Chicago Blackhawks - Boston Bruins (finale de la coupe Stanley, match 1)

Blackhawks ChicagoBruins BostonDeux "Original Six" en finale, c'est une première depuis 1979, lorsque Montréal avait battu les Rangers de New York. Les deux franchises ne se sont jamais affrontées en finale. De l'inédit avec de l'ancien... et deux vainqueurs récents, Boston (2011) ayant succédé à Chicago (2010). C'est presque un début de dynastie qui se joue.

Cette finale présente presque une opposition de style. Chicago, meilleure équipe de la saison régulière et meilleure défense, a séduit par sa vitesse et sa qualité technique. Boston, au jeu plus rugueux et plus "provoquant", a impressionné en limitant l'attaque de Pittsburgh à seulement deux buts en quatre matchs. Tuukka Rask, favori pour le trophée Conn Smythe de meilleur joueur des playoffs, reste sur trois blanchissages en cinq matchs. Deux défenses exceptionnelles cette saison s'affrontent.

Les deux formations ont surmonté l'adversité dans ces playoffs, Boston remontant trois buts dans les dix dernières minutes du match 7 face à Toronto au premier tour, Chicago résistant à un handicap de trois victoires à une face à Detroit au deuxième tour.

Au rayon des petites histoires, cette finale permet à Jaromír Jágr d'écrire une page d'histoire : sa dernière finale remontait à 1992 avec Pittsburgh !

Joel Quenneville a légèrement modifié son top-6 en montant Sharp aux côtés d'Hossa et Toews, plaçant Bickell avec Handzus et Kane.

Boston démarre fort

La première occasion revient à David Krejčí, à la conclusion d'un 3 contre 2 dès la première minute. Déjà, la rencontre tourne au défi physique dans les bandes, avec plusieurs mises en échec appuyées de part et d'autre. Chicago part très fort dans cet exercice avec une séquence de charges régulières : Seabrook, Bollig, Frolík mettent au sol leurs adversaires. Cependant, Boston contrôle le palet et développe son jeu offensif. Chicago évolue plutôt en contre et obtient une bonne occasion lorsque Saad trouve un espace côté gauche, parfaitement décalé par Shaw : Rask, irréprochable dans ces playoffs, ne mord pas à la feinte. Cela lance une bonne phase des Blackhawks, avec Hossa, Sharp puis Seabrook à l'offensive. Tuukka Rask lit parfaitement le jeu, à l'image d'un contre des Hawks conclut par un tir d'Oduya. La plupart des occasions ne franchissent pas le rideau défensif des Bruins, habiles pour bloquer les tirs.

De l'autre côté, Corey Crawford n'est pas en reste et sort une mitaine magique devant Marchand, servi par Jágr au cercle. Sur la présence suivante, il repousse de la botte un rebond d'un tir de loin pris par Seguin, qui avait réussi à tirer entre les jambes de Leddy. Boston s'approche, et finit par trouver la faille. Krejčí course un palet au fond et évite la charge de Hjalmarsson. Le Tchèque trouve Horton qui relait vers Lucic, tout seul entre les deux cercles : 22e but du trio dans ces playoffs (0-1).

La pression des Bruins se poursuit avec un lancer de Chára plein axe, sauvé par Crawford. Puis, après un gros travail de Marchand, Boychuk tente sa chance et la défense doit sortir le rebond sous le nez de Peverley. Les Bruins contrôlent complètement la partie désormais. Chicago était bien rentré dans le match, imposant un jeu physique, avant de se faire endormir par une équipe de Boston patiente et dominante sur la fin de tiers.

Chicago réagit

Le deuxième tiers reprend avec un deux-contre-un pour Chicago : Toews sert Hossa, repoussé par Rask. Quelques secondes plus tard, Krejčí récupère un palet dans la neutre, s'avance et laisse en retrait pour Lucic, oublié au marquage pour un tir ajusté (0-2). À l'origine, une bonne charge de Lucic, une montée approximative de Hjalmarsson et un léger retard de Kane à la couverture, et voici les Bruins dans un fauteuil après moins d'une minute en deuxième période.

Les rouges tentent de réagir : bonne pression de Bolland, qui prend une crosse de McQuaid au visage, sans pénalité ! Le jeu s'arrête pour soigner l'attaquant, qui peut reprendre le jeu. Après trois minutes, Saad déborde sur le côté gauche et est pris par Seidenberg. Marian Hossa, qui vient de la ligne de fond, remonte Horton puis Seidenberg le long de la bande, et remet au cercle du revers pour Saad : le rookie reprend de volée pour son premier but en playoffs (1-2). Premier but encaissé par Rask après près de 130 minutes d'invincibilité.

Une minute plus tard, mise au jeu gagnée par Bolland et Sharp attaque la cage, arrêt de Rask, de justesse. Il y a le feu dans la défense : Frolík, Kruger échouent de peu autour du but. Puis, Toews déborde à droite et son centre échoue sur la botte du gardien, avant de rater le cadre sur le rebond. Les défenseurs se sacrifient pour contrer les tirs. Krejčí déboule en contre, mais les officiels arrêtent le jeu : Horton a poussé Handzuš dans le dos et prend deux minutes pour obstruction. Après deux essais offensifs, Chicago reçoit une aubaine : un surnombre évident des Bruins, qui donne 1'17" de double supériorité. Maladroits, les Hawks ne parviennent pas à rester en zone offensive ou ne cadrent pas leurs tirs. Les deux pénalités s'achèvent sans grand danger mais l'élan appartient désormais à Chicago, de plus en plus menaçant. Une percée de Hossa, puis une de Bolland, et Chára se fait prendre pour une faute sur Shaw, victime d'un coup de crosse au visage. Boston, en désavantage numérique, se place très haut et gène le jeu adverse, empêchant les joueurs de Quenneville de s'installer. Ce deuxième tiers est copieusement à l'avantage de Chicago, qui confisque le palet et fait grimper le compteur de tirs. Il faut toute l'abnégation d'un Bergeron pour contrer les tirs et rentrer au vestiaire avec un but d'avance.

Les rouges reviennent de loin

Le troisième tiers débute par une percée de Kane, qui gagne son duel avec Krug et remet à Keith pour un tir lointain bloqué par Rask. En face, seul le trio Lucic-Krejčí-Horton reste menaçant à chaque présence, les autres lignes se contentant de défendre. La tension monte petit à petit, avec à l'origine une provocation de Marchand qui fait trébucher Crawford avant d'aller titiller Keith.

Chicago pousse, contient Boston dans son camp... mais concède deux minutes lorsque Frolík fait trébucher Chára. Les joueurs de Claude Julien s'installent, travaillent dans les bandes et Lucic remise sur Seguin dans l'axe, qui décale Bergeron au cercle pour une volée surpuissante qui fait tinter le métal et rentre (1-3). Sanction immédiate sur le premier jeu de puissance des visiteurs, le premier en quatorze tentatives. Une minute plus tard, Shaw intercepte un palet à la bleue, alors que Boston change de lignes. Cela crée un surnombre offensif : Shaw déborde à droite, Bickell fixe trois défenseurs et Bolland se retrouve tout seul pour la volée à l'opposée (2-3). Grossière erreur de Torrey Krug sur l'action, qui cherche une diagonale difficile alors qu'une passe en droite ligne dans l'espace ouvert était bien moins risquée. Rask ne gamberge pas longtemps et sauve une nouvelle fois devant Hossa, libérant même ses coéquipiers pour un contre terrible sur la droite : Lucic frôle le triplé mais Crawford sauve de la botte.

L'intensité monte d'un cran, pour le plus grand plaisir du public. Les Rouges poussent, poussent... Kruger le long de la bande, remise pour Frolík, qui lui redonne. Kruger remise en retrait pour Oduya à la bleue dont le tir touche un défenseur et prend Rask à contre-pied (3-3). Les Rouges maintiennent leur effort et Saad, en débordement à gauche, échoue sur Rask. On file d'un but à l'autre : Paille d'un côté, défendu et mis au sol par Seabrook, Hossa de l'autre avec un sauvetage de Krejčí, plus rapide pour dégager le palet... rien n'y fait : grâce à un Tuukka Rask excellent, le score reste à 3-3 et une période supplémentaire sera nécessaire.

Les deux équipes sont plutôt à l'aise en prolongation, avec une fiche de 4-1 pour Boston et de 3-1 pour Chicago.

Duel de gardiens

L'overtime débute à pleine vitesse : arrêt de Rask sur un bon jeu de passe Kane-Shaw, puis de Crawford sur un lancer de Lucic et une volée de Boychuk de la bleue. On file d'un but à l'autre : attaques construites des Hawks, contre-attaques des Bruins. Sur l'une d'entre elles, Oduya sauve brillamment un deux-contre-un adverse en empêchant Shawn Thornton, servi par un revers de Paille, de tromper Crawford. De l'autre côté, Bolland récupère un palet qui traîne mais rate le cadre, avant de ne pas réussir à reprendre une superbe passe de Kane en entrée de cercle. Et on repart en sens averse, arrêt de Crawford sur Boychuk : la partie se dispute sur un rythme toujours aussi élevé et les deux gardiens tiennent la distance.

Après douze minutes, Chicago se fait piéger par un surnombre et offre une chance en or à Boston. Les Bruins multiplient les tirs de près comme de loin et Crawford tient le choc. La meilleure occasion vient d'un tir de Krejčí, quand Horton trouve le poteau en angle fermé. Un Horton qui se blesse sur l'action et ne finira pas le match. La pénalité est tuée, et on compte dix tirs de Boston à quatre dans cette période à cinq minutes de la fin. Boston s'offre un contre peu après grâce à Seguin : la remise en retrait de Krejčí décale superbement Seguin qui tire, Crawford sauve et le rebond est dégagé de justesse. Rask n'est pas en reste avec plusieurs nouveaux arrêts, dont l'un sur Kane, qui avait profité d'un écran d'Handzuš et deux autres sur Frolík. La prolongation s'achève sans but, mais non sans spectacle et occasions franches !

Chicago vit donc son deuxième match de suite avec prolongations multiples : Patrick Kane avait donné la victoire aux siensface aux Kings au tour précédent.

Boston rate le coche

Les deux équipes repartent sur un rythme plus prudent, la fatigue se faisant sentir. Chicago commence à prendre le jeu à son compte et à contrôler le palet. Kane, sur une volée puis surtout une remise dans l'enclave de Sharp, se crée les premières occasions franches. Puis, Bickell qui un tir sec de l'aile gauche, servi par Bolland, et Krug dévie à côté. Sur le contre, Crawford s'impose avec l'aide de Bolland. Malgré tout, les occasions se font un peu plus rares. Les deux camps apparaissent fatigués et se montrent par conséquent plus prudents, se découvrant moins en attaque.

En revanche, les duels dans les bandes sont très accrochés. Sur l'un d'entre eux, Kruger envoie Frolík en un-contre-un et le Tchèque rate le cadre d'un cheveu en bonne position. Crawford réplique avec un double arrêt sur Krejčí puis Krug qui avait pris le rebond. On arrive à la centaine de tirs combinés... À une minute de la fin, alors que Rask repousse un tir de Keith, les officiels interviennent : surnombre de Chicago ! Claude Julien prend immédiatement un temps mort pour tenter de concrétiser cette situation décisive. Crawford sort un premier arrêt devant Jágr, puis se trouve sauvé par son poteau lorsque Chára envoie un missile de la bleue, dévié par Jágr ! La sirène retentit : énorme coup de chaleur sur les Blackhawks...

Un palet qui slalome

Boston bénéficie encore d'une minute de supériorité pour la troisième mort subite. Chicago la gère très bien, loin de son but : retour à cinq-contre-cinq, et retour en attaque pour les joueurs de l'Illinois, sous l'impulsion d'un Kane au temps de jeu impressionnant. De l'autre côté, la première ligne, où Seguin remplace Horton, s'installe avec une longue séquence et Krejčí décale Seidenberg pour un premier tir, avant de tenter sa chance entre les deux cercles, sans tromper Crawford. Le Tchèque, intenable, se lance dans un slalom et le gardien intervient encore. Boychuk d'un côté, Saad de l'autre...

À la mi-période, Boston se crée une occasion énorme : Kaspars Daugaviņš, servi sur le côté du but, ne tire pas sur cette passe de Seguin et cherche à contourner Crawford au sol. Oduya se jette et parvient à le gêner suffisamment. Le Letton s'arrache les cheveux...

Le match a dépassé les cinquante minutes supplémentaires, soit le 5e match le plus long de l'histoire de la finale de la coupe Stanley. Boston tente sa chance par Seguin, arrêt de Crawford. Les Blackhawks contrôlent le palet, étirent le jeu sur toute la largeur pour tenter de créer des décalages. Sur l'un d'entre eux, Bickell et Shaw bataillent dans le coin et remisent sur Rozsíval à la bleue. Le vétéran lance à mi-hauteur et un défenseur, puis Bolland, puis Shaw dévient le palet : une triple déviation juste sous son nez ingérable pour Rask, qui doit s'incliner (4-3).

Chicago remporte, à domicile, un véritable marathon, intense et spectaculaire. Une finale plus indécise que jamais, avec deux formations qui se sont rendues coup pour coup : un bilan au tir légèrement favorable à Chicago, des mises au jeu équitablement réparties, des mises en échec équilibrées, des tirs contrés en faveur des Bruins et des occasions franches de part et d'autres.

Boston, qui menait 3-1, n'a pas converti deux supériorités en prolongation, a frappé le poteau et a perdu Horton sur blessure, risque d'avoir du mal à s'en remettre. Les Hawks frappent les premiers, mais la série est loin d'être terminée !

 

Chicago Blackhawks - Boston Bruins 4-3 après trois prolongations (0-1, 1-1, 1-2, 0-0, 0-0, 1-0)
Mercredi 12 juin 2013, 19h20, United Center de Chicago. 22110 spectateurs.
Arbitrage de Chris Rooney et Brad Watson assistés de Shane Heyer et Brian Murphy.
Tirs : Chicago 63 (8, 16, 15, 8, 10, 6), Boston 54 (11, 6, 8, 12, 10, 7)
Pénalités : Chicago 6' (0', 0', 2', 2', 2', 0'), Boston 6' (0', 6', 0', 0', 0', 0')

Récapitulatif du score
0-1 à 13'11" : Lucic assisté de Horton et Krejčí
0-2 à 20'51" : Lucic assisté de Krejčí
1-2 à 23'08" : Saad assisté de Hossa
1-3 à 46'09" : Bergeron assisté de Seguin et Lucic (sup. num.)
2-3 à 48'00" : Bolland assisté de Shaw
3-3 à 52'14" : Oduya assisté de Krüger et Frolík
4-3 à 112'08" : Shaw assisté de Bolland et Rozsíval

Chicago Blackhawks

Gardien : Corey Crawford.

Défenseurs : Brent Seabrook - Duncan Keith ; Michal Rozsíval - Johnny Oduya ; Niklas Hjalmarsson - Nick Leddy.

Attaquants : Brandon Saad - Andrew Shaw - Brandon Bollig ; Patrick Sharp - Jonathan Toews - Marián Hossa ; Bryan Bickell - Michal Handzuš - Patrick Kane ; Michael Frolík - Dave Bolland - Marcus Krüger.

Remplaçant : Ray Emery (G)

Réservistes : Carter Hutton, Henrik Karlsson (G), Steve Montador, Dylan Olsen, Shawn Lalonde, Klas Dahlbeck, Adam Clendening, Ryan Stanton, Sheldon Brookbank (D), Jeremy Morin, Daniel Carcillo, Jamal Mayers, Ben Smith, Brandon Pirri, Jimmy Hayes, Viktor Stålberg (A).

Boston Bruins

Gardien : Tuukka Rask.

Défenseurs : Zdeno Chára (C) - Dennis Seidenberg ; Andrew Ference - Adam McQuaid ; Johnny Boychuk - Torey Krug.

Attaquants : Milan Lucic - David Krejčí - Nathan Horton ; Brad Marchand - Patrice Bergeron (A) - Jaromír Jágr ; Rich Peverley - Tyler Seguin - Kaspars Daugaviņš ; Daniel Paille - Chris Kelly (A) - Shawn Thornton.

Remplaçant : Anton Khudobin (G).

Réservistes : Niklas Svedberg (G), Wade Redden, Dougie Hamilton, Matt Bartkowski, Aaron Johnson (D), Jay Pandolfo, Carl Soderberg, Jordan Caron, Chris Bourque, Carter Camper (A).

Blessé : Gregory Campbell (fracture du péroné, A).