Russie - France (Mondial 2013, à Helsinki)

Russie-France-IMG 4286En ce jour de l’Ascension, on peut se dire que seul un miracle pourrait permettre aux Français de résister aujourd’hui à la Russie, encore invaincue et toujours aussi impressionnante offensivement. D’ailleurs, ce jour est férié aussi pour les Russes mais pour des raisons différentes : aujourd’hui c’est le « Den Pobedy » (jour de la victoire) commémorant depuis les années 1960 la victoire de la seconde guerre mondiale. Tout un symbole.

La France a certes montré des choses encourageantes en gagnant contre les Autrichiens puis en résistant décemment contre les Finlandais à domicile et malgré la blessure de Fabrice Lhenry lors du dernier match. Cela a permis de lancer Florian Hardy et c’est encore lui que l’on retrouve devant la cage pour son premier départ en championnat du monde. Sa sérénité face aux avants finlandais a convaincu le staff qu’il pouvait tenir sa place afin d’économiser Cristobal Huet avant les rencontres décisives.

La Russie, même sans le gros Alexander Svitov, qui a violemment heurté la balustrade au dernier match, fait elle aussi tourner ses gardiens et Zinetula Bilyaletdinov opte pour Vitali Koshechkin, le géant de 2 mètres.

Le défi est grand pour Florian Hardy mais les Bleus lui laissent le temps de se mettre dans le bain en contenant parfaitement les Russes. Ils sont même les premiers à tirer par l’intermédiaire d’Anthony Guttig et Sacha Treille. Mieux, ils peuvent s’installer en zone offensive et Antoine Roussel provoque la première pénalité russe de Denis Denisov. Ils installent plusieurs fois leur power-play et placent quelques tirs de Yohan Auvitu et Damien Fleury pour citer les plus dangereux.

Russie-France-IMG 4192La prestation des Russes en revanche est loin d’être tranchante. Certes ils arrivent plusieurs fois à s’installer en zone offensive mais sans arriver à conclure leurs occasions. Leur pression pousse parfois les Français à commettre des fautes comme le cinglage de Treille sur Radulov, ou bien lorsque les poids lourds Sergey Soin et Kirill Petrov obligent Nicolas Besch à lui aussi expier sa faute en prison.

Mais par deux fois, le penalty-killing bleu, pourtant un des pires du tournoi avec les Slovènes, repousse les assauts russes, notamment par un bon travail de Damien Raux sur la première pénalité et de la paire Roussel-Henderson sur la deuxième. Admettons tout de même que les Russes n’y sont vraiment pas. La tour de contrôle Artyom Anisimov en power-play passe en retrait de derrière le but pour… personne et dégage ainsi le camp français.

Beaucoup d’approximations dans les passes comme dans les tirs qui permettent d’aborder la deuxième période sur un score de parité et 7 tirs à 6 en faveur des Bleus ! Zinetula Bilyaletdinov a probablement remis les pendules à l’heure car les rouges sont plus dangereux. Les artilleurs sont de sortie : Anton Belov puis Yevgeni Medvedev balancent des missiles de la bleue parfaitement captés par le gardien d’Angers.

Arret du penalty-IMG 4306Une autre arme consiste à placer des contres lors des changements de ligne. Cette tactique avait été payante contre la Lettonie. Aleksandr Radulov reçoit ainsi le palet et se présente seul face à Florian Hardy qui n’a pas à s’interposer, car Kevin Hecquefeuille et revenu accrocher le bras de l’attaquant russe par derrière. Tir de pénalité ! Radulov s’élance pour se faire justice, part dans un dribble, Florian Hardy ne se livre pas et capte de la mitaine le tir du revers (photo de droite).

La France a eu chaud. Mais sur l’action suivante, Aleksandr Perezhogin contourne le but à la faveur d'un écran d'Anisimov sur Bachet, se retourne et place un bon tir en pleine lucarne. Dave Henderson a beau réclamer une obstruction, les Russes se sont relancés. 1-0 à 26’57

Mais Florian Hardy reste bien concentré et stoppe, à nouveau sur un changement de ligne, une échappée de Sergey Mozyakin. Tout comme Pierre-Édouard Bellemare, comme d’habitude omniprésent, qui récupère un palet derrière son but et trouve une longue relance pour Damien Fleury. Le meilleur pointeur d’Allsvenskan (et de l’équipe de France dans le tournoi) prend sa chance et son tir transperce Vasili Koshechkin. 1-1 à 29’52 (photo ci-dessous)

But de Damien FLEURY-IMG 4335La belle réaction française ne semble pas faire douter les Russes qui continuent à se procurer des occasions sur les changements français ou bien encore quand sur une passe haute en profondeur a priori anodine, le faux rebond trompe Hardy et tape le poteau.

La France continue de se procurer quelques occasions malgré la domination russe, notamment par la deuxième ligne. Mais il faut souligner aussi le travail de la troisième ligne, celle de Brian Henderson et Da Costa qui travaillent dans le coin et derrière le but pour donner à Antoine Roussel dans le coin. Le gros travailleur de Dallas allie à ce gros travail une bonne technique, et dans son plus pur style il ressort le palet du coin, se dirige tout seul vers le but et s’en va battre le gardien d’un tir à ras de terre, alors que le capitaine russe Ilya Nikulin, incrédule, reculait au deuxième poteau pour couvrir Henderson, pensant probablement que le Français jouerait plus collectif. 2-1 à 36’48 (photo ci-dessous)

But dAntoine ROUSSEL-IMG 4388Incroyable ! La France mène face à la Russie.

Elle est même tout près de prendre le large quand Charles Bertrand coupe un centre et bat le portier russe.

Malheureusement pour l’attaquant de SM-Liiga, le palet frôle le poteau. Stupeur et début de colère dans le public, peu nombreux mais presque exclusivement russe. Les avants se ruent sur le but pour égaliser mais la finition est mauvaise et il y a toujours une crosse française pour dégager.

La troisième période commence par un temps fort pour les Français. Même Antonin Manavian, auteur d’un match solide et de peu d’erreurs, monte pour accompagner un tir de Treille. Puis on cherche la déviation devant le but d’Anthony Guttig, qui remplace Laurent Meunier, tout juste revenu de France pour l’accouchement de sa femme,  sur la première ligne.

Russie-France-IMG 4254Les Russes font le jeu, mais les Français défendent toujours aussi bien et arrivent aussi parfois à s’installer en zone offensive. Charles Bertrand rate un deuxième beau centre de Da Costa.

Damien Raux prend deux minutes et Ilya Nikulin tente de se faire pardonner avec une grosse mine de la bleue, déviée du plastron par Florian Hardy.

Anthony Guttig provoque une pénalité contre Yevgeniy Ryasenski. Au tour des Français d’installer le power-play. Mais la technique des Russes leur permet de se dégager facilement.

Les dernières minutes deviennent de plus en plus dures. Sergei Soin perd son duel face au gardien français, puis Ilya Kovalchuk, meilleur buteur du tournoi, manque une cage presque ouverte. Ça devient Fort Alamo avec les slaps de Nikulin et Denisov de la bleue. Vassili Koshechkin tape de la crosse pour signifier à son banc qu’il veut sortir. Il reste moins de deux minutes.

Florian HARDY-IMG 4328La Russie termine la partie à 6 contre 5. Elle presse.

Un dernier engagement à trois secondes de la fin. Un temps mort demandé par Dave Henderson pour éviter tout but éclair. Bellemare gagne l’engagement.

La France fait tomber la Russie ! Il faut croire aux miracles.

Le banc explose, le staff s’embrasse. Tous les joueurs sautent sur Florian Hardy. La France a battu les champions du monde en titre ! Moment historique, très émouvant.

Elle fait un pas énorme vers le maintien et peut même encore rêver aux quarts de finale. La Russie tombe de haut au terme d’un match médiocre et approximatif. Elle ne gagne pas pour son jour de la victoire (qui commémore en fait aussi la victoire de la France et de tous les alliés) et devra s’améliorer avant d’affronter la Finlande dès le lendemain.

Désignés joueurs du match : Yevgeni Medvedev pour la Russie et Florian Hardy pour la France.

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Russie – France 1-2 (0-0, 1-2, 0-0)
Jeudi 9 mai 2013 à 16h15 à la Hartwall Areena. 3173 spectateurs.
Arbitrage de Martin Frano (TCH) et Aleksi Rantala (FIN) assistés de Sirko Hunnius (ALL) et Johnathan Morrison (USA).
Pénalités : Russie 4' (2', 0', 2') ; France 6' (4', 0', 2').
Tirs : Russie 29 (6, 12, 11) ; France 19 (7, 7, 5).

Évolution du score :
1-0 à 26’57" : Perezhogin assisté de Popov et Belov
1-1 à 29’52" : Fleury assisté de Bellemare et Hecquefeuille
1-2 à 36’48" : Roussel

Russie

Gardien : Vasili Koshechkin [sorti à 58'58].

Défenseurs : Yevgeni Biryukov (-2) - Ilya Nikulin (C, -2) ; Fyodor Tyutin - Yevgeni Medvedev ; Denis Denisov (2’, +1) - Anton Belov (+1) ; Yevgeni Ryasenski (2’).

Attaquants : Ilya Kovalchuk (A) - Andrei Loktionov - Aleksandr Radulov ; Aleksandr Popov - Artyom Anisimov - Aleksandr Perezhogin (+1) ; Sergei Mozyakin (-1) - Aleksei Tereshenko (A, -1) - Kirill Petrov (-2) ; Denis Kokarev - Sergei Soin.

Remplaçant : Semyon Varlamov (G). En réserve : Aleksandr Svitov (blessé).

France

Gardien : Florian Hardy.

Défenseurs : Yohann Auvitu (A) - Antonin Manavian ; Vincent Bachet (C, -1) - Kévin Hecquefeuille (+1) ; Jonathan Janil - Nicolas Besch (2’, +2) ; Maxime Moisand.

Attaquants : Julien Desrosiers (-1) - Anthony Guttig (-1) - Yorick Treille (-1) ; Damien Fleury (+1) - Pierre-Édouard Bellemare (A, +1) - Sacha Treille (2’, +1) ; Brian Henderson (+1) - Antoine Roussel (+1) - Teddy Da Costa (+1) ; Tim Bozon - Damien Raux (2’) - Charles Bertrand ; Nicolas Ritz.

Remplaçant : Cristobal Huet (G). En réserve : Fabrice Lhenry (G, petite entorse au pied), Thomas Roussel, Laurent Meunier.

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