République Tchèque - Bélarus (Mondial 2013, à Stockholm)

VORACEK Jakub-110513-068

Il est extrêmement fréquent, partout où le Bélarus se produit à l'étranger, qu'il soit encouragés en tribunes par des "drapeaux de l'indépendance", blanc-rouge-blanc, remplacés depuis 1995 par une symbolique plus soviétique. Ils sont généralement arborés par des Biélorusses en exil, comme un emblème du patriotisme mais aussi de la démocratie. Aujourd'hui, les opposants ont quand même fait fort. Se doutant, d'après l'expérience de l'an passé, que les tribunes du Globen seraient largement vides, ils ont déployé un drapeau de grande taille qui prend une moitié de tribune derrière le but. Impossible pour les téléspectateurs au Bélarus de faire semblant de ne pas le voir, même pour le premier supporter de l'équipe nationale, j'ai nommé le président Loukachenko, qui doit en grommeler dans sa moustache.

Cet activisme "grand format" ne doit bien sûr rien au hasard, puisque les championnats du monde auront lieu au Bélarus l'an prochain, un évènement dont veulent se servir plusieurs organisations pour dénoncer les atteintes aux droits de l'homme. En attendant, sportivement, l'équipe biélorusse privée de JO doit préparer tant bien que mal cette échéance avec un rajeunissement à demi-forcé, qu'il faut retourner pour en faire un atout. Des trois gardiens inexpérimentés, c'est Vitali Belinsky, le plus jeune et donc peut-être le plus prometteur, qui a été désigné titulaire.

Dans le camp tchèque, le gardien Ondrej Pavelec est arrivé avec un problème de santé qui est tenu secret, et ne s'est pas entraîné ces derniers jours. En conséquence, il a été annoncé qu'Alexander Salak serait titularisé pour les deux premières rencontres. Auteur d'une belle saison à Färjestad, Salak est actuellement sous les feux de la rampe : il vient de signer au SKA Saint-Pétersbourg, un club pas facile du tout où un autre gardien international tchèque, Jakub Stepanek, avait perdu tous ses moyens... En attendant le défi russe, Salak joue ce soir son premier match en championnat du monde.

Les Biélorusses font illusion pendant quelques minutes avec notamment un tir entre les cercles d'Ugarov, mais s'ils sont doués techniquement, les Tchèques le sont encore plus. Ces derniers prennent donc les commandes du match et obligent leurs adversaires à défendre, et à commettre des fautes. Kitarov et Filichkin partent en prison à sept secondes d'intervalle, et l'occasion est trop belle à 5 contre 3. Aleksandr Kulakov ne parvient pas à couper la passe de cercle à cercle de Radim Vrbata pour Jakub Voracek (1-0). Le Bélarus reste dangereux jusqu'à la pause, avec des tentatives de Stas ou de Kulakov.

KULAKOV Alexander-120506-342La deuxième période est à sens unique, mais la République Tchèque n'arrive pas à creuser l'écart. Seul dans le slot, Martin Hanzal semble contourner le gardien Belinsky, mais celui-ci réussit un sauvetage in extremis du bout de la botte droite. En supériorité numérique (Shinkevich a retenu Voracek), Jiri Tlusty est seul face à la cage sur un rebond, mais manque carrément la cible. Vu le temps passé en zone offensive, la rétribution reste minuscule.

À force de dominer sans marquer, les Tchèques ne sont pas à l'abri d'une mauvaise surprise. On le sait, ils souffrent d'une carence en défenseurs offensifs. Ils alignent donc un powerplay avec quatre attaquants et un seul arrière, un profil défensif qui dispose cependant d'une certaine puissance de slap. Zbynek Michalek est testé à ce poste en début de rencontre, avant de se voir préférer Ladislav Smid. Et on le conforme, Smid a un lancer puissant à la ligne bleue, Belinsky peut en témoigner. Le rebond est inévitable et Hanzal y décale parfaitement Vrbata (2-0). Voilà, le trou est fait. Sur un dernier avantage numérique, un autre lancer de Smid est même dévié par Fleischmann sur le poteau.

Les Tchèques ont assuré l'essentiel. Les débuts de Salak ont été parfaits puisqu'il a récolté un blanchissage. Sa patience n'a eu d'égal que celle de ses attaquants...

Le Bélarus a en effet retrouvé ses anciens systèmes, une tactique très défensive qui consiste à faire bloc autour de son gardien. Cela faisait merveille avec Mezin, cela réussissait aussi avec Koval, et en fin de compte, il semble que cela fonctionne tout aussi bien avec Belinski. Sur ce match, Andrei Skabelka ne semble pas avoi de problème de gardien. Par contre, s'il veut que son équipe marque des buts, il va bien falloir qu'elle ose un peu plus...

Désignés joueurs du match : Alexander Salak pour la République Tchèque et Vitali Belinsky pour le Bélarus.

Commentaires d'après-match

Alois Hadamczik (entraîneur de la République Tchèque) : "Certains joueurs ne sont ici que depuis deux jours, ils avaient peu de temps pour s'adapter. Les joueurs de NHL ont été disciplinés, nous n'avons pris aucune pénalité inutile. Nous avons des joueurs qui marquent en NHL, nous leur faisons confiance et nous espérons être payés en retour. Pavelec s'est entraîné aujourd'hui et paraissait bien, mais demain, c'est de tout façon Salak qui jouera. J'avais cette idée dans la tête, même sans les ennuis de santé de Pavelec, car Salak a été très fort contre les Suédois à l'Euro Hockey Tour."

Alexander Salak (gardien de la République Tchèque) : "J'apprécie le blanchissage, bien sûr, mais je suis surtout content que nous ayons gagné le premier match. Cela donne le ton de la compétition. Je suis resté concentré comme jamais pendant 60 minutes, je ne voulais pas prendre un but idiot. Nous avons bien joué, ce match était extrêmement difficile. Les Biélorusses défendaient bien et s'appuyaient sur des contres sporadiques. Ils étaient cinq joueurs à la bleue. Il faut travailler le jeu vers la cage, aujourd'hui on ne pouvait pas jouer en finesse. J'ai passé deux merveilleuses années en Suède. Demain, ce sera un match spécial."

 

République Tchèque - Bélarus 2-0 (1-0, 0-0, 1-0)
Vendredi 3 mai 2013 à 16h15 au Globen de Stockholm. 5127 spectateurs.
Arbitrage de Keith Kaval (USA) et Daniel Piechaczek (ALL) assistés d'André Schrader (ALL) et Christopher Woodworth (USA).
Pénalités : République Tchèque 6' (2', 2', 2'), Bélarus 14' (4', 4', 6').
Tirs : République Tchèque 36 (10, 11, 15), Bélarus 21 (9, 5, 7).

Évolution du score :
1-0 à 11'03" : Voracek assisté de Vrbata et Michalek (double sup. num.)
2-0 à 49'57" : Vrbata assisté de Hanzal et Smid (sup. num.)


République Tchèque

Gardien : Alexander Salák.

Défenseurs : Ladislav Šmíd - Zbynek Michálek (A) ; Jakub Nakládal (2') - Jan Hejda ; Zdenek Kutlák - Petr Cáslava (2').

Attaquants : Tomáš Fleischmann - Martin Hanzal - Radim Vrbata (A) ; Jirí Tlustý - Jirí Hudler - Jakub Vorácek ; Petr Tenkrát (2') - Petr Vrána - Tomáš Hertl ; Petr Hubácek - Jirí Novotný (C) - Zbynek Irgl.

Remplaçants : Pavel Francouz (G), Jan Kovár.

Bélarus

Gardien : Vitali Belinski.

Défenseurs : Ilya Kaznadei - Pavel Chernook ; Andrei Filichkin (2') - Roman Graborenko ; Ilya Shinkevich (2') - Yaroslav Maslenikov ; Oleg Goroshko.

Attaquants : Dmitri Meleshko - Aleksandr Kitarov (2') - Aleksandr Kulakov (2') ; Konstantin Koltsov (C) - Yevgeni Kovyrshin - Yevgeni Solomonov ; Aleksei Yefimenko (2') - Andrei Stas (2') - Aleksei Ugarov ; Vyacheslav Andryushchenko - Artyom Demkov - Artyom Kisly ; Mikhail Stefanovich (2').

Remplaçant : Dmitri Milchakov (G).