Boston sort de l'hibernation

Ce qui caractérise une équipe de play-offs c'est sa capacité à élever son niveau de jeu dans les moments difficiles. Après une fin de saison douloureuse (7 défaites dans les dix derniers matchs), les Bruins avaient à cœur de bien entrer dans les play-offs. Hier soir, une fois encore, Boston a démontré sa force mentale en réussissant à égaliser et à prendre les devants en seulement trois minutes, dans un match qui était pourtant mal embarqué.

Comme on pouvait s'y attendre, le match commence sur une cadence infernale. Il n'y a pas de round d'observation entre les deux formations. Et c'est Boston qui porte le danger en premier. Sur une occasion de but des Bruins, Van Riemsdky récupère la rondelle et la remonte à bleue avant d'être stoppé net par Patrice Bergeron qui le fait trébucher. En avantage numérique il suffit seulement de 20 secondes aux Leafs pour prendre les devants. Sur un tir dévié par Bozak, Franson récupère le rebond et sert Van Riemsdyk qui marque facilement. Magnifique séquence collective qui se conclut par un but. Après 9 ans d'absence en play-offs, les Leafs souhaitent marquer les esprits, c'est chose faite. Toronto cueille à froid les Bruins, qui réagissent rapidement, mais en vain. La défense ontarienne est très disciplinée en début de rencontre.

En premier tiers, Boston paye son indiscipline. Andrew Ference écope de deux minutes de pénalité après avoir infligé un violent coup au visage à Grabovski. Pour autant, Toronto ne profite pas du jeu de puissance pour prendre de l'avance.

Au retour au complet, le match n'est plus le même. L'attaque de Boston s'enflamme. La domination jaune et noire est enfin payante lorsque James Reimer craque à deux reprises en l'espace de 3 minutes. Le gardien canadien se fait d'abord surprendre par un puissant tir lointain de Redden (16'20), avant de craquer en unité spéciale à 12 secondes du terme du premier tiers sur un autre lancé de Redden dévié par Horton dans le slot (19'48).

Un but contestable puisqu'Horton a le bâton levé lorsqu'il dévie la rondelle. Les arbitres auraient pu refuser ce but, mais après reprise vidéo il sera bel et bien accepté. Et à quelques secondes de la fin du tiers, ce but a de quoi fait rager le coach Randy Carlyle. Le laxisme défensif ontarien coûte cher.

À la reprise les données sont les mêmes. Boston continue de dominer les débats. La défense de Toronto souffre sur les accélérations des Bruins. Néanmoins le jeu en contre des Leafs porte ses fruits. Le travail de la première ligne est satisfaisant. À la mi-match, Van Riemsdyk arrive à servir Tyler Bozak, qui se retrouve seul à la bleue. Le un contre un voit la victoire de Tuuka Rask qui arrive à écarter la rondelle non contrôlée par le n°42 de Toronto. Avec cette occasion de but, les Leafs refont surface. Mais cela est de courte durée.

Profitant d'un changement de ligne mal négocié, Krejci se retrouve esseulé à gauche. Il remonte la rondelle en zone offensive, mais se fait prendre le palet par la défense, qui rate la relance. Lucic récupère la rondelle et sert instantanément Krejci, très bien placé devant le but (30'25).

Voilà que Toronto encaisse un troisième but après une occasion de but immanquable, la frustration est immense pour les blue-shirts qui payent cash leurs erreurs. À ce niveau de compétitions, celles-ci sont impardonnable, et Boston ne se fait pas prier pour marquer ce but.

Alors qu'on les croyait finis, les Leafs mettent les bouchés doubles dans les minutes qui suivent et contrôlent la rondelle. Encore une fois, Toronto néglige la défense au profit d'une attaque. Attaque désespérément stérile. Les conséquences sont immédiates. Dion Phaneuf perd la rondelle en zone offensive et laisse un boulevard derrière lui. Krejci en profite, et sert Boychuk qui nettoie la lucarne adverse depuis la bleue (35'44). 4-1, Toronto est KO. Sur l'action, le placement du Capitaine Phaneuf est déplorable. En ne faisant pas l'effort pour se replacer, il laisse Gunnarsson seul. Une fois de plus la défense de Toronto est dépassée par les événements

Dans le troisième tiers, le duel physique fait rage. À ce petit jeu la, c'est Boston qui domine facilement. La défense jaune et noir fait manger la glace aux visiteurs. Ce sont successivement Orr, Kessel et Grabovski qui sont stoppés net dans leurs attaques. À l'autre bout de la patinoire, les ours sauvages poursuivent leurs violentes offensives. Même s'ils relâchent un peu les efforts en fin de match, les Bruins resteront dangereux jusqu'à la fin.

Finalement l'addition aurait pu être plus salée pour Toronto, qui a pu compter sur un Reimer solide, notamment en premier tiers. Mais cela n'a pas été suffisant pour stopper l'armada offensive de Boston. Les Leafs devront se montrer plus assidus dans le match 2 s'ils veulent rester dans la course.

La leçon à retenir de ce match est sûrement la bataille physique que se sont livrés les deux équipes. Même si d'un point de vue purement statistique, les Leafs ont rivalisé avec les Bruins en terme de charges, les blue-shirts ont été quasi inexistants dans les batailles le long de la bande.

Il faudra également travailler les séquences en supériorité numérique. Excepté dans les deux premières minutes, Toronto n'a pas réussi à imposer son jeu de puissance qui aurait pu faire basculer le match en leur faveur durant le premier tiers.

Le second trio, transparent ce soir, fera sûrement l'objet de quelques modifications.

Affaire à suivre...