Vancouver Canucks - San José Sharks (quart de finale de conférence, match 2)

Canucks VancouverSharks San JoséAlain Vigneault l'a dit et répété : ses meilleurs joueurs doivent être les meilleurs sur ce match 2. Il est vrai que la défaite en ouverture a fait mal au moral, notamment celui des supporters, qui estiment à 60% que les Canucks ont déjà perdu la série ! Le seul but marqué par Vancouver au premier match est signé Torres contre son camp : les attaquants n'ont pas brillé, même si Kesler, grippé, peut être excusé. En revanche, Roberto Luongo a été épargné par les critiques, après s'être montré flamboyant en début du match 1. En face, San José est plutôt content d'avoir au moins remporté l'avantage de la glace. L'opportunité d'enfoncer le clou s'annonce séduisante, mais il faudra faire sans Martin Havlat, forfait pour ce match 2.

Une attaque aux abonnés absents

Les Canucks se créent une occasion par la ligne Sedin dès la première présence. Ils cherchent à porter le jeu dans le camp adverse et à lancer au but dès que possible. Les mises en échec pleuvent d'entrée. La défense des Sharks s'accroche : interceptions, placement parfait et précision de la relance, l'activité des Californiens leur permet de laisser passer l'orage. Vancouver s'énerve et tombe dans la provocation : deux minutes pour un coup de crosse de Garrison. Le jeu de passe et le mouvement perturbe la défense de Vancouver, qui laisse un boulevard. Logan Couture trouve TJ Galiardi dans l'intervale sur une montée de zone, et Roberto Luongo doit sauver les meubles. Puis, Couture déborde, trouve Patrick Marleau en retrait et Luongo s'impose de la botte. Les bleus repartent à l'attaque, imposant leur jeu physique. Les contres sont terribles : travail de Brent Burns derrière la cage, Brad Stuart surgit dans le dos de la défense et Luongo fait l'arrêt, en deux temps. San José a su se montrer bien plus dangereux et structuré que les Canucks sur ces douze premières minutes, face à une formation des Canucks physique mais stérile offensivement.

San José se montre dangereux à chaque action et cela finit par payer. Joe Thornton gagne un duel le long de la bande, Galiardi remet à la bleue, le lancer immédiat signé Stuart met la défense à la rue. Burns traîne par là et Thornton prend le rebond (0-1 à 13'22"). La patinoire prend un coup sur la tête et les Canucks ne savent plus quoi faire. Leur jeu physique est la seule réponse et aboutit à deux minutes de pénalité : Andrew Alberts monte la crosse au visage sur une montée de James Sheppard. L'équipe spéciale se débrouille bien et San José n'arrive même pas à s'installer avant les dernières secondes, lorsque Burns expédie un missile de la bleue. Luongo ne laisse aucun rebond à Tim Kennedy dans l'enclave. Vancouver s'en sort mais montre une fébrilité certaine à la relance. Le public ne se fait plus entendre du tout, l'inquiétude montant au fil des minutes tant son équipe se révèle inoffensive. Quatre malheureux tirs à la pause : les Canucks sont complètement sonnés.

Une solide réaction 

Cela ne s'arrange pas au retour des vestiaires, avec une obstruction sur Niemi. Alex Burrows replace les Sharks en supériorité. Luongo sort un tir de Couture, puis un de Thornton, qui trouve le poteau en fin de pénalité sur une superbe passe de Pavelski. La vitesse et le mouvement de San José ont mis la défense au supplice mais Luongo repousse l'échéance. Burrows sort alors du banc et démarre en deux-contre-un avec Hansen : son tir puissant est intercepté par la mitaine de Niemi. Le Finlandais vole Daniel Sedin sur la présence suivante, d'abord de la mitaine, puis en se couchant sur la glace. Enfin, Vancouver se montre dangereux !

Cela s'enchaîne : tir puissant de Garrison, dégagé par Niemi. Réplique de Burns, servi en retrait par Couture, toujours aussi précis dans son jeu. Les Canucks ont repris des couleurs et comptent six tirs en six minutes. Les contres des Sharks prennent de vitesse la défense ; Pavelski démarre en deux-contre-un avec Wingels, tir du premier qui marque en deux temps... mais le but est refusé, Wingels ayant percuté Luongo, déséquilibré par un défenseur. L'action étant involontaire, aucune pénalité n'est appelée et c'est un avertissement sans frais pour les Canucks.

Le jeu s'ouvre, Weise exploite un deux-contre-un et c'est encore Niemi qui sauve, tout comme devant Kassian, auteur d'un beau geste technique au cercle gauche, ou devant Garrison à la bleue. La pression de Vancouver va-t-elle porter ses fruits ? L'occasion survient à la mi-match lorsque Brent Burns fait trébucher Derek Roy. Mais sur l'engagement, Henrik Sedin joue le palet à la main et prend deux minutes, selon la nouvelle règle instaurée cette saison. San José joue vite : Burns, Couture combinent et trouvent Torres à l'opposée : énorme arrêt de Luongo ! Réplique de Niemi sur un tir de Raymond excentré, avec un rebond pris dans les airs et sorti de la jambière.

La défense de Vancouver perd un nombre de palets incroyables sur des erreurs de relance. Sur l'une d'elles, Pavelski récupère, tire hors cadre mais Wingels suit et teste Luongo de près. Les esprits s'échauffent un peu sur l'action... Les joueurs de Todd McLellan trouvent encore deux bonnes opportunités dans la foulée avant de concéder une pénalité lorsque Wingels répond à un coup de crosse de Kesler. Vancouver s'installe. Les frères Sedin mènent le jeu, le palet circule bien et Burrows force Niemi à batailler pour geler le disque. La seconde minute se révèle moins convaincante et Wingels rentre en jeu sans dommage. Le rythme retombe durant les dernières minutes.

Kesler prend ses responsabilités

La pression est sur les joueurs d'Alain Vigneault pour ce dernier tiers : il ne faut pas partir à San José avec deux défaites au compteur. Pas de surprise sur la tactique : mises en échec, encore ! Andrew Desjardins tombe dans le piège et prend deux minutes à cause d'une charge en retard. On cherche le slap de Kesler à la bleue... et cela fait mouche (1-1 à 40'59"). Burrows, bien placé, masquait complètement Niemi.

Le public a compris que son équipe était revenue dans le match : dommage que Bieksa vienne asséner une charge bien après le coup de sifflet à Logan Couture et soit logiquement sanctionné de deux minutes. Kesler domine le cercle d'engagement et contribue à la défense facile de son équipe. Maladroits, les Sharks multiplient les hors-jeu ou passes manquées. La sanction ne tarde pas : de retour au complet, Vancouver profite d'une mauvaise passe de Boyle vers Pavelski dans l'axe pour intercepter. Kesler ajuste immédiatement un tir puissant en lucarne (2-1 à 47'06").

La fête tourne court

Le public se fait entendre à chaque charge, les Canucks remettant la pression physique, maintenant leur adversaire dans sa zone. San Jose est incapable, depuis de longues minutes, de s'approcher de Luongo. Il faut attendre la 53e minute pour un bon tir de Desjardins en angle fermé : poteau, le deuxième du match. Luongo était hors de position sur l'action, grâce au bon travail de Galiardi. Puis, Couture sert Braun, qui centre fort devant le but : Torres ne peut reprendre, ceinturé par Edler. À la surprise générale, les arbitres vérifient la vidéo mais le palet n'a pas franchi la ligne. Les Canucks évoluent en contre : Weise, en deux-contre-un avec Henrik Sedin, choisit le tir et Niemi s'en sort.

Le gardien sort pour un attaquant supplémentaire. Hansen rate alors la cage vide pour quelques centimètres. Il reste 55 secondes quand Boyle passe son défenseur sur l'aile droite, lance au but. Torres est dans l'enclave, Marleau reprend une fois, deux fois et égalise ! (2-2 à 59'04"). Sur le fil, c'est donc la prolongation.

Un contre assassin

Vancouver attaque fort la période et trouve même le poteau sur un lancer de l'aile gauche. Réplique immédiate lorsqu'un rebond improbable sur la balustrade revient sur Burns, qui voit Luongo tenir sur sa ligne le palet. Les nerfs sont mis à rude épreuve de part et d'autre. San José peine à sortir de sa zone, concédant plusieurs dégagements interdits, entrecoupés par une action chaude sur le but de Luongo menée par Pavelski. Sur le deuxième dégagement interdit, Todd McLellan n'a d'autre choix que de réclamer un temps mort. Pas simple à gérer vu la domination incroyable de Kesler aux mises au jeu ! Vancouver pousse, obtenant de nombreux contres favorables... mais l'un d'entre eux revient aux Sharks. Brent Burns contre une passe et démarre en deux-contre-un avec Torres. Burns patiente, Bieksa coupe mal la passe et Torres, ancien Canuck, lève suffisamment son palet (2-3 à 65'31").

Victoire à l'arrachée de San José, qui rentre à domicile à mi-parcours d'une qualification. Une performance car Vancouver a dominé une bonne partie de la rencontre, grâce à un Ryan Kesler de gala. Insuffisant pour les joueurs d'Alain Vigneault, pas assez tranchants offensivement et en gros danger à l'orée du match 3.


Vancouver Canucks - San José Sharks 2-3 après prolongation (0-1, 0-0, 2-1, 0-1)
Vendredi 3 mai 2013, 19h10, Rogers Arena de Vancouver, Canada. 18910 spectateurs.
Arbitrage de Tom Kowal et Brad Watson assistés de Steve Miller et Mark Wheler.
Tirs : Vancouver 31 (4, 14, 9, 4), San Jose 33 (10, 8, 8, 7)
Pénalités : Vancouver 10' (4', 4', 2'), San Jose 6' (0', 4', 2')

Récapitulatif du score
0-1 à 13'22" : Thornton assisté de Burns et Stuart
1-1 à 40'59" : Kesler aissté de H. Sedin et D. Sedin (sup. num.)
2-1 à 47'06" : Kesler
2-2 à 59'04" : Marleau assisté de Boyle et Pavelski (gardien sorti)
2-3 à 65'31" : Torres assisté de Burns

Vancouver Canucks

Gardien : Roberto Luongo

Défense : Dan Hamhuis - Jason Garrison ; Alexander Edler - Kevin Bieksa ; Andrew Alberts - Franck Corrado.

Attaquants : Daniel Sedin - Henrik Sedin - Alex Burrows ; Chris Higgins - Derek Roy - Ryan Kesler ; Mason Raymond - Maxim Lapierre - Jannik Hansen ; Zack Kassian - Andrew Ebbett - Dale Weise

Remplaçant : Joe Cannata (G).

Réservistes : Eddie Läck (G), Keith Ballard, Chris Tanev, Cam Barker, Jim Vandermeer, Derek Joslin, Peter Andersson (D), Kellan Lain, Steven Pinizzotto, Tom Sestito, Jordan Schroeder, Nicklas Jensen, Darren Archibald, Alexandre Mallet (A)

Blessés : Cory Schneider (G)

San Jose Sharks

Gardien : Antti Niemi

Défense : Matt Irwin - Dan Boyle ; Marc-Edouard Vlasic - Justin Braun ; Scott Hannan - Brad Stuart.

Attaquants : TJ Galiardi - Joe Thornton - Brent Burns ; Patrick Marleau - Logan Couture - Raffi Torres ; Andrew Desjardins - Joe Pavelski - Tommy Wingels ; James Sheppard - Tim Kennedy - Adam Burish.

Remplaçant : Thomas Greiss (G).

Réservistes : Alex Stalock, Harri Sateri, JP Anderson (G), Dylan Demelo, Jason Demers, Nick Petrecki, Sena Acolatse, Taylor Doherty, Matt Tennyson (D), Bracken Kearns, Sebastian Stahlberg, Matt Pelech, Travis Oleksiuk, Freddie Hamilton (A).

Blessés : Martin Havlat, Scott Gomez (A)