Bilan de la KHL 2012/13 (I) : équipes classées de 17 à 26

- Des jeunes filles biélorusses qu'il faut consoler

- Des hockeyeurs qui se déguisent en paysans

- Des entraîneurs finlandais qui perdent leur aura

C'est le premier volet de la présentation de KHL, consacrée aux équipes non qualifiées pour les play-offs.


Yugra Khanty-Mansiysk (17e) : chacun se fond dans le collectif

GREBESHKOV Denis-100516-279Le Yugra Khanty-Mansiysk ne s'est pas qualifié en play-offs cette fois. Mais avec un nombre de points supérieur à l'Atlant (qualifié à l'ouest), il présente un bilan plus qu'honorable. Il a malheureusement perdu trop de points en début de saison où, tout en pratiquant son beau jeu habituel, il n'arrivait pas à concrétiser par des résultats.

Le club s'est fait une nouvelle spécialité de relancer des joueurs fameux en perte de vitesse, comme l'ex-international Anton But, qui n'était plus désiré à Magnitogorsk. Le Yugra a même obtenu, en échange d'un junior, rien de moins que le double champion du monde Denis Grebeshkov (29 ans), qui jouait de moins en moins au SKA Saint-Pétersbourg et qui a donc été dégraissé de l'effectif de la capitale des Tsars.

Même avec l'arrivée de ces grands noms en quête de seconde chance, l'équipe entraînée par Sergei Shepelev n'aura pas failli à sa réputation d'équipe travailleuse et discrète.

Son meilleur marqueur l'illustre parfaitement : le petit ailier Igor Skorokhodov est arrivé à Khanty-Mansiysk il y a cinq ans, quand le club jouait encore au niveau inférieur, et ils ont grandi ensemble. Il a inscrit 27 buts en saison régulière, le deuxième plus haut total de toute la KHL, et pourtant son temps de jeu se limitait à 15 minutes par match ! En effet, au Yugra, les quatre lignes tournent parfaitement et il n'y a vraiment aucune vedette mise en avant dans le collectif.

 

Donbass Donetsk (18e) : la Coupe Continentale pour l'instant

LACO Jan-120515-359La Coupe Continentale. Voilà le trophée que le Donbass Donetsk conservera de cette saison, et il le chérira après l'avoir manqué l'an passé. Pour le reste, cette première année en KHL aura connu un dénouement frustrant, puisque la qualification en play-offs a été perdue d'un souffle dans le dernier week-end.

Les moyens n'ont pourtant pas manqué. Dans une équipe déjà dotée de trois gardiens internationaux (Laco, Ersberg et Goryachevskikh), mais ayant perdu Erik Ersberg qui devait se faire opérer, l'entraîneur slovaque a même fait venir à la fin des transferts Chris Holt, un portier dont il avait connu et apprécié la mentalité à Riga. En vain. Supler quittera le club après cet objectif raté.

On aura un temps cru que les ambitions du Donbass pourraient rejaillir sur l'équipe d'Ukraine. Elle a en effet remporté le tournoi de préqualification olympique avec le renfort d'Aleksei Ponikarovsky et Ruslan Fedotenko, qu'on n'avait plus vu sous le maillot national depuis dix ans. Mais pour la phase finale de qualification, les deux joueurs étaient repartis en NHL, les autres Ukrainiens n'ayant que des miettes de temps de jeu au Donbass. L'Ukraine a donc fini dernière de son groupe de qualification olympique, même si elle a assuré l'essentiel en remontant en division IA du championnat du monde, son niveau normal.

Quant au troisième pigiste engagé pendant le lock-out, Anton Babchuk (originaire de Kiev mais qui représente la Russie), il s'est blessé à l'épaule au Nouvel An et a donc perdu sa place de titulaire à Calgary quand la saison NHL a repris. S'il y a un joueur qui peut tirer un bilan positif de la saison, c'est plutôt Vaclav Nedorost. Deuxième marqueur du club, le Tchèque a même fait un (bref) retour en équipe nationale, où il avait disparu depuis longtemps des tablettes. Il a signé un nouveau contrat de deux ans et semble donc un point d'ancrage dans la construction d'une équipe jusqu'ici créée de zéro ou presque.

 

Dynamo Minsk (19e) : des jeunes filles à consoler

KANE Evander 120504-332"Après la sirène, j'ai regardé l'écran géant et j'ai vu des filles biélorusses en train de pleurer. Je saisis cette opportunité pour leur dire : ne pleurez pas ! Ce n'est que du hockey." Telle fut la déclaration d'un joueur du Salavat après leur dernier match de saison régulière à Minsk. Il faut dire que le déroulement de la rencontre a mis les nerfs des jeunes filles à rude épreuve. Le Dynamo, qui devait gagner, se trouvait mené 0-2. Le gardien norvégien Lars Haugen sort à quatre minutes de la fin, il faut alors un miracle. Les défenseurs Cory Murphy et Janne Niskala marquent deux buts de suite, et Haugen ressort car il en faut troisième... Minsk encaisse alors le but fatal en cage vide.

Pourtant, le Dynamo aura vraiment tout tenté pour se qualifier en play-offs. Il a bénéficié pendant le lock-out d'un des meilleurs gardiens du monde, Pekka Rinne, qui avait été formé par son entraîneur des gardiens Ari Hill et avait donc accepté de venir pour guère plus que le prix de l'assurance. Il a même engagé Evander Kane, la jeune vedette NHL de 21 ans, en se réjouissant qu'il compte dans le quota de juniors de la KHL ! Voilà ce qui s'appelle développer des jeunes... En plus, ce fut un échec complet. Kane ne s'est jamais adapté à la KHL, et après plusieurs entretiens sur son rôle attendu dans l'équipe, on s'est froidement séparé de lui. Il n'a inscrit que deux points en onze matches.

La gestion du Dynamo Minsk est surtout contraire aux intérêts du hockey biélorusse. Le club a procédé au premier licenciement de coach de la saison. Dès le 13 octobre, Kari Heikkilä a dû céder son poste à son adjoint Aleksandr Andrievsky. Comme Hanlon trois ans plus tôt, le Finlandais a alors quitté sa fonction parallèle d'entraîneur de l'équipe nationale, laissée à nouveau dans la panade à quelques mois d'une échéance cruciale : pas les JO cette fois, mais "seulement" les qualifications, qui ont - évidemment - été ratées.

Tout le monde a tremblé après cet échec car le président du pays Aleksandr Lukashenko s'est fâché dans une interview à l'agence Interfax. "Je suis doublement honteux du jeu du Dynamo Minsk et de ce qu'a fait l'équipe nationale. Que le Bélarus n'aille pas aux JO, c'est une disgrâce. Je vais parler au ministre des sports, à mon assistant et au vice-président du comité olympique. Et je leur demanderai où sont évaluées les actions. On discutera des salaires et on verra s'il faut un Dynamo Minsk en KHL."

Les apparatchiks ont finalement décidé que le Dynamo Minsk continuerait à participer à la KHL. Par contre, il devra préserver le noyau d'internationaux et ne plus compter que sur sept étrangers.

 

Torpedo Nijni Novgorod (20e) : les conséquences d'un vestiaire fissuré

SEMIN Alexander-100516-620Le Torpedo Nijni Novgorod se voyait naturellement poursuivre sur la lancée d'une très belle saison 2011/12, où il avait remporté sa division. En début de championnat, le trio Dmitri Makarov - Mikhaïl Varnakov - Martin Thörnberg était en feu au point d'être le plus prolifique de KHL. Et même si les résultats à l'extérieur étaient médiocres, le trio offensif assurait le spectacle à domicile et régalait les spectateurs amoureux de hockey.

Seulement, le tout nouveau président Oleg Kondrashov avait décidé de marquer son arrivée par un coup d'éclat. Il a recruté deux joueurs de NHL à la faveur du lock-out. Le défenseur Anton Volchenkov s'est blessé dès son troisième match. Quant à l'attaquant Aleksandr Semin, arrivé hors de forme, il n'a pas démenti sa réputation. L'entraîneur Kari Jalonen, qui n'avait rien demandé, s'est retrouvé avec un "joueur à problèmes" et a sévi en le sortant de l'équipe pendant quelques jours.

Le ver était dans le fruit. Des fissures étaient apparues dans l'équipe si solidaire et unie de l'année dernière. Les Russes se plaignaient d'un entraîneur prenant ses aises et devenu plus rude à leur égard que l'an passé, mais plus complaisant avec les étrangers. Certes, l'attaquant suédois Robert Nilsson, à qui certains reprochaient de ne pas assez serrer les dents quand il était blessé, avait été renvoyé chez lui pour se soigner. Mais pourquoi ce Matt Ellison, pas plus performant que Semin, jouait encore autant ?

Quand surgissent ce genre de questions, que chacun regarde son voisin en coin, c'est que l'esprit d'équipe disparaît. Jalonen a "perdu le vestiaire" selon les morts du gouverneur régional Valeri Shantsev. Il a donc été licencié trois jours avant Noël, remplacé par un local, l'entraîneur des juniors Vyacheslav Ryanov. Le style offensif et agressif a disparu en même temps. Le Torpedo s'est mis à jouer comme la plupart de ses rivaux, avec prudence et en attendant l'équipe adverse. Mais il n'a pas redressé les résultats et a donc manqué les play-offs.

 

Metallurg Novokuznetsk (21e) : mon beau miroir, suis-je la plus pauvre ?

Metallurg NovokuznetskC'était le conte de fées du début de saison. Le Metallurg Novokuznetsk, club au bord de l'agonie depuis plusieurs années, était pendant deux mois en position de se qualifier pour les play-offs. Mieux, il réussissait ce tour de force en pratiquant un hockey spectaculaire et attractif. En l'absence d'un gardien de la trempe de celui de l'année précédente (Teemu Lassila), l'entraîneur Anatoli Emelin a tourné casaque. Formé aux valeurs sacrées de l'ultradéfense par Piotr Vorobiev, il a renié sa religion pour se convertir à l'attaque.

Le meneur de cette offensive est Dmitri Kagarlitsky, un technicien redoutable en pénalty qui ne jouait qu'en deuxième division il y a deux ans et qu'on a même aperçu cette saison en équipe nationale. Il a trouvé à ses côtés un pur attaquant, Aleksandr Bumagin, un ex-espoir qui s'était un peu perdu par des problèmes d'attitude et de régime de vie.

Tant au classement qu'en spectacle, le club était au pinacle de son attractivité. Il a alors envoyé un message à tous les entrepreneurs de la ville pour demander un soutien financier et/ou logistique. Après tout, le Metallurg n'était-il pas la seule éclaircie dans une ville glauque où les contes de fée sont rares ? Difficile de croire à Blanche-Neige à Novokuznetsk, où même la neige est noircie par les émanations des usines métallurgiques.

Mais cet appel à l'aide a résonné dans le vide. Et les résultats se sont infléchis dès la pause de novembre. Le manager Leonid Vaisfeld a donc été obligé de vendre ses meilleurs joueurs pour pouvoir simplement payer les autres. Kagarlitsky et l'international junior Anton Slepyshev ont été cédés contre compensation, et le vétéran canadien Randy Robitaille a même été envoyé gratuitement à Donetsk, juste pour économiser son salaire. Vaisfeld s'est lassé de devoir négocier des cessions et jamais d'acquisitions. Il a préféré partir à Ekaterinbourg, le dernier de la KHL. C'est dire si la situation à Novokuznetsk inspire confiance...

 

Vityaz Chekhov (22e) : ils troquent l'épée pour la charrue

TROSHINSKI Alexei-120506-105Le Vityaz Chekhov a changé et a voulu le faire savoir. Il a même organisé des séances photos qui représentaient ses joueurs en laboureurs et en semeurs, les valeurs paysannes ayant apparemment remplacés celles de cape et d'épee (rappelons que Vityaz signifie "chevalier") ! Ce n'était pas seulement une question d'image ou de discours : l'équipe a réellement été assainie de ses mauvais penchants. Après seulement un mois de championnat, elle a même établi une performance historique dans un match à Donetsk : zéro minute de pénalité ! Inimaginable de sa part quelques mois plus tôt.

La transition vers le hockey créatif préconisé par le nouveau coach Yuri Leonov s'est donc faite sans encombres. Pour un vétéran formé à l'école soviétique comme le dribbleur Aleksandr Korolyuk, ce serait même un retour aux sources. Il restait certes deux enforcers dans l'équipe, mais les Nord-Américains ont une mentalité professionnelle et s'adaptent aux consignes, selon que se battre en fasse ou non partie. Jeremy Jablonski étant blessé et Trevor Gillies hors de forme, ils ne se sont guère fait remarquer de toute manière.

C'est pour les spectateurs que la transition a été difficile. Les supporters de Chekhov ont la réputation d'être spéciaux (et de plus aimer la baston que le hockey), et on a vu le public s'amoindrir au fil de la saison. Seules deux des nouvelles recrues ont été complètement adoptées : le défenseur américain Brian Fahey et le célèbre arrière Andrei Markov, qui a prouvé qu'il n'était plus un convalescent chronique, ce qu'il a ensuite confirmé en retournant chez les Canadiens de Montréal.

Il faut dire que le club a précipité ce désintérêt en soldant encore une fois ses meilleurs joueurs en janvier : le gardien Ivan Kasutin au SKA, l'attaquant Korolyuk au Metallurg, mais aussi les deux défenseurs les plus sûrs, Aleksei Troshchinsky (au Barys) et Daniil Markov (au CSKA). Le départ des vedettes a achevé de vider les tribunes.

 

Spartak Moscou (23e) : en panne de leadership offensif

RADIVOJEVIC Branko-120515-266Le Spartak Moscou s'est retrouvé d'emblée en panne d'autorité. Le capitaine et plus gros salaire Branko Radivojevic, relégué en quatrième ligne puis en tribune, symbolisait ce leadership disparu. Ses performances individuelles désastreuses (0 but et -11 en vingt rencontres) ont fini par provoquer la perte de l'entraîneur Andrei Sidorenko le 31 octobre. Fedor Kanareikin a donc été embauché - pour la troisième fois - à la tête du club rouge et blanc, et il a durci immédiatement le ton dans le vestiaire.

En vain. En décembre, le Spartak a battu un triste record du championnat russe en restant 317 minutes sans mettre le moindre but ! Incroyable disette d'une équipe qui, au début de saison, n'avait plus été blanchie depuis un an et demi ! La série noire (ou blanche...) précipita le départ "par consentement mutuel" du directeur Igor Khokhlachev. Les exemples de ses mauvais choix ne manquaient pas. Premier exemple : le contrat de deux ans accordé au gardien Mike Murphy, fébrile dès la pré-saison, qui a vite perdu sa place de titulaire au profit de Sergei Borisov. Il a été remplacé par des portiers slovaques (Jaroslav Halak puis Jan Lasak). Autre exemple : Andrei Kuzmin a été payé afin de rompre son contrat, sous prétexte que personne ne voulait le racheter... mais une fois la prime de départ dans la poche, il a signé quelques heures plus tard au Yugra. Plus cruel encore : Stanislav Zhmakin, engagé pour deux ans puis très vite échangé à Ekaterinbourg, y a inscrit 15 buts, un total qu'aucun joueur n'a atteint au Spartak...

Après un changement d'actionnaires qui coïncidait avec la crise sportive, le club a clairement choisi les économies. Le défenseur international tchèque Jakub Nakladal (auteur d'une quantité inhabituelle d'erreurs) a été cédé à Prague contre une compensation financière. L'attaquant allemand Eduard Lewandowski, à l'impact de plus en plus limité, a aussi été libéré (il reviendra en fin de compte la saison prochaine). L'entraîneur Kanareikin y croyait encore : "Nous avons donné deux joueurs et nous ne laisserons partir personne d'autre. Il vaut mieux en parler aux dirigeants, mais je ne voudrais pas que quelqu'un d'autre parte." Trois jours après cette déclaration, la vedette offensive Stefan Ruzicka était envoyée à Ufa contre une grosse somme d'argent...

Les Moscovites ont donc fini la saison avec un effectif composé pour moitié de joueurs de moins de 22 ans. Mais pour se préparer un bel avenir, il faudra aussi se montrer apte à se gérer financièrement comme un "petit club", car c'est que le Spartak est devenu face aux nouveaux riches de la conférence ouest.

 

Dinamo Riga (24e) : tant que reste l'espoir

Dinamo Riga"C'est tout ?" Tel est le message envoyé sur Twitter par l'entraîneur finlandais Pekka Rautakallio, exprimant un certain ras-le-bol après une énième défaite. Pour lui, oui, c'était vraiment tout : il a été démis de ses fonctions le 5 novembre, remplacé par son adjoint letton Artis Abols.

En fait, le Dinamo Riga ne s'est jamais vraiment remis du départ de ses cadres (Ozolins, Sprukts, Redlihs, Hossa). Privé de ses habituels partenaires de première ligne, Martins Karsums a piqué du nez. Les Nord-Américains Rob Schremp et Alexandre Giroux n'ont pas pu compenser, ils n'ont brillé qu'en pré-saison avant de s'éteindre.

Quant au gardien Chris Holt, qui s'était dit si triste de partir, il a vite été regretté : son inconstance parfois décriée n'avait rien à envier à celle de ses successeurs. Le second passage du Suédois Mikael Tellqvist a été encore moins bon que le premier. Son concurrent était cette fois Maris Jucers et non Holt, mais il a peiné à incarner la relève des gardiens tant attendue chez les gardiens lettons.

Le seul sourire de la saison, c'est Miks Indrasis : prêté ou laissé en junior l'an passé, il s'était révélé en première ligne aux championnats du monde à la surprise générale. Fleur de mai sans lendemain ? Non. Il a poussé tardivement mais a aussi pris directement sa place sur le premier bloc en club. Il ferait donc une tête d'affiche judicieuse pour la "Coupe de l'espoir", cette compétition pour équipes non qualifiées en play-offs que la KHL a organisée pour la première fois. Le Dinamo Riga en a été le premier vainqueur, et si c'est anecdotique, cela a au moins maintenu les internationaux lettons en rythme de compétition au lieu de les envoyer en vacances à mi-février. L'équipe nationale en a eu bien besoin pour se maintenir.

 

Amur Khabarovsk (25e) : langage fleuri mais pas de couronne

AmurAlors qu'il était l'entraîneur-vedette de la KHL un an plus tôt (et qu'il avait vu son contrat prolongé de deux ans), Hannu Jortikka a été viré en décembre. Il avait eu de mauvais pressentiments au cours de l'été, lorsqu'on l'a privé de son adjoint Yuri Kuznetsov, avec qui il avait mis en place une politique de rajeunissement. Au lieu de ça, les dirigeants lui ont imposé le recrutement de trentenaires qui se sont pliés avec mauvaise grâce à ses entraînements exigeants. Kuznetsov a finalement été réembauché en octobre et les deux hommes ont élaboré plusieurs échanges et transferts pour reformer l'équipe plus à leur goût, sans grand succès. Et il y a eu un clash au passage : après avoir été renvoyé en novembre, Aleksei Kosourov (une des recrues trentenaires qui n'entrait pas du tout dans le système de jeu) s'est répandu sur internet à propos de la "russophobie" de Jortikka.

Le Finlandais a certes des abords un peu rudes. Il jure aussi souvent qu'un rappeur américain, ou que Jay Varady pendant un temps mort en finale de la Ligue Magnus. L'anglais n'étant pas sa langue maternelle, il l'a faite sienne pour s'y répandre en injures. Mais à part ça, la plupart des joueurs l'apprécient et aiment évoluer dans son système rapide et offensif. Jortikka avait aussi la cote auprès des supporters, qui ont déployé sa photo et chanté en son honneur après son départ. Ils étaient inquiets de cette décision, et la suite leur a donné raison. Jortikka puis Kuznetsov ayant été débarqués, Evgeni Popikhin est arrivé en janvier. Il est entré en fonction par une défaite 7-1 à Cherepovets, et n'a remporté qu'un match sur sept.

Même si Khabarovsk a perdu celui que la Finlande surnommait le "roi Midas", désormais sans couronne, il pourra se consoler en arrêtant de se sentir le mal-aimé dont la KHL voulait se débarrasser (même Jortikka avait pris une amende de la ligue pour avoir dénoncé le calendrier infligé à son club). Alors qu'elle semblait irrésistiblement attiré vers l'ouest, la KHL s'est redéployée en intégrant un second club d'Extrême-Orient, à Vladivostok. Nanti d'un "voisin" pour les derbys (à 650 kilomètres près), Khabarovsk sera moins isolé.

 

Avtomobilist Ekaterinbourg (26e) : abonnés... à la défaite

AvtomobilistL'Avtomobilist Ekaterinbourg, qui avait abusé sur sa politique tarifaire, a réduit d'un tiers le prix des abonnements et en a vendu plus d'un millier, presque deux fois plus que l'année précédente. Peut-être certains de ces abonnés espéraient-ils - en pure perte - un passage pendant le lock-out de l'enfant du pays Pavel Datsyuk, qui a choisi le CSKA. En fait de star, ils auront finalement eu Joffrey Lupul, un joueur qui tourne actuellement à un point par match en NHL, mais qui n'a pas laissé une empreinte si mémorable (9 rencontres, 1 but et 3 assistances, une fiche de -6).

Les abonnés ont finalement vécu une saison aussi morose que la précédente. L'entraîneur Andrei Shaïanov a été démis de ses fonctions en décembre après une série de cinq défaites. Son adjoint, l'ex-défenseur Igor Ulanov, lui a succédé, sans réussir à faire décoller l'équipe de la dernière place. Elle a alors laissé partir son gardien Chris Holt (Donetsk) et son capitaine et pilier défensif Sergei Gusev (Omsk). Heureusement que les fans n'ont jamais perdu le moral.