La mise en bière du hockey à Ceské Budejovice

À l'automne dernier, l'Extraliga tchèque a changé de crèmerie, ou plutôt de brasserie : Radegast, une marque de bière de Plzen, a remplacé Budvar comme sponsor général de la ligue, et devait donc s'afficher dans toutes les patinoires. Mais la ville de Ceské Budejovice ne voulait pas abandonner son contrat d'exclusivité avec sa marque locale Budvar. Le club local était donc menacé d'une amende de 40 000 euros par match. Le confilt dure depuis plusieurs mois, et la ville reste sur ses positions.

Mountfield, l'entreprise actionnaire principale, a alors pris une décision radicale : déménager le club ! Alors qu'à Ceské Budejovice on lui faisait payer 160 000 euros de loyer annuel plus des factures à la moindre occasion, Hradec Kralové offre au nouveau venu une subvention de 550 000 euros pour s'installer dans sa patinoire récemment modernisée. Inutile de dire que le HC Mountfield a vite fait ses comptes...

Les amateurs de hockey de Ceské Budejovice, qui ne s'attendaient pas un tel dénouement, ont réagi tardivement. Ils ont commencé à manifester seulement quand les négociations entre la ville et le club ont échoué. La ville a alors accepté de renoncer à son contrat avec Budvar, mais il était déjà bien trop tard.

La capitale de Bohême du sud, centre important du hockey tchèque depuis toujours, perd donc son équipe de pointe, et ne pourra se réinscrire au mieux qu'en troisième division. Les joueurs, quant à eux, n'ont appris le déménagement que par la presse. Ales Kotalik, l'ancien attaquant de NHL formé à Ceské Budejovice a ainsi déclaré qu'il préfèrerait prendre sa retraite plutôt qu'aller jouer à Hradec Kralové.

Les dirigeants sont maintenant en pleine opération de diplomatie pour présenter aux hockeyeurs leur nouvelle ville en Bohême de l'est. Ils se sont empressés de préciser que les déclarations de Kotalik n'étaient pas dirigées contre Hradec Kralové mais témoignaient de sa grande déception devant le coup d'arrêt porté au hockey à Ceské Budejovice, ce qui était évident. De nombreux anciens joueurs, comme le triple champion du monde Jaroslav Pouzar, ont exprimé des sentiments similaires : choc et tristesse.