Norvège - Slovénie (Mondial 2013, à Stockholm)

TOLLEFSEN Ole Kristian-110430-285Maintenant qu'elle est devenue huitième nation mondiale, la Norvège a le privilège de commencer le championnat du monde contre une nation plus faible. Mais c'est un privilège risqué, contre une équipe de Slovénie qui a montré sa nouvelle mentalité gagnante en se qualifiant pour les Jeux olympiques. Ce n'est pas un adversaire contre lequel les hommes de Roy Johansen disposent de grande références : la Slovénie a gagné 7 des 10 confrontations, dont la seule à avoir eu lieu en compétition officielle, au Mondial B 1998 à Ljubljana. Bien sûr, elle n'a pas eu affaire à l'actuelle Norvège, la nouvelle terreur du hockey international depuis deux ans.

Une "terreur" avec un capitaine au look plus agressif que d'habitude. Ole-Kristian Tollefsen arbore en effet une nouvelle crête iroquoise : "C'était surtout pour changer afin que les gars aient un sujet de plaisanterie. J'avais dit que je le ferais depuis longtemps, mais maintenant c'était le bon moment puisque je ne suis pas à la maison et que ma femme n'aura pas à me voir. Et mes cheveux poussent, pas comme Bastiansen et Holtet." L'ambiance est détendue dans l'équipe de Norvège.

Elle l'est encore plus après une minute de jeu. David Rodman remonte le palet le long de l'aile gauche en zone neutre, sans s'attendre à se faire voler le palet par le filou Ken André Olimb. La contre-attaque mmédiate décale victorieusement Anders Bastiansen (1-0). Malgré un tir lointain de Ziga Pavlin sur le poteau, la Slovénie a peu d'occasions d'égaliser.

Il faut dire qu'elle doit s'employer en infériorité numérique. Andrej Tavzelj, le champion de France avec Rouen, ou Ziga Pavlin restent à garder l'enclave pendant que Ziga Pance et Ales Music gênent efficacement les attaquants adverses. Peu après le retour au complet, Jan Urbas fait trébucher Kristian Forsberg qui venait chercher un rebond. Les joueurs alignés en infériorité tournent beaucoup plus pour qu'ils puissent reprendre leur souffle, mais on en revient ensuite à ce même quatuor, qui se voit clairement confier les clés à 4 contre 5.

La défense slovène laisse beaucoup plus d'espaces à 5 contre 5. Depuis sa zone, Mathis Olimb trouve une longue passe vers Anders Bastiansen, complètement oublié par les défenseurs Kranjc et Kovacevic dans leur dos. Comme lors du premier but, Bastiansen conclut entre les bottes de Kristan (2-0). Mais juste avant la pause, Rok Ticar devance Mats Trygg en fond de zone, fait le tour de la cage et sert Ziga Jeglic au poteau opposé pour une reprise imparable (2-1).

La vedette norvégienne Patrick Thoresen se procure la première occasion de la deuxième période. Il feinte Pavlin qui se couche en plongeant devant lui et sort du champ, mais il est gêné in extremis par Tavzelj au moment de tirer. Ensuite, pourtant, le tiers-temps sera entièrement dominé par une Slovénie redevenue aussi conquérante qu'à la qualification olympique.

Ziga Jeglic signe notamment une accélération fantastique qui laisse en plan Tollefsen. Le deuxième bloc de supériorité numérique s'illustre ainsi avec les frères Rodman : David décale Marcel qui se dirige vers la cage et feinte pour un tir du revers, mais Lars Haugen reste solidement positionné et repousse du bras gauche. C'est surtout à la fin d'une pénalité de Bostjan Golicic (qui a fait trébucher Thoresen) que la Slovénie est toute proche d'égaliser, à 4 contre 5. Jan Urbas part d'abord en échappée, puis Ziga Pance sert Sabahudin Kovacevic, seul face au but. Couché sur le flanc, Lars Haugen réussit un arrêt-réflexe grandiose de la jambière.

Après vingt minutes piteuses, la Norvège attaque très fort la dernière période : Kranjc accroche Ken André Olimb, et pendant l'avantage numérique, un lancer puissant de Jonas Holos frappe la barre !

À défaut d'être toujours propre dans ses relances, Ole-Kristian Tollefsen retrouve sa vocation première en donnant une mise en échec pleine glace sur Rok Ticar. La charge, donnée de dos, est spectaculaire, mais propre et sans bavure. Robert Sabolic n'a cependant pas dû aimer voir son coéquipier finir sur les fesses et se venge d'une charge avec la crosse hors du jeu. Les arbitres sanctionnent cette stupide faute revancharde. L'infériorité numérique slovène est une fois de plus formidable : le duo Music-Pance gagne du temps en zone offensive, puis Kranjc contre un palet et s'échappe, mais Razingar ne parvient pas à reprendre sa passe au second poteau.

Les rouges ne sont toujours pas à l'abri d'une mésaventure. Ils ne parviennent pas à sortir un palet de leur zone, et voilà que Ziga Jeglic se présente seul face à Lars Haugen, qui ferme parfaitement l'espace entre ses jambières.

Robert Kristan n'est pas en reste dans les trois dernières minutes, quand ses coéquipiers prennent tous les risques et concède des breakaways. Il ne se laisse pas tromper une troisième fois par Bastiansen. Il se déploie encore face à Mads Hansen, un peu accroché par Robar : les arbitres accordent un tir de pénalité généreux, mais Hansen tire dans le bras gauche du gardien slovène. Celui-ci quitte ensuite son poste pour que les frères Rodman fassent le siège de la cage norvégienne à six contre cinq. Mais c'est Mads Hansen qui envoie le dernier palet dans les filets déserts (3-1).

Les Norvégiens semblaient parfaitement contrôler le match jusqu'à ce but slovène juste avant la pause, et ensuite leur jeu s'est délité face à un adversaire en confiance. Ils doivent une fière chandelle à leur gardien Lars Haugen, qui a préservé cette victoire. Il faudra qu'ils jouent bien mieux pour retourner en quart de finale.

Si la Slovénie veut arriver à se maintenir dans l'élite mondiale, les deux prochaines rencontres face au Bélarus et au Danemark seront capitales. Elles ne se sera pas encore épuisée sur la durée du tournoi. Même si toutes les actions dangereuses à cinq contre cinq viennent de la ligne Sabolic-Ticar-Jeglic, le point positif est le jeu en infériorité numérique. L'unité spéciale constituée autour des joueurs de quatrième ligne Ales Music et Ziga Pance peut énormément soulager les trios offensifs.

Désignés joueurs du match : Lars Haugen pour la Norvège et Sabahudin Kovacevic pour la Slovénie.

 

Norvège - Slovénie 3-1 (2-1, 0-0, 1-0)
Samedi 4 mai 2013 à 12h15 au Globen de Stockholm. 3832 spectateurs.
Arbitrage de Vladimir Baluska (SVK) et Keith Kaval (USA) assistés de Jimmy Dahmen (SUE) et Pierre Dehaen (FRA).
Pénalités : Norvège 8' (2', 4', 2'), Slovénie 10' (4', 2', 4').
Tirs : Norvège 25 (11, 2, 12), Slovénie 22 (4, 10, 8).

Évolution du score :
1-0 à 01'02" : Bastiansen assisté de K.A. Olimb et M. Olimb
2-0 à 14'03" : Bastiansen assisté de M. Olimb et K.A. Olimb
2-1 à 19'43" : Jeglic assisté de Ticar
3-1 à 59'55" : Hansen assisté de Forsberg (cage vide)


Norvège

Gardien : Lars Haugen.

Défenseurs : Alexander Bonsaksen - Jonas Holøs (+1, 2') ; Ole-Kristian Tollefsen (C, +3) - Mats Trygg ; Henrik Solberg.

Attaquants : Patrick Thoresen (A) - Mads Hansen (+1, 2') - Per-Åge Skrøder ; Ken Andre Olimb (+1) - Anders Bastiansen (A, +2) - Mathis Olimb (+1) ; Martin Røymark (2') - Kristian Forsberg (+1) - Marius Holtet (2') ; Lars Erik Spets - Morten Ask - Niklas Roest ; Andreas Martinsen [une présence].

Remplaçants : Lars Volden (G), Daniel Sørvik, Henrik Ødegaard. En réserve : Steffen Søberg (G).

Slovénie

Gardien : Robert Kristan.

Défenseurs : Mitja Robar - Blaz Gregorc ; Sabahudin Kovacevic (-2) - Ales Kranjc (-2, 4') ; Ziga Pavlin - Andrej Tavzelj (A) ; Klemen Pretnar.

Attaquants : Robert Sabolic (+1, 2') - Rok Ticar - Ziga Jeglic ; Jan Urbas (-2, 2') - Marcel Rodman (A, -2) - David Rodman (-3) ; Gasper Kopitar - Rok Pajic (-1) - Tomaz Razingar (C) ; Ziga Pance - Ales Music - Bostjan Golicic (2').

Remplaçants : Andrej Hocevar (G), Luka Basic. En réserve : Luka Gracnar (G).