Chicago Blackhawks - Los Angeles Kings (Finale de conférence, match 5)

Blackhawks ChicagoKings de Los AngelesLe champion en titre se retrouve en grand danger. Après sa première défaite à domicile depuis 15 matchs, Los Angeles frôle l'élimination, mené 3 victoires à 1. Les Kings bénéficient du retour de Mike Richards.

Chicago, qui n'a pas perdu beaucoup à domicile, entend bien rejoindre Boston en finale dès aujourd'hui.

Les Blackhawks démarrent fort

Le rythme s'élève rapidement. Los Angeles tente de faire le jeu en échappant au pressing adverse. Mais les deux équipes restent bien en place, limitant les espaces et les grandes envolées. Les deux gardiens passent un début de match assez calme. Le premier vrai tir survient après près de quatre minutes... et il est au fond ! Los Angeles se dégage et change de ligne, sans avoir vraiment envoyé le palet très loin. Du coup, les Hawks expédient le palet à l'opposée sur Duncan Keith, qui s'avance sur l'aile gauche sans opposition et expédie un missile mi-hauteur, qui transperce Quick entre les jambières (1-0). Une grossière erreur du gardien, et de sa défense, coupable d'une perte de palet stupide dans la neutre et d'un changement approximatif !

Deux minutes plus tard, le champion craque encore. Un palet est envoyé au fond et les défenseurs pensent qu'il y a dégagement interdit. Tout le monde laisse le disque filer, mais pas les Blackhawks. Bickell surgit et teste Quick, Toews prend le rebond puis Patrik Kane récupère et profite d'une cage ouverte par une défense désarticulée pour doubler la mise (2-0).

De quoi se mettre le public dans la poche, d'autant que les Kings ne tournent qu'à deux buts par match dans ces playoffs. Leur mission s'annonce compliquée... La réaction apparaît vraiment timide. Chicago contrôle bien le palet, relance proprement sans opposition et Crawford n'a guère de travail. Il faut attendre la treizième minute pour une action chaude devant son but, dégagée par un défenseur. Là où les visiteurs peinent à approcher du but, les joueurs de Joel Quenneville, eux, se créent des occasions ; patients avec le palet, ils gèrent parfaitement ce premier tiers. Le tiers se termine avec un avantage de 10 tirs à 4 en faveur de Chicago.

Une gestion tranquille... et un but qui change tout

Après avoir passé beaucoup de temps dans son propre camp, Los Angeles parviendra-t-il à reprendre le jeu à son compte ? Cela n'en prend pas vraiment le chemin. Toews, Bickell et Kane maintiennent le palet en attaque durant une longue séquence. Un type d'action que les joueurs de Darryl Sutter se montrent incapables d'effectuer : le palet reste dans les crosses des ruges. Ce qui finit par agacer Dustin Penner, qui prend la première pénalité du match pour avoir accroché David Bolland. La circulation de palet, redoutable, manque de payer après une minute, lorsque les cinq joueurs touchent le disque et que le tir frôle la cage. Dans la continuité, Quick, sorti de son but, dégage et initie une contre-attaque. Justin Williams déborde, fixe un défenseur et, ne pouvant pas tirer, lance au but en pivot. Crawford manque son poke-check, Dwight King surgit et réduit le score (2-1). Un but venu de nulle part, totalement inattendu vu le déroulement du match. Et un point pour Quick, qui doit décidément tout faire lui-même dans cette équipe !

Chicago reprend le fil et profite d'un beau mouvement dans la neutre pour accélérer : Hossa feinte son défenseur et file en échappée... Quick gagne son duel ! Malgré tout, le but a dynamisé Los Angeles, un peu plus percutant, et qui reçoit une supériorité numérique lorsque Toews fait trébucher Dustin Brown. La séquence ne donne rien, les Kings demeurant incapables de s'installer durablement en attaque. La meilleure chance revient à Anze Kopitar dans les dernières secondes, avec un tir de l'aile gauche que Crawford ne capte pas de la mitaine et dévie au dessus, puis un slalom qui s'achève par un tir en revers de Voynov dans l'axe manquantde puissance. Le tiers se termine donc sur ce score de 2-1 : les Kings restent dans le match et s'en sortent plutôt bien.

Le suspense jusqu'aux dernières secondes

Chicago a laissé son adversaire revenir, en reculant trop et en commettant plus d'erreurs dans son jeu de transition. Les Kings doivent tout donner, car il n'y aura pas de deuxième chance... Chicago peine à la relance et doit attendre trois minutes pour s'approcher de Quick. Kane mène le jeu et Oduya, avancé près de l'enclave, rate le but en angle fermé : Quick, en déséquilibre, a réussi à dévier le disque de la plaque ! Bickell va chercher le rebond dans le coin mais sa charge dans le dos est sanctionnée, replaçant Los Angeles en avantage numérique. Les Kings s'installent bien. Richards tente de loin, puis inverse sa position avec Doughty, qui masquait le gardien. Un second tir signé Carter arrive juste devant Crawford et Kopitar dévie le rebond au fond des filets (2-2). Le Slovène, brillant lors des playoffs 2012 et invisible en 2013, se réveille au meilleur moment. Les blancs sont en feu et s'approchent encore du but, sous l'impulsion de Kopitar : grosse mise en échec sur Hjalmarsson, remise pour Muzzin monté aux avant-postes... Réplique immédiate, tout de cage de Shaw, poke-check du gardien droit sur Stålberg qui manque le cadre à cause d'un palet bondissant ! Puis, Sharp déborde en un-contre-un sur l'aile droite, feinte le gardien et tire... Nouvel arrêt de Quick.

Chicago a repris ses esprits et pousse, repoussant son adversaire dans son camp grâce au bon travail de Bickell et Toews. Puis, c'est Saad qui déboule à gauche et, à la lutte avec son défenseur, parvient à remiser vers le but de Quick. C'est la confusion dans l'enclave et Matt Greene sèche Andrew Shaw : deux minutes logiques. Les Kings se regroupent bien, pèsent physiquement à l'image de Doughty qui fait voler Kane, et ne concèdent aucune occasion.

Le jeu se ferme peu à peu, la tension prenant le pas. Chicago obtient tout de même quelques occasions, avec notamment un slalom de Keith, alors que les Kings répliquent par un tir de Toffoli bien sorti. À quatre minutes de la fin, Regehr, derrière son but, dégage sur Williams qui se fait prendre par Bickell. Il finit par s'écrouler ligne de fond et Bickell sert Kane, lancé, pour un petit tir côté opposé (3-2). Coup dur pour les Kings, qui vont devoir passer à l'offensive sans calcul. Le temps s'écoule et ils ne parviennent pas à se maintenir durablement en zone offensive. Une minute à jouer... Le public est debout... Trente secondes... Dégagement interdit, il reste 15 secondes et c'est un temps mort pour Los Angeles. Stoll gagne la mise au jeu, le palet revient sur Voynov, qui remet le long de la bande et Kopitar lance instantanément : Richards, planté devant Crawford, dévie et égalise (3-3). Silence de cathédrale et prolongations à venir...

Duel de gardiens

Les meilleurs joueurs des Kings - Kopitar, Doughty, Richards, Carter - devaient être les meilleurs joueurs sur la glace pour que Los Angeles puis encore rêver. Sur ce match 5, ils ont su faire la différence et arracher cette période supplémentaire. Mais l'équipe reste à un cheveu de l'élimination... Un cheveu très fin, quand Toews vient slalomer dans la défense et que sa remise manque Kane de quelques centimètres. Les arbitres ne sifflent plus trop : Brown accroche Hjalmarsson au point de lui enlever son casque, et aucune pénalité n'est appelée ! Pas mieux lorsque Greene accroche Shaw derrière la cage de Quick...

Los Angeles parvient à se créer les premières occasions franches, mais seul le tir de Carter passe le rideau défensif, qui se jette pour contrer la moindre tentative. Ces premières minutes apparaissent comme celles des occasions manquées, aucune situation, de part et d'autres, n'étant cadrée. L'intensité, au sommet, force les deux camps à tourner leurs lignes le plus rapidement possible pour économiser les organismes. Crawford, attentif, parvient à bloquer du gant une remise de Williams déviée par Oduya, privant Kopitar d'une occasion. Puis, pour la photo, une mitaine spectaculaire sur la mise au jeu suivante, bloquant un tir de Muzzin plein axe.

Chicago évolue en contre et Toews lance un deux-contre-un avec Kane, qui ne parvient pas à reprendre. L'Américain manque ensuite le cadre sur l'aile droite, après avoir profité d'un changement de ligne hasardeux des Kings. Le jeu s'équilibre petit à petit, dans un véritable bras de fer. À quatre minutes de la fin, Seabrook, bien libéré sur l'aile droite par Bolland puis Kane, envoie un tir croisé qui frôle le cadre. En face, sur une action similaire, Lewis échoue sur Crawford, bien avancé. Une ultime action profite presque à Seabrook et Handzus, mais Quick gèle le disque à temps. La première prolongation s'achève et le vainqueur reste à déterminer.

Le coup du chapeau

Chicaco manque le coche dès les premières secondes, Kruger échouant sur Quick. Les Californiens peinent à sortir de leur zone. Ils y parviennent finalement et obtiennent à leur tour une occasion en or : un palet qui revient au fond où seuls Williams et Kopitar se trouvent. Le premier sert le second du revers, et le Slovène repique vers le but... Le palet glisse hors cadre ! Après ces deux moments chauds, la partie s'équilibre et le jeu se ferme. Après environ huit minutes, les Kings battent leur record pour le match le plus long de leur histoire...

La tension paraît l'emporter : les attaques se font prudentes, sans se découvrir. Les dégagements sont tous aussi prudents, avec une construction minimale. Le joueur le plus en jambes reste Jonathan Toews, qui témoigne de sa pointe de vitesse à plusieurs reprises. Le capitaine se retrouve logiquement dans le bon coup : Bickell devance Voynov, imprudemment monté le long de la bande, et dégage le palet pour envoyer Toews en contre. C'est un deux-contre-un et Patrick Kane reçoit l'offrande pour une volée décisive, et un triplé (4-3).

Chicago s'impose logiquement, non sans mal : après avoir mené 2-0, puis 3-2 à une poignée de secondes de la fin, il aura fallu patienter jusqu'au bout de la nuit pour conclure le travail. Les deux attaquants vedettes de l'équipe, Toews et Kane, auront réalisé un grand match pour qualifier leur équipe.

La finale contre Boston s'annonce explosive : Chicago bénéfie de l'avantage de la glace, et, au vu de leur efficacité dans leur antre, cela sera certainement précieux...

 

Chicago Blackhawks 4-3 ap. Los Angeles Kings (2-0, 0-1, 1-2, 0-0, 1-0)
Chicago remporte la série 4-1.
Samedi 8 juin 2013, 19h20, United Center de Chicago. 22237 spectateurs.
Arbitrage de Wes McCauley et Dan O'Halloran assistés de Steve Barton et Jonny Murray.
Tirs : Chicago 35 (10, 6, 8, 6, 5), Los Angeles 36 (4, 8, 11, 11, 2)
Pénalités : Chicago 4' (0', 2', 2', 0', 0'), Los Angeles 4' (0', 2', 2', 0', 0')

Récapitulatif du score
1-0 à 03'42" : Keith assisté de Rozsival
2-0 à 05'59" : Kane assisté de Toews et Bickell
2-1 à 39'28" : King assisté de Williams et Quick (inf. num.)
2-2 à 43'34" : Kopitar assisté de Carter et Richards (sup. num.)
3-2 à 56'08" : Kane assisté de Bickell
3-3 à 59'50" : Richards assisté de Kopitar et Voynov
4-3 à 91'40" : Kane assisté de Toews

Chicago Blackhawks

Gardien : Corey Crawford

Défenseurs : Brent Seabrook - Duncan Keith ; Michal Rozsival - Johnny Oduya ; Nicklas Hjalmarsson - Nick Leddy.

Attaquants : Brandon Saad - Andrew Shaw - Viktor Stålberg ; Bryan Bickell - Jonathan Toews - Marian Hossa ; Patrick Sharp - Michal Handzus - Patrick Kane ; Michaek Frolik - Marcel Kruger - Dave Bolland.

Remplaçant : Ray Emery (G)

Réservistes : Carter Hutton, Henrik Karlsson (G), Steve Montador, Dylan Olsen, Shawn Lalonde, Klas Dahlbeck, Adam Clendneing, Ryan Stanton, Sheldon Brookbank (D), Jeremy Morin, Daniel Carcillo, Jamal Mayers, Ben Smith, Brandon Pirri, Jimmy Hayes, Brandon Bollig (A).

Los Angeles Kings

Gardien : Jonathan Quick

Défenseurs : Robyn Regehr - Drew Doughty ; Slava Voynov - Rob Scuderi ; Matt Greene - Jake Muzzin.

Attaquants : Dustin Brown (C) - Jarret Stoll - Justin Williams ; Dustin Penner - Mike Richards - Jeff Carter ; Dwight King - Anze Kopitar (A) - Trevor Lewis ; Kyle Clifford - Brad Richardson - Tyler Toffoli.

Remplaçant : Jonathan Bernier (G)

Réservistes : Martin Jones, Jean-François Berube (G), Alec Martinez, Kurtis MacDermid, Andrew Bodnarchuk, Nicolas Deslauriers, Andrew Campbell, Keaton Ellerby (D), Nick Shore, Jordan Nolan, Anthony Stewart, Brandon Kozun, Robert Czarnik, Linden Vey, Jordan Weal, Andrew Andreoff, Brian O'Neill, Tanner Pearson, Colin Fraser (A).

Blessés : Willie Mitchell (D, genou).