Bilan de la saison NHL 2012-2013 (équipes 21-30)

National Hockey LeaguePremière étape du bilan de la saison NHL 2012-2013, marquée par un lockout qui a limité les équipes à 48 matchs.

Pour ce bilan initial, les équipes ayant terminé entre la 21e et la 30e place. On trouve dans ce bas de tableau le finaliste 2012, presque toute la division sud-est et plusieurs franchises en reconstruction.

 

Stars DallasDallas Stars (21e)
Classement conférence ouest : 11e (48 points)
Attaque : 11e de la ligue, 2,67 buts marqués par match
Défense : 24e de la ligue, 2,94 buts encaissés par match
Gardien : Kari Lehtonen, 12e de la ligue (91,6% d’arrêts en 36 matchs)
Meilleurs marqueurs : Jamie Benn (C) : 12 buts, 33 points
Loui Eriksson (AG) : 12 buts, 29 points
Ray Whitney (AG) : 11 buts, 29 points
Alex Goligoski (D) : 3 buts, 27 points
Jaromir Jagr (AD) : 14 buts, 26 points

Les Stars vont-ils retrouver la stabilité ? Ce n’est pas la saison 2012-2013 qui a entamé le processus ! Changements de propriétaire, de coach et de manager général et un renouvellement d’effectif radical ont marqué la saison et la fin de saison de Dallas. Pour le public français, la saison est surtout marquée par l’émergence d’Antoine Roussel. Le natif de Roubaix a su sortir de la ligue américaine, être invité au camp d’entrainement et gagner sa place. Ses 7 buts, 14 pts et 85 minutes de pénalité en 39 matchs constituent l’un des rares points positifs de la saison de la franchise texane. La reconnaissance du public devant sa tenacité et sa détermination font également plaisir. Devant un Kari Lehtonen aux statistiques correctes - mais pas vraiment aidé par son remplaçant, Richard Bachman, très décevant -, la défense fut le grand point noir de la saison (22e, et 24e en tirs concédés). Si Trevor Daley et Stéphane Robidas n’ont pas été calamiteux, le manque de profondeur dans ce secteur a coûté des points, avec l’exception d’Alex Goligoski (27 pts). Ni Jordie Benn, ni Philip Larsen, ni Aaron Rome n’ont brillé, pas plus que le grand espoir (par la taille !) Jamie Oleksiak. L’attaque a globalement compensé : Jamie Benn et Loui Eriksson se sont affirmés comme des joueurs d’élite dans la ligue. Les vétérans ont fait le boulot : Ray Whitney ou Jaromir Jagr ont produit, Derek Roy beaucoup moins (seulement 4 buts). Le grand ménage a débuté à la date limite des transactions, lorsque l’équipe a jeté l’éponge : exit Jagr, Roy, Ryder et le capitaine Brenden Morrow. La fin de saison a donc permis à la relève de prendre date : Cody Eakin (24 pts) s’est bien installé. Reilly Smith, Alex Chiasson (6 buts en 7 matchs) ont gagné du temps de jeu. Dallas est clairement en reconstruction : l’envoi de Loui Eriksson à Boston contre Tyler Seguin, l’arrivée de Lindy Ruff sur le banc de l’entraineur doivent offrir une nouvelle direction aux Stars, avec, enfin, la stabilité ?

 

Devils New JerseyNew Jersey Devils (22e)
Classement conférence est : 11e (48 points)
Attaque : 28e de la ligue, 2,29 buts marqués par match
Défense : 13e de la ligue, 2,54 buts encaissés par match
Gardien : Martin Brodeur, 28e de la ligue (90,1% d’arrêts en 29 matchs)
Meilleurs marqueurs : Patrik Elias (AG) : 14 buts, 36 points
Ilya Kovalchuk (AG) : 11 buts, 31 points
David Clarkson (AD) : 15 buts, 24 points
Travis Zajac (C) : 15 buts, 24 points
Marek Zidlicky (D) : 4 buts, 19 points

La finale 2012 était-elle une anomalie pour les New Jersey Devils ? La question peut se poser. La franchise a manqué les playoffs 2011 (une première depuis 1996), puis atteint la finale 2012 et… manqué les playoffs 2013. Incapables de se remettre du départ de Zach Parise pour le Minnesota, les Devils ont trainé leur misère offensive toute la saison : 28e attaque de la ligue ! Pourtant, on ne peut pas dire que New Jersey a si mal joué que cela. Le système très agressif du coach Pete De Boer s’appuie sur une forte possession du palet en zone offensive et de nombreux tirs… qui on transformé le moindre gardien en all-star par un manque flagrant de réalisme. L’équipe avait très bien débuté, à l’image de David Clarkson, avant de complètement s’éteindre pour un record de défaites consécutives. Les blessures successives de Martin Brodeur puis Ilya Kovalchuk ont porté un coup fatal aux espoirs de playoffs. Fidèle lieutenant, Johan Hedberg, irréprochable ces dernières saisons, est passé à travers, au point de laisser sa place en cours de match à deux débutants (Jeff Frazee, Keith Kinkaid). Ses échecs ne sont pas pour rien dans cette saison noire. Mais plus que dans les cages, le problème est venu de l’attaque. Hormis l’éternel Patrik Elias et Kovalchuk, tous les autres attaquants sont passés au travers.

Zubrus blessé, Zajac craquant sous la pression de son nouveau contrat, Henrique souffrant du “sophomore slump”, ce mal touchant les deuxièmes années peinant à confirmer… Les 3e et 4e ligne n’ont pas du tout produit : ni les jeunes Josefson et Tedenby, pour lesquels on se demande s’ils peuvent enfin franchir le cap, ni Steffan Matteau, le “fameux” choix de 29e position que New Jersey n’a pas abandonné, ni bien sûr les nombreux seconds couteaux qui échouent à qualifier l’équipe-ferme en playoffs AHL depuis de longues saisons. En attaque, seule l’arrivée d’Andrei Loktionov peut être vue comme un point positif, l’ancien King s’étant bien installé et ayant produit quelques buts spectaculaires. Mais les vétérans acquis en cours de route - Steve Sullivan ou Alexei Ponikarovsky - n’ont pas eu le même rendement… La défense n’a pas grand chose à se reprocher : De Boer a du faire tourner ses 8 défenseurs au contrat NHL, privant parfois Adam Larsson, le grand espoir, de temps de jeu. Une défense sans grand nom, mais dans laquelle Andy Greene se sera montré exceptionnel de régularité. Sans doute le plus sous-estimé de la ligue, le défenseur a du compenser des saisons assez inconstantes du capitaine Bryce Salvador et des coûteux Anton Volchenkov, Marek Zidlicky et Henrik Tallinder. La conséquence ? Un power-play anémique, qui a presque plus souvent encaissé un but sur une échappée que marqué. Le manager Lou Lamoriello aura bien du travail pour retrouver une attaque…


Sabres de BuffaloBuffalo Sabres (23e)
Classement conférence est : 12e (48 points)
Attaque : 23e de la ligue, 2,46 buts marqués par match
Défense : 22e de la ligue, 2,9 buts encaissés par match
Gardien : Ryan Miller, 14e de la ligue (91,5% en 40 matchs)
Meilleurs marqueurs : Thomas Vanek (AG) : 20 buts, 41 points
Cody Hodgson (C) : 15 buts, 34 points
Tyler Ennis (C) : 10 buts, 31 points
Jason Pominville (AD) : 10 buts, 25 points (transféré au Minnesota)
Steve Ott (C) : 9 buts, 24 points

Rien ne va plus à Buffalo : la preuve en est avec le limogeage de Lindy Ruff fin janvier après seulement quelques matchs. Une page se tourne puisque Ruff était l’entraineur à être resté le plus longtemps à la tête d’une équipe professionnelle, tout sport nord-américain confondu (depuis 1997). Pour le remplacer, les dirigeants ont choisi Ron Rolston, passé par le club école des Sabres et à la tête des U18 américain. Le frère de l’ancien joueur Brian n’a malheureusement pas fait mieux puisque les Sabres terminent derniers de leur division (seule équipe de la division Nord-Est à ne pas aller en play-off) et douzième de la conférence Est.
Dans les cages, Ryan Miller sort d’une saison plus que moyenne. Le portier américain héros des derniers Jeux Olympique n’est plus l’ombre de lui-même depuis deux saisons. Gêné par des blessures à répétition, Miller n’est pas exempt de tous reproches. Ses statistiques le prouvent avec une moyenne de 2.81 et un pourcentage de 91.5 en 40 matchs, bien loin de ses statistiques d’avant JO. Jonas Enroth n’a guère fait mieux, mais il se pourrait bien que le portier suédois prenne le poste de numéro 1 la saison prochaine si les performances de Miller ne s’arrangent pas.
En défense, seul Christian Ehrhoff sort du lot. Le défenseur allemand est l’un des meilleur au plus minus (+6) et s’en sort avec une fiche de 22 points en 47 matchs. Autre point positif en défense, Andrej Sekera, qui fut l’homme solide de Buffalo avec seulement 4 minutes de pénalité à son actif. Le Slovaque est l’une des satisfactions de la saison. La défense des Sabres s’en sort plutôt bien avec 139 buts encaissés mais on retiendra tout même de grosses déceptions, comme Tyler Myers, qui a du mal à revenir à son meilleur niveau. Le jeune Canadien réalise une saison bien moyenne avec un ratio de -8 et seulement 8 points en 39 rencontres. Autre déception, Jordan Leopold, qui n’a pas confirmé ses deux dernières saisons jugées plutôt bonnes par les fans. Le défenseur américain en fin de contrat avec Buffalo finit d’ailleurs par être échangé aux Blues de Saint Louis après 24 matchs sous le maillot de Buffalo.
L’attaque des Sabres fut l’une des plus mauvaises de la NHL et s’est réellement le gros point noir de cette franchise. Seul Thomas Vanek s’en sort avec les honneurs, ainsi que Cody Hodgson qui, avec 34 points en 48 rencontres, semble devenir l’un des leaders offensifs des Sabres à seulement 23 ans. Le 10e choix de la draft de 2008, repêché par Vancouver et ancien joueur de l’année en OHL, semble faire le bonheur de Buffalo. Mais les pertes de nombreux joueurs ont énormément pénalisé la production offensive des Sabres et l’échange de Derek Roy, la blessure de Ville Leino pour une bonne partie de la saison puis le départ du capitaine Jason Pominville n’ont pas arrangé les affaires d’une attaque bien anémique. Il va falloir vite reconstruire à Buffalo où l’objectif d’aller chercher une coupe Stanley parait bien lointain.


Oilers dEdmontonEdmonton Oilers (24e)
Classement conférence ouest : 12e (45 points)
Attaque : 18e de la ligue, 2,56 buts marqués par match
Défense : 19e de la ligue, 2,73 buts encaissés par match
Gardien : Devan Dubnyk, 10e de la ligue (92% d’arrêts en 38 matchs)
Meilleurs marqueurs : Taylor Hall (AG) : 16 buts, 50 points
Sam Gagner (C) : 14 buts, 38 points
Jordan Eberle (AD) : 16 buts, 37 points
Nail Yakupov (AD) : 17 buts, 31 points
Justin Schultz (D) : 8 buts, 27 points

Après plusieurs saisons à écumer le fond du classement de la conférence Ouest, les fans des Oilers attendent désespérément que leur équipe retrouve les sommets. Ce n’est sans doute pas ce cru 2012-13 qui leur a donné satisfaction. En effet, à la fin de la saison le manager général Steve Tambellini a été remplacé par Craig MacTavish, dont une des premières décisions a été de limoger l’entraîneur Ralph Krueger pour le remplacer par celui qui a entraîné les Marlies de Toronto en AHL, Dallas Eakins. Ces changements de personnel ont été motivés par le manque de résultat mais aussi une tendance à être constamment dominés en égalité numérique (ce qui est rarement synonyme de succès). Seule la jeune garde de l’équipe a réussi à éviter à l’équipe de prendre totalement l’eau (les six premiers marqueurs ont moins de 25 ans). A leur tête, Taylor Hall a confirmé avec ses 50 points en 45 matchs qu’il était bien l’homme fort de la franchise. Les autres premiers choix de draft d’Edmonton ont été un peu plus discrets : après une première saison en fanfare (52 points en 62 matchs), Ryan Nugent-Hopkins semble avoir été gêné par son épaule gauche (qui a nécessité une opération en avril) et il n’a inscrit que 24 points en 40 matchs. Quant à l’exubérant Nail Yakupov, sa première saison avec les Oilers est plutôt probante car il termine avec 17 buts pour 31 points. L’autre joueur à faire ses premiers pas était Justin Schultz qui, comme beaucoup de jeunes arrières, a connu un apprentissage difficile (ratio de -17 en 48 matchs). La phase de reconstruction des Oilers semble terminée dans la mesure où ils ont fait le plein de jeunes talents mais Les fans devront encore attendre pour le retour en playoffs de leur équipe. Le temps de l’indulgence va bientôt se terminer...


Flames CalgaryCalgary Flames (25e)
Classement conférence ouest : 13e (42 points)
Attaque : 12e de la ligue, 2,67 buts marqués par match
Défense : 28e de la ligue, 3,27 buts encaissés par match
Gardien : Miikka Kiprusoff, 30e de la ligue (88,2% d’arrêts en 24 matchs)
Meilleurs marqueurs : Mike Cammalleri (C) : 13 buts, 32 points
Lee Stempniak (AD) : 9 buts, 32 points
Alex Tanguay (AG) : 11 buts, 27 points
Jiri Hudler (C) : 10 buts, 27 points
Curtis Glencross (AG) : 15 buts, 26 points

Lors de ces dernières saisons, le manager général des Flames Jay Feaster s’était toujours refusé à évoquer le terme de reconstruction pour son équipe. Mais cette saison il semble avoir franchi le Rubicon et la reconstruction de Calgary semble en bonne voie. Ainsi, l’axe Miika Kiprusoff dans les buts, Jay Bouwmeester menant la défense et le capitaine Jarome Iginla en attaque n’est plus. Le portier finlandais semble en pré-retraite depuis cet été, Bouwmeester a été envoyé à St. Louis tandis qu’Iginla a pris la direction de Pittsburgh. Les derniers cadres de l’équipe à la fin de la saison étaient Michael Cammalleri et Alex Tanguay avant que ce dernier ne soit transféré cet été au Colorado. A part Cammalleri, l’entraîneur Bob Hartley a pu compter sur Lee Stempniak (32 points) et Curtis Glencross (15 buts pour 26 points). Mikael Backlund a également été une satisfaction malgré seulement 16 points en 32 matchs car il a été un des rares moteurs de la possession de palet de l’équipe, tout comme Sven Bärtschi. Le jeune Suisse de 20 ans termine ainsi sa première vraie saison avec l’équipe avec 10 points en 20 matchs et surtout un point dans chacun des sept derniers matchs de la saison.

En défense, TJ Brodie, 23 ans, a franchi un palier aux côtés de Dennis Wideman, dont l’apport offensif en supériorité numérique a été bienvenu.
Malgré ces quelques satisfactions, ce classement est logique pour une équipe loin d’être performante, bien qu’elle était proche du plafond du salary cap, et dont la réserve de prospects est plutôt faible. En conséquence, après les transferts de Bouwmeester et Iginla, l’équipe s’est laissée tomber dans les profondeurs du classement afin de pouvoir drafter suffisamment haut. Une saison décevante pour les fans mais qui annonce d’autres du même tonneau.


Hurricanes CarolineCarolina Hurricanes (26e)
Classement conférence est : 13e (42 points)
Attaque : 14e de la ligue, 2,65 buts marqués par match
Défense : 29e de la ligue, 3,31 buts encaissés par match
Gardien : Cam Ward, 20e de la ligue (90,8% d’arrêts en 17 matchs)
Meilleurs marqueurs : Eric Staal (C) : 18 buts, 53 points
Alexander Semin (AD) : 13 buts, 44 points
Jiri Tlusty (AG) : 23 buts, 38 points
Jordan Staal (C) : 10 buts, 31 points
Jeff Skinner (C) : 13 buts, 24 points

Les Hurricanes abordaient cette saison avec de grosses intentions après un recrutement estival impressionnant (arrivés de Semin, Jordan Staal) mais les Canes n’auront pas connu le succès attendu. La principale raison vient de la blessure qu’a subi Cam Ward en début de saison et c’est à partir de là que le calvaire a commencé. En effet les remplaçants de Ward n’ont jamais été en mesure de faire les mêmes performances. Dan Ellis et Justin Peters affichent des statistiques très moyennes avec pour Peters une moyenne de 3.46 et 89.1% d’arrêts. Surtout que la défense n’a pas du tout aidé les deux malheureux gardiens et, au final, la défense de Carolina est la pire de la NHL juste derrière Florida. Si Justin Faulk aura fait le métier, on ne peut pas en dire autant des autres qui furent pour la plupart très en dessous des attentes à l’image de Jay Harrison qui termine avec un ratio de -10.
L’attaque a par contre performé comme annoncé avec un duo Eric Staal-Alexander Semin qui a largement participé à remplir la feuille de pointage avec un total de 54 points en 48 matchs pour le Canadien et de 46 points en 44 rencontres pour le Russe. La 13e attaque de la ligue a également pu compter sur la bonne saison de Jiri Tlusty. Le Tchèque de 25 ans, drafté en 13e position par Toronto il y a quelques années, a réalisé sa meilleure saison en NHL avec 38 points dont 23 buts (meilleur buteur de son équipe). Jordan Staal a lui réalisé une bonne saison avec surtout du temps de jeu par rapport aux années passées avec Pittsburgh (20:06 minutes par match en moyenne). Le cadet d’Eric termine cette courte saison avec 32 points et devance le prodige Jeff Skinner qui ne termine qu’avec 24 points en 42 matchs et un ratio à -21. Une saison moyenne donc pour le jeune Canadien qui n’a pas participé aux championnats du monde cette saison. Il devra sortir un gros début de saison pour espérer aller à Sotchi, une mission qui apparait bien compliquée pour lui.


Predators de NashvilleNashville Predators (27e)
Classement conférence ouest : 14e (41 points)
Attaque : 29e de la ligue, 2,27 buts marqués par match
Défense : 20e de la ligue, 2,77 buts encaissés par match
Gardien : Pekka Rinne, 17e de la ligue (91% d’arrêts en 43 matchs)
Meilleurs marqueurs : Shea Weber (D) : 9 buts, 28 points
David Legwand (C) : 12 buts, 25 points
Mike Fisher (C) : 10 buts, 21 points
Martin Erat (AD) : 4 buts, 21 points (transféré à Washington)
Colin Wilson (C) : 7 buts, 19 points

Pour la première fois depuis 4 saisons, Nashville n’a pas disputé les playoffs et l’équipe n’a jamais semblé en mesure d’y parvenir. Présents l’an passé au top 10 dans toutes les catégories majeures (buts marqués, buts encaissés, supériorité numérique et infériorité numérique), les Predators n’ont été cette année dans aucun top 10. Le départ de Ryan Suter vers le Minnesota a été visiblement dur à digérer pour Barry Trotz et ses hommes. Et cela perdure car, dernièrement, Trotz a déclaré à propos du nouvel alignement des divisions qu’il était content de voir le Wild du Minnesota rejoindre la division Centrale pour que la rivalité entre les deux franchises se développe… Privé de son compère défensif (et peut-être aigri de son départ raté vers Philadelphie), Shea Weber a connu une saison compliquée avec à ses côtés Roman Josi. Moins dominateur face aux attaquants adverses, celui qui était l’an passé bien placé dans la course au trophée Norris (récompensant le meilleur défenseur de la ligue) n’a cette année même pas évoqué parmi les candidats possibles, contrairement à Suter.
Ironiquement, même si Weber ne signe pas la meilleure saison de sa carrière, il termine tout de même meilleur marqueur de son équipe avec 28 points en 48 matchs. Témoignage des difficultés offensives de l’équipe et de l’impact négatif des départs à l’intersaison d’Alexander Radulov et d’Andreï Kostitsyn, à cause de leurs mésaventures avec le couvre-feu lors des playoffs 2012. Quant au cadet Kostitsyn, Sergeï, il a été rapidement relégué dans le bottom-6 malgré son talent et son contrat a été racheté cet été. Lorsque la participation des Predators aux playoffs a semblé complètement compromise, le manager David Poile a choisi d’envoyer la dynamo offensive Martin Erat à Washington contre un des prospects les plus prometteurs des Capitals, Filip Forsberg (sélectionné onzième à la draft 2012).


Lightning de Tampa BayTampa Bay Lightning (28e)
Classement conférence est : 14e (40 points)
Attaque : 3e de la ligue, 3,06 buts marqués par match
Défense : 26e de la ligue, 3,06 buts encaissés par match
Gardien : Anders Lindbäck, 26e de la ligue (90,2% d’arrêts en 24 matchs)
Meilleurs marqueurs : Martin St. Louis (AD) : 17 buts, 60 points
Steven Stamkos (C) : 29 buts, 57 points
Teddy Purcell (AD) : 11 buts, 36 points
Vincent Lecavalier (C) : 10 buts, 32 points
Cory Conacher (C) : 9 buts, 24 points (transféré à Ottawa)

Le St. Pete Times Forum de Tampa a encore connu une saison sans play-offs. La faute une nouvelle fois à une défense absente pendant toute la saison. Pourtant, l’arrivée de Anders Lindback au poste de gardien numéro 1 pour remplacer un Dawyne Roloson qui a fait la saison de trop en 2012 laissait présager une plus grosse solidité défensive. Le Suédois, qui a vécu dans l’ombre de Pekka Rine à Nashville et que tout le monde voyait bourré de talent, a quelque peu déçu. Steve Yzerman a fini par échanger son meilleur espoir Cory Conacher aux Senators d’Ottawa pour récupérer Ben Bishop, qui était barré par Anderson et Lehner. Même si la défense est toujours catastrophique, il y a eu du mieux par rapport à la saison 2011-2012. La moyenne de buts encaissés par match était de 3.43 tandis que cette saison elle fut de 2.94 buts par matchs. Autre signe d’amélioration, quasiment tous les défenseurs ont un ratio positif. Une défense où le leader défensif se nomme Matthew Carle qui, pour sa première saison sous les couleurs des Bolts, a laissé une impression positive dans les deux sens de la patinoire. De même, Victor Hedman semble trouver son rythme de croisière dans la NHL. Toujours offensif, le colosse suédois pense de plus en plus à l’aspect défensif de son poste ô combien important. Derrière, les expérimentés Sami Salo et Eric Brewer sont toujours présents mais semblent être sur la pente descendante et apportent beaucoup moins que par le passé. Si la défense semble un peu plus solide, il manque un voire deux éléments de poids pour espérer faire mieux dans une division Atlantique très relevée. L’absence de Mattias Ohlund n’a pas arrangé les choses.
L’attaque, quant à elle, reste toujours au top de sa forme avec deux joueurs qui ont rempli à eux seuls la fiche de pointage : Steven Stamkos et Martin St Louis. Le premier confirme encore son talent avec 57 points en 48 matchs. Le jeune prodige des Bolts n’en finit pas de faire trembler les filets adverses, avec comme seule ombre au tableau un ratio négatif à -4 . Le second est tout simplement le meilleur marqueur de la saison régulière et donc heureux vainqueur du trophée Art Ross. Martin St Louis semble renaître de ses cendres, et, à 38 ans, le Québécois a inscrit 60 points en 48 parties dont 43 assistances (ce qui en fait le meilleur passeur de la ligue). Ses performances pourraient bien l’amener à décrocher son billet pour Sotchi dans une équipe Canada qui manque d’ailiers de sa trempe. On notera aussi la bonne saison de Teddy Purcell et de Vincent Lecavalier qui aura connu sa dernière année avec les Bolts : le capitaine de Tampa a rejoint Philadelphie après la saison. Le Lightning a cependant manqué de profondeur “expérimentée”. En effet, une bonne partie de l’alignement était du titre AHL 2012 - à l’image de joueurs comme Tyler Johnson, Richard Panik, Radko Gudas, Mark Barberio...
Une page se tourne donc à Tampa. Le Lightning devra gérer ce tournant qui débute par le repêchage de Jonathan Drouin en 3e position. L’équipe, désormais entrainée par Jon Cooper (qui a remplacé Guy Boucher remercié par Steve Yzerman le 25 mars) aura fort à faire pour retrouver les play-offs.

Logo Avalanche ColoradoColorado Avalanche (29e)
Classement conférence ouest : 15e (39 points)
Attaque : 26e de la ligue, 2,38 buts marqués par match
Défense : 27e de la ligue, 3,12 buts encaissés par match
Gardien : Semyon Varlamov, 24e de la ligue (90,3% d’arrêts en 35 matchs)
Meilleurs marqueurs : P.A. Parenteau (AD) : 18 buts, 43 points
Matt Duchene (C) : 17 buts, 43 points
Paul Stastny (C) : 9 buts, 24 points
Jamie McGinn (AG) : 11 buts, 22 points
John Mitchell (C) : 10 buts, 20 points

Difficile de faire un bon début de saison quand deux des meilleurs joueurs d’une équipe ne sont pas sur la patinoire. Pour le Colorado, c’est d’abord Ryan O’Reilly qui a manqué à l’appel. En froid avec le management des Avs à l’été 2012, le jeune centre n’a pas réussi à trouver un terrain d’entente pour la reconduction de son contrat avant le début de la saison. Parti en KHL pendant le lockout à Magnitogorsk, le joueur a continué son bras de fer avec l’équipe même après le début de la saison. Finalement, à la fin février, O’Reilly choisit de signer avec Calgary mais le Colorado garde les droits du joueur et refuse la compensation réglementaire et garde le joueur. Malgré ce début difficile, O’Reilly a été un des moteurs offensifs de l’équipe en inscrivant 20 points en 29 matchs. Le nouveau capitaine Gabriel Landeskog a également eu un début de saison compliqué puisqu’une commotion cérébrale sur une mise en échec lors du quatrième match l’a éloigné des patinoires pendant un mois. Il termine avec 17 points en 36 matchs. La principale production offensive est venue du duo P.A. Parenteau – Matt Duchene. Avec ses 18 buts, Parenteau termine meilleur buteur de l’équipe et il a justifié les 4 millions par an offerts par le manager Greg Sherman à l’intersaison 2012, même si son pourcentage de tir est un peu trop élevé pour être soutenable (17,1%). En l’absence de Landeskog et O’Reilly, Duchene était le seul représentant de la relève des Avs à être présent toute la saison et il s’est montré à son avantage avec 43 points. Paul Stastny (24 points) et David Jones (9 points) ont quant à eux été moins productifs, comme le reste de l’effectif, mais cela s’explique en partie par une utilisation très défensive du duo par l’entraîneur Joe Sacco : ils prenaient majoritairement les mises en jeu en zone défensive face aux meilleurs adversaires. La défense n’a pas été non plus un point fort de l’équipe et si les gardiens, Semyon Varlamov et Jean-Sébastien Giguere, ont encaissé beaucoup de buts avec des statistiques d’arrêts assez moyennes, ils n’ont pas été beaucoup aidés par leurs arrières. La tâche s’annonce donc importante pour le nouvel entraîneur de l’équipe, Patrick Roy.

Panthers FlorideFlorida Panthers (30e)
Classement conférence est : 15e (36 points)
Attaque : 30e de la ligue, 2,27 buts marqués par match
Défense : 30e de la ligue, 3,54 buts encaissés par match
Gardien : Jacob Markstrom, 27e de la ligue (90,1% d’arrêts en 23 matchs)
Meilleurs marqueurs : Tomas Fleischmann (AG) : 12 buts, 35 points
Jonathan Huberdeau (C) : 14 buts, 31 points
Tomas Kopecky (AD) : 15 buts, 27 points
Brian Campbell (D) : 8 buts, 27 points
Shawn Matthias (C) : 14 buts, 21 points

Retour sur terre pour les Panthers de Floride qui, après leurs saison 2011-2012 mémorable avec une qualification en play-offs, ont connu en 2013 une saison ordinaire dirons-nous pudiquement… allez, disons le franchement, mauvaise ! Une dernière place de conférence et de la ligue à la clé. Plus mauvaise défense du championnat, la franchise de Sunrise a donc vécu une saison très compliquée mais pas inintéressante tout de même. On peut relever dans ce bilan des points de satisfaction.
Le gros point positif est à mettre du coté de Jonathan Huberdeau. Pour sa première saison en NHL, il a affolé les compteurs et décroché le titre de meilleur rookie (trophée Calder) avec 31 points en 48 rencontres. Huberdeau n’est pourtant pas le top scorer de son équipe. C’est en effet Tomas Fleischmann qui finit en tête avec 35 points en 48 matchs. Il devance donc le Québécois et Tomas Kopecky, le Slovaque réalisant une bonne saison également avec 27 points.
En défense, il n’y a par contre pas de quoi se réjouir, mis à part les 27 points de Brian Campbell. On est très loin de trouver du positif dans cette défense qui a encaissé 170 buts en 48 rencontres (moyenne de 3.54 buts encaissé par match). Aucun des joueurs ne ressort dans cette faillite collective et la blessure de Ed Jovanovski n’a pas arrangé les choses. Preuve de ce fiasco défensif : aucun joueur (attaquants et défenseurs compris) ne compte un ratio positif. Les gardiens José Théodore, Jacob Markstrom et Scott Clemmensen n’ont pas été non plus très performants. Si le second a tout l’avenir devant lui, Théodore voit sa carrière en NHL se ralentir nettement (15 matchs en 2012-2013). Le Québécois semble loin de son niveau d’autrefois et aura du mal a retrouver une place dans le circuit Bettman.
Tout semble à refaire en Floride, après cette saison catastrophique en tous points. Si Huberdeau et Alexander Barkov (1 er choix des Panthers drafté en 2nd position) semblent promis à un bel avenir, il va falloir songer à s’attaquer à la défense, dossier très urgent pour Dale Tallon, le directeur général des Panthers.

 

Bilan par Nicolas Leborgne, Mathieu Salaun et Pierre-Andréa Pineau