Hjalmarsson - Pär Arlbrandt (2') ; Fredrik Pettersson (-1).

Remplaçant : Johan Gustafsson (G).

Russie

Gardien : Konstantin Barulin puis Vassili Koshechkin de 28'28" à 59'02".

Défenseurs : Evgeni Ryasensky (-1) - Ilya Nikulin (C, -1) ; Evgeni Biryukov (-1) - Evgeni Medvedev (-1) ; Denis Denisov - Anton Belov ; Konstantin Korneev (+1, 2') - Nikita Zaïtsev (+1).

Attaquants : Aleksandr Perezoghin (-1) - Yegor Averin (-1) - Aleksandr Popov (-1, 2') ; Evgeni Kuznetsov (-1, 2') - Vadim Shipachev (-1, 2') - Sergei Mozyakin ; Kirill Petrov - Aleksei Tereschenko (A) - Viktor Tikhonov ; Sergei Soin (+1) - Aleksandr Svitov (A, +1) - Sergei Plotnikov (2').

Remplaçant : Dmitri Kazionov.