Bélarus - Suisse (Mondial 2013, à Stockholm)

DIAZ Raphael-110429-089La Suisse n'a plus besoin que d'un petit point dans ce dernier match pour terminer première de poule et attendre de savoir qui sera son adversaire, les Tchèques ou les Norvégiens. Ce match sert aussi d'intégration à Raphael Diaz, qui vient d'arriver des Canadiens de Montréal : il n'y a pas de risque qu'il déséquilibre un dispositif qui fonctionne très bien, puisqu'il prend simplement la place de Robin Grossmann, légèrement blessé au bras.

Le Bélarus, quant à lui, n'a plus à perdre l'honneur de terminer sportivement relégué, mais il n'a pas grand chose à gagner non plus : une victoire dans le temps réglementaire peut tout de même lui permettre de finir treizième et non quatorzième de la compétition, ce qui a toujours son importance au classement IIHF.

La différence entre les deux équipes est aussi nette que le classement du groupe l'indique. Dès la deuxième minute, Roman Josi part de son camp, prend de vitesse les cinq joueurs adverses en débordant Solomonov et Shinkevich sur l'aile droite pour virer en direction de la cage et marquer... du patin, le truc porte-bonheur des Suisses dans ce tournoi (0-1). Une minute plus tard, un autre défenseur, Mathias Seger, trouve le poteau. La domination suisse est totale et il n'y a qu'une équipe sur la glace.

En un moment d'inattention défensive du joker Raphael Diaz, la Suisse a failli gâcher un tiers-temps totalement maîtrisé : Vyacheslav Andryushchenko reçoit le palet seul face à Reto Berra, qui s'interpose d'un lancer de jambières. La leçon n'est pas retenue par Julian Walker qui fait trébucher Filichkin derrière la cage adverse. Cette pénalité inutile permet au Bélarus de mettre la pression sur la cage adverse, mais la Suisse écarte le danger.

La deuxième période est beaucoup plus équilibrée. Le Bélarus joue bien mieux et bénéficie de deux supériorités numériques pour des obstructions de Blindenbacher et Josi, mais il se montre peu inspiré, envoyant le palet au fond et manquant de vitesse pour le récupérer et le faire circuler. Lorsque Roman Josi sort de prison, il délivre une magnifique passe à Andres Ambühl, mais celui-ci perd son face-à-face avec un très bon Vitali Belinsky.

Malheureusement, le match est marqué par une grave blessure. C'est en chargeant Chernaok en fond de zone que Reto Suri se coince la jambe. À le voir se tordre de douleur en se tenant le genou, on n'est guère optimiste sur la suite du tournoi de ce joueur étonnant qui réussissait un excellent premier championnat du monde. Sean Simpson devra sans doute activer un de ses deux réservistes (Monnet ou Bürgler) pour compléter son attaque lors des quarts de finale.

BERRA Reto-120505-176Le Bélarus égalise dès le début du troisième tiers-temps : Andryushchenko conduit le palet sur l'aile gauche sur son revers et parvient à repiquer derrière un Patrick Von Gunten coupable pour glisser le palet entre les bottes de Reto Berra. La rondelle longe la ligne de but, et Yevgeni Kovyrshin plonge pour l'envoyer au fond (1-1).

La première place de la Suisse est maintenant en danger d'un petit but encaissé. Bodenmann prend une pénalité bête en faisant trébucher un joueur en forechecking loin du palet. Andres Ambühl part en contre en infériorité numérique, mais Kaznadei en se couchant l'empêche de tirer. Puis, Julien Vauclair conduit le palet hors de sa zone le long de la bande et Kitarov le retient : on revient un temps à 4 contre 4, puis la Nati passe en supériorité numérique. Belinsky repousse un lancer de Moser, et Hollenstein n'arrive pas à tirer entre les bottes du gardien sur un bon service de Plüss, mais c'est finalement Mathias Bieber qui marque d'un tir croisé à mi-hauteur après une entrée en zone de Roman Josi sur qui ont convergé les défenseurs (1-2).

Les jeux semblent faits et la Suisse le confirme. Une passe du revers de Bieber derrière la cage est reprise par Julian Walker, qui inscrira aussi en fin de match un dernier but en cage vide (1-4). Cela fait donc un doublé pour le joueur de troisième ligne de Genève-Servette, néo-international étonnant que personne n'aurait attendu à ce niveau voici quelques années.

La Suisse n'en finit donc plus d'étonner, et termine première du groupe, avec un Roman Josi proprement sensationnel aujourd'hui dans son apport offensif. Elle a démontré le même excellent niveau de jeu qu'à Mannheim en 2010, mais cette fois elle ne s'est pas essoufflée à la fin de la première semaine et paraît capable de continuer même en quart de finale.

Désignés joueurs du match : Vyacheslav Andryushchenko pour le Bélarus et Matthias Bieber pour la Suisse.

Désignés meilleurs joueurs biélorusses du tournoi : Vitali Belinski, Oleg Goroshko et Konstantin Koltsov.

Commentaires d'après-match

Sean Simpson (entraîneur de la Suisse) : "Un match important. La première place était en jeu. Nous avons bien démarré, et nous avons eu beaucoup d'occasions, mais peu de buts. Mais nous avons montré du caractère et gagné. Je connais personnellement [l'entraîneur du Bélarus] Andrei Skabelka, et je vois qu'il a fait du grand travail avec une équipe très rajeunie. Plusieurs années dans cette direction, et le succès viendra."

Evgeni Kovyrshin (attaquant du Bélarus) : "Nous avons mieux joué qu'hier contre les Danois. Nous pensions uniquement à défendre, à protéger la cage, et quand nous étions menés, nous ne faisions rien. Au moins, nous avons plus attaqué, nous sommes allés de l'avant.


Bélarus - Suisse 1-4 (0-1, 1-0, 0-3)
Mardi 14 mai 2013 à 12h15 au Globen de Stockholm. 2206 spectateurs.
Arbitrage de Martin Frano (TCH) et Marcus Vinnerborg (SUE) assistés de Miroslav Valach (SVK) et Christopher Woodworth (USA).
Pénalités : Bélarus 6' (4', 0', 2'), Suisse 8' (2', 4', 2').
Tirs : Bélarus 21 (4, 12, 5), Suisse 40 (16, 11, 13).

Évolution du score :
0-1 à 01'13" : Josi
1-1 à 41'35" : Kovyrshin assisté d'Andryushchenko et Shinkevich
1-2 à 50'59" : Bieber assisté de Josi et Berra (sup. num.)
1-3 à 54'00" : Walker assisté de Bieber
1-4 à 59'02" : Walker (cage vide)


Bélarus

Gardien : Vitali Belinski [sorti de 57'30" à 58'08" et de 58'43" à 59'02"].

Défenseurs : Ilya Kaznadei (-1) - Pavel Chernook (-1) ; Aleksandr Yeronov (-1, 2') - Roman Graborenko (-1, 2') ; Ilya Shinkevich - Oleg Goroshko.

Attaquants : Konstantin Koltsov (C) - Aleksandr Kitarov (-1, 2') - Aleksandr Kulakov (A, -1) ; Dmitri Meleshko - Andrei Stas (-1) - Aleksei Ugarov (A) ; Vyacheslav Andrushchenko (-2) - Artur Gavrus (-1) - Yevgeni Kovyrshin (-1) ; Artyom Kisly - Artyom Demkov - Yevgeni Solomonov ; Mikhaïl Stefanovich.

Remplaçants : Dmitri Milchakov (G), Yaroslav Maslenikov (D). En réserve : Stepan Goryachevskikh (G), Andrei Filichkin (D), Aleksei Yefimenko (A).

Suisse

Gardien : Reto Berra.

Défenseurs : Julien Vauclair (A, +1) - Mathias Seger (C, +1) ; Patrick von Gunten - Roman Josi (2') ; Philippe Furrer (+1) - Severin Blindenbacher (+1, 2') ; Eric Blum - Raphael Diaz.

Attaquants : Simon Moser - Martin Plüss (A) - Nino Niederreiter ; Reto Suri (+1) - Ryan Gardner (+1) - Andres Ambühl (+1) ; Denis Hollenstein - Luca Cunti - Simon Bodenmann (2') ; Matthias Bieber (+1) - Morris Trachsler (+1) - Julian Walker (+1, 2').

Remplaçant : Martin Gerber (G). Absent : Robin Grossmann (D, bras).