Norvège - Suisse (Mondial 2013, à Stockholm)

La Suisse au rendez-vous

AMBUHL Andres-120506-327Cette rencontre entre la Suisse et la Norvège peut véritablement être qualifiée de « match à enjeu ». Une réalité quand on sait que cet enjeu ne concerne pas seulement les deux opposants du soir. La situation semble assez claire pour les Suisses : les Helvètes ont fait preuve d’une grande solidité depuis le début du tournoi en n’ayant pas perdu le moindre match (4 victoires en temps réglementaire, 1 après tirs au but face au Canada). En cas de victoire, la Suisse reprendra la tête du groupe.

Du côté des Norvégiens, comme on aurait pu le penser avant la compétition, l’équipe est à la lutte. Grâce à des victoires convaincantes face à des adversaires plus faibles, la Norvège a su prendre les points quand il le fallait et pointe avant cette rencontre à la 4e place, la dernière qualificative pour les quarts de finale, devant la République Tchèque. Dans l’après-midi, les Tchèques s’étaient inclinés face au Canada (2-1), et ce résultat faisait peser sur cette rencontre un intérêt crucial : si la Suisse s’impose, la dernière journée de cette phase de groupe verra « une finale » entre la Norvège et la République Tchèque, et le vainqueur accédera aux quarts de finale. Mais si c’est la Norvège qui s’impose (dans le temps réglementaire), elle compostera son billet pour les quarts et ça en sera terminé des espoirs tchèques.

Très rapidement, les hommes de Sean Simpson prennent le dessus. Reto Suri s’essaie à deux reprises, la première tentative n’est pas cadrée, la seconde est repoussée par Lars Haugen. Quelques secondes plus tard, Martin Plüss est mis sur orbite du milieu de l’aire de jeu, mais ne cadre pas son lancer. Le travail suisse ne tarde pas à être récompensé : Plüss remet le palet devant la cage d’un lancer pourtant très lent. Gêné par le trafic devant sa cage, Haugen repousse de la jambière mais est bien mal replacé. Simon Moser en profite pour se défaire de Kristian Forsberg et ouvrir la marque (0-1).

L’équipe helvétique ne compte pas s’arrêter là et continue de pousser : Nino Niederreiter ne cadre pas, contrairement aux lancers de Ryan Gardner, Roman Josi et Andres Ambühl qu’Haugen arrête. Il n’y a guère que les dégagements interdits suisses qui permettent aux Norvégiens d’approcher de la cage de Martin Gerber, et encore le palet ressort à chaque fois très vite.

Per-Åge Skrøder inaugure le banc des prisons pour interférence. Ambühl se montre à nouveau dangereux au rebond d’un lancer de Patrick Von Gunten, mais le palet sort des limites de jeu. La Norvège pense enfin tenir l'occasion de sortir la tête de l'eau après une charge avec la crosse d'Eric Blum, mais cette supériorité numérique tourne au cauchemar pour les rouges. Incapables de s'installer, ils se font même surprendre en encaissant un superbe but suisse sur un modèle de contre. Jonas Holøs perd un palet et Suri part à toute vitesse avant de remettre une passe aveugle pour Ambühl qui ne se pose pas de question et tire. Haugen est sur la trajectoire mais laisse un rebond dont profite Roman Josi, les Norvégiens n'ayant absolument pas eu le temps de réagir et de se replacer (0-2). Sur le but, Patrick Thoresen perd ses nerfs et se voient attribuer une méconduite de 10 minutes, une mauvaise habitude pour la Norvège dans ce tournoi.

Pour autant l’équipe est toujours en supériorité, mais plus pour très longtemps. Morten Ask est pénalisé (très sévèrement) pour interférence. Après les 40 secondes de 4 contre 4, la Suisse s'installe en powerplay et porte le danger grâce à Simon Bodenmann qui repique seul vers la cage mais ne trompe pas Haugen. Le tiers se termine sur une charge très limite d'Ole-Kristian Tollefsen, et sur un avantage suisse totalement mérité.

Les Norvégiens ne profitent pas

Dans le deuxième tiers-temps, les Suisses poursuivent sur leur lancée et continuent à se montrer menaçants, poussant Niklas Roest à la faute (faire trébucher). L'occasion pour Suri de se mettre en avant sur deux dangereux lancers, l'un hors cadre et l'autre stoppé par Haugen au moment où la pénalité prend fin.

HOLLENSTEIN Denis-120506-321On pense alors que seules des indisciplines suisses pourraient relancer les coéquipiers d'Anders Bastiansen. Et l'occasion leur sera offerte à pas moins de trois reprises sur des pénalités consécutives de Robin Grossmann (faire trébucher), Julian Walker (pour interférence, dans les faits en allant se faire justice soi même suite à une énième intervention virile de Tollefsen) et Simon Moser (accrocher). Une chance royale de revenir mais dont les Norvégiens ne profitent absolument pas, et cette impuissance conduit même à une énorme occasion suisse en infériorité numérique, avec l'échappée d'Ambühl seul devant Haugen, mais un duel perdu par le nouveau joueur de Davos.

Après avoir solidement tué ces pénalités consécutives, la Suisse est en pleine confiance et Denis Hollenstein a la possibilité de conclure une belle action collective, mais il s’emmêle un peu les pinceaux sur son dribble. S'ensuit une longue phase de jeu dans le camp des Norvégiens, totalement asphyxiés et incapables de ressortir le palet sous les assauts helvètes.

Quand Alexander Bonsaksen prend deux minutes de pénalité pour charge incorrecte, on se dit que le troisième but n'est pas loin. Et l'intuition est la bonne : après une très grosse frappe à la ligne bleue, l'intenable Ambühl récupère le palet, il le remet à Von Gunten  totalement seul, qui prend tout son temps pour contrôler le puck et tromper un Lars Haugen bien peu aidé (0-3).

Le tiers se termine sur un échange d'amabilités entre Robin Dahlstrøm et Julien Vauclair, les deux joueurs sanctionnés pour dureté feront démarrer le troisième tiers à 4 contre 4.

Un réveil trop timide

ASK Morten-110430-397La Norvège, apathique pendant les 40 premières minutes, semble décidée à proposer un tout autre visage pour la fin de la rencontre. L'intention est louable mais le geste fait encore défaut quand Patrick Thoresen se montre bien maladroit en partant en contre. Quelques instants plus tard Séverin Blindenbacher est sanctionné d'une charge contre la bande, et la Norvège parvient enfin à s'installer timidement en zone offensive. Alors que Mathias Seger se plaint d'un coup au visage, Morten Ask s'emploie dans un lourd lancer que Martin Gerber repousse en laissant un rebond dont profitera Tollefsen dans l'axe (1-3).

L'ouverture du compteur scandinave booste la confiance et les Norvégiens patinent clairement plus vite, avec plus d’agressivité dans la conquête du palet. Matthias Bieber part en prison pour obstruction durant ce relatif « temps fort » norvégien. Pour autant, les joueurs suisses ne s'affolent pas et ressortent très souvent les palets proprement sur des contres. Morten Ask tente mais c'est repoussé par Gerber et Plüss est sanctionné pour cinglage. Cela offre 23 secondes de 5 contre 3 à la Norvège, mais les suisses demeurent toujours aussi solides défensivement et tuent ces deux pénalités.

Sans doute un tournant dans cette fin de rencontre, car malgré le but de Tollefsen, les Norvégiens semblent à nouveau sans solution. Cela ne s'arrange pas quand Henrik Ødegaard commet une obstruction au plus mauvais moment pour ses coéquipiers, ne parvenant absolument pas, de leur côté, à ressortir les palets en infériorité numérique.

Bien vite et sans coup d'éclat, le compteur n'affiche plus que deux minutes de jeu, et la Norvège n'arrive absolument pas à prendre sa chance et à inquiéter l'ancien portier de NHL. Les supporters suisses, rejoints pour l'occasion par les fans tchèques, peuvent chanter à cette nouvelle victoire qui se profile. C'est même Moser qui se montre dangereux en fin de match avant qu'Haugen ne quitte sa cage, ce qui n'apportera rien de plus aux Norvégiens.

La Suisse s'impose 3 buts à 1 et signe sa 6e victoire en autant de matchs dans ce tournoi. Elle reprend son incroyable première place du classement et prouve qu'il va falloir compter sur elle jusqu'au bout. Les joueurs semblent roder offensivement, et la solidité défensive est impressionnante, comme l'est la confiance dont le groupe respire. Quant à la Norvège, cette défaite la contraint à cette redoutée « finale du groupe » face à la République Tchèque. Les enjeux seront on ne peut plus simples puisque le vainqueur accèdera aux quarts de finale au détriment du vaincu.

Désignés joueurs du match : Ole-Kristian Tollefsen pour la Norvège et Andres Ambühl pour la Suisse.


Norvège - Suisse 1-3 (0-2, 0-1, 1-0)
Dimanche 12 mai 2013 à 20h15 au Globen de Stockholm. 3226 spectateurs.
Arbitrage de Martin Frano (TCH) et Derek Zalaski (CAN) assistés de Jimmy Dahmen (SUE) et Sergei Shelyanin (RUS).
Pénalités : Norvège 22' (14', 6', 2'), Suisse 16' (2', 8', 6').
Tirs : Norvège 17 (5, 6, 6), Suisse 37 (17, 13, 7).

Évolution du score :
0-1 à 06'05" : Moser assisté de Seger et Plüss
0-2 à 15'33" : Josi assisté de Suri et Ambühl (inf. num.)
0-3 à 39'35" : Von Gunten assisté de Josi et Ambühl (sup. num.)
1-3 à 44'14" : Tollefsen assisté de Trygg (sup. num.)


Norvège

Gardien : Lars Haugen [sorti de 59'24'' à 60'00''].

Défenseurs : Alexander Bonsaksen (2’) - Jonas Holøs (-1) ; Ole-Kristian Tollefsen (C, -1) - Mats Trygg ; Henrik Ødegaard.

Attaquants : Martin Røymark (-1) - Mads Hansen (-1) - Per-Åge Skrøder (-2, 2’) ; Patrick Thoresen (A, -1, 10’) - Marius Holtet (-1) - Ken Andre Olimb ; Kristian Forsberg (-1) - Anders Bastiansen (A) - Mathis Olimb (-1) ; Lars Erik Spets - Morten Ask (2’) - Robin Dahlstrøm (2’) ; Niklas Roest (2’), Andreas Martinsen.

Remplaçants : Lars Volden (G), Daniel Sørvik. En réserve : Steffen Søberg (G), Henrik Solberg, Mats Rosseli Olsen.

Suisse

Gardien : Martin Gerber.

Défenseurs : Julien Vauclair (A, +1, 2’) - Mathias Seger (C, +1) ; Philippe Furrer - Severin Blindenbacher (2’) ; Patrick von Gunten (+1) - Roman Josi (+1) ; Eric Blum (2’) - Robin Grossman (2’).

Attaquants : Simon Moser (+1, 2’) - Martin Plüss (A, +1, 2’) - Nino Niederreiter (+1) ; Denis Hollenstein - Luca Cunti - Simon Bodenmann ; Reto Suri (+1) - Ryan Gardner  - Andres Ambühl (+1) ; Matthias Bieber (2’) - Morris Trachsler - Julian Walker (2’).

Remplaçant : Reto Berra (G).