Suède - Suisse (Mondial 2013, à Stockholm)

GERBER Martin-100508-184Stockholm, une nouvelle fois en coopération avec Helsinki, retrouve les Championnats du monde de hockey sur glace pour la deuxième année consécutive. Il y a un an, l'organisation suédoise avait connu un fiasco retentissant, le Globen stockholmois éprouvant des difficultés à se remplir, y compris pour l'équipe nationale, pourtant renforcée par les Alfredsson, Karlsson, Bäckström, Zetterberg et Cie.

Cet échec semble un lointain souvenir puisque la Suède débute son Mondial à guichets fermés face à la Suisse. On sait d'ores et déjà que ce ne sera pas la seule fois, notamment à l'occasion du choc contre le Canada. Des tarifs moins élevés, plus adaptés à la demande en évitant des packs qui n'intéressaient que peu de monde, ont finalement permis aux billets de trouver preneurs plus facilement. Comme chaque année, la Tre Kronor peut compter sur une poignée de stars de la NHL, Pär Mårts a d'ailleurs obtenu un joker dans ses rangs.

L'attaquant des Stars de Dallas Loui Eriksson s'était donné un temps de réflexion plutôt que de prendre l'avion aussitôt la saison régulière terminée. S'envolant finalement pour Stockholm pour rejoindre ses proches, un championnat du monde organisé sur place a clairement fait pencher la balance. Il est même en uniforme. La Suisse commence donc sa campagne face à un favori en puissance, revanchard car éliminé chez lui l'an passé par la République Tchèque en quart de finale.

Ça tombe bien, absente des quarts de finale ces deux dernières années, la Nati est également revancharde. Sean Simpson aligne une formation jeune et dynamique avec sept joueurs qui disputent leur premier championnat du monde. L'attaquant de Calgary Sven Bärtschi devait également figurer sur la liste mais, manque de chance, celui-ci s'est blessé à l'aine lors du dernier match de la saison régulière ! Simpson n'a pas hésité à écarter quelques cadres dont Ivo Rüthemann, 36 ans et 270 sélections. Ce qui peut paraître contradictoire, c'est qu'il fait par contre confiance devant les filets à Martin Gerber, 38 ans et qui n'a pu empêcher la relégation du club suédois de Rögle en Allsvenskan, tandis que Benjamin Conz, 21 ans et finaliste de la LNA avec le Fribourg-Gottéron, regardera le Mondial à la télévision.

Afin de contrer un éventuel effet de surprise, la Suède met d'emblée la pression en zone offensive. Et ça a du succès puisque Simon Moser perd rapidement ses nerfs. La Suède commence à bien s'installer et Johan Fransson réussit même à frapper le poteau, la pénalité sera tout de même tuée. À 5 contre 5, la Suisse élabore une ligne défensive à trois avec relance rapide vers les deux ailiers. On n'a pas idée à quel point cela peut - et cela va - gêner la Tre Kronor. Gabriel Landeskog, en possession du palet, voit certes un 3 contre 1 se dessiner à la 8e minute, mais le jeune capitaine du Colorado le gâche par un mauvais choix.

Alors que Luca Cunti est sanctionné pour un coup au visage de Calle Järnkrok, Andreas Jämtin frappe à droite, Martin Gerber se couche mais est battu, c'est une nouvelle fois le poteau qui le sauve. En avantage numérique, la Suisse se montre elle aussi très à l'aise. Simon Bodenmann offre un bon tir du revers ce qui crée la panique sur le rebond et Severin Blindenbacher touchera lui aussi le poteau, c'est cette fois Jacob Markström qui est sauvé. Avant la pause, la Suède tente une action à trois mais il aurait mieux fallu se contenter d'une action à deux : servi par Niklas Persson, Dick Axelsson veut remettre à Loui Eriksson alors que l'angle paraissait suffisamment ouvert à l'attaquant de Frölunda.

PERSSON Niklas-090507-574Bénéficiant d'un jeu de puissance suite à un coup de genou de Landeskog en fin de premier tiers, la Nati redémarre très bien. Cunti et Bodenmann obligent Markström à deux arrêts de suite. Elle est ensuite récompensée de ses efforts. Dos au but et malgré Fransson derrière lui, Matthias Bieber décoche un tir en pivot contré par le patin de Petter Granberg (0-1, 22'52"). Le but galvanise totalement la troupe de Sean Simpson, qui tente d'en remettre une couche. Des tentatives de Hollenstein, après une passe dans le dos de Cunti, et Von Gunten, dont le slap est puissant, sont d'ailleurs proches du KO. La Suède va en définitive accuser le coup à l'image de Persson et Fälth qui laissent passer entre eux le dribbleur Nino Niederreiter : la jeune étoile helvète double la mise du revers et entre les jambes de Markström après un excellent travail de Martin Plüss dans le corner gauche (0-2, 28'17").

La Suède ne se contrôle plus et semble définitivement nerveuse. À la mi-match, elle se retrouve en supériorité numérique mais le bouillant Jimmie Ericsson l'annule bêtement en provoquant Gerber avec un coup de crosse puis en le chargeant volontairement. Les Suédois auront toutefois une double supériorité numérique à négocier à quelques minutes de la deuxième pause. Cela discute côté suédois pour trouver la faille. Au final, c'est Fransson qui s'y colle grâce à une reprise de volée de la ligne bleue pleine lucarne (1-2, 38'10").

Malgré ce but de l'espoir, en troisième période, la Suède semble toujours enlisée face à une Suisse solide, la Tre Kronor ne s'offrira pas une vraie occasion franche. Une faute de Roman Josi à 2'34" de la fin permet cependant aux locaux de mettre une pression d'enfer en misant sur un 6 contre 4 puisque Markström a déserté sa cage. Gerber et sa muraille sont héroïques, notamment sur un tir de Landeskog dont le rebond est difficilement dégagé. La Suède tente de nouveau de rentrer en zone offensive, se fait contrer alors que Josi revient sur la glace. Ryan Gardner en profite pour marquer dans les filets déserts (1-3, 59'27")... avant que Hjalmarsson ne réduise l'écart d'une unité, trompant Gerber d'un somptueux lancer balayé (2-3, 59'38").

La Suisse, opportuniste et rigoureuse, crée la surprise face à la Suède, pourtant supportée par une salle comble, et offre ainsi un beau cadeau, avec un jour d'avance, au coach Simpson dont l'anniversaire tombe samedi. Mais peut-on encore s'étonner d'une telle performance de la Nati ? Les Suédois démarrent leur deuxième Mondial consécutif par un fiasco, non pas dans les tribunes mais bel et bien sur la glace. À eux de réagir au plus vite face à la République Tchèque.

Élus joueurs du match : Dick Axelsson pour la Suède, Nino Niederreiter pour la Suisse.

Commentaires d'après-match

Sean Simpson (entraîneur de la Suisse) : "C'est une super sensation mais nous ne sommes qu'au début du tournoi, nous devons garder les pieds sur terre. La Suède a certes de grands joueurs dans ses rangs mais avec Moser, Niederreiter, Gardner, etc, nous avions les moyens de les bousculer."

Gabriel Landeskog (attaquant de la Suède) : "Nous n'avons pas fait un bon match aujourd'hui. C'est une grosse déception. En même temps, ce n'est que le premier match. Dans ce type de tournoi, il vous faut constamment progresser pour avancer."


Suède - Suisse 2-3 (0-0, 1-2, 1-1)
Vendredi 3 mai 2013 à 20h15 au Globen de Stockholm. 12500 spectateurs.
Arbitrage de Ian Croft (USA) et Jyri-Petteri Rönn (FIN) assistés de Sakari Suominen (FIN) et Miroslav Valach (SVK).
Pénalités : Suède 10' (4', 4', 2'), Suisse 14' (4', 6', 4').
Tirs : Suède 31 (9, 9, 13), Suisse 24 (6, 12, 6).

Évolution du score :
0-1 à 22'52" : Bieber assisté de Walker et Blum
0-2 à 28'17" : Niederreiter assisté de Plüss
1-2 à 38'10" : Fransson assisté de Danielsson et Eriksson (sup. num.)
1-3 à 59'27" : Gardner
2-3 à 59'38" : Hjalmarsson assisté de Tallinder


Suède

Gardien : Jacob Markström [sorti à 58'30"].

Défenseurs : Staffan Kronwall (C, -1) - Elias Fälth (-2) ; Henrik Tallinder (+1) - Erik Gustafsson (+1) ; Johan Fransson (-2) - Petter Granberg (-1).

Attaquants : Loui Eriksson (-1) - Niklas Persson (A, -2) - Dick Axelsson (-1, 2') ; Simon Hjalmarsson (+1) - Joel Lundqvist (A, +1) - Andreas Jämtin (+1) ; Gabriel Landeskog (2') - Oscar Lindberg - Jimmie Ericsson (-1, 4') ; Martin Thörnberg (-2) - Calle Järnkrok (-1) - Nicklas Danielsson (-1, 2').

Remplaçant : Jhonas Enroth (G).

Suisse

Gardien : Martin Gerber.

Défenseurs : Julien Vauclair (A, +2) - Mathias Seger (C, +2, 2') ; Philippe Furrer (2') - Severin Blindenbacher ; Patrick von Gunten (-1) - Roman Josi (-1, 2') ; Robin Grossman (+1) - Eric Blum (+1).

Attaquants : Simon Moser (+1, 2') - Martin Plüss (A, +2) - Nino Niederreiter (+1) ; Denis Hollenstein - Luca Cunti (2') - Simon Bodenmann ; Reto Suri (-1) - Andres Ambühl (-1) - Ryan Gardner (+1) ; Matthias Bieber (+1) - Morris Trachsler (4') - Julian Walker (+1).

Remplaçant : Reto Berra (G).