Norvège - Bélarus (Mondial 2013, à Stockholm)

KULAKOV Alexander-120506-427Au moment de rentrer sur la glace du Globen Arena de Stockholm, les deux équipes jouent encore la qualification en quarts de finale, toutefois avec des ambitions différentes : après avoir battu la Slovénie (3-1) et le Danemark (3-2) dès l’entame de la compétition, la Norvège est ensuite logiquement tombée face à des équipes supérieures (1-7 face au Canada et et 1-5 face à la Suède). Soucieuse de prendre des points dans les matchs qu’elle sait « à sa portée », la motivation est grande, malgré la nouvelle suspension d’Ole-Kristian Tollefsen, de dominer le Bélarus pour viser la quatrième place du groupe.

Cette équipe de Biélorussie dont l’espoir des quarts de finale est infime et ne repose que sur une victoire acquise face à la Slovénie (4-3), mais qui joue finalement libérée de toute pression puisqu’elle est assurée de ne pouvoir être reléguée à l’issue de ces championnats du monde (pays organisateur du prochain Mondial). Les joueurs d’Andrei Skabelka en deviennent dès lors des potentiels « grains de poussières dans les rouages » des favoris, même si jusqu'ici ils n’ont su accrocher une grosse écurie à leur tableau de chasse, malgré quelques bonnes prestations (défaites face à la République Tchèque 0-2, face à la Suède 1-2 et face au Canada 1-4).

Dès l’entame, les Norvégiens se mettent à l’attaque. Plus agressifs sur les face-offs, c’est d’ailleurs sur l’un d’entre eux, gagné en zone offensive par Mads Hansen, que le décalage se fait pour Kristian Forsberg. Il met derrière la cage un palet récupéré par Martin Røymark, ce dernier se défait d’Oleg Goroshko et d’Ilya Shinkevich pour adresser une très bonne passe du revers à Per-Åge Skrøder qui arrive lancé devant la cage, reprend d’un slapshot et trouve le côté gauche de la cage d’un Vitali Belinski qui ne s’est pas couché assez rapidement. Nous jouons depuis un peu moins de 4 minutes et la Norvège prend l’avantage (1-0).

Le Belarus tente de réagir, mais bute sur une défense norvégienne bien en place. Les tirs à la cage sont rares et Lars Haugen est très peu inquiété. La première ligne biélorusse est peut-être la plus dangereuse en ce tiers, on compte notamment un beau lancer d’Aleksandr Kitarov stoppé par Haugen, mais cela reste trop timide. Les blancs ne se rendent pas la tâche facile quand Yegveni Salomonov est envoyé en prison à mi-tiers pour « accrocher ».

Mais la Norvège n’en profite pas, et elle ajoute même une ligne à une statistique bien peu glorieuse en ces championnats du monde. Il était évident que les joueurs de Roy Johansen n’attendaient pas à ce qu’on leur décerne un prix du fair-play à l’issue du tournoi (notamment du fait des deux suspensions après le Danemark ou du dernier tiers du match contre la Suède), mais ils se sont encore illustrés dans ce domaine, cette fois-ci par l’intermédiaire d’Andreas Martinsen. À la lutte avec Andreï Filichkin, le n°24 norvégien propulse par derrière son homologue contre la bande et la sanction tombe : 5 minutes et méconduite de match pour charge contre la bande de Martinsen, qui ne sera resté que 1’48 sur la glace.

La Biélorussie voit là une occasion en or de revenir. Les joueurs repartent à l’attaque et Haugen doit s’employer face à Pavel Chernaok puis face à un lancer à la ligne bleue de Filichkin. Mais la Norvège résiste et parvient même à se montrer dangereuse sur un travail de Marius Holtet qui remet derrière la cage et trouve son capitaine Patrick Thoresen bien esseulé. Thoresen contourne la cage pour glisser le palet dans le côté vide, mais le jeune gardien du Yunost Minsk se couche parfaitement pour boucher l’angle. Les Norvégiens, solides sur l’infériorité numérique, rentrent aux vestiaires avec cet avantage d’un but.

HAUGEN Lars-110430-263Jonas Holøs déclarera d’ailleurs à l’issue de la rencontre que cette longue pénalité tuée a été selon lui un tournant, car cela leur a donné « de l’énergie ». Et certainement un fort impact psychologique, même s’il convenait de ne plus jouer avec le feu, ce qui devait certainement être dans le discours de Johansen à ses joueurs. Les Norvégiens ne seront plus pénalisés dans ce match.

Contrairement aux Biélorusses qui se retrouvent à 4 contre 5 après trois minutes de jeu dans le tiers médian : Ilya Shinkevich retient son adversaire. Comme ils en ont pris la bonne habitude en ce tournoi, les rouges parviennent à nouveau à faire vivre ce jeu de puissance bien au-delà de la pénalité tuée. Et c’est après le retour de Shinkevich sur la glace que Thoresen passe le palet à Mats Trygg présent à la bleue qui tente un puissant lancer. Présent devant la cage, Skrøder dévie légèrement la rondelle qui change totalement de trajectoire. Belinski voit alors le palet taper sa jambière, mais dans l’élan de son premier mouvement sur le lancer de Trygg, il ne peut revenir au rebond, et Skrøder a alors tout le loisir pour marquer tranquillement son deuxième but dans ce match, alors qu’il n’avait pas encore marqué dans la compétition (2-0).

Le Belarus est clairement sonné. Les joueurs peinent à s’installer en zone offensive, et ils doivent s’en remettre à quelques individualités (Chernaok, Filichkin ou une dangereuse présence au rebond d’Andryushenko) pour porter le danger sur la cage d’un Haugen aussi concerné que ses coéquipiers dans ce match. Mais il manque de toute évidence un petit grain de folie pour emballer la rencontre, d’autant qu’ils ne peuvent plus compter sur des indisciplines norvégiennes.

Et à ce petit jeu-là c’est souvent l’équipe qui court après la marque qui se fait sanctionner. Filichkin, tributaire d’un gros temps de jeu dans cette rencontre, est pénalisé pour « faire trébucher ». Les Norvégiens se réinstallent et sur une circulation du palet très fluide, Holøs glisse à Holtet qui tente sa chance. Le portier est battu et Anders Bastiansen lève même les bras, mais c’est la transversale qui repousse la belle tentative du joueur de Färjestad en Elitserien. Le Belarus est mené de deux longueurs à l’issue de ce tiers-temps, et on ne voit pas trop comment il pourrait revenir.

STAS Andrei-120506-343Le dernier acte démarre sur un jeu plutôt neutralisé et bien peu rythmé. Le Belarus semble chercher en vain des solutions et chaque minute qui s’égrène rend son jeu de plus en plus brouillon. La Norvège se contente de gérer son avance et de veiller à ne pas se faire sanctionner car cela constituerait  bien la dernière chance de relancer les adversaires. La plus belle occasion de cette première moitié de tiers est à mettre à l’actif des Scandinaves et de la quatrième ligne à qui l’on offre du temps de jeu : Lars Erik Spets transmet le palet à Morten Ask avant de se replacer devant la cage. Ask centre devant la cage où se joue une belle lutte entre deux Norvégiens (Spets et Robin Dahlstrøm) et le seul Roman Graborenko. Le palet est finalement stoppé par Belinski.

Les blancs se compliquent encore un peu plus la tâche quand Chernaok est repris par les arbitres pour « accrocher », malgré ses contestations. Les Norvégiens ne transcendent pas ce power-play mais accélèrent en toute fin de celui-ci. Ken André Olimb transmet la rondelle à Bastiansen resté seul à proximité du but, le numéro 20 prend le temps de se replacer dans l’axe et trompe Belinski à la toute dernière seconde de la supériorité numérique (3-0). C’est le 4e but de l’assistant-capitaine dans le tournoi.

On se dirige alors vers une tranquille victoire norvégienne, quand à moins de deux minutes du terme, le Belarus conduit le palet sur toute la longueur de la patinoire jusqu’Alexander Kulakov qui en hérite et se défait solidement de la défense norvégienne avant de tromper Haugen, le portier norvégien disant au revoir à un blanchissage qui lui tendait les bras (3-1).

Skabelka demande alors un temps mort. Très vite Belinski quitte sa cage et il reste 1’10 aux blancs pour forcer la décision et marquer deux buts à 6 contre 5. Mais trop de maladresses dans l’installation en zone offensive hachent le jeu et les empêchent de revenir. Les Norvégiens s’imposent sur le score de 3 buts à 1, et passent devant les Tchèques pour prendre la 4e place du groupe. Les deux matchs à suivre face à des adversaires directs (la Suisse et la République Tchèque) seront cruciaux dans la course aux quarts de finale. Quant aux Biélorusses, cette défaite logique semblerait plutôt les conduire vers une fin de tournoi sans enjeu. Ils tâcheront de battre le Danemark, dans une rencontre de bas de tableau qui s’annonce très serrée, les Danois ayant eux l’obligation d’aller chercher leur maintien.  

Désignés joueurs du match : Per-Åge Skrøder pour la Norvège et Aleksandr Kulakov pour le Belarus.

Commentaires d'après-match

Roy Johansen (entraîneur de la Norvège) : "Les deux équipes savaient que cette rencontre était une chance de passer en quart de finale. Mon équipe a probablement joué son meilleur match du tournoi. Nous avons bien travaillé en défense et en attaque, nous avions visiblement soif de buts. La troisième période fut dure, le Bélarus a significativement augmenté sa pression, mais comme au début, notre défense a été forte et sûre."



Norvège - Belarus 3-1 (1-0, 1-0, 1-1)
Samedi 11 mai 2013 à 20h15 au Globen de Stockholm. 3115 spectateurs.
Arbitrage de Morgan Johansson (SUE) et Jyri-Petteri Rönn (FIN) assistés de Chris Carlson (CAN) et Christopher Woodworth (USA).
Pénalités : Norvège 25' (25', 0', 0'), Belarus 8' (2', 4', 2').
Tirs : Norvège 31 (11, 14, 6), Belarus 19 (4, 8, 7).

Évolution du score :
1-0 à 03'55" : Skroder assisté de Forsberg et Roymark
2-0 à 25'58" : Skroder assisté de Thoresen et Trigg
3-0 à 54'18" : Bastiansen assisté de K.A. Olimb (sup. num.)
3-1 à 58'27" : Kulakov assisté de Solomonov


Norvège

Gardien : Lars Haugen.

Défenseurs : Alexander Bonsaksen - Jonas Holøs (A) ; Henrik Ødegaard  - Mats Trygg (+1) ; Daniel Sørvik.

Attaquants : Martin Røymark (+1) - Mads Hansen (+1) - Per-Åge Skrøder (+2) ; Patrick Thoresen (C) - Marius Holtet - Ken Andre Olimb (-1) ; Kristian Forsberg - Anders Bastiansen (A) - Mathis Olimb (+1) - Niklas Roest ; Lars Erik Spets - Morten Ask - Andreas Martinsen (5'+20') - Robin Dahlstrøm.

Remplaçants : Lars Volden (G), Mats Rosseli Olsen. En réserve : Steffen Søberg (G), Henrik Solberg. Suspendu : Ole-Kristian Tollefsen.
 
Bélarus

Gardien : Vitali Belinski [sorti de 58’50” à 60’00”].

Défenseurs : Ilya Kaznadei - Pavel Chernaok (2’) ; Andrei Filichkin (+1, 2’) - Roman Graborenko ; Ilya Shinkevich (-2, 2’) - Oleg Goroshko (-2) ; Yaroslav Maslenikov.

Attaquants : Dmitri Meleshko (-1) - Aleksandr Kitarov (-1) - Aleksandr Kulakov (A) ; Konstantin Koltsov (C, -1) - Yevgeni Kovyrshin (-1) - Aleksei Ugarov (A) ; Aleksei Yefimenko - Andrei Stas (+1) - Yevgeni Solomonov (+1, 2’) ; Vyacheslav Andrushchenko - Artyom Demkov - Artur Gavrus ; Artyom Kisly.

Remplaçant : Dmitri Milchakov (G). En réserve : Stepan Goryachevskikh (G), Mikhaïl Stefanovich.