Toronto : l’épreuve du feu pour Dave Nonis

La saison 2012-13 a été plutôt satisfaisante sur la glace pour les Maple Leafs de Toronto, qui ont enfin réussi à atteindre le stade des playoffs pour la première fois depuis 2004, même si l’équipe n’a pas dépassé le premier tour. Mais, dans les coulisses, la situation a été plus mouvementée ces derniers mois : après l’entraîneur Ron Wilson, remercié en mars 2012 et remplacé par Randy Carlyle, c’est le truculent manager général, Brian Burke, qui a été supplanté par Dave Nonis en janvier dernier. Ce n’était pas vraiment une surprise car Nonis était déjà dans l’organisation des Leafs et qu’il avait en 2004 déjà remplacé Burke comme manager de Vancouver. Avant cette intersaison, Nonis n’a pas effectué de mouvement important sur l’effectif élaboré par Burke et ses premières décisions n’ont pas forcément ravi tous les fans.

Il a démarré en transférant Jonathan Bernier de Los Angeles et Dave Bolland de Chicago. L’arrivée de Bernier a pu sembler étonnante dans la mesure où les Leafs ont déjà James Reimer comme titulaire dans les buts, mais on peut considérer qu’il s’agit d’une police d’assurance au cas où le jeune portier flancherait. Pour Bolland, il s’agissait d’acquérir un centre défensif de troisième ligne, dont le salaire relativement important pour ce poste a obligé les Blackhawks (toujours en délicatesse avec le plafond du cap) à se séparer de lui. Avec la triplette Mikhail Grabovski, Tyler Bozak et Dave Bolland, Toronto semblait avoir tous les centres dont elle avait besoin pour démarrer la saison. Mais Nonis en a décidé autrement et a décidé, à la surprise de beaucoup de fans, de racheter le contrat de Grabovski afin probablement d'aligner Bolland à sa place et d'avoir la place sur le salary cap pour resigner Bozak.

Jusqu’ici, la plupart des contrats rachetés concernaient des joueurs considérés comme surpayés par rapport à leur production. C’était par exemple le cas de Mike Komisarek, toujours pour les Leafs, qui était des mauvaises signatures de l’époque Burke. Certes, les 5,5 millions par an de Grabovski ne sont pas négligeable mais le Biélorusse de 29 ans était probablement le meilleur centre de la franchise, doué offensivement et travailleur défensivement. Si son bilan statistique cette année est anémique (16 points en 48 matchs), il est à mettre au crédit de son utilisation très spéciale par l’entraîneur Randy Carlyle. Il a choisi d’aligner le Biélorusse dans le bottom-6 offensif pour contrer les meilleures lignes adverses, principalement lors des mises au jeu en zone défensive, ce qui explique la chute brutale de sa productivité offensive. Cela annonçait logiquement la resignature à l’ouverture du marché des agents libres de Tyler Bozak, centre numéro un par défaut de l’équipe aux côtés de Joffrey Lupul et Phil Kessel.

La rumeur annonçait que Bozak serait resigné pour 8 ans avec 5 millions, ce qui a donné des sueurs froides aux fans, partagés sur la valeur du joueur de 27 ans. Finalement, ce sera 5 ans avec 4,2 millions par an, ce qui semble déjà plus raisonnable. Mais Nonis n’en n’avait pas fini et il a signé dans la foulée David Clarkson pour 7 ans et 5,25 millions par an. La rapide signature de Nathan Horton à Columbus (7 ans, 5,3 millions par an) a donné la tendance salariale pour les power forwards, denrée rare en NHL. Mais la signature pose néanmoins beaucoup de questions car, s’il a connu une bonne saison cette année au New Jersey (15 buts pour 24 points en 48 matchs), il a 29 ans et son style de jeu physique ne lui permettra peut-être pas d’être aussi productif dans quelques année. Les Leafs pourraient regretter cette signature dans 3-4 ans.