Présentation des playoffs NHL : la conférence Ouest

Les playoffs démarrent ce soir en NHL et la concurrence sera rude pour déterminer qui succèdera aux Kings de Los Angeles, vainqueurs l'an passé de la coupe Stanley. On démarre la présentation des quarts de finale de conférence de ces playoffs avec un tour d'horizon de la conférence Ouest. Outre le champion en titre, cette conférence verra s'affronter des valeurs sûres comme Chicago, Detroit, Vancouver, San José mais également les surprenants Ducks d'Anaheim.

 

Chicago Blackhawks (1) – Minnesota Wild (8)

Notamment marquée par une série historique de 24 matchs sans défaites dans le temps règlementaire, les Blackhawks ont signé une saison régulière quasi-parfaite. Leur efficacité offensive (deuxième meilleure attaque de la ligue) n’est pas une surprise du fait de leur top-6 offensif composé de valeurs sûres comme Jonathan Toews, Patrick Kane, Patrick Sharp ou Marian Hossa. La vraie surprise est venue de Corey Crawford dans les buts. Avec un pourcentage d’arrêts de 92,6% (sixième de la ligue parmi les gardiens ayant joué plus de 20 matchs), il a été moins fébrile que l’an passé. Si Chicago a été une des équipes les plus chanceuses de la ligue (avec un PDO (1) de 1019, elle termine largement au dessus de la moyenne de 1000), elle n’est pas la meilleure équipe de la saison régulière par hasard grâce à sa domination aux tirs à 5 contre 5 (deuxième équipe de la ligue dans ce domaine avec un Fenwick Close (2) de 55,91%). L’efficacité de son équipe a poussé le manager général à rester passif au niveau des transferts et seul le centre Michal Handzus est venu renforcer le bottom-6 offensif, en qualité de spécialiste des mises au jeu.

Du côté du Wild, Chuck Fletcher a été beaucoup plus actif à la deadline, n’hésitant pas à payer le prix fort (deux prospects et un choix de premier tour) pour obtenir Jason Pominville de Buffalo. Minnesota avait alors le vent en poupe et semblait en mesure de remporter leur division. Las, après un mois de mars probant avec 11 victoires pour 4 défaites, les hommes de Mike Yeo ont calé en avril avec 5 victoires pour 9 défaites (avec notamment une seule victoire en 7 matchs à domicile). Finalement, le Wild a validé son ticket dans la douleur lors du dernier match en battant l’Avalanche du Colorado. Les arrivées de Zach Parisé et Ryan Suter à l’intersaison ont été donc payantes puisque le Wild retrouve les playoffs pour la première fois depuis 2008. Mais malgré ces arrivées et la volonté de Yeo de sortir de la philosophie défensive qui a longtemps caractérisée la franchise, le Wild reste faible offensivement (24ème de la ligue en attaque) et moyen au niveau de la possession du palet (19ème de la ligue pour le Fenwick Close). Il y a en fait peu de profondeur offensive derrière la première ligne Parisé – Koivu – Pominville (ce dernier ayant remplacé Heatley depuis sa blessure avant de lui-même se blesser il y a quelques jours). Le gardien Niklas Backstrom a sans doute beaucoup de travail en vue.

Prédiction : Chicago 80% / Minnesota 20%

 


Anaheim Ducks (2) – Detroit Red Wings (7)

Comme Chicago, Anaheim a signé un début de saison canon avec 22 victoires pour 7 défaites qui leur a rapidement permis de se détacher en tête de la conférence Ouest. Pour autant, les Ducks n’ont pas la même trajectoire que les Blackhawks. Ainsi, plus favorisé par la chance (troisième de la ligue avec un PDO de 1024), Anaheim est nettement moins impressionnant que Chicago au niveau de la possession (48,13% au Fenwick close, 21ème de la ligue) ce qui peut laisser penser que les Ducks ne seront pas forcément les favoris de cette série. Ainsi, après leur début de saison tonitruant, Anaheim est retombé au niveau que suggèrent ses statistiques de possession avec 8 victoires pour 11 défaites. Les Ducks compteront donc sur leur gardien révélation de l’année Viktor Fasth (92,1% d’arrêts) et sur leur doublette offensive resignée au prix fort pendant la saison, Ryan Getzlaf (49 points) et Corey Perry (36 points) pour justifier leur statut de favori.

En face, Detroit est depuis longtemps un monstre de possession de palet et cette saison ne déroge pas à la règle même si les Wings terminent loin du podium (huitième de la ligue avec un Fenwick close de 53,17%). Malgré tout, le déclin est bien présent du côté du Michigan et il s’est principalement ressenti au niveau de l’escouade défensive, orpheline de Nicklas Lidstrom. Mais Detroit a pu compter sur la solidité de son portier, Jimmy Howard (neuvième parmi les gardiens ayant joué plus de 20 matchs avec 92,3% d’arrêts). En attaque, les leaders sont sans surprise Pavel Datsyuk et Henrik Zetterberg, qui terminent tous les deux au dessus du point par match.

Prédiction : Anaheim 40% / Detroit 60%

 


Vancouver Canucks (3) – San José Sharks (6)

Habitués aux premiers rôles dans la conférence Ouest, ces deux équipes ont été plus discrètes qu’à l’accoutumée : San José n’a pas réussi à obtenir l’avantage de la glace tandis que Vancouver n’a pas dominé sa division avec autant de facilité que les années précédentes. Il y a ainsi une certaine ressemblance entre ces deux équipes pour cette saison régulière 2013 : généralement dotées d’attaques prolifiques (troisième de la ligue l’an passé pour les Canucks et douzième pour les Sharks), ces deux équipes ont eu cette année des difficultés à marquer (respectivement 18ème et 23ème de la ligue). Toutefois, comme les Sharks terminent la saison régulière avec un pourcentage de tirs (6,5%) très en deçà de la moyenne (aux environs de 10%), on peut considérer que le potentiel offensif de San José ne s’est pas encore totalement exprimé. Seuls Joe Pavelski, Logan Couture et Patrick Marleau ont réussi à dépasser la barre des 10 buts tandis que Joe Thornton, grâce à ses 33 assistances, termine avec 40 points.

Du côté de Vancouver, les jumeaux Sedin restent les principaux contributeurs de leur équipe même s’ils n’ont pas atteint cette année la barre du point par match. Ryan Kesler a lui peu joué (il n’est apparu que pour 17 des 48 matchs des Canucks) mais il a semblé en bonne forme avec 13 points, surtout depuis qu’il est passé à l’aile de Derek Roy, arrivé à la deadline de Dallas. Les deux équipes sont également ressemblantes dans les buts : annoncé comme partant dès l’intersaison, Roberto Luongo n’a finalement pas été transféré, la faute probablement à son contrat trop important mais les Canucks peuvent compter sur Cory Schneider qui a clairement endossé le rôle de titulaire (92,7% d’arrêts, cinquième meilleur de la ligue). Du côté des Sharks, Antti Niemi n’a pas toujours reçu le crédit qu’il méritait malgré sa coupe avec Chicago en 2010 mais son pourcentage d’arrêts de 92,4% talonne son adversaire de la série et il a été décisif pour son équipe cette saison. Une série qui s’annonce donc plutôt serrée et indécise.

Prédiction : Vancouver 55% / San José 45%

 


St. Louis Blues (4) – Los Angeles Kings (5)

C’est peut-être la série la plus intéressante de ce premier tour. En tout cas, c’est probablement celle avec les deux meilleures équipes. En effet, si le début de saison des Kings a été discret (2 victoires pour 4 défaites en janvier), c’est parce que les champions 2012 étaient ralentis par un pourcentage de tirs anémique (comme l’an passé) et une méforme de leur portier, Jonathan Quick, MVP des playoffs l’an passé. On a donc pu rapidement conclure que Los Angeles ne ferait pas la passe de deux. En vérité, les Kings, dominateurs l’an passé dans la possession du palet, sont restés dans la même lignée et ils terminent largement premier de la ligue dans ce domaine (avec un Fenwick de 57,35%, bien au dessus de leur marque de 53,6% de l’an passé). Si Quick a été moins solide dans les buts que l’an passé (90,2% d’arrêts), l’entraîneur Darryl Sutter pourra compter si besoin sur son remplaçant Jonathan Bernier (92,2% d’arrêts sur 14 matchs). Neuvième attaque de la ligue, Los Angeles pourra compter sur un top-6 efficace composé notamment d’Anze Kopitar (42 points) et du sniper Jeff Carter (26 buts). Sans surprise, le manager général Dean Lombardi a apporté peu de changements à l’équipe championne. Néanmoins, les blessures graves des défenseurs Matt Greene puis Willie Mitchell en début de saison l’ont obligé à faire venir à la deadline le physique Robyn Regehr et Keaton Ellerby.

En face, St. Louis est également une équipe douée pour la possession du palet (cinquième de la ligue avec un Fenwick Close de 53,91%), comme l’an passée où elle était la meilleure de la ligue dans le domaine. Mais la raison pour laquelle St. Louis n’a pas remporté sa division provient sans doute, à part la domination sans partage de Chicago, de la faiblesse des gardiens. En effet, si les Blues finissent la saison avec la cinquième meilleure défense de la ligue, ce n’est pas à mettre au crédit des portiers : Brian Elliott et Jaroslav Halak terminent la saison régulière avec des pourcentages d’arrêts modestes (respectivement 90,7% et 89,9%) bien en deçà de leurs performances de l’an passé. Néanmoins, après un début de saison timide, Elliott semble avoir retrouvé ses marques dans le système de l’entraîneur Ken Hitchcock. L’attaque des Blues est dans la moyenne de la ligue (quatorzième) mais elle est plutôt dense. Ainsi, seuls Chris Stewart, Patrik Berglund et David Perron ont atteint la barre des 10 buts. L’an passé, ces deux équipes au jeu proche s’étaient déjà rencontrées la saison dernière et les Kings avaient expédié la série en quatre matchs. Les Blues espèrent donc prendre leur revanche cette fois. Un certain nombre d’équipes de la conférence Ouest sont sans doute satisfaites de voir ces deux poids lourds s’affronter dès le premier tour et nul doute que le vainqueur de cette série sera un candidat sérieux cette année.

Prédiction : St. Louis 45% / Los Angeles 55%

 

 


 

(1) PDO : indice calculé par addition du pourcentage de tirs de l’attaque et du pourcentage d’arrêts du gardien à 5 contre 5. Comme le pourcentage de tirs est en NHL en moyenne de 10% et le pourcentage d’arrêts de 90%, l’indice à la fin de la saison doit logiquement être aux environs de 1000. Si ce n’est pas le cas et que le PDO est largement au dessus de 1000, cela veut dire que l’équipe marque plus de buts ou encaisse moins de buts qu’elle ne devrait probablement et qu'une régression est à attendre.

(2) Fenwick Close : Nommé d’après son concepteur, Matt Fenwick, cet indice comptabilise les tirs à 5 contre 5 d’une équipe vers le but adverse (tirs cadrés + tirs hors cadre). Si le Fenwick est de 54%, cela signifie que l’équipe concernée a effectué 54% des tirs du match. Ici, en plus, seuls les tirs effectués lorsque le score est serré (au maximum 2 buts d’écarts) sont pris en compte, d’où le nom de Fenwick Close. Cet indice permet d’avoir une idée de la possession de palet d’une équipe. Ainsi, plus une équipe tire vers le but adverse, plus on suppose qu’elle a la possession du palet.